Récitscruels

Histoires sadiques de l'antiquité aux voyages dans l'espace. ATTENTION : textes extrêmes

30 mars 2007

La jeune fille et la mort

Bien sûr, je revisite le film du même titre, sur la base d'une forme de vision qui m'a traversé l'esprit en montant me coucher un soir. Je me suis installé devant l'ordinateur, peut-être la main guidée par un fantôme, en tous cas, 4 heures après et quasi sans ratures, j'avais littéralement "accouché" de ce texte -toujours le fantasme de l'étudiante gauchiste entre les mains d'une quelconque junte. C'est le visage de Jessica Alba que je vois en permanence en relisant ce texte.

 La jeune fille et la mort

 

Je m’appelle Jessica Marie Rosenkrantz. Demain, je serai morte.

 

Non, si, non, oui, peut-être ; je ne sais plus, j’espère, je crois.

J’ai peur, mais je ne veux plus souffrir.

J’ai peur, mais je me dégoûte.

J’ai parlé, et je dois me taire pour toujours.

 

La lune m’éblouit, moi dont les yeux sont clos toute la journée sous le capuchon infect que mon bourreau fait déposer tous les matins sur ma tête par les gardes de l’école militaire.

 

Je cherche les cratères, Roberto m’a dit qu’en plissant les yeux, au bout d’un moment, ils apparaissaient.

 

Je ne vois rien, rien que le visage de mon bourreau. Ce n’est jamais le même, je ne l’ai jamais vu.

 

C’est une voix grave. Quand il s’est approché la première fois, il venait d’insulter les gardes, et il m’a dit d’une voix enrouée “ bonjour, Jessica ”.

 

Le timbre était chaud, distingué. J’ai cru entendre un ami. Il venait me délivrer.

 

Il s’est penché sur moi, parce que j’ai senti sur mon épaule son souffle léger alors qu’il venait d’exhaler une bouffée de cigarette. C’était du tabac blond. Je le sais, parce que Roberto préfère le cigarillo, et ça me suffoque toujours un peu.

 

Il m’a dit “ tu sais que tu es une étudiante très brillante, Jessica ”. J’ai répondu en tremblant “ je n’ai rien à vous dire ”. 

 

Il m’a tiré doucement les cheveux en arrière.

 

“ Mais arrêtez, vous me faites mal ”

 

Il a continué. Ma nuque s’écrase sur le rebord de la chaise. Je résiste avec mes épaules. Je tire sur les liens qui déchirent ma peau. Je suis nue.

 

Il rit. Il m’a relâché. Il sort. J’ai toujours l’impression que mes cheveux brûlent depuis les racines.

 

Je ne dois pas parler, pas parler, pas parler, pas parler.

 

Ce matin, c’est lui qui est rentré. Je le sais. Il ne fait jamais de bruit, pour me surprendre, il n’a pas de bottes, lui, mais je sais toujours quand il est là. 

 

J’ai froid. Mes pointes de sein sont très dures. Je sais qu’il prend le temps de me regarder.

 

Ils ont attaché mes jambes aux barreaux de la chaise. Je sais que ses yeux sont posés sur mon clitoris.

 

J’ai soif. Je ne peux plus racler ma gorge pour interrompre cette attente. Il se lève, il a déplacé un peu d’air. Je pense qu’il est gros.

 

Je devine qu’il vient à ma droite. Il tourne avec souplesse dans mon dos maintenant, comme un chat.

 

J’ai peur, mais je ne dois pas parler, pas parler, pas parler.

 

J’ai peur et je ne veux pas qu’il remette les électrodes sur mes seins. AHHHHH.

 

“ Jessica, Jessica ” “ tu as mal ? ”.

 

Quelque chose est enfoncé dans mon sein. “ OUIIIII, j’ai mal, espèce de salaud. Non monsieur, excusez-moi, je vous en prie, enlevez ça, s’iiiil vouuus plait ”.

 

“ ça, c’est une épingle, disons assez grosse ”. Il a grasseyé “ assez grosse ” Je le hais “ Ce n’est pas bien méchant, je te rassure ”.

 

Mon sang est en train de couler sur mon ventre. Je le vois. Je l’imagine. Non, je le vois à la lisière du capuchon, la traînée est d’un rouge très sombre qui se détache sur ma peau mate.

 

Elle rentre dans mon nombril. Elle continue de descendre. Elle se répand sur la bouteille cassée qui sort de mon vagin. Elle se mélange avec mes règles.

 

J’ai peur, j’ai peur, je ne dois pas parler, pas parler.

 

Mon sein me fait très mal, maintenant, je pense qu’il a enfoncé un tournevis. Il est très gros, son poids tire mon sein. Je sais qu’il est déformé. Maman, Maman, je veux pouvoir donner le sein, je veux…

 

J’ai peur. Je transpire. Je sens mauvais. Comment peut-il me lécher ?

 

“ Voilà, j’ai guéri la pauvre petite Jessica. ” Il s’est redressé. C’est comme si je l’entendais sourire de son bon mot.

 

Je n’ai plus de forces. Je ne sais plus si c’est bien lui qui a fixé les électrodes sur mes mamelons en les pinçant longuement avec ses ongles.

 

Il a gloussé jusqu’à ce que je hurle, il a ri tant que je hurlais, le cœur fou, les jambes étirées pour me décoller de la chaise, les muscles convulsés.

 

J’ai peur, j’ai peur, j’ai peur, je ne dois pas parler.

 

Papa se penche sur moi, il me soulève légèrement la tête, il m’emb…

 

AAAAHHH

 

Il a pris le tournevis, il l’a tourné, il le tient toujours.

 

“ Jessica, dis-moi, j’ai juste une petite question à te poser. Mais tu la connais déjà, je crois ”.

 

“ Monsieur, croyez-moi. C’est vrai. Ils ne me l’ont pas dit. Je vous juuuure ”.

 

Ma voix s’est brisée. Je m’affaiblis. Non, cette fois, ce n’était pas lui. Qui c’est lui ?

 

Je ne sais plus, j’ai peur. Je reconnais leurs odeurs. Ils sont deux, j’en suis sûre. Pourquoi ont-ils la même voix ?

 

Je veux partir. J’ai mal. Il caresse mon épaule. Ses doigts se referment autour de mon cou…Il va m’étrangler. Non, non, il veut te faire peur, tu n’as pas parlé, tu ne dois pas parler.

 

“ Jessica, il est temps de nous confier ton petit secret maintenant ”.

 

Son souffle est oppressé, je sais qu’il a très envie de me violer.

 

Il ne le fera pas, parce que mes liens sont en fil barbelé.

 

Sa main descend le long de mon sein, je me rétracte, j’ai peur, et c’est aussi un plaisir. Mon corps réagit. Ma peau a reconnu la première le chatouillement de la main très velue de Roberto.

 

Roberto a levé les yeux au plafond quand il a joui dans ma bouche. Je penche ma tête pour continuer de le rece…

 

YYYYEHHH. Il a refermé sa main sur mon sein. Il l’écrase. Il le presse.

 

“ Arrêtez, Arrêtez, Arrêtez ...s’il vous plait. J’ai trop mal ; je vais mourir. Mammaaan “.

 

Il rit. Il ne répond pas. Mon cœur s’est arrêté de battre. J’ai un vertige. Je ne l’entends plus. Son rire est étouffé. Non, c’est moi qui étouffe. Le capuchon est très lourd maintenant ; non il n’est pas lourd, il l’a resserré.

 

Je ne peux plus respirer. J’ai peur. Je ne dois pas parler. Juste une heure. Juste une heure pour Roberto.

 

Roberto s’assoit à ma table. Ses doigts sont noirs de l’encre des tracts. Il dépose un baiser léger sur mes lèvres.

 

“ JESSICA ”. Il a hurlé dans mon oreille. Je ne m’y attendais pas. Je n’entends plus. Son cri continue de résonner. J’ai très mal à la tête. Je ne dois pas parler, pas parler. J’ai peur…

Pas parler, pour Roberto. Si tu ne parles pas, tu RESTES EN VIE.

 

“ OU TU VEUX MOURIR MAINTENANT ” Il a encore hurlé. Je ne l’entends plus. Il a relâché le lien qui serre le capuchon, mais je ne l’entends plus. Papa, papa, prends ma main, s’il te plait.

 

AAAAAHHHH. Je ne peux plus. Je ne peux plus.

 

Il a pris le tournevis comme un tourniquet. Il l’a enfoncé davantage. Il a tourné. Mon sein s’est déchiré. Le tournevis est tombé.

 

J’ai parlé. Je dois mourir. La lune m’éblouit. Je vais mourir. J’ai peur. Il est rentré. Il s'approche. PAPA, mon capuchon s’est refermé, PAPa, PApa, Papa, pap..

 

Ceci est la photo de Jessica Marie, disparue à LA PAZ mercredi après-midi. Forte récompense pour toute personne qui pourra fournir des informations. Ecrire au journal qui transmettra.

 

Dolorès Etchuan-Rosenkrantz

 

 FIN

 

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L'Ecole Mishima

J'ai toujours été totalement fasciné par la terrifiante violence des soldats japonais depuis le massacre de Nankin jusqu'à la WWII. D'autre part, l'univers des samourai, des films d'exploitation asiatiques (karaté, yakusa) m'attirait beaucoup. D'où l'idée d'un récit qui mixerait un peu tout cela, toujours dans un univers assez original, le Japon des années 70....Normalement, LE récit que je dois terminer en priorité.

 

 l’Ecole MISHIMA- Une semaine en enfer

 

 

Petit rappel historique à l’intention de ceux qui ont oublié le 25 novembre 1970.

C’est ce jour là que l’illustre écrivain japonais Yukio Mishima a choisi pour se suicider d’une manière très spectaculaire (faits authentiques) :

A 10h30, avec une trentaine de disciples habillés d’anciennes tenues de soldats de la seconde guerre mondiale, il a investi le quartier général des forces d’auto- défense japonaise en plein cœur de Tokyo.

Il ensuite harangué les élèves officiers de l’école pendant près de deux heures parce qu’il voulait protester contre l’interdiction faite au Japon de se réarmer.

Pour que sa mort contribue à réveiller l’honneur d’une nation de samouraïs colonisés, il s’est fait seppuku (plus communément connu sous le nom d’hara-kiri).

……………………………….

Ce n’était pas la vraie raison…Les archives des services de police japonais étant accessibles au public au bout de trente ans, un jeune étudiant à la curiosité opiniâtre vient de découvrir qu’une partie des membres de sa secte capturaient et torturaient à mort des jeunes filles recrutées comme disciples parmi une agence de top-modèles, afin de tourner les premiers snuff- movies jamais réalisés sur l’archipel.

Lorsque Mishima le découvrit au retour d’un voyage abrégé, il choisit la mort pour éviter à son école le déshonneur d’une enquête publique, après avoir châtié lui même les coupables.

Les films étaient tournés avec le plus grand soin, on a même retrouvé les photographies des jeunes filles ainsi qu’un carnet de croquis dans lequel le metteur en scène indiquait les plans à tourner et donnait ses instructions.

 

 

 ECOLE MISHIMA –Introduction

 

Mardi 26 novembre 1970. 11 heures. Hôtel de Police du quartier Kanzo à Tokyo.

 

 

Le commissaire intendant Sanshô releva un instant la tête en soulevant son chapeau. La grisaille de cette matinée d’automne sépulcrale ajouta à sa morosité. Quelques gouttes, rabattues par un vent glacé, fouettèrent ses lunettes pour finir leur trajectoire sur les façades lépreuses de l’Hôtel de Police de la 6e circonscription de Tokyo Nord.

Sanshô rabattit d’un geste sec son couvre-chef et s’engouffra dans sa vieille Mazda. L’odeur mêlée de tabac refroidi et de cuir avachi l’incommoda, comme d’habitude.

Il plissa ses narines épatées au dessus d’une petite moustache rasée de près, qui lui donnaient l’air d’un de ces magots pleins de sagesse et de malice.

 

Il tapota de sa canne l’épaule du chauffeur aujourd’hui affecté à la conduite du véhicule, usé jusqu’à la corde : “ Au Ministère de l’Intérieur, par l’entrée de la rue Nuda ”, et il se renversa en arrière.  

Il savait qu’il allait passer l’une des plus mauvaises journées de sa vie, et que le remplacement de sa vieille voiture de fonction qui prenait l’eau ne serait pas vraiment à l’ordre du jour.

A vrai dire, après le désastre de l’affaire Mishima et la disparition d’un de ses meilleurs agents, c’est plutôt une mise à la retraite anticipée qui n’était pas à exclure.

Sanshô pensa rêveusement au verre de saké qu’il avait pour habitude de déguster le soir avec deux autres vieux collègues dans leur bar préféré. Il se dit qu’il aurait bien de la chance de pouvoir lui trouver le même goût ce soir.

 

La voiture entrait dans la cour quand Sanshô sortit de sa rêverie. Il gravit l’escalier d’honneur monumental, tourna à droite après une loge, et prit l’ascenseur jusqu’au troisième étage.

Quelques centaines de mètres sur les épaisses moquettes d’un dédale d’étroits couloirs lambrissés, et il entrait dans le vaste bureau aux tons havane et rouille du premier secrétaire d’état délégué à la surveillance du territoire. Il admira un bref instant un magnifique tableau moderne placé sous une vitrine.

 

Morita Masakatsu ne se leva même pas pour l’accueillir et lui indiqua un siège d’un geste impatient.

Grand, dominateur, le contraste était saisissant avec la corpulence chétive de Sanshô.

Au mépris des longs préliminaires propres à la tradition nippone, il attaqua sèchement :

“ Les exploits de Mishima ont fait la une de tous les journaux d’Europe ”

“ M. le Secrétaire, nous sommes les seuls à pouvoir dire exactement ce qui s’est passé ”

“ Et c’est pour ça que vous n’avez pas voulu en parler au téléphone ? ”

Sanshô se pencha en baissant un peu la voix, comme s’il voulait se confesser :

“ Masakatsu-San, je dois d’abord vous dire que des jeunes filles ont disparu la semaine dernière dans l’école Mishima ”.

 

Le Secrétaire Général se renfrogna :

“ Mauvais, ça. Une affaire de mœurs ? Je croyais que Mishima n’aimait pas les femmes ? ”

“ En fait, ce n’est pas de lui qu’il s’agit, puisqu’il est revenu seulement dimanche soir de son voyage ”

Sanshô se rendit compte qu’il commençait à transpirer. Il raffermit un peu sa voix.

“ Nous sommes en possession d’indices qui permettent d’affirmer qu’on a tourné un film en son absence dans l’école ”.

“ Quel genre de film ? ”.

“ Je n’ai pas encore eu le temps de le visionner ”. Il marqua une pause et reprit :

“  mais on a également trouvé les journaux que tenaient ces filles qui ont disparu, et aussi des croquis faits par Toshiro Mukai, le bras droit de Mishima ”

Il ajouta avec un effort :

“ et certains des miliciens qui étaient restés dans l’école ont disparu aussi ”.

“ Vous pensez à quoi ? à une bataille rangée dans son clan ? ”.

“ C’est un peu plus compliqué que ça, je le crains. Il faudrait que j’étudie davantage tous les documents ”. Il déglutit avec peine et ajouta :

“ Je dois aussi vous dire que parmi les jeunes filles disparues, il y a une de nos agents ”.

Masakatsu sursauta “ Mais qu’est-ce qu’elle faisait là ? ”

 

Un doigt dans le col de sa chemise, Sanshô précisa :

“ Eh bien elle avait pour mission d’infiltrer la secte, un travail de routine, quoi ”

Ecarlate, le secrétaire se redressa sur son fauteuil :

”Mishima, une mission de routine…vous plaisantez ! ” Il cria presque “ et qui a décidé ça ? “

Sanshô dit d’une voix inaudible “ Moi…mais elle avait un talkie-walkie pour demander de l’aide, et elle ne l’a pas fait ”.

Il se jeta à l’eau et ajouta “ Ce n’est pas tout. Nous soupçonnons que Mlle Kaite Moruki était aussi présente dans l’école. Elle a également disparu. En fait, personne ne l’a revu depuis qu’elle quitté son appartement il y a huit jours ”.

Il fit une pause et compléta très vite pour devancer la question “ Des villageois ont formellement identifié sa voiture avant qu’elle n’arrive à l’Ecole MISHIMA ”.

A la grande surprise de Sanshô, Le Secrétaire Général eut un geste d’abattement.

“ Menez l’enquête avec la plus grande discrétion. Elle en a fait assez voir à son père. Il nous en sera reconnaissant ”. Il ajouta d’une voix raffermie :

“ Mais en attendant…vous savez parfaitement que demain mercredi, au Parlement, le Ministre de l’intérieur va être très violemment attaqué par l’opposition à l’occasion des questions d’actualité. Je veux demain matin sur mon bureau une note de synthèse de tout premier ordre ”. Il ajouta doucement pour renforcer ses propos :

“ c’est votre poste que vous jouez…c’est bien clair, je suppose ? ”.

 

Sanshô se leva, heureux de pouvoir abréger l’entretien.

 

A treize heures, il était dans son bureau, sur lequel étaient alignés des blocs d’écriture, des liasses de rapport de police, un épais carnet en cuir et la bobine d’un film. Un projecteur était disposé sur le côté de son bureau, face à un mur caché par un drap blanc selon ses instructions.

 

Il commença par la lecture des notes confidentielles de la Direction Nationale des Renseignements Généraux. Après avoir sommairement parcouru les trois bloc-notes, il les sépara en morceaux et les recomposa en plusieurs paquets soigneusement disposés. 

 

 Lundi 18 Novembre 1970 - PREMIERE JOURNEE : L’arrivée (1/4)

 Journal de Kaite MORUKI

 

 

 Faits et méfaits de moi

 

(journal très intime d’une jeune fille plus tout à fait jeune fille et pas encore rangée).

 

TOKYO-7heures du matin.

 

Je viens de raccompagner devant leur hôtel particulier Asuka et Koga, son frère, après notre nuit…disons ? de débauche.

Je suis très exaltée par l’aventure, non-la grande aventure-qui m’attend.

J’ai décapoté ma Jaguar XK120-non, jamais vous ne me ferez monter dans cette monstruosité qu’ils appellent la Type E-et je file sur l’autostrade , droit vers le soleil levant.

Le soleil levant, l’Empire, voici des mots qui sonnent encore aux oreilles de l’héritière de la onzième fortune du Japon.

Puisque Papa n’a pas voulu que je m’occupe de ranger les meubles d’un des châteaux qu’il a achetés en France, eh bien, je vais m’occuper autrement.

150,160,170-L’adrénaline insufflée par la vitesse efface les fatigues de la nuit, le vent disperse les odeurs intimes de Koga et de sa sœur Asuka-oui, je suis bisexuelle et fière de l’être-, très excitée aussi, parce qu’au bout de l’autoroute, il y a Matsumoto et l’école MISHIMA.

J’admire Yukio MISHIMA, son œuvre, l’exquise délicatesse de ses haikus, ces courts poèmes de 17 syllabes.

Il est très beau, quand il pose nu avec son sabre. Il s’est simplement trompé de siècle.

Comme lui, je voudrais ressusciter la gloire du Japon, me trouver à ses côtés pour haranguer la foule et bouter l’occident hors de notre cher pays.

Il a refusé de me prendre dans son école, sans même m’avoir vue.

Pourtant, il préfère les hommes, donc je ne pense pas que le sexe ait quelque chose à voir avec ça.

Tout simplement, il ne veut pas être lié aux milieux d’affaires, sans doute.

Je traverse un village sans ralentir, en éclaboussant les paysans et en faisant s’envoler leurs volailles. Dieu, qu’ils sont drôles dans mon rétroviseur, avec leurs poings serrés.

Ma flèche rouge taille sa route dans la forêt , maintenant. Avant de quitter Tokyo, j’ai enfilé une tenue de motard en cuir rouge nacré assorti au noir ébène de mes sièges.

Je me plais dans la glace. Je ralentis un peu pour savourer ma première Craven. La vie est belle, j’exhale de longues volutes qui s’évanouissent dès qu’elles franchissent le saute-vent de mon bolide.

Je repense en souriant à mon strip-tease dans l’agence Tokyo-Topless. Merci d’avoir cherché des figurantes pour tourner dans un film érotique, M.MISHIMA.

Mais si vous aviez besoin d’argent pour votre école, il était tellement plus simple de demander à Papa !

Mais il est vrai aussi que je n’aurais pas eu le plaisir de poser nue pour ce vieux photographe qui me mangeait du regard…

Voilà, c’est fait, et puisque je ne peux pas entrer par la porte, me voici à la fenêtre, M.MISHIMA.

Les contours du château féodal offert à la visite du public se dessinent juste après la forêt.

Deuxième dynastie mandchoue, fin du XIIIe siècle, début du XIVe. Tourelles rajoutées au XVIIe, pour augmenter la portée des obusiers. Classique. Mes cours de troisième année en histoire médiévale sont encore si frais dans ma mémoire…la Fac me manque un peu, quand même, avec toutes les joutes oratoires avec les marxistes.

J’évite le parking des visiteurs, je prends une contre-allée sur la droite du château.

Les communs sont en fait une véritable ferme fortifiée, avec de hauts murs bizarrement couronnés de fil de fer pour empêcher les pigeons de se poser.

Un fermier, qui attend quelqu’un à l’entrée, se penche vers moi sans un mot. Je descends ma vitre et lui tends la convocation de l’agence en murmurant suavement “ Tokyo-Topless ”.

Il consulte un calepin et s’efface pour me laisser entrer avec un grand sourire.

La cour est très vaste, rectangulaire, et je me gare à côté d’autres voitures, devant ce qui semble être un bureau de réception composé uniquement d’un rez-de-chaussée, alors que tous les autres corps de bâtiment qui composent cette cour fermée et légèrement oppressante ont un, voire deux étages.

Un homme sort en boitant légèrement pour m’accueillir. Il a environ 60 ans et l’allure très séduisante d’un prince pirate. Il s’incline pour se présenter :

“ Je suis Toshiro ” 

 

 

 Lundi 18 Novembre 1970 -PREMIERE JOURNEE : l’arrivée (2/4)

 Journal de Juri OSHINO

 

 

 

Bon, faut bien que j’écrive un journal, moi aussi. C’est pas que ça m’emballe, c’est même difficile, mais les deux autres, elles grattent comme des folles sur leurs feuilles.

Alors, je vais pas encore passer pour la gourde de service. Mais moi, j’ai pas été longtemps à l’école. C’est vrai que je préférais courir les champs avec les garçons, hi-hi, il avait bien raison de râler, l’instituteur.

Où j’en étais ?Ah oui, je suis ici parce que Go-Go girl, ça paie pas très bien, et que, vu l’annonce, une semaine à montrer son cul dans un château, ça doit bien rapporter. Je suis vulgaire, je sais, mais nous, à la campagne, on appelle une chatte une chatte.

Alors j’ai fait des photos dans cette agence, Tokyo machin, et j’ai été élue Miss Arts martiaux, il paraît.

Le photographe, il m’a dit comme ça qu’ils voulaient absolument une femme qui nourrisse un bébé. Comme j’ai eu Sunje il y a deux mois, ça tombait bien, parce que côté taille de guêpe, c’est pas encore ça !

C’est mon petit voisin de palier, l’étudiant, qui m’a emmenée.

Il s’est gentiment proposé quand je lui ai dit que ça avait marché pour moi.

Pt’êt bien aussi qu’il avait des idées, malgré ses airs timides.

Ce matin, on s’est levé à 6 heures. Il a chargé mes bagages dans sa Honda S800, c’est pas grand, et fouette cocher.

Quand on est arrivé sur l’autoroute, il se détend un peu, il m’offre une cigarette, je dis non merci, et il ouvre sa vitre pour griller la sienne.

C’est vrai qu’il est pas mal, il est même beau quand il tourne un peu la tête en arrière pour souffler la fumée de sa cigarette du bon côté.

Soudain, il m’a attendri, et j’ai eu envie de le remercier tout de suite de m’avoir accompagnée.

J’ai profité qu’il conduisait et ne pouvait pas se défendre-il n’a pas vraiment essayé d’ailleurs- et ma main a filé vers sa braguette. Il a déplacé un peu ses fesses pour m’aider et j’ai défait un à un les boutons.

Un parfum d’after-shave s’échappe. J’ai de la chance, il est très propre apparemment.

Sa queue éclate presque quand je tire son slip. Il a de petites couilles, mais vraiment une grosse bite, très belle, bien dessinée, avec un gland rose très émouvant. Elle est très ferme entre mes doigts pendant que je joue un peu sadiquement avec elle et qu’il a la gorge serrée d’attendre un peu plus.

En fait, j’ai très envie de le sucer, je le regarde droit dans les yeux, puis je me penche sur lui. Mes lèvres parcourent longuement son filet, et enfin, avec ma langue, j’honore son trou à pisse. Il y a des gouttes translucides que je récupère adroitement pour lui éviter de tâcher son pantalon. Mes lèvres descendent et aspirent doucement ses petites noisettes sans les croquer, même si j’en ai très envie. Ses poils chatouillent mon nez et je dois remonter sans négliger de parcourir son prépuce de petits lapements.

Il râle de plaisir et je sens la voiture qui tangue un peu. Vite, je m’arrête, et je sens qu’il va falloir abréger si on veut arriver entiers !

Bonne fille, j’enfonce ma bouche jusqu’à la base de son truc, et là je pompe très fort, sans m’arrêter, à peine deux ou trois fois pour reprendre mon souffle. Je sais que mes joues sont creusées par l’effort. J’ai posé mes doigts sur ses couilles et je sens des contractions qui viennent.

Je maintiens ma pression extrême et ma bouche remonte lentement le long de son membre pour accompagner son sperme.

Il explose et je ne me retire pas, je secoue la tête comme un chien sur son os. Son foutre est très bon, très sucré, et c’est quand même meilleur que l’essence que je siphonnais dans le tracteur du vieux Goshin.

Polie, je répare les dégâts en lui faisant sa toilette avec ma langue, tout en surveillant qu’il regarde bien la route quand même.

Je le reboutonne soigneusement.

On se renfonce dans nos sièges, l’air sérieux, comme si de rien n’était, puis on éclate de rire tous les deux et je lui prends la main dans un geste de tendresse.

L’autoroute est toujours très droite et il en profite pour insinuer son index entre l’élastique de mon slip et ma peau. Il trouve mon clito déjà dressé et le masse doucement.

Au bout de quelques instants, je me penche en avant en écrasant sa main.

Il la retire en faisant semblant de gémir et il sent son doigt, le dégoûtant.

On manque rater la sortie 21, vers Matsumoto. Il rattrape la voiture d’un petit coup de volant et on s’enfonce dans la campagne.

On ralentit dans un village, je regarde les fermes, j’ai presque envie de pleurer mais le passé c’est le passé.

On traverse une forêt, un peu plus loin derrière, c’est le château, un bidule pour touristes. Comme on est lundi, y a pas grand monde. De toute façon, on ne va pas dans le château, c’est bien marqué dans la lettre. On suit la pancarte “ Ecole MISHIMA ”, c’est indiqué, c’est simple.

Un peu avant l’entrée de la ferme, je demande à mon presque amant de s’arrêter, je vais finir à pied et il fera demi-tour là, c’est plus pratique. Je lui fais un petit baiser sur le front. J’ai envie de le revoir très vite, c’est sûrement un bon coup.

Je me dirige vers le portail de la ferme. Mince de ferme ! Un pont-levis, on se croirait au Moyen-Age. Et puis leurs vaches, elles doivent voler, puisqu’ils ont mis des clôtures en haut des murs…

Il y a une sorte de gardien avec un uniforme bizarre. C’est vrai qu’on est dans une école d’arts martiaux, après tout, et ça s'entend d'ici !.

Il me regarde attentivement, il en profite pour mater mes nichons, et il s’incline pour me laisser passer. Je n’aime pas trop ça, j’ai l’impression qu’il se moque de moi.

Dans la cour, il y a plusieurs voitures, y en a une qui est vraiment super, vieille, mais pas trop, et pleine de chromes éblouissants. Elle est rouge avec l’intérieur tout noir. Je m’approche. C’est pas du skai, c’est du cuir. Je suis sûre qu’elle appartient à la fille bien balancée qui papote avec un vieux bonze.

Je m’approche : “ Salut, moi c’est Juri ”.

 

 

 Lundi 18 Novembre 1970 -PREMIERE JOURNEE : l’arrivée (3/4)

  

 Carnet de tournage de Toshiro

 

 

 -Le metteur en scène – explications, plans et croquis –

 

J’ai décidé de tenir un carnet de tournage pour m’aider à bien tenir mon sujet. Je compte mettre les dessins de mes croquis à part, avec une référence.

 

Le matériel est arrivé ce matin : les caméras Leica-Zeiss, les spots…et les filles !

Dans une semaine, mon fils Amida et moi, nous pourrons enfin quitter l’école MISHIMA, ses absurdes traditions et son chef mégalomane.

Nous serons bientôt riches, grâce à ce film que m’ont commandé ces industriels du Nord, ces parvenus.

Ils doivent compter les jours en pleine érection, maintenant. Tant qu’ils comptent aussi les liasses de yens…

Quand Mishima reviendra dans une quinzaine de jours, il aura une petite surprise !

“ Votre confiance m’honore, Mishima-San ”, lui ai-je dit en refermant la portière. Son chauffeur a enclenché la première et la limousine Nissan, suivie de la seconde voiture de sa garde rapprochée, est partie samedi vers l’aéroport. Son vol est à destination de l’Europe, où il doit donner une série de conférences.

L’Ecole est à moi, le deuxième cercle de disciples m’obéit aveuglément, les servantes m’appartiennent corps et âmes.

Les trois bécasses sont arrivées à l’heure, entre 9h et 9h30. Elles se tiennent au pied de l’escalier monumental et hésitent à monter dans leurs chambres.

Je suis en haut et je les invite de la main-si,si-.

Elles me suivent et je leur fais faire un petit tour du propriétaire. Après tout, elles ont bien droit à une visite guidée de leur dernière demeure-Ah, Ah-.

Nous passons devant le petit musée de la première galerie. Elles contemplent avec fascination les armes médiévales, surtout la sportive, c’est Mayu, je crois. Elles contemplent plus longuement les photos des premières générations de maîtres et élèves, avant la guerre.

Elles s’arrêtent devant une photo de moi en tenue d’aviateur, dans les derniers moments de la guerre. J’ai été versé dans l’aviation parce que je ne peux plus courir avec cette balle dans le genou.

Est-ce leur présence ou l’avenir que je leur réserve, mais je remonte le temps à toute allure, les souvenirs affluent : 

 

  -Le vieux soldat- Chine 1937. Massacre de Nankin - 

 

 

Je suis né en 1911, dans un village de pêcheurs que vous ne trouverez même pas sur la carte, à côté de Kobe.

Vous savez tous dans quelles conditions nous avons envahi le Mandchoukouo en 1937.

En 1937, précisément, je passe sergent, et j’étrenne mes galons en décembre devant Nankin. Après une semaine de sauvages corps à corps dans la banlieue, nous avons noyé une partie de l’armée de Tchang-Kai –Chek dans le fleuve Yangzi-Jiang.

Les survivants qui se sont rendus –les chiens sans honneur-, nous les avons tous emmenés hors de la ville, dans des carrières où ils ont du creuser leur fosse commune.

De temps en temps, l’un des officiers s’approchait, en choisissait un au hasard, appuyait le canon de son Nagan sur sa nuque et tirait.

Les soldats, eux, paradaient le long des rangées de prisonniers et parfois rompaient brutalement et sans raison apparente leurs rangs, pour enfoncer leurs baïonnettes dans quelques ventres. 

Puis est venu le concours de décapitation.

Deux officiers se sont partagé la victoire avec plus de 100 têtes coupées en une heure.

J’étais bon troisième avec presque autant et une dizaine de têtes d’avance.

Le soir, avec ma compagnie, nous sommes allés dans le quartier Sud de la ville pour fêter ça.

Les concours de décapitation continuaient encore, et nous avons vu une missionnaire française perdre la tête, le buste droit et les seins nus.

Le quartier Sud, le quartier résidentiel, avec ses pavillons aux jardins exquis, les premières piscines que nous ayons jamais vues, ses senteurs de magnolia, les vérandas et les avenues propres et bien dessinées.

Mes hommes ont trouvé facilement tout ce qu’ils cherchaient à piller et à violer.

Moi, j’attendais mon heure.

Jusqu’à ce que je découvre, au fond d’une impasse, une petite maison en bois qui dissimulait une vaste demeure protégée par deux immenses baobabs et les inévitables cocotiers.

 

Ses occupants ont du avoir les moyens de fuir depuis longtemps.

 

Une servante européenne rêvassait à la fenêtre de la maison de gardien, le chien de garde à ses côtés. Elle avait succombé à la moiteur tropicale et offrait à son torse dénudé la caresse de la brise qui commençait à se lever.

Ses traits étaient fins et gracieux, et même à moitié cachée, on voyait qu’elle était admirablement proportionnée.

Dès qu’elle nous a vu, elle a pivoté sur ses talons, ses seins en poire ont paru flotter de façon irréelle dans l’espace et elle s’est caché.

Mes hommes ont enfoncé la porte. Je suis entré le premier. Elle m’attendait dans le salon avec un gros revolver pointé sur moi. Elle a tiré. Le chien a fait ”clic ”, car elle n’avait pas déverrouillé la sûreté de l’arme.

Mes hommes se sont jeté sur elle et ont commencé à la palper et à soupeser sa poitrine lourde et émouvante.

D’un ordre bref, je les ai arrêtés et me suis approché, la tête juste au dessus de la sienne. Ses yeux clignaient en permanence et lui donnaient l’allure d’un lapin affolé.

Comme elle avait peur et ne comprenait rien, elle parlait très vite en souriant tout le temps. 

J’ai effacé ce sourire qui m’indisposait d’une claque violente.

Elle est tombée à genoux en pleurant. Mes hommes l’ont redressée à coups de crosse. Ils ont étroitement ligaturé ses seins avec du fil de fer et l’ont emmenée dans le jardin.

Là, ils se sont emparé de grosses tiges de bambou qu’ils ont commencé à tailler. Ils en ont épointé deux.

La première, ils l’ont enfoncé dans le creux de ses mains malgré ses supplications et ses coups de pieds.

Avec la seconde, ils ont réuni ses jambes en traversant ses chevilles entre le tendon et l’os.

Ils l’ont emmenée jusqu’à un portique de jeux et l’ont fixée là.

Pendant ce temps, d’autres avaient fendu en deux dans le sens de la longueur une tige plus épaisse.

En se servant de ses bords mal ébréchés comme d’une scie, ils lui ont lentement découpé les seins.

Le supplice a duré deux heures…vous voyez ce que cela peut signifier…deux heures durant lesquelles cette jeune chinoise a hurlé, pleuré, supplié…en chinois, on ne pouvait pas comprendre !

Elle s’est très vite pissé dessus, puis une demi-heure après, ce sont ses sphincters qui ont lâché quand un de ses seins à moitié tranché est retombé sur son ventre et pendant qu’ils attaquaient l’autre par le côté. Il s’y prenaient toujours par équipes de deux à la fois.

L’un soulevait le sein, l’autre le sciait, très vite au début, ce qui était moins douloureux, puis plus progressivement quand la fatigue venait. Elle gémissait continuellement, d’une voix de plus en plus faible, comme une mélopée :

“ Ouuuuuuhhhh. Ouuuuuuuuuuhhhhhh ”

Le sang coulait maintenant de plus en plus vite. Les mamelles étaient devenues deux masses violacées sur lesquelles ceux qui ne sciaient pas venaient tirer en pinçant fortement les longues pointes de sein très brunes.

Finalement, le sein à moitié tranché est venu et elle s’est évanoui.

Ils l’ont ranimée à grand renfort de claques et en lui écrasant le sein qui lui restait entre leurs mains. Ils ont ensuite fait un concours pour savoir qui parviendrait à lui arracher ce sein d’une main et parviendrait à le conserver.

 

 

 Lundi 18 novembre 1970. Journal de Mayu. L’arrivée (4/4) 

 

 

Note confidentielle du 26 novembre 1970

(accès réservé)

 

Nom : NAKAYAMA

Prénom : Mayu

Née le 11/8/1941 à OKINAWA

Profession : Lieutenant de police (à/c du 13/7/1968, enquêteur de 1962 à 1965, inspecteur de 10/1965 à 6/1968).

Réside à KYOTO

Etats de service : remarquables.

Signes distinctifs : Maîtrise de Sciences sociales. 5e dan de Karaté. Membre du fameux BUSHIDO KYOTO CLUB, 4 fois vainqueur de la Coupe des clubs depuis 1963. Fille de Morika NAKAYAMA , champion du Japon en 1935 et 1937. Son père a fait partie de la délégation qui a fait une démonstration devant Hitler aux Jeux Olympiques de Berlin en 1936.

Dernière mission : chargée d’infiltrer la secte MISHIMA depuis le 10/11/1970.

 

 

MINISTERE DE L’INTERIEUR

DIRECTION DE LA POLICE NATIONALE

DIRECTION DES RENSEIGNEMENTS GENERAUX

SOUS/DIRECTION DES PARTIS POLITIQUES, DES SECTES ET DE LA LIBERTE DES CULTES

S/C de MNC.MASAYASHI

S/C de MNA.HIROYASU

 

RAPPORT DE L’OFFICIER DE POLICE le 18 novembre 1970

MAYU NAKAYAMA:

Objet : Activité de la secte Mishima

 

Je tiens d’abord à manifester mon désaccord avec l’objectif de cette mission et les moyens utilisés. Un ensemble de raisons me conduit à remplacer ma collègue malade, mais il m’a été extrêmement pénible de devoir poser nue dans une agence de mannequins.

Je précise que je compte formuler une protestation par voie syndicale dès mon retour.

J’ai pris le train de 6h23 à Kyoto et suis arrivée à Nagasaki à 7h52

Un car m’a emmenée avec les touristes jusqu‘au château de Matsumoto.

Mon état de frais de déplacement sera annexé séparément.

Je suis arrivée à 9h, à l’ouverture des portes du château, j’en ai profité pour me mêler aux touristes et visiter le château féodal.

Il n’existe aucun accès à partir du château vers l’école.

Depuis les remparts, j’ai une vue cavalière sur la cour de l’école, juste en dessous, qui est une ancienne ferme.

Il faudrait être ninja pour pouvoir descendre par ces murailles et sauter ensuite par dessus les douves.

Les murs de protection entourent presque complètement la ferme et forment un U encerclé par les fossés du château, sauf à un endroit où ils s’ouvrent pour laisser l’accès à une large passerelle. Ils sont couronnés de deux rangées de fil de fer barbelé et électrifié, qui dépassent astucieusement en avant.

Le pigeonnier de la ferme est situé à l’opposé du château, côté nord-ouest.

Il s’agit d’une guérite masquée, qui domine l’arrivée depuis la plaine.

J’ai pu l’observer avec mes jumelles, comme une touriste-deux meurtrières récemment creusées-probabilité d’une arme lourde.

Je suis redescendue. En sortant du château, je me suis dirigée vers l’école en observant les murs. Rien à signaler de plus.

Un milicien en uniforme noir est en faction. Il a regardé mes papiers avec curiosité. J’ai été obligée de sourire d’un air niais. Mon allure est trop sportive, malgré ma perruque qui me donne l’air d’une prostituée pour bars d’européens.

A l’intérieur de la cour, je parviens à reconnaître, d’après une vieille photo, Toshiro Mukai. Le rapport du 11 octobre dernier précise qu’il est devenu, avec son fils, le gestionnaire de l’école.

Il finit une conversation avec deux filles, l’une très simple, mais gentille, du nom de Juri, l’autre très distinguée mais hautaine, qui s’appelle Kaite et dont le visage me rappelle quelqu’un.

Je donne mon prénom, Mayu, et on en reste évidemment là, compte tenu de ce qu’on est venu faire.

Toshiro nous invite à monter dans nos appartements.

Je m’attarde un peu pour les rejoindre. J’ai reconnu le fils de Toshiro qui s’est arrêté un peu plus loin dans le hall. Il m’a toisée.

Je n’ai pas baissé les yeux et j’ai eu tort. Je monte les rejoindre.

 

 

L'Ecole Mishima (2)

 

 

 Mardi 19 novembre 1970 :

 

 un film pornographique (1/4) Journal de Juri Oshino

 

 

 

Quelle journée ! Elle avait pourtant mal commencé. Rien à dire côté chambre, c’est la classe, même si la fille qui nous a servi le petit déjeuner s’est cassé la binette sur Kaite. Bien fait pour la mijaurée. Mais quand j'ai voulu sortir pour chercher des cigarettes à pied dans le village, le garde à l'entrée, il a pas voulu me laisser passer. Il a dit que c'était à cause des touristes, qu'ils allaient rentrer, sans ça.

 

 J'ai eu beau lui faire un grand sourire en passant ma langue sur mes lèvres, y a pas eu moyen.  Même qu’il a resserré sa main sur son fusil. Tiens, c’est marrant, j’avais pas remarqué qu’il chassait, hier ?.

On n’est quand même pas en prison, non ?

 

Dans la cour, y a une cinquantaine d’étudiants en train de faire des tas d’exercices, avec des épées ou des grosses masses en bois. Y en a qui sont vachement mignons. C’est dommage qu’ils perdent tant d’énergie à gueuler. Moi, j’les ferais bien crier autrement, hi, hi.

Ni une, ni deux, je me dégonfle pas, et je traverse la cour juste au milieu, sans trop bomber la poitrine, j’ai pas besoin en ce moment….

.

J'm'attendais à me faire siffler, eh ben mince, y en a pas eu un seul pour me mater les nichons. J'ai un coup au moral, j'ai pas encore l'air d'une grosse vieille, non ?

Ils continuent à crier et à s'agiter dans tous les sens pendant que je remonte leurs rangs. Dur, dur...

 

La Kaite, elle est déjà là, à faire des mamours au vieux qui dirige l'école.

(au fait, paraît que c’était un héros de la guerre du Pacifique ! Mince, il a du en voir de dures, le pauvre…j’tâcherai de le consoler !). Elle s'adresse aux servantes sur un ton !!! On dirait la châtelaine...pour qui elle se prend, celle-là ?

 

J'ai pas tout compris, mais c'est le fils de Toshiro, à côté, un beau gars d'ailleurs, vachement musclé.

Kaite est vraiment pas sympa, elle me jette des regards noirs depuis que j'ai pris ma douche devant elle ce matin. Je sens pas le sushi de trois semaines, pourtant ! 

Mayu est bien plus gentille, elle, même si elle est très discrète. Elle a pas voulu me dire où elle habitait, je sais même pas si elle a un petit copain.

 

Bon, on se relaxe un peu en prenant le thé, et je regarde tout le matos qui est autour de nous. Y a des trucs vachement compliqués, je parle même pas des caméras et des micros ! On a quelques instructions, c'est pas trop compliqué de se foutre à poil pour commencer...

 

Quand on passe à l'action, Kaite nous fait son grand numéro. Moi, faut que je lui lèche les nibards, pendant que Mayu masse mon clit, et que Kaite s'enfile un machin vachement froid et lisse dans tous les orifices. Elle joue les pimbêches dans son bain moussant, Madame.

J'aime bien lui sucer ses grosses pointes, mais je ne sais pas très bien si c'est le truc en jade qui lui fait de l'effet ou moi ? Elle pourrait quand même me regarder aussi, non ?

 

Mayu me caresse bien. Elle fait remonter deux doigts le long de ma fente et, de temps en temps, plonge l'index dans ma vulve. Là, elle pointe le doigt sur mon bourgeon et le tourne délicatement. Je suis toute humide maintenant, après avoir joui, et je m'embrouille un peu quand Toshiro me dit quelque chose. Mais comme il est à poil allongé sur une serviette, je comprends mieux ce qu'il veut.

 

J'abandonne Kaite sans remords, parce qu'elle se débrouille très bien sans moi.

Je me tourne sans que Mayu lâche sa prise sous l'œil des caméras, et je m'allonge au dessus de ses fesses. Il a beau avoir les poils du cul tout gris, il a les fesses encore vachement dures.

 

Je les écarte un peu et pose ma langue sur son anus avec précaution. Rien à dire, c'est propre, ça sort du bain. Je darde un peu timidement ma langue pour mouiller le bord, puis je finis par laper de plus en plus fort, jusqu'à ce que son anus s'ouvre un peu. Il s'est complètement détendu maintenant, et quand il se soulève un peu, ma main va vérifier qu'il est bien dur. Il bande encore vachement bien, le salaud !

 

Mayu continue de me doigter gentiment, mais sans trop insister, avec un peu de distance, elle n'a pas l'air très concernée. Comme prévu dans le scénario, comme ils disent, mon bout de sein s'insinue entre les fesses de Toshiro. Je trouve son trou du cul. J'enfonce ma pointe. Mes doigts ont tiré en arrière la peau de son gland, et la font repasser doucement d'avant en arrière. Il a contracté ses fesses et commencé rythmiquement à me traire. C'est très troublant.

 

 D'abord, c'est comme si c'était moi qui l'avais enculé, et puis maintenant, c'est comme si c'était Sinje qui me tétait. Je sens son gland augmenter entre mon pouce et mon index. Son souffle se fait rauque et il se soulève encore un peu plus. Il augmente ses contractions et je lui envoie une pleine giclée de lait dans le cul en même temps qu'il me jute dans la main.

 

Je vais pour m'essuyer, quand Kaite, qui a lâché son engin, me prend la main en coupe et boit le foutre de Toshiro en regardant droit dans la caméra, toujours à faire des effets.

Mayu a l'air très en colère, j'ai pas compris pourquoi, mais elle accentue ses caresses jusqu'à ce que je vienne à mon tour quand elle enfonce tout son poing dans mon con. J'ai le souffle coupé, tellement elle a les doigts durs. C'est pas possible, j'aurais cru les doigts de mon père quand il revient des champs, tellement ils sont calleux. C'est quoi sa maladie, pour avoir les mains comme ça ?

Je la regarde avec surprise lorsque le fils de Toshiro s'avance à son tour. Il a baissé son pantalon, et il la domine de toute sa hauteur. Même moi, je comprends ce qu'il veut...hi, hi, y a pas besoin d'avoir fait des études pour ça. 

 

 

 Mardi 19 novembre 1970

 – un film pornographique (2/4) Journal de Mayu Nakayama

 

 

Je hais ce que j’ai du faire aujourd’hui, je hais ce que je connais de moi ce soir.

 

Qu’il en soit ainsi. Je pense à toutes les pauvres filles qui n’ont pas eu d’autre choix.

Hier, après la visite des petits musées du château, nous avons du nous rendre dans un grand jardin d’intérieur, dans les sous-sols du château. Une sorte de reconnaissance pour le tournage d’aujourd’hui.

 

J’ai trouvé le musée d’arts martiaux fascinant. Les murs étaient tapissés de vieilles photographies d’avant-guerre, quand la ville et le château abritaient l’une des meilleures écoles de karaté du Japon. J’ai cru reconnaître mon père, photographié avant un combat contre l’un des grands maîtres de l’école.

 

Ce matin, j’ai regardé dans la cour par un vitrail incolore en redescendant l’escalier en colimaçon qui monte jusqu’au musée érotique. J’ai été surprise de ne plus voir la voiture de Kaite… ?

 

Les élèves de l’école s’entraînent sous la direction d’Amida Mukai. A un moment, il a fait une démonstration très impressionnante avec un nunchaku. La meilleure que j’ai jamais vue.

Je repense à nouveau à mon père, qui n’aimait pas les armes, et à son enseignement. Il préférait la voie de la force intérieure. Je me souviens de son journal que j’ai lu pour la première fois à 15 ans. Je me concentre fortement et les images de mes combats se bousculent :

 

“ Volent mes pieds,

 sifflent mes poings,

 forte est ma tête, “

 

Père, pourquoi m’as tu quitté si tôt, tu avais tant à me donner encore ?

 

Nous sommes maintenant toutes dans le jardin. Kaite et Juri se déshabillent avec l’aisance de professionnelles.

C’est maintenant mon tour de devoir participer à cette répugnante orgie, moi qui porte l’un des noms les plus vénérés du Japon. Mais je dois sauver ma vie et accomplir ma mission.

 

Au moins vais-je me comporter comme une vraie geisha.

 

C’est Kaite qui s’y est collée la première. Il est très clair qu’elle apprécie de se donner en spectacle, et je n’aime pas du tout la façon dont elle me provoque sexuellement en dardant sa langue lorsqu’elle me regarde.

Elle se manipule longuement avec un olisbos en se faisant lécher par Juri. Moi, le scénario prévoit que je suis en train d’apprendre comment elle s’en sert, et je dois rester à la regarder, l’air ahuri, en masturbant Juri.

 

Juste après qu’elle ait joui, elle renverse ma tête et m’embrasse sur la bouche par surprise. Je me retiens juste à temps de l’assommer, et je parviens à ne pas cracher le goût de son rouge à lèvres très sucré.

 

Le fils de Toshiro nous a rejoint dans l’intervalle. Il transpire à peine et semble très excité durant toute la scène. Il fait un pas en avant. C’est un bloc de muscles. Je reconnais l’athlète parfaitement entraîné uniquement par sa démarche très souple. 

 

Il s’est avancé. Je pense qu’il veut aussi me punir de l’avoir défié du regard. Il baisse son pantalon avec un regard volontairement inexpressif et ennuyé.

 

J’entreprends de l’honorer d’abord en l’embrassant tendrement, tandis que mes mains se creusent en obole pour recevoir la chaleur de ses testicules.

 

Sur ses bourses si fragiles palpite une veine, je la caresse délicatement en posant le bout de mes doigt dessus, comme pour l’apaiser, puis mes ongles parcourent les replis de peau de son sac, très doucement, comme s’ils se promenaient dans un labyrinthe.

 

Je flatte quelques instants de la paume de ma main l’encolure de son membre viril, comme je le ferais pour un cheval affolé, puis ma langue, d’abord hésitante, puis franchement hardie, effleure le col fragile de son prépuce. Il est très gros, beaucoup plus que les deux seuls hommes que j’ai connus jusqu’à présent.

 

Je n’ai nul besoin de ma main pour maintenir parfaitement ferme la colonne de chair, et les délicats coups de ma langue largement déployée parcourent en tous sens son pénis qui sent un peu le gymnase, mais c’est normal.

 

Il m’est plus facile de concentrer mes tendres attaques sur le long filet, par lampées avides, mais lorsque la pointe de ma langue atteint le méat béant d’où sourd les premières gouttes de liquide séminal, quelque chose s’éveille en moi et je prends alors le temps de les déguster, attentive à ne rien laisser perdre.

 

J’ai maintenant très envie de mordre dans ce beau fruit qui envahit ma bouche, alors que j’imagine les gouttes claires qui s’écoulent au fond de ma gorge.

 

De temps à autre, je profite de mon pouvoir pour découvrir des zones auxquelles il ne me laisserait pas accéder autrement. Jamais nos jeux avec mes pudiques équipiers du Dojo club n’ont été aussi loin.

 

 Je caresse doucement ses testicules avec les deux doigts d’une main, tandis que l’autre a filé vers son anus. Comme mes ongles sont coupés très courts - j’espère qu’il ne l’a pas remarqué - je peux enfoncer mon index profondément dans son orifice sans le blesser. Et là, c’est extrêmement troublant, comme si je le masturbais de l’intérieur.

 

Je sens les premières vraies contractions écraser mon doigt, et je dois très vite décider ce que je dois faire du sperme qui file au bout de sa verge. Je n’ai jamais avalé de sperme jusqu’à présent, et je ne peux pas sembler en découvrir le goût.

 

Je retiens ma respiration comme si j’allais avaler une grande rasade de saké, et je décide d’aspirer très fort pour abréger le séjour de sa semence dans mon palais. Mais les premières gouttes qui éclaboussent ma luette ne s’écoulent pas. Elles collent et semblent envahir toutes mes muqueuses à la fois. Je me retiens de cracher, et l’odeur musquée se répand dans mes narines.

 

Mais, progressivement, la peau en feu, mes sens apprivoisent cette substance qui ne m’est bientôt plus étrangère. Je parviens même à faire ressortir ma langue quelques instants pour nettoyer la pointe effilée de ce dard dont je me surprends à regretter la puissance émouvante au bout de mon doigt, et qui m’a révélé ma féminité profonde.

 

 

 

  Mardi 19 Novembre 1970

 – Un film pornographique (3/4) Journal de Toshiro

 

 

Après la visite de notre petit musée, j’ai mis tout le monde au lit –si, si , il faudra être en forme demain- Non, on ne fume pas, c’est mauvais pour la santé –

Ah ah, si elles savaient pourquoi j’ai besoin qu’elles soient en pleine forme !

J’ai donné mes instructions dans la soirée pour supprimer toute trace de leur arrivée. Le petit copain de la grosse vache aura un accident, on l’a retrouvé par la plaque d’immatriculation de sa voiture, la Jaguar de la pimbêche a été désossée, elle sera revendue en pièces détachées. L’autre, elle est arrivée à pied, donc pas de soucis.

Amida continue d’entraîner les “ troupes de choc ”de Mishima. Dire que notre chef se voit prendre le palais impérial d’assaut avec ça…le pauvre fou. Tous ces beuglements dans la cour me donnent mal à la tête. J’ai hâte de leur donner congé ce week-end, et d’entendre d’autres cris plus délicieux. Tout d’un coup, je repense à la voix de gorge si particulière de cette infirmière américaine :

 

 

 - Le vieux soldat- Philippines 1942. Ile de Guam

 

 

Le soleil perce difficilement les hautes cimes des arbres, mais assez pour nous aveugler quand nous relevons trop haut la tête.

Après une difficile progression par la jungle sous les jacassements des aïs, mon escouade - je suis passé lieutenant- domine les hauteurs du camp retranché américain. Il n’en reste rien. Nos ZERO ont bien travaillé. Tentes soufflées, camions renversés, partout des cadavres. Nous descendons dans la plaine et progressons lentement pour repérer les mines, l’arme au poing mais sans trop d’inquiétude, jusqu’aux premiers quartiers de la ville.

Un stade attire mon regard, parce qu’il se trouve juste en face d’un hôpital. Et que, dans cet hôpital, il doit forcément y avoir des blessés qui n’ont pas pu s’enfuir.

Je fais un signe bref de la main à un détachement qui m’accompagne pendant que le gros de ma troupe poursuit sa progression.

Devant nous, un escalier monumental en béton. Sur le fronton, un panneau cache et remplace provisoirement les inscriptions sculptées : “ 6e Armée. Hôpital de campagne ”.

Nous gravissons en courant les marches, baïonnettes pointées droit devant nous, et rentrons directement dans une salle de soins. L’odeur d’antiseptique et d’éther nous submerge, ainsi qu’une certaine forme de silence recueilli, malgré les gémissements des blessés qui montent de toute part.

Les Gi’s qui ont pu nous voir rampent désespérément pour nous échapper. Mes braves vétérans se préparent à les embrocher joyeusement quand une infirmière se jette devant eux. Je les stoppe d’un commandement guttural.

Les infirmières sont restées jusqu’au bout avec leurs malades -honneur leur soit rendu-

Ces barbares ont plus de courage que leurs mâles, et elles subiront avec dignité la pendaison lente par la cangue que l’on appliquait aux putains blanches à Shangai au début du siècle.

Sauf une. Celle qui se tient devant moi et qui s’est interposé. Elle est très belle. Une beauté brune au corps d’athlète, avec de longues jambes, un torse épanoui.

Je n’aime pas du tout la façon dont elle me défie du regard. Je soulève ma casquette et, d’un geste, je lui indique d’enlever le haut de son treillis. Elle refuse de s’exécuter et je tire une balle dans le genou d’une de ses collègues.

L’odeur de sang mêlée aux antiseptiques, aux effluves de ces blancs qui sentent le chien trop cuit, m’est devenue insupportable et je veux en finir vite maintenant.

Très rapidement, elle obtempère et essaie de plaquer un sourire destiné à dissimuler sa peur horrible. J’ai donné des ordres pour lui préparer un comité d’accueil devant l’hôpital…

Je vois son nom sur l’étiquette collée sur son treillis “ Erica Roe ”, juste avant qu’elle ne l’ait fait voler avec grâce derrière elle. Elle se tient à moitié nue devant moi, avec ses jolis seins qui se balancent gracieusement pendant qu’elle allume la cigarette que je lui ai tendue.

Je la pousse devant moi avec le canon de mon pistolet, nous descendons le perron d’entrée de l’hôpital et elle voit mes p’tits gars qui lui font une haie d’honneur à l’entrée du stade.

Chacun d’eux a sorti la baguette en fer très flexible qui lui sert à nettoyer son fusil.

Ils tapotent dans leurs mains avec leurs baguettes et semblent lui dire “ Allez, vas-y, qu’est ce que tu attends ? ”.

Elle marque un temps d’arrêt, porte la main à ses seins. Elle est très belle, des cheveux noirs mi-courts, et je la force à redresser sensuellement son orgueilleuse poitrine en la tirant par les cheveux pour lui attacher ses poignets dans le dos, puisqu’elle doit être fustigée sur ses mamelles jusqu’à ce que mort s’ensuive.

D’une rotation du buste, elle m’échappe, se saisit de la hampe d’un drapeau américain, et, toujours la cigarette dans la bouche, elle me fixe un instant -je ne plierai pas- c’est moi qui choisis ma mort.

Dans un vertige de peur et de défi, elle se jette dans l’allée vivante qui a commencé de l’applaudir.

C’est comme si la foule absente des gradins hurlait des applaudissements devant sa performance.

Elle essaie de courir très vite, mais les premières cinglées sur ses épaules lui coupent très vite le souffle et elle doit ralentir.

Elle a bien sûr plaqué l’étendard sur ses seins, et ses mamelons sont si érigés par l’excitation qu’ils parviennent à pointer à travers une étoffe aussi rêche et épaisse qu’un drapeau.

Sa progression devient vite un long calvaire, parsemé de stations de plus en plus prolongées pendant lesquelles mes braves frappent avidement, visant d’abord le dos, puis les bouts de seins.

Son sourire a disparu depuis longtemps déjà, le drapeau glisse de ses épaules, ses seins zébrés de lignes rouges tressautent. Elle est presque arrivée.

Elle reprend des forces. Au bout de l’allée, une baïonnette lui a signifié de repartir. Deux de mes hommes lui ligotent prestement les mains dans le dos pour son tour d’honneur. Elle s’en va pour son ultime voyage.

 

Les baguettes peuvent maintenant s’enfoncer complètement dans les tétons sans défense, avec les veines qui éclatent,

 ”I beg your pardon, pleaaaase, Ouuuuuuh ”

la peau déchirée, les hurlements “ Stop it, stop it, it hurts me AAAAAAHHHHHHH ”.

Mais le châtiment pour qui a osé défier l’Empire du soleil levant doit être inexorablement appliqué.

“ Nooo, nooo, oh the paaaaain, my breeeeeeasts ”.

Des gouttes de sang tombent maintenant, qui finissent par composer une hallucinante pluie rouge

“ YYYYYEEEEHHH ”, qui mouchète de tâches brunes la pelouse du stade.

Quelques mètres plus loin, les mamelles littéralement hachées, Erica s’effondre, saisie de tremblements nerveux, en état de choc.

Encore tout émoustillés, mes glorieux vétérans arrachent son jean et sa petite culotte.

L’un après l’autre, ils enfoncent leurs baguettes jusqu’à la garde dans son anus et bien sûr dans son vagin. Elle s’est violemment contracté les deux premières fois, mais ne tarde plus à rester inerte.

 

Ensuite, mes soldats jouent un peu avec les autres infirmières, qui ont détourné le visage en pleurant pendant l’exécution de leur amie. Après les avoir ligoté et violé par tous les orifices pendant deux heures, mes troupes héroïques ont installé des cangues au-dessus d’une grande fourmilière. Elles sont une dizaine à reposer, cous et mentons pris entre deux longues planche de bois posées sur des pilotis, les orteils sur un lit de fourmis rouges. Lorsque nous partons, elles sont toutes en train de gigoter en hurlant tandis que les colonnes brunâtres sont en train de leur bouffer la chatte sans relâche.

 

 

 Mardi 19 Novembre 1970 

 – Un film pornographique : (4/4) Journal de Kaite MORUKI

 

 

La visite du petit musée m’a positivement enchantée. Je suis vite passée devant ces armes tellement assommantes… sauf bien sûr quand il s’agit pour un seigneur de punir ou de châtier ses sujets !

Il y a aussi de très belles galeries d’estampes dédiées à l’art de l’amour sous tous ses raffinements. J’ai peu appris… mais beaucoup apprécié la galerie consacrée à notre art unique du bondage.

Ah, le rituel d’un lien qui enferme progressivement une jolie fille, qui fait saillir sa croupe et ses seins.

Comme j’aimerais être suspendue en l’air, nue, bâillonnée et ligotée dans les règles de l’art, humiliée, ouverte, palpitante.

A moins que ce ne soit moi qui flagelle doucement des seins, tiens, ceux de Mayu, justement.

Ce matin, elle a eu la délicatesse de se cacher pendant qu’elle procédait à ses ablutions, pas comme cette paysanne endimanchée de Juri!

Quand je pense aux choses qu’il va falloir faire avec elle !

Par contre, Mayu m’attire beaucoup. Hormis ses gros seins, elle a un corps très musclé pour un top-model.

J’aimerais beaucoup la dominer et l’obliger à me lécher pendant que je verserais de la cire brûlante sur ses seins.

 

Nous avons revêtu des tuniques d’époque pour les premières scènes.

Toshiro m’a soufflé en aparté que le film érotique aurait quelques scènes un peu fortes. Je lui ai souri en lui répondant que ça ne me dérangeait pas du tout. Il a éclaté de rire en me disant que je serais vraiment surprise.

Par contre, je suis très contrariée par l’absence du maître des lieux.

Toshiro m’a dit qu’il était parti quelques jours, mais qu’il serait heureux de voir les premiers rushes du film avec nous.

Après notre déjeuner du matin, il nous a réunies dans une sorte de jardin d’hiver bien chauffé, avec une toute petite équipe de deux personnes pour tourner le film, et nous nous sommes assises sur des fauteuils en rotin. 

Le script est très réduit. C’est un peu notre histoire. Nous sommes au Moyen-Age et nous venons travailler dans le château du Shogun. Toshiro et son fils sont les intendants du château.

 

Nous nous promenons dans le jardin d’hiver et, bien sûr, nous en profitons pour prendre un bain dans un immense jacuzzi, un peu anachronique, mais je ne crois pas que ça dérangera vraiment les spectateurs !

Mayu s’est déshabillée la première, pourtant elle n’a pas l’air très à l’aise devant ces hommes. Bizarre pour un top-model, ou alors très bien joué, oui…je vois, la petite garce !

Cette Juri, par contre, on dirait qu’elle n’attendait que çà.

Il est prévu qu’on découvre un peu nos corps. On chante et on babille des futilités, je passe mon bras autour du cou de Mayu et je sens nettement qu’elle se rétracte.

Pas de chance. Encore moins de chance quand Juri commence à me lécher les seins - heureusement qu’on ne me demande pas le contraire- encore qu’elle se débrouille bien, finalement.

Mayu est restée de bois, et elle a longuement discuté avec Toshiro avant d’insinuer gentiment deux doigts dans le vagin de Juri.

Elle a bien du courage, parce que cette…elle n’est même pas épilée !

Juri vient très vite une première fois, ça ne m’étonne pas d’elle, elle n’a aucun sens du raffinement.

Moi, je prends mon temps pour me caresser. Un assistant m’a tendu un olisbos, un phallus de jade, que je fais aller et venir dans mon anus au rythme des caresses de Juri et des bulles bouillonnantes qui stimulent mon clitoris. Je suis très excitée d‘être regardée par tous ces hommes. Ils m’applaudissent lorsque je mords l’épaule de Juri en jouissant, arc-boutée sur le rebord du jacuzzi.

Mayu est à côté de moi, pétrifiée, et j’en profite pour l’embrasser à pleine bouche.

Je suis un peu déçue que, finalement, Toshiro et son fils aient choisi de ne pas m’honorer. Je compte bien me rattraper demain.

 

Il est prévu qu’il y ait quelques scènes de bondage avec les servantes. J’ai demandé à Toshiro si le scénario pourrait prévoir aussi que je m’occupe de cette gourde endimanchée de Juri ? Toshiro m’a promis une place de choix dans l’histoire, avec un grand éclat de rire.

 

Cet après-midi, quartier libre. Je suis très contrariée, car je ne peux pas prendre ma voiture. Toshiro a du la mettre au garage en ville, car elle perdait de l’huile. Je lui ai dit que je le tiendrais pour personnellement responsable si ce manant de garagiste abîmait le moteur !

 

En attendant, je suis bien obligée de relire les œuvres de Mishima, même si je les connais par cœur. Je compte bien l’éblouir en citant des passages entiers de son dernier livre. Peut-être même qu’il acceptera de répondre à une interview. Je l’enverrai au bulletin des étudiants de la fac. Ils seront verts de jalousie.

 

La servante que j’ai du souffleter ce matin après qu’elle ait renversé du thé sur moi n’a pas reparu. Qu’a bien pu en faire Toshiro ? 

 

Cette pauvre Juri est désespérante, à se faire les ongles en extase devant tous les pantalons qui braillent dans la cour… 

 

 

L'Ecole Mishima 3ème partie

 

 

 Mercredi 20 novembre 1970 : les joies du bondage (1/4)

  Journal de Kaite MORUKI

 

Je viens de relire le court roman de Mishima “Le soleil et le fer ”. Tout est là, il écrit comment et pourquoi il veut devenir un homme d’action. Il a tout dit, tout prévu du déclin du Japon. Je me revois pendant ce grand défoulement des étudiants du monde entier, voici deux ans, au mois de mai 68.

Honte sur nous, contaminés par les valeurs décadentes de l’occident, au point que bon nombre de mes condisciples livraient assaut aux policiers sur des barricades avec leurs pieux de bambous. Je me suis battu dans les amphithéâtres avec les gauchistes, quitte à me faire traiter de fasciste. Ma professeur de lettres modernes conserve certainement la cicatrice de la bouteille que je lui ai cassée sur son chignon. Nous nous étions tant aimées…pourquoi la politique est-elle venue nous séparer ? Elle aimait que je la fesse comme une élève désobéissante. Son sexe avait un goût d’huître sucrée.

 

Je secoue la tête avec nostalgie. Je me lève de mon lit à baldaquins pour voir si mon chemisier souillé par cette imbécile de servante hier matin est bien sec. Si nous ne devions pas partager la salle de bains, cette chambre mériterait quatre étoiles. Les tableaux d’artistes, européens malheureusement, sont en parfaite harmonie avec les murs revêtus de velours gris, avec des boiseries couleur saumon. Je m’approche ensuite du petit secrétaire devant la fenêtre et observe la cour. Toujours pas trace de ma voiture. J’enrage. Cet après-midi, nous devons reprendre le tournage du film.

Mayu m’intrigue vraiment. Elle ne semble finalement pas du tout expérimentée. Sa gaucherie n’est pas feinte, une femme sent ces choses-là. Qu’est-elle venue faire ici ? Call-girl à temps perdu ? Pour payer ses études ? 

Mes pensées vagabondent sans lien cohérent. Je regarde distraitement dans la cour, plus bas sur ma droite, les disciples qui sont prêts à suivre Mishima ? Jusqu’où…Bonne question ! En tout cas, eux, ils ont eu la chance de voir le Maître. J’ai beau savoir que Mishima aime les hommes, je me demande s’il ne pourrait pas être bi, juste un petit peu, rien que pour moi. Après tout, ne suis-je pas la plus belle des bi, non ? Et il s’est bien marié aussi, quand même ? Plus haut, en levant les yeux sur la gauche, je vois les touristes se promener sur le mur d’enceinte du château. Tous ces européens m’insupportent. Ils ne comprennent rien à notre culture, ils devraient déjà s’estimer heureux d’avoir le droit d’acheter nos téléviseurs et nos voitures !

 

Enfin l’après-midi, je commençais à m’ennuyer ! Après le repas, Toshiro nous a invité à revenir dans le jardin d’hiver et quand nous passons dans une autre pièce qui abrite une grande échelle circulaire –oh divine surprise – la souillon qui a irrémédiablement détruit mon chemisier de soie est là ! Mayu a un mouvement de recul, cette oie de Juri ouvre la bouche, mais Toshiro nous pousse fermement en avant :

 

La servante me regarde, le feu aux joues. Elle se tient très droite devant nous, encadrée par deux gardes, dont l’un tient une caméra sur son trépied, et ses immenses yeux verts me dévisagent avec haine, mais son regard vire à la soumission lorsqu’elle contemple son maître avec respect. Elle est belle, très longue, très fine, malgré une forte poitrine qui semble tomber un peu.

Toshiro se tourne vers moi “ Cette maladroite s’est montrée indigne de son emploi. Aujourd’hui, nous allons faire un exemple pour que le service reste irréprochable dans la maison du maître Mishima “. Je note que Mayu a frémi, mais elle ne dit rien.

A un signal de Toshiro, l’un des gardes s’empare d’un superbe fouet pendu au mur sans répondre. J’ai reconnu un knout, le redoutable fouet des cosaques…

“ A poil ”.

L’ordre a claqué comme un coup de fouet et le second garde actionne la caméra d’un ”MOTEUR ” goguenard.

La servante se retourne dans la direction du groupe avec une toute petite voix:

“ Et vous ? Vous n’allez quand même pas rester là, non ? ”.

S’emparant du redoutable knout, le garde le fait glisser avec une mine éloquente dans le creux de sa main.

Vaincue, la servante remonte sa robe noire et froissée par dessus ses épaules et la fait lentement glisser en un gracieux mouvement.

J’aime son geste dérisoire pour préserver jusqu’au bout sa féminité bafouée, qui la fait se retourner face au mur pour faire coulisser son slip en trémoussant ses fesses musclées et très haut plantées. Ses bras passent dans son dos avec maladresse pour dégrafer son soutien-gorge.

Elle tremble légèrement sous l’effet de l’excitation, de la honte et du froid. Jamais elle n’aurait imaginé que Toshiro puisse ainsi l’exhiber devant des étrangères ! 

Je constate qu’elle ne paraît pas étonnée de découvrir que ses pointes de sein oblongues et brunes se sont redressées, tant les pierres de la chambre de supplices ont conservé la froidure de l’hiver dans les jointoiements délabrés.

Le garde a déjà retiré sa chemise. Il dégrafe brutalement la ceinture de son jean sous lequel il est nu.

Nous jetons un coup d’œil étonné sur ses proportions incroyables. Un gland pourpre de la grosseur d’une balle de ping-pong descend bien au-dessous de deux testicules gros comme des œufs de cane.

Le garde saisit la servante aux épaules et la force à se retourner. La chienne se débat, car elle vient de réaliser que son clitoris est en train de prendre l’air. Je suis aussi excitée qu’elle. Les mains du garde accentuent leur pression inexorable avec une force qui la paralyse et lui interdit de dissimuler son état. Cramoisie par la honte, elle entend les hommes éclater de rire, pendant que le garde s’avance pour comprendre.

Toshiro l’invective “ Espèce de salope, et en plus tu te donnes en spectacle devant tout le monde ? Regarde bien l’échelle, car c’est là que tu vas être punie…parce que tu mérites bien d’être punie, oui ou non ? ”.

Le garde lui indique de la pointe de son knout d’avoir à se diriger vers l’instrument de son supplice.

D’une voix légèrement tremblante et recueillie, la servante répond “ Oui, Maître, j’ai fauté, et pour cela je dois être punie".

Elle se dirige d’un pas engourdi devant l’échelle circulaire qui a été calée sur son axe, et pose ses bras sur les barreaux supérieurs, pensant ainsi offrir sa croupe satinée à l’habituel hommage du fouet de son seigneur.

La voix âpre de Toshiro fait monter la tension dans la pièce.

“ Tourne-toi ”.

La servante a compris immédiatement qu’elle allait être châtiée beaucoup plus sévèrement qu’elle ne l’avait jamais été.

Je suis très excitée à l’idée de la voir offerte au baiser effrayant des larges lanières de cuir.

Amida s’est penché discrètement à l’oreille du garde “ Fais très attention, tu peux la mutiler avec un engin comme ça ”.

La servante a eu un geste de rébellion pathétique, vite réprimé pour ne pas courroucer davantage son maître. Peut-être espère-t-elle secrètement diminuer l’importance de son supplice en coopérant pleinement ?

Les deux gardes menottent d’abord ses chevilles aux montants de l’échelle, puis très haut ses poignets, pour l’obliger à soulever la pointe de ses pieds si menus. Je la trouve extrêmement désirable, dressée comme une ballerine, elle projette fièrement en avant les pointes aiguës de ses seins en forme de poire.

C’est comme si je ressentais sa délicieuse chair de poule qui se rétracte immédiatement sous la première cinglée, presque une caresse, sur ses cuisses ouvertes. Une vague de chaleur semble la submerger lorsque le bout effilé de la lanière parvient à s’insinuer dès le troisième coup dans la toison enchevêtrée d’un noir de jais. Elle transpire pour la première fois.

L’insolent clitoris rentre promptement dans sa cache alors qu’elle pousse un cri de surprise.

“ Oh non, ça fait vraiment mal, maintenant. Pas devant les filles, arrêeete-le, s’il te plait ”.

En réponse à sa supplique, un coup plus violent à travers ses seins délicats lui intime le silence.

“ AAAh, mais t’es pas fou, non ! Arrête maintenant, tu m’as vraiment …AAAAAAAAHHHH ” .

Le coup est réellement violent, cette fois. La base des délicates mamelles en tremble encore, et des gouttes de sueur commencent de sourdre en rigoles profondes depuis son cou et ses aisselles qu’elle n’est manifestement pas autorisée à épiler. Je mouille.

Elle éclate en sanglots. Elle vient de réaliser pour la seconde fois que cette séance ne ressemblerait à rien de ce qu’elle avait connu jusqu’à présent.

Ses seins légèrement tombants se balancent maintenant au rythme désordonné de ses longs hoquets.

N’y tenant plus, je fais un pas en avant.

“ Toshiro, je peux ? ”

“ J’allais te le proposer, bien sûr, fais comme chez toi, ah, ah ”.

Timidement d’abord, puis en m’enhardissant de plus en plus, je prolonge le supplice par de petits coups vifs et assénés très rapidement, tantôt dans la fente bientôt violacée, tantôt sous la base des seins tuméfiés et douloureusement ébranlés.

 

J’ai l’impression de fouetter de nouveau ma prof de lettres. Je joue de mon instrument en virtuose, et j’espère que Toshiro et son fils ont l’impression de voir un chef d’orchestre diriger une symphonie de douleur. Quand je repose le fouet, Toshiro applaudit longuement.

 

Je n’y tiens plus. Il faut que je vienne très vite maintenant. Je fais tomber mon jean, je me tourne devant Toshiro en m’agenouillant devant lui. Quand il me sodomise, il s’enfonce très lentement. Nous restons immobiles à regarder la servante se faire fouetter de nouveau. Elle hurle sauvagement sous chaque cinglée qui trouve ses bouts de sein. A chaque cri, Toshiro gonfle encore un peu. Heureusement qu’il est si gros, car je suis très “ ouverte ” depuis le temps que je propose mon second orifice à mes partenaires, et je ne le sentirais pas autrement. Je me caresse avec frénésie maintenant. Nous sommes en pleine fusion, je veux jouir en même temps que lui, et mes doigts abandonnent mon clitoris pour caresser ses testicules. Je mords mes lèvres pour l’attendre. La première contraction est très brève, et suivie immédiatement d’une fabuleuse éjaculation. J’ai la vision fulgurante d’une giclée de sperme qui éclabousse mon rectum et je referme mes cuisses dans un orgasme qui me fait hurler plus fort que la servante. 

 

 

Mercredi 20 novembre 1970 : les joies du bondage (2/4)

 Journal de Mayu NAKAYAMA

 

Cette nuit, j’ai encore rêvé de mon père. Un vrai cauchemar, hélas. C’était la dernière fois que je l’avais vu, j’avais 4 ou 5 ans. Il était en uniforme. Il voulait me prendre par la main pour que je n’aille pas sur le tatami, mais il n’avait plus de forces, je lui échappais en riant. Quand j’allais sur le tatami, Amida était là qui m’attendait, en costume de cérémonie.

Je me suis réveillée en sueur, j’ai éprouvé le besoin de voir une photographie de lui que je garde dans mon portefeuille. Il était très beau. Il est mort brûlé au lance-flammes dans une caverne en Birmanie.

J’ai profité d’avoir été réveillée dans la nuit pour donner mon premier contact par talkie-walkie. L’inspecteur Takakura doit être en train de dormir, caché dans une fourgonnette sur la place du village depuis la fin de l’après-midi. Je pousse le bouton… ?…. ?….. ? Rien du tout. Eh bien, il a le sommeil profond, le collègue, on attendra demain. Je me suis rendormie dans un mauvais sommeil agité.

Ce matin, je dois avoir une mine affreuse. Kaite se rend bien compte que ça ne va pas, et me laisse la salle de bains sans commentaires. J’ai déjeuné un peu plus tard que Juri, qui m’a raconté ses aventures. Sacrée Juri, elle est encore allée voir les disciples s’entraîner. Je l’aime bien, mais elle est vraiment incorrigible…

Toutefois, elle m’a dit quelque chose de très intéressant. Elle aurait vu toute une collection d’armes de guerre. Mais elle n’a pas été vraiment capable de me les décrire. Je vais devoir vérifier cela moi-même.

Je vais aux toilettes et rappelle Takakura…. ?… ?…. ? Toujours rien, pas de chance, mais je croyais qu’il avait des toilettes à l’intérieur de la fourgonnette ?. Cette mission n’est décidément pas très professionnelle, Monsieur le commissaire-intendant. 

Vers 11 heures du matin, je me suis rendu dans le gymnase, en faisant semblant d’admirer ces grands nigauds la bouche ouverte, alors que pas un ne me résisterait plus de trente secondes.

Je me suis glissée dans les vestiaires, pour un petit besoin. Il n’y avait pas de toilettes pour les dames, comme prévu, j’avais donc un bon prétexte pour entrer dans le vestiaire des hommes. Après avoir fouillé quelques instants, j’ai découvert une série d’armoires immenses et fermées et à clé, qui n’ont pas résisté à mon passe de cambrioleur. Je joins en annexe la liste des armes de guerre que j’ai mentalement photographiées. Outre d’innombrables fusils d’assaut et des explosifs de toute nature, j’ai noté deux mitrailleuses lourdes.

Je n’ai pas pu ouvrir la dernière armoire, car un garde est arrivé. J’ai eu le temps de refermer l’armoire et de lui demander candidement où étaient les toilettes de filles.

Il a mugi une insulte en levant une matraque sur moi. Avant qu’il ait eu le temps de s’en servir, je lui ai entouré le bras sans violence, en tournant dans son dos. Il a du lâcher son arme, hébété. Je la lui rends avec un grand sourire. Il me regarde comme un ours stupéfait, la mâchoire pendante. Je me suis bien amusée, mais à la réflexion, j’aurais peut-être du accepter de me laisser frapper, au pire. S’il en parle à Amida ? Bah, il ne va pas se vanter d’avoir été désarmé, j’en suis sûr… 

 

En début d’après-midi, Toshiro nous a rassemblées pour une nouvelle séance de tournage du film pornographique. Cette fois, les choses se corsent un peu, il va y avoir des scènes de SM consensuel.

 

Après avoir traversé le jardin d’hiver, nous sommes retrouvées dans une cave sous le pigeonnier. Même à ce niveau, il y a des lucarnes d’envol sous le plafond, et quelques niches en haut des murs.

Quand j’ai reconnu la servante qui a renversé du thé sur Kaite, j’ai voulu partir, car j’ai eu tout de suite la conviction qu’il s’agirait d’une punition très particulière.

Effectivement, pendant que Toshiro et son fils copulaient avec Kaite et Juri, la pauvre était fouettée et sodomisée par un garde monstrueusement membré. J’ai eu très peur de devoir intervenir avant qu’il déchire la fille…Ensuite, ce n’était pas fini…

La servante haletait encore en gémissant, bien après que le garde se fut dégagé. La vue de sa poitrine soulevée par les sanglots donna une nouvelle idée à Toshiro.

“ Amida, des chambres à air de vélo !“

Un large sourire se dessina sur les traits du fils du maître des lieux.

“ Père, on a eu la même idée. Attends, je descends dans la fromagerie ”.

Quelques instants plus tard, Toshiro invita les gardes à nouer deux épaisses bandes de caoutchouc à la base des seins déjà meurtris et sensibles depuis l’experte flagellation.

Deux chevilles en bois avaient été astucieusement insérées sur le côté des mamelles, entre la peau couleur de miel de la jeune femme et les épaisses bandes de caoutchouc noires couvertes de répugnantes toiles d’araignées et de fourmis.

Les seins solidement ligaturés s’étaient considérablement allongés, car les bandes étaient très larges. Ils commençaient à ressembler à une poire dont la chair aurait été repoussée au bord de la queue.

Amida avait très envie de voir jusqu’à quelles limites un sein pouvait être allongé. Un signe de tête et millimètre par millimètre, un demi-tour d’écrou fut donné, accompagné par la lente mélopée de la servante.

“ Ouuuuuuuhhhhhh. Ouuuuuuuhhhhhhh ”

Les deux masses complètement distendues semblèrent se projeter en avant. La base du sein était moitié moins large que son extrémité, maintenant.

Le souffle court, brisée et attentive à éviter tout mouvement, la servante murmura dans un souffle :

“ Arrêtez,….je t’en supplie, ils ne reviendront jamais comme avant si vous continuez comme ça ”.

Pour la première fois, Toshiro parut troublé à l’idée de ruiner gravement et définitivement ces seins magnifiques au creux desquels il se plaisait à jouir. Il murmura :

“ dommage que ça ne repousse pas ”

Mécontent de ne pas pouvoir vérifier jusqu’à quel point l’étirement était possible, Amida cala le tourniquet et se dirigea vers le fond de la pièce. Sa mémoire visuelle était bien fidèle.

Il revint avec une sorte de tamis qui avait un manche en bambou, tout en éprouvant la tension des tiges de jonc qui composaient le fond de cet instrument conçu pour séparer les grains de riz selon leur taille.

La servante ouvrit des yeux ronds, ne comprenant pas en quoi cet engin pouvait être un nouvel instrument de torture.

Le garde cala à son tour sa cheville et s’écarta. Amida se plaça sur le côté qu’il venait d’abandonner, et visant soigneusement le mamelon devenu écarlate, il assena un petit coup pour tester sa réaction Une onde de douleur féroce se propagea instantanément dans la pauvre mamelle monstrueusement ballonnée. Les vibrations du cordage résonnèrent longuement dans la glande congestionnée.

La servante ne pouvait plus parler, la gorge nouée. Les larmes ruisselaient sur son beau visage ambigu, sans qu’elle puisse proférer une seule plainte sous la grêle de coups droits et de volées qui s’abattaient sur sa poitrine. Effroyablement dilatés, ses seins ressemblaient maintenant à des outres prêtes à exploser.

Je dois admettre que j’ ai été très troublée à mon tour, surtout lorsque Amida a senti un besoin irrépressible d’honorer ces mamelles dans leur nouvel état. Il se pencha sur le sein droit et élargit sa langue pour humecter l’aréole jusqu’à ce qu’elle dégouline. Puis il referma sa bouche sur le mamelon qu’il emprisonna doucement entre ses dents, faisant aller et venir le bout de sa langue durcie comme une râpe.

La servante feula doucement, comme l’onde de plaisir montait dans son ventre en le disputant à l’affreux étranglement de ses pauvres seins.

“ Non, non, s’il te plait arrête, pas ça encore arrête arrête j’ai trop mal, continue. Ahhhhhhhh ” .

Amida n’eut cure de ces protestations bien confuses et il reprit son travail de sape. Sa langue s’enroula autour du mamelon, qu’il aspira doucement d’abord, puis de plus en plus goulûment, car celui-ci était trop gros et il ne pouvait plus se contenir.

C’était un sein de nourrice dans lequel il avait maintenant très envie de mordre. Il résista encore quelques instants, aspirant de toutes ses forces les pointes écarlates dont du sang commençait à goûter, tant avait été puissante la succion. N’y tenant plus, il posa sa bouche sur le côté du sein et enfonça rapidement ses incisives.

“ AAAAAAAAAAAHHHHHHH. MAIS TU ES FOU, tu m’as fait très mal, salaud, jamais je te pardonnerai. NOOOOOONNN, PAS L’AUUUUTRE ” .

Le sein gauche fut promptement honoré de la même façon, bien que la servante se fut violemment débattue dans ses liens.

Toshiro se tourna vers nous “ Alors, la séance vous a plu ? ”.

 

 

 Mercredi 20 novembre 1970 – Les joies du bondage (3/4)

 Journal de Toshiro MUKAI

La journée a été très agréable. J’avais prévu de faire torturer la servante dont mon fils et moi usons et abusons ensemble, sous un prétexte quelconque. Kaite s’est révélé extrêmement enthousiaste et coopérative, voilà qui peut ouvrir de nouvelle perspectives pour le “ vrai ” film du week-end prochain. Après avoir débuté par des plaisirs sains et innocents, une petite séance de fouet, j’ai donné l’ordre à l’un des gardes, qui a le cerveau et la bite d’un âne, de sodomiser notre victime. J’en rêvais, mais je n’aurais pas pu prendre le risque qu’elle aille se plaindre à Mishima…Pendant ce temps, j’ai moi-même honoré Kaite de cette façon. Brutalement, les coups de fouet m’ont rappelé une autre flagellation…

 

 -le vieux soldat- Malaisie 1953. Archipel de Sumatra

 

La jonque file sur la mer étale, sous la protection de la pleine lune. Les deux moteurs diesel de 500 CV, ajoutés à notre embarcation rudimentaire, cliquètent mais nous propulsent largement en tête de notre petite armada.

Huit embarcations semblables à la nôtre s’apprêtent à prendre d’assaut le voilier de croisière ancré dans la petite baie devant nous.

 J’ai conservé avec moi l’équivalent d’une section composée de mes meilleurs éléments. Tapis comme des animaux au fond de la jungle, nous avons combattu les américains jusqu’en 1947. Ce sont des pêcheurs qui nous ont appris la fin de la guerre.

Il n’était évidemment pas question de revenir au Japon après nos exploits, et nous nous sommes joints à un groupe de pirates malais qui rapinait le long des côtes de Bornéo.

Nous sommes simplement restés indépendants avec nos armes. Nos deux mitrailleuses lourdes, notre bazooka, nos lance-flammes et notre stock de munitions, constituent encore une force non négligeable. Mais nous avons troqué depuis longtemps l’uniforme du Mikado contre la tenue plus bariolée des pirates des mers du sud.

Nous longeons la plage hérissée de palétuviers et l’immense yacht est juste devant nous maintenant. Il brille de toutes ses lumières, dont le reflet argenté nous entoure. Peu à peu, les bruits d’une petite fête couvrent celui de nos moteurs. Tant mieux, tout sera plus facile…

Nous alignons nos barques en silence le long de la poupe. C’est un superbe yacht de croisière d’environ 36 m de long, et nous allons après un bref combat compter trois hommes d’équipage valides, sept morts, et une vingtaine de riches passagers en train de festoyer sur le pont. 

Ils se sont levés de leur chaise et nous les dépouillons rapidement de leurs bijoux, parures et portefeuilles.

Ils sont massés en silence, le visage hébété par l’incrédulité et l’alcool, avec une expression de morgue mêlée de crainte. Les hommes se tiennent droits, le visage crispé, les femmes tiennent les cols de leurs robes de soirée comme si elles avaient peur d’être déshabillées.

Mais il n’est pas question de réveiller les ovaires fripés de ces vieilles texanes. Nous ne toucherons pas ces chairs blanches et flasques. Une certaine impunité nous est garantie à condition de ne pas franchir la ligne.

Mais nous allons quand même pouvoir nous divertir un peu…

Wang-Tse, le chef des pirates, a repéré, cachée dans les bras de solides cow-boys, une call-girl. Une thaïe, à en juger par sa large poitrine, avantageusement mise en valeur par un décolleté très plongeant.

Wang-Tse est beaucoup plus terrifiant que moi. Il porte de très longues moustaches tombantes, l’une de ses pommettes a été décharnée par un coup de machette, et ses longs cheveux graisseux sont réunis dans une énorme tresse qui habille son dos nu.

Il s’avance vers le groupe d’américains, et ils s’écartent avec déférence. Il débusque la fille et la tire violemment par le poignet jusqu’au milieu du pont. Il porte la main sur son décolleté et déchire brutalement le devant de sa robe. Elle porte la main à ses seins en poussant un petit cri et Wang-Tse l’apostrophe brutalement d’une voix rauque :

“ C’est quoi ton nom ?…WHAT’S YOUR NAME ! ”

Elle répond en sanglotant : ” I am Miyu ”.

“ Miyu, tu es une putain, la honte de notre race. Tu vas payer pour ça ”. Il donne un ordre bref et contemple longuement le corps parfait qu’il finit de dénuder.

Miyu possède une poitrine ferme et pleine, ses seins volumineux en forme de poire tombent légèrement de façon très émouvante. Mais elle a néanmoins beaucoup de classe avec une large bouche spirituelle et particulièrement sensuelle qui lui confère un visage très avenant.

Wang-Tse jouit de la peur qu’il lui inspire. Elle se tient nue, tremblante devant lui et les touristes fascinés, dans un mélange d’horreur pour les femmes et d’excitation à peine voilée pour les hommes.

Elle a refermé ses mains en conque autour de ses seins et de son sexe dans une tentative désespérée de conserver une part de dignité.

Mais, de toute part, des coups de fouets jaillissent. Les pirates se sont emparé de cordages qu’ils ont imbibé d’essence avant de les allumer avec une torche.

Des traits de feu zèbrent la nuit avant de s’abattre sur la croupe et le dos de Miyu. 

"AAAAARRRRRAAAAAAHHH!" NO MORE, NO MORE, NO MORE! AAAAHHHHHH, IT HURTS, IT HURTS!

Les boucles infernales composent un ballet hallucinant qui lacère son dos, ses jambes, ses fesses. A la douleur de la cinglée s’ajoute la brûlure qui parcourt son corps lorsque ses tourmenteurs laissent glisser lentement leurs cordages le long de ses membres.

HIIIIEEEEEEEEAAAAAAAAHHHHH! P-PLEASE, NO MORE! JUST MAKE IT STOP! ! PLEASE! I'LL DO ANYTHING, ANYTHING, LET YOU MAKE LOVE TO ME, ONLY MAKE IT STOP! MAKE IT STOPPPPP!"

Elle tombe rapidement à genoux en courbant le dos dans une tentative désespérée d’offrir le moins de prise possible aux coups. Elle pleure et sanglote continuellement, en conservant difficilement son équilibre tandis que le yacht tangue légèrement sous le roulis. Elle parvient à se relever un peu pour joindre ses mains et former une prière.

Nullement émus, les pirates redoublent leurs fouaillées sauvages sur les fesses et le dos en sang, striés de chairs noircies.

Miyu roule complètement sur le sol en se tortillant comme un ver pour tenter d’échapper aux atroces cinglées. Mais elle est vite rabattue dans le cercle infernal et les hommes en profitent maintenant pour s’acharner sur les pointes de seins et les lèvres délicates de son sexe couleur d’opale et dépourvu de toute fourrure protectrice.

Miyu pousse des cris déchirants : “ OH, MY POOR TITTIES, OH THEY HURT SO MUCH”. SWACKKT! "OOOOOOOWWWWWWWW! OH, MY BREASTS, MY POOR BREASTS!.. FFF-Fuck me if you must, but STOP HURTING ME ON MY POOR BARE BREASTS!"

Sur un bref signal de leur chef, les pirates se sont arrêté et ils s’emparent du corps pantelant pour l’installer de force dans le large fauteuil du capitaine. Ses avant-bras sont solidement liés aux accoudoirs et ses chevilles fixées aux pieds. Miyu relève la tête, étonnée de ne pas comprendre ce qui peut lui arriver dans cette position.

Wang-Tse passe derrière le lourd fauteuil et le pousse brutalement en avant. Miyu a le souffle coupé, le plexus écrasé par la monumentale table de chêne; ses seins magnifiques, luisant de sang et de transpiration, sont largement étalés et offerts sur la planche de bois. Les longues pointes brunes et parfaites se détachent sur la blancheur de la nappe.

Wang-Tse tourne autour d’elle pour humer l’odeur délicieuse de son angoisse. Puis il s’empare d’un geste vif d’un couteau à découper et le plante au milieu de son sein gauche.

 Miyu a ouvert grand la bouche sur un cri muet, le souffle coupé par la violence du choc. Puis elle pousse un long hurlement à glacer le sang. Elle croit mourir tant la déchirure irradie dans tout son corps.

Quand Wang-Tse approche lentement une autre lame de son sein droit, elle pleure et bave en marmonnant des mots incompréhensibles. Mais inexorablement, il l’enfonce en tournant le manche jusqu’à ce qu’il rencontre la table. Il cloue la lame d’un coup de poing vigoureux et Miyu s’évanouit en poussant un hurlement indicible.

Le visage réjoui par sa future plaisanterie, il s’approche du groupe de texans et leur dit :

“ Vous l’avez remplie pendant toute la croisière, hein… ? Et bien maintenant, vous allez la vider ! ”.

Il tire par l’oreille l’un des texans, l’approche de la table et lui met des couverts dans la main.

Il pique une fourchette dans le bord du téton gauche, découpe délicatement un morceau de chair sanguinolente et le lui présente sous sa bouche en hurlant de rire :

“ Le dessert est servi ”. 

 

 

J’éjacule dans Kaite en riant encore de la tête horrifiée du vieux texan. Il a mangé une bouchée, comme tous les hommes. Beaucoup ont vomi après.

Ce soir, Amida m’a rapporté un fait troublant : il a vu de loin la petite Mayu désarmer un garde comme en se jouant. Chance ? hasard ? que faisait-elle près de l’armurerie ? Je vais demander aux servantes de la surveiller très étroitement, et je vais tenter d’en savoir plus sur elle auprès de l’agence Tokyo Topless.

 

Mercredi 20 novembre 1970 : les joies du bondage (4/4)

  Journal de Juri OSHINO

 

Eh ben, on passe aux choses sérieuses, heureusement que j’étais pas à la place de la fille, sauf quand elle s’est fait mettre le machin du garde dans le…hi, hi.

Bon, ce matin, c’était pas très drôle, alors je passe vite, surtout que quand j’écris en réfléchissant, y a la Kaite qu’a toujours l’air de se foutre de ma gueule. Alors, je rentre dans ma chambre, voilà. D’ailleurs, elles sont vachement chouettes, les pièces. De l’or partout, du bois précieux, pas du bambou, sauf certains meubles. On dirait un palais des mille et une nuits ! J’espère qu’on va quand même pas finir dans un harem, non ?

 

Où j’en étais ? Ah oui, ce matin, après le petit déj, j’ai essayé d’entrer dans le vestiaire des disciples avant leurs exercices, et je me suis fait virer comme une malpropre par le fils de Toshiro. C’est marrant, j’ai eu le temps de voir des armes comme les soldats en ont. J’pensais qu’ils faisaient juste leurs trucs d’arts martiaux, moi ?

Faut dire que j’arrive pas tout le temps à faire la différence entre les disciples et les gardes, quand ils sont à poil, hi, hi.

 

 Quand j’ai dit çà à Mayu, elle m’a demandé où se trouvait le gymnase. Bon, je pensais pas qu’elle allait me casser mon coup, je croyais qu’elle avait un petit copain, vu qu’elle a pas l’air très chaude pour batifoler ? Enfin, qu’elle aille faire un tour, elle me dira comment c’était, enfin j’espère, hi, hi.

 

Voilà pour le matin. Mais l’après-midi ! ! ! Ouahhhhhh, la copine de Toshiro, qu’est pas la copine de Kaite depuis qu’elle lui a renversé du thé sur les nibards, elle s’en est pris une bonne. Quand on est retourné dans le jardin d’hiver, Toshiro nous a dit dans l’escalier que la servante lui était complètement soumise et qu’elle aimait bien se faire ficeler. Surprise ! ! quand on est allé tout au fond, cachée derrière les grands roseaux, il y avait une petite pièce ouverte au fond. Dedans, une vraie chambre de supplices comme on en voit dans les films qu’on passe dans les villages de pêcheurs…La servante, elle était là, mais pas encore ficelée, quand même. Toshiro lui a dit comme ça qu’elle avait déshonoré l’Ecole en étant aussi maladroite, et qu’elle devait être punie. Là, je veux bien que la fouettée était pas mal, d’accord, mais c’était pas une raison pour que Kaite se fasse enfiler par Toshiro en même temps…un peu de respect, quand même ! !

Donc…ah oui, la servante est restée arc-boutée, encore sous le choc, les muscles pétrifiés. Elle ne parvenait pas à reprendre sa respiration. Le garde avec la grosse bite est passé sur le côté pour admirer un peu le travail de son copain, et il a vu, vachement comprimées entre les montants de l’échelle, les fesses qui dépassaient un max.

Il avait la queue complètement plaquée au dessus de son nombril broussailleux quand il s’est approché de la servante, la mine gourmande, on aurait dit un chat qu’a pas encore bouffé ! ! !.

Quand l’énorme quequette a touché le haut de sa fesse, elle a brusquement compris qu’il y avait danger !.

“ Non, tu sais bien que c’est impossible. Tu ne peux pas y arriver. Tu es beaucoup trop gros, tu vas me déchirer…….Non, non, nooooooon, arrêêêêêête, tu ne peux pas ”

Moi, j’aurais pas fait ma mijaurée, parce qu’une queue comme ça, même dans le cul, ça se refuse pas, je suis grossière, je sais. J’aurais bien aimé être à sa place pendant que la pointe de sa lance aurait effleuré les bords délicats de mon anus, cherchant une faille...

Plusieurs fois, elle est parvenue à dérober son trou du cul autant que ses cuisses bien ficelées le lui permettaient. Il allait vraiment le faire. J’imagine trop bien ce qu’elle a du sentir quand une pression impitoyable a commencé de repousser les bords de sa muqueuse. 

A l’ultime instant, elle a poussé un cri de désespoir….quelle conne !

“ Arrête, arrête, je t’en supplie, pas ça. Je te ferais tout ce que tu veux, mais pas ça. Aaaaaaahhhhh ”.

Elle était empalée. Je deviens poète, c’est d’avoir lu tous ces vers dans le musée porno. Comment ils écrivent déjà ? Ah oui “ Un pieu déflorait lentement ses entrailles. La verge progressait impitoyablement par courtes saccades, la déchirant un peu plus à chaque coup de boutoir ”. Super, c’est exactement ça, mais qu’est ce que ça doit être bon de se faire déchirer comme ça ? Après, c’est sûr, faut pas oublier d’aller faire souvent son petit caca ! ! !

Faut dire que le garde se débrouille vachement bien. Il l’a crochée par les nibards. Ses doigts ont trouvé une bonne prise bien solide sur ses gros bouts de seins, ça lui permet de bien les tirer sur les côtés, il a rassemblé ses mains en coupe pour mieux les refermer sur les grosses doudounes bien glissantes pour assurer une poussée efficace.

C’est pas possible, on dirait qu’il grossit encore ! ! ! Oh, un vers dont je me souviens encore “ lorsque le canon tonna avec un long jet de semence ”. Pour sûr, ça s’appelle tirer un coup, même qu’elle a gueulé tellement il était dilaté à ce moment là, un vrai hurlement de belette comme on les piége dans mon village. Même qu’elle a fait s’enfuir un couple de pigeons qui nichait sur une fenêtre.

Eh ben, faut reconnaître, quand il est sorti, y avait quand même quelques gouttes de sang dans la merde. Moralité : quand on n’est pas capable de recevoir un homme, un vrai, on se prend pas les pieds dans le tapis, hi, hi..

 

Bon, moi, j’étais tellement excitée que j’ai pas trop fait attention à la suite. Je me suis agenouillée devant Amida, j’ai délacé son kimono, et ni une ni deux, je l’ai bien sucé, mais il était déjà très dur, et je me suis vite arrêté pour ne pas gaspiller sa décharge. Je sais pas si la caméra m’a prise à ce moment là, parce que je lui ai saisi gentiment sa queue en me tournant pour qu’il me prenne en levrette, comme Kaite, y a pas de raison. Ah, ça y est, j’ai droit à un coup de projecteur maintenant. Ce qui est chouette, j’ai que j’ai pas à faire semblant de prendre mon pied, comme d’autres filles, je mouille comme une folle. Merde, j’ai peur qu’Amida se perde un peu dans ma chatte toute gluante, faut pas qu’il débande ! ! ! Vite, mes doigts vont lui faire un petit massage des couilles. Là, çà va, je l’ai rattrapé. Je le caresse gentiment, le bout de mes doigts le branle juste un peu à chaque fois qu’il se retire. Je soupèse ses machins, elles ne sont pas très lourdes, j’essaye de lui donner l’impression qu’elles pèsent trois tonnes au-dessus de mes ongles. Elles ballottent doucement jusque ce que je sente qu’il vient. Il pousse très fort, là je le sens bien, et je jouiiiiiiis. C’était très bon, très intense, parce que j’avais l’impression de contrôler les choses.

 

A SUIVRE 

 

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29 mars 2007

Une sale journée

Le deuxième texte, donc, et toujours le même contexte de WWII qui est probablement le plus souvent choisi avec l'Inquisition comme vecteur de ce genre de "littérature".

 

 

 Une sale journée

 (par Alain et Laurent)

 

 

 

Ce matin là, il faisait un soleil magnifique sur Paris. Martine, la quarantaine épanouie, avait ouvert en grand ses fenêtres pour profiter de la fraîcheur matinale. Tout en faisant chauffer son café, elle se remémora le contenu du singulier colis qu' elle avait reçu quelques jours auparavant, et que Mme Fauge, la concierge, lui avait remis avec un drôle d'air, un air un peu narquois qui l' avait étonnée, comme si elle connaissait le contenu du colis.

A l'ouverture de celui-ci, elle avait tressauté, il y avait un petit cercueil orné d' une croix gammée et à l'intérieur, un mot griffonné "salope de collabo, bientôt on te fera la peau". Elle, une collabo ! Martine n' en croyait pas ses yeux.

Certes, elle avait un ami Allemand qui, d'ailleurs, était très cultivé, très francophile et qui n'aurait pas fait de mal à une mouche, alors elle une collabo ? Sûrement pas .

Pourtant, maintenant que les troupes alliées étaient dans Paris, elle ne pouvait s'empêcher de repenser à ces menaces, son ami s'était déjà replié vers le nord, la laissant seule ; elle avait bien perçu un changement chez ses voisines et les commerçants du quartier, des ricanements dans son dos, des conversations qui s'arrêtaient à son passage, et même, elle avait cru entendre des insultes murmurées à voix basse.

"Enfin, ma fille, tu fabules, qui peut te vouloir du mal, tu n'as pas d' ennemi, et tu n'as jamais fait du tort à qui que ce soit", se dit-elle en portant le café sur la table prés de la fenêtre pour bien profiter de cette belle matinée.

Martine finissait sa tasse, lorsqu'elle entendit une rumeur venant du bout de la rue. Elle se pencha à sa fenêtre, et elle vit une troupe gesticuler autour de deux femmes. Plus le cortège s'approchait et plus il lui semblait que tout le quartier était dans la rue.

"Mais qu'est ce qui se passe", se demandait-elle, et le cortège approchant, elle voyait les deux femmes houspillées et elle entendait les insultes proférées à leur encontre. Tout à coup, Martine s'aperçut que tout le monde s'arrêtait devant la porte de son immeuble. "Mon Dieu, se dit elle, pourvu que...." .

Elle n'eut pas le temps de penser davantage, que déjà elle entendait une cavalcade dans l' escalier, on tambourinait à sa porte.

Martine tremblante alla ouvrir et se trouva en présence de deux civils coiffés d' un casque de la guerre de 14-18, un brassard bleu- blanc -rouge sur lequel était tracé à l'encre noire trois lettres- FFI- au bras, brandissant de vieux fusils qui eux aussi avaient du faire la dernière guerre. La concierge les accompagnait, rouge comme une pivoine d' avoir monté les escaliers quatre à quatre. Elle reprit son souffle et désigna Martine d' un doigt vengeur en vociférant :"c'est elle la salope de collabo ! " . Martine n'eut pas le temps d'articuler une syllabe qu'elle se retrouva prise par les bras et descendue par les FFI vers la rue . Martine se retrouva parmi la foule qui accueillit son arrivée par une clameur : "c'est elle, regardez, la voilà la collabo".

Les huées et les insultes assourdissaient Martine qui essayait tant bien que mal de parer les gifles et les coups de pieds que les femmes proches d'elle tentaient de lui donner. Les FFI protégeaient comme ils pouvaient les trois femmes tandis qu' elles étaient amenées vers l'école du quartier toute proche. Martine ne comprenait pas ce qui lui arrivait, elle était en compagnie de deux femmes qu'elle ne connaissait pas et elle se demandait ce qu' elles pouvaient avoir en commun. 

Le cortège arriva devant l'école du quartier, déserte à cette époque de l'année. les grilles étaient ouvertes, et Martine eût juste le temps d'apercevoir, à une dizaine de mètres, une table avec trois FFI assis derrière, leur pistolet mitrailleur sur la table et devant eux des papiers, avant que leurs gardes les fassent aligner devant l'école, nez contre le mur, tête baissée, bras le long du corps et pieds joints.

Martine ne pût s'empêcher de penser qu'elles étaient mises au piquet comme des gamines devant tout le monde et cela lui procurait une sensation inconnue qu'elle n'eût pas le temps d'explorer avant que de la table un nom ne fuse: Poisson !. Sa voisine de droite, une fille blonde assez forte, se dirigea vers la table, et répondit à un interrogatoire bref ponctué par les cris, les rires ou les huées des spectateurs massés dans la cour de l'école. Martine tendait bien l' oreille mais elle n'arrivait pas à saisir ce qui se disait. Bientôt, un autre nom retentit: Maugier !. C'était à elle, Martine se retourna et se dirigea à son tour vers la table, et en croisant la fille blonde, elle vit que celle-ci avait un drôle d'air, mais bon, Martine ne s'alarma pas plus que ça, pour le moment ça n'avait pas l'air d'être bien méchant. Devant la table, le tribunal improvisé semblait détendu, presque bonhomme, cela rassura Martine.

"Eh bien quoi, se dit elle, que peut il m'arriver, je n'ai rien fait de mal ?". L'homme assis au milieu de la table lui demanda de confirmer son identité et son adresse, ce que Martine fit de bonne grâce, et brutalement l'accusation fusa : tu es une collabo !

Martine sentit ses jambes se dérober sous elle, elle tenta bien d'une voix tremblante de dire qu'elle n'avait rien fait, que ce n'était pas vrai, quand elle reconnut la concierge Mme Fauge, le regard goguenard, tendre au tribunal des photos en ricanant : "elle ! pas une collabo ? Regardez, ce sont des photos que j'ai prises dans son appartement, on la voit avec son boche, la salope" ! Martine était livide et elle ne réagit même pas quand la concierge lui releva sa jupe en s' écriant : " Regardez, elle a une culotte en soie la salope, c'est pas une preuve, ça ? Martine entendait les cris et les huées de la foule "salope, salope, à poil la pute, qu'on la tonde".

Sur un geste du tribunal, le silence revint et la sentence tomba: Maugier, tu as collaboré avec le boche, tu vas être punie. Tu es condamnée par le peuple à être tondue et promenée nue dans les rues du quartier, tu seras ensuite conduite en prison et jugée pour ce que tu as fait. Martine était abasourdie, elle se laissa entraîner par le garde vers le mur où elle vit la fille blonde nue, nez contre le mur, tête baissée et pieds joints. Elle ne put s' empêcher de se dire qu'elle avait de grosses fesses très blanches, molles et qui tressautaient à chaque hoquet parce qu'elle pleurait.

Arrivé devant le mur, le garde éructa un sonore : "à poil, salope", qui fit ricaner la foule un bref instant, avant de s'intéresser au sort de la troisième suspecte.

Martine commença par enlever son chemisier, ce qui dévoila un soutien-gorge noir maintenant une poitrine d'un blanc nacré. Elle enleva ensuite sa jupe et apparut une culotte noire aussi, qui galbait une paire de fesses que l'on devinait fermes et rondes à souhait. Bientôt Martine fût nue, et la sensation qu'elle avait ressentie tout à l'heure lui revint.

 "Comment, se dit elle, tu es à poil devant tout le monde, on va te tondre et te faire je ne sais quoi, et tu es excitée, ma parole, l'humiliation te plait ". La troisième pénitente revenait aussi vers le mur et commençait à se déshabiller, tous les regards des spectateurs étaient maintenant tournés vers elles et l' excitation de Martine retomba comme un soufflé. Elle sentait tous les regards fixés sur son corps, elle entendait les commentaires des femmes :" regardez son gros cul à cette salope, ah elle pouvait faire la fière avec ses culottes en soie mais quand il n'y a plus de culotte, y a plus qu'un gros cul".

Martine avait le sentiment que la punition approchant, son excitation d'être vue nue par tout le monde tombait et elle commençait à redouter ce qui allait arriver. Elle entendit dans son dos une voix qui ordonnait : "Tournez vous, salopes, on va s'occuper de vous". Elle se retourna et fit face à la foule, en s'apercevant bien vite que tout le quartier était là, ses voisines, les commerçants du quartier, tous ces gens qui la connaissaient, avec qui elle discutait tous les jours. Martine sentit la honte l'envahir, elle voulut cacher ses seins avec ses mains mais un garde les lui fit lever sur la tête de façon à ce que tout le monde puisse bien la voir nue. Les trois pénitentes, tête baissée, faisaient face à la foule qui ricanait ; "Regardez-les, ces collabos, elles suçaient les bites boches, on va s' occuper de leurs culs maintenant". Martine avait conscience que sa maigre toison ne cachait rien de la naissance de sa fente et elle regretta de s'être partiellement épilée pour plaire à son homme. Les deux autres pénitentes avaient des toisons fournies qui au moins cachaient l'essentiel.

Encadrées par deux gardes, les trois femmes marchaient vers une estrade dressée dans la cour. La foule les suivait, les femmes surtout faisaient des commentaires sur le mouvement des fesses qui rythmait la marche : "Regardez, elles ont les fesses molles les salopes, ah ça se voit qu'elles ont été mieux nourries que nous, ça balance, ça balance, c'est des gros culs de grosses salopes à boches ".

Martine se demandait pourquoi les femmes étaient les plus méchantes ? "ça doit être de la jalousie", se dit-elle .Arrivées devant l'estrade, elles virent une chaise, un banc et trois femmes qui les attendaient en ricanant, en agitant des ciseaux et des tondeuses . 

 

Ses compagnes d’infortune la précédèrent docilement sur l’estrade. Les deux filles du peuple furent dépêchées sans fioritures, avec sobriété. Les coiffeuses manipulaient leur ciseaux avec dextérité, tirant sans violence exagérée les nattes et les longues mèches.

Du vin commençait de circuler, et quelques homme parlaient plus fort en épongeant leur front. L’excitation du début était légèrement retombée, mais les femmes restaient les plus attentives, toutefois elles ne se sentaient pas rivales de ces filles bien ordinaires qui ne parvenaient pas à exciter leurs compagnons.

Les filles s’appliquaient à rester dignes en coopérant de bonne grâce comme si elles s’étaient trouvées dans le salon de coiffure. Les joues en feu, elles serraient juste exagérément leurs jambes en croisant les bras, échangeant des regards de fausse complicité pour banaliser la situation. Puis les tondeuses achevèrent de raser les toisons hirsutes sous de maigres lazzis de la foule.

Les grands lilas aux fleurs mauves diffusaient leurs senteurs apaisantes, on aurait cru un samedi de remise des prix de fin d’année.

Martine avait la désagréable impression d’assister à une mise en bouche, au début d’un spectacle dont elle serait le clou. Elle tentait de rester droite et digne, indifférente en apparence. La main du garde pesant sans vraie raison sur son épaule lui faisait mal, mais elle la troublait étrangement, elle se sentait bizarrement soutenue ainsi.

Les filles redescendirent très vite, trop vite au gré de Martine, et elles se précipitèrent sur les modestes vêtements qu’un résistant leur tendait.

Elle les suivit du regard et son cœur défaillit.

Elles rasaient maintenant les panneaux électoraux, traversant sans encombre une foule échauffée qui commentait abondamment les photos accrochées par Mme Fauge.

Martine se cacha la tête dans les mains. Elle avait accordé à Karl la plus belle preuve d’amour qu’une femme puisse donner à un homme, juste avant son départ, et elle pria de toutes ses forces pour que la photo qu’un prêtre furieux tenait à bout de bras en se dirigeant vers elle ne dévoile pas leurs derniers instants.

C’était bien cela, malheureusement, elle n’en revenait pas que la concierge soit parvenue à prendre toutes ces photos de nuit, avec le Kodak qui avait du la ruiner, perchée sur le balcon. Il lui avait fallu tant de haine pour la piéger de cette façon que Martine frissonna de peur. Jusqu’où serait-elle prête à aller ?.

La maigre mégère n’avait rien raté, et tout le monde éclatait de rire en la voyant investie en son fondement, agenouillée avec les oreillers calés au creux de sa poitrine pour faire saillir sa croupe offerte. Elle ne parvenait pas à reconnaître dans ses propres traits remplis d’une concupiscence animale l’extase charnelle qui s’était déversée en elle en même temps que Karl se répandait dans sa bouche.

La gifle du prêtre la sortit de sa léthargie. Il déchira les photos au grand dam de la foule et s’entretint en aparté avec Mme Fauge. L’air triomphant, sa pire ennemie donna quelques indications aux jeunes résistants.

Martine fut sidérée qu’elle s’autorise à les commander et commença à transpirer abondamment de terreur.

Avec un geste de la main approbateur, le chef des FFI, un grand blond aux cheveux filasse et à la bouche mollassonne, laissa les jeunes hommes revenir quelques instants après porteurs d’un banc d’école. Avant d’avoir pu esquisser le moindre geste de rébellion, Martine fut allongée dos au banc, dont les tâches conservaient une odeur d’encre et de craie, étroitement sanglée avec les poignets et les chevilles douloureusement ramenés sous la planche de bois. Ses seins épanouis retombaient sur les côtés, sa tête pendait douloureusement dans le vide, mais surtout elle offrait le spectacle de sa vulve largement ouverte aux quatre vents.

La tonte de sa magnifique chevelure fut beaucoup plus douloureuse dans ces conditions, car elle se contorsionnait avec l’énergie du désespoir pour épargner à sa nuque le raclement sur la planche, tout en essayant de refermer de son mieux ses cuisses douloureuses.

Ses joues étaient cramoisies par la honte, et son front était blanc de peur. Elle aurait voulu se boucher les oreilles pour ne plus entendre le tombereau d’ordures que proférait la foule. Lorsqu’elle réalisa que la tondeuse qui abandonnait son pauvre crâne lacéré passait au-dessus de ses yeux pour descendre sur son ventre, elle ne put vraiment croire ce qu’elle allait subir.

Le fer légèrement échauffé caressa maladroitement son ventre l’espace d’une seconde. Elle sursauta comme s’il se fut agi d’un tison chauffé à blanc. Le petit cliquètement familier reprit en même temps que ses poils pubiens lui semblaient tous arrachés ensemble.

Elle était rasée à sec, sans lotion astringente, et surtout sans précautions, les mâchoires de la tondeuse semblaient rater à plaisir la mince toison frisée pour mieux s’enfoncer dans ses grandes lèvres dodues. La faucheuse passait et repassait pour s’acharner avec minutie à déplumer sa crête de coq qui violaçait de plus en plus. Parfois, maladresse ou attention particulière, sa vulve était brutalement écartée pour arracher plutôt que tondre un poil rebelle, et elle se convulsait saisie d’une crainte affreuse pour son clitoris, dont certains avaient demandé la tonte avec un gros rire communicatif.

Lorsque son supplice cessa, sa poitrine tressauta encore longtemps de ses sanglots de honte et de douleur.

Le spectacle de ces gros seins qui ballottaient de part et d’autre du banc excitait la foule. Quelqu’un avait ramené un gramophone et la voix gouailleuse de Maurice Chevalier incitait à la rigolade. Une voix lança “ et alors, c’est quand la fessée ? “ Une autre reprit “ sur ses grosses tétasses de salope, alors “ . Tout le monde reprit amusé “ les nichons, les nichons ! ! ”.

C’est Mme Fauge elle-même qui se porta volontaire, et tout le monde eut un petit sourire en se disant que la besogne serait bien faite. Elle choisit soigneusement dans le petit tas de vêtements de Martine sa mince ceinture de cuir rouge avec une fine boucle d’or, qui rehaussait son teint très blanc. Il y avait longtemps qu’elle jalousait le bel objet, et elle se faisait fort de la garder, sûr que la Maugier irait pas lui réclamer après sa punition ! !

 Martine réussit à redresser la tête bien qu’elle ait le soleil en plein dans les yeux. Elle ne parvenait pas à croire que l’ignoble concierge ait pu s’approprier la ceinture que Karl lui avait offerte, et cette dépossession la fit sangloter avant même de réaliser l’usage qu’allait en faire la mégère. A peine eut-elle ravalé ses larmes qu’à contrechamp sur sa droite se détacha un bras levé. Eblouie par le rayonnement intense, elle ne vit la cinglée qu’à la dernière seconde. Elle crut mourir, tant le coup vigoureux écrasa ses glandes autant qu’il érailla les pointes dressées par la peur. L’onde de douleur bestiale se propagea aussi vite qu’une intense sensation de chaleur, qui irradia dans son sexe échauffé. Elle sentait encore littéralement éclater ses mamelles quelques secondes après le premier coup. La concierge la laissa se remettre et passa de l’autre côté du banc en resserrant la boucle autour de son poignet. La ceinture se détendit comme un serpent, de biais, pour viser davantage les pointes de sein, comme pour les décapiter. Le coup avait été moins fort, mais plus précis, les boutons de sein avaient semblé claquer eux-mêmes au vent, l’afflux de sang rendait les pointes encore plus redressées, à la fureur des femmes qui réclamèrent une punition plus visible. Des marques rouges traversèrent les insolents mamelons, au rythme maintenant précipité de la fustigation impatiente de la concierge. 

Martine suffoquait littéralement sous la grêle de petits coups qui l’empêchait de reprendre sa respiration. Elle avait l’impression que ses seins à vif explosaient sous la brûlure du soleil de ce joli mois d’août. Lorsque la Fauge laissa enfin retomber son bras, des gouttes de sang perlaient sur ses pointes oblongues. Martine crut que sa punition était enfin terminée lorsqu’une de ses voisines s’avança à son tour. Elle ne put croire que la vieille grand-mère qu’elle saluait chez le boulanger tous les matins ait un air aussi démoniaque.

L’abominable fustigation reprit entre ses jambes, la faisant affreusement décoller du banc pour retomber lourdement après chaque bond. Les coups visaient la fente sans retenue, et après que les grandes lèvres soient devenues écarlates, la mamie se mit délibérément face à Martine pour que ses coups découvrent la fente qui jutait avec obscénité. Sa cinglée râpait les petites lèvres protubérantes et le rose bourgeon hérissé par la peur. 

Au bout d’un temps qui parut infini à Martine, pantelante de douleur, la mamie finit à son tour par laisser retomber la ceinture.

L’excitation de la foule était retombée, une bonne humeur ambiante montait de la foule mise en appétit par ce petit apéritif. Fini les restrictions, mort aux BOF, on parlerait longtemps de cette journée, même si on n’allait plus voir la Maugier dans les commerces pendant un bon bout de temps.

Des âmes charitables s’apprêtaient à défaire de ses liens la putain du 24 bis, lorsque des crissements de pneu firent se retourner les spectateurs comme un seul homme.

La traction 15 d’un noir de mauvais augure était maculée de boue et portait des traces de balle bien visibles dans les portières. Quatre résistants armés de mitraillettes sten en sortirent, l’air mauvais. Ils portaient un brassard “ FTP ” au-dessus de leurs manches, et leurs mains étaient tâchées de sang. Celui qui paraissait le chef avait un visage tellement patibulaire et excité que la foule, qui connaissait les “ exploits ” des résistants soi-disant communistes en province, s’écartèrent précipitamment.

“ C’est qui le chef ici ?”.

Le grand blond s’avança, un peu timide, c’était un résistant de la dernière heure qui avait surtout voulu échapper au STO. Il savait que les FTP ne plaisantaient pas et il pressentait une sale affaire.

“ C’est moi ”.

“ Paraît que vous avez des collabos à fusiller, ici ? ”.

“ Non, non, juste des horizontales à qui on fait un brin de toilette ”.

“ Pendant que vous faites joujou, nous, on se bat, on a des copains qui ont salement morflé quand on a pris la morgue ”.Il se tourna vers la foule “ Et vous savez quoi ? Dans les caisses, on a trouvé des camarades torturés par les chleuhs ”.

Le visage mauvais s’était transformé en un rictus de haine en se tournant vers la foule.

“ Alors, moi, je dis, faut leur faire même chose, aux putains des boches, qui qu’est pas d’accord ? ”. Les têtes se baissèrent lâchement, la Maugier ne méritait pas de mourir, mais pas qu’on meurt pour elle, les FTP étaient trop dangereux, comme fous ils braquaient dans tous les sens leurs mitraillettes en visant même les toits.

Le chef des FTP s’avança résolument vers Martine, avec des gestes saccadés, comme fou. Il s’empara de la ceinture et Martine ouvrit la bouche avec horreur lorsqu’elle vit qu’il allait la frapper avec la boucle.

La douleur n’avait aucune mesure avec ce qu’elle avait déjà enduré. La bride de la boucle perçait sa chair pratiquement à chaque coup. Avec la force d’un homme qui frappait de toutes ses forces, le communiste s’acharna d’abord sur ses mamelles épanouies, les transformant progressivement en bouillie sanguinolente. Les hurlements démentiels de Martine frappaient la foule de terreur, malade de ce supplice qu’elle n’avait pas réellement voulu. D’énormes bleus percés de dizaines de trous béants déformaient les amples appas. Une pointe de sein disparut brutalement, et les regards la suivirent avec horreur dans la poussière.

La fourche fut l’objet quelques instants supplémentaires des mêmes attentions démoniaques. La boucle pénétrait sauvagement dans les chairs tendres et légèrement renflées sous la congestion de la précédente punition. A leur tour, elles éclatèrent sous la féroce cinglée, pendant que les femmes détournaient les yeux et que les hommes serraient lâchement leurs poings.

Pendant, ce temps, deux résistants ramenèrent ce qu’ils cherchaient dans les bâtiments communaux. Ils faisaient rouler devant eux deux gros pneus enlevés du tracteur de la voirie communale.

Personne ne comprenait ce qui ce tramait.

En les voyant arriver, le communiste laissa retomber son bras fatigué.

L’un des résistants passa sous le banc pour le soulever, tandis que son complice faisait coulisser les pneus. Après que le banc fut reposé, les pneus furent remontés de force au-dessus de la poitrine déchirée de Martine et de son bas-ventre, en écorchant affreusement les pauvres chairs tuméfiées.

La foule restait muette, consciente que l’irréparable allait se produire, sans trouver plus de courage que le grand FFI qui semblait la représenter en quelque sorte.

Il ouvrit la bouche pour protester lorsqu’il vit les jerrycans d’essence passer de main en main, mais il se contenta de déglutir en laissant reposer sa main qui s’élevait en signe de protestation.

“ Bon, ça suffit maintenant ”, vociféra le chef des communistes qui semblaient transformés en fauves, prêts à bondir sur la foule dont le murmure bruissait doucement. Ils relevèrent leurs mitraillettes pendant que leur chef renversait le premier jerrycan.

Martine poussa un hurlement atroce qui dessilla ses yeux embués de larme lorsque l’essence glacée se répandit sur ses plaies vives en la piquant atrocement.

Une bouffée de gros caporal qui se consumait hâtivement flotta de façon irréelle devant ses yeux, puis la cigarette fut jetée sur la flaque qui stagnait sous ses pieds.

 Une seconde après, l’odeur du combustible submergea ses narines, entraînant un réflexe de pure panique qui la fit s’arc-bouter dans ses liens. La seconde d’après, elle entendit un “ wouf ” qui la prévint en même temps que la fumée noire de l’arrivée d’une mort atroce. Elle fut immédiatement pelée vive, ses chairs sanguinolentes et cramoisies craquelant sous la morsure du serpent de flamme bleue qui courait sur son corps ravagé pour venir se lover à l’intérieur des pneus. Lorsque ceux-ci s’enflammèrent pour carboniser le corps d’une jolie jeune femme, la foule eut un mouvement de recul honteux.

Tous hochaient la tête en se disant que la pauvre s’était juste trouvé au mauvais endroit avec la mauvaise personne au mauvais moment. 

 

 FIN

 

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Un hiver 42

Le premier des 2 textes que j'ai coécrit avec  des membres de groupes de "discussion".  Forcément un peu hétérogène, mais j'assume.

 

 

 “Un hiver 42 ”

 par Pascal et Laurent

 

 

 

 CHAPITRE I : Dans la Rue des Martyrs

 

“ C’est bien trouvé, ça, une Rue des Martyrs, comme çha vous faites le travail pour nous, on n’a pas besoin de les chercher ! Ach, sacrés français, fa ”

 

Rüdolph partit d’un grand éclat de rire sinistre dont l’écho enfla dans la pénombre tombante.

Il manqua de glisser sur un tas de tickets de métro et se rattrapa en jurant.

 

“ Schweinhund “ .

 

Il leva la tête et découvrit à la lueur anémique du réverbère la plaque mentionnant la “ Rue aux Juifs ”. Son rire repartit de plus belle et il fut obligé de soutenir son embonpoint à deux mains.

 

Avec des larmes aux yeux, il ajouta :

 

“ Et pourquoi pas une Rue des Communistes ou une Rue des Résistants, ach ? ”.

 

Malgré la bise glaciale de ce 15 janvier 1942, qui plaquait les feutres sur des regards inquiets et les fichus sur des profils sévères, quelques parisiens levèrent les yeux avant de les détourner très vite en changeant de trottoir.

 

L’âcre fumée du gazogène d’un taxi enveloppa quelques secondes deux fantômes qui marchaient maintenant d’un pas décidé vers le bistrot de l’angle de la rue Emile Dutibon et du boulevard Richard Lenoir.

 

Milicien de fraîche date par dépit, après que le maquis toulousain eut refusé ses nobles offres de service, Pascal, dont les solides humanités chez les jésuites l’avaient aidé à franchir rapidement les étapes habituelles, était devenu le bras droit du rédacteur des discours politiques de Darnand.

 

Il avait été dépêché en mission d’observation auprès de la Gestapo française à Paris. A son grand étonnement, et bien qu’elle fut enceinte de cinq mois, son épouse avait insisté pour l’accompagner.

 

Avec l’assurance du conquérant partout chez lui, Rüdolph enfonça plus qu’il ne poussa la porte du petit bougnat.

 

Ils furent presque suffoqués par l’atmosphère enfumée, les relents de vinasse renversée et les parfums bon marché.

 

La grosse Suzon posa un nichon confortable sur le coude de Pascal :

“ Dis donc, t’es allé chez le merlan, beau gars ?

 

“ A chacun son poisson, ma belle ”.

 

Suzon éclata de rire et retourna s’occuper de son client.

 

Rüdolph avait choisi une chaise après avoir fait dégager promptement un couple d’amoureux.

 

Il souleva son képi, se gratta un peu les cheveux en s’épongeant le front avec son mouchoir, et le posa sur le côté de la table :

 

“ Tu vois, Pascal, ça me rappelle……je t’avais parlé de ce camp, dans la Forêt Noire…ach, on s’est bien amusé, tu sais…

 

“ Oui, Rüdolph, je me rappelle dans le détail de tout ce que tu m'as raconté sur ce camp de Schwartzwald, j'en ai même rêvé!! le plaisir d'avoir tout un complexe équipé pour pouvoir s'occuper de ces sous-hommes et surtout de ces sous-femmes!! “.

 

“ Mais... tu sais Rudy, j'ai des relations ici, à Paris, dans la Gestapo et ils ont quelques bonnes installations!! j'ai visité dernièrement un hôtel particulier dans le VIIe, une merveille! L'administratif et le logements de fonction dans les étages, le plus intéressant au sous-sol.

Là, tu as des cellules et surtout plusieurs pièces équipées et insonorisées avec baignoires, poulies, carcans, sièges articulés à vérins, "outils" en tous genres, et comme vous allemands pensez à tout, même un médecin qui peut prolonger les interrogatoires pratiquement indéfiniment !!”.

.

Ach Pascal, tu sais que che n'aime pas trop ces "civils" de la Gestapo, mais je serais vraiment intéressé de voir ça!!! Allez, la Suzon, sers nous encore un petit schnaps!! ”.

 

La Suzon revint avec une bouteille à moitié pleine d'alcool blanc.

 

“ De ta réserve particulière, mein liebling ”, dit elle avec son accent parisien, puis elle versa une large rasade dans les deux verres.

 

“ Au fait, Rudy, tu sais qu'Emilie est montée à Paris?? Elle est heureuse comme tout de voir la capitale, toujours sortie se promener malgré le froid et le mauvais temps, elle fait certainement du lèche-vitrines...Mais je ne suis pas rassuré, peut-être aurais tu un homme ou deux afin de la surveiller discrètement, je ne voudrais pas qu'il lui arrive quelque chose, comme tu le sais, je n'ai pas que des amis !! ”.

 

“ Ach, mais il faut absolument que tu me la présssentes ! Che m’invite demain soir ! ”

 

“ Rüdolph, ce sera un honneur pour nous de recevoir le médecin personnel du Führer ! “.

 

“ Excuse moi, je t‘ ai coupé, tout à l’heure. Reparle moi un peu de Schwartzwald ”.

 

“ Tu sais, ch’est une longue histoire, disons pour aujourd’hui que ch’avais eu tous les pouvoirs pour occuper un vieux château en pleine Forêt Noire et faire des expériences sur la résistance à la souffrance du corps humain ”.

 

Rüdolph enfila prestement une rasade de schnaps et laissa promener un regard rêveur autour de lui . Il s’arrêta sur Suzon, lui rendit son sourire et proféra :

 

“ Ach, Suzon….Elle me rappelle les sœurs Epstein…..juives et communistes ! On me les a confiées en 1938. La plus âgée était grosse, la chienne… “ ,

 

“Che crois bien que c’est moi qui ai inventé les sélections, exprès pour elle. Je la faisais courir dans la neige avec mon doberman aux fesses…Il était dressé pour violer les prisonnières ”.

 

Les yeux de Rüdolph se mirent à briller dans la demi-pénombre, et ce n’était pas uniquement à cause du schnaps.

 

“ Ach, tu aurais fu ses grosses tétasses qui gigotaient dans tous les sens. Elle ne pouvait même pas les tenir, avec les menottes aux poignets, et figure toi….le chien courait plus vite ! “

 

“ Mais c’est avec sa sœur, Sarah che crois, que les gardes se sont bien amusé- Ils la pendaient par les seins et ils la laissaient retomber sans toucher le sol…..De plus en plus haut, alors forcément, à un moment ! Eh bien, tu fois, elle est quand même tombée de trois mètres avant la “ séparation de corps “.

 

Rudolph hennit d’un rire qui faisait trembler ses bajoues avant d’ajouter :

 

 “ Tu sais, Pascal, che feux bien foir ce que les français savent faire, mais jamais plus on ne pourra s’amuser comme ça. On était tranquilles, dans le château, on avait même reconstitué la chambre de tortures dans les souterrains. Un jour, j’ai organisé l’interrogatoire d’une sorcière afec une gitane. J’ai même fait tourner un film en couleur, je te le montrerai ”

“ Bon, on y fa maintenant, rencontrer ton Laurent. Tu es sûr que Bony et Laffont sont au courant ? ”

 

CHAPITRE II : Dans la rue Lauriston

 

Rüdolph avait passablement excité Laurent avec son évocation de ce château "im Schwartzwald", ils sortirent du bistro, la rue était déserte à cause du couvre-feu, la Delahaye les attendait le long du trottoir.

Une fois installés sur la banquette en cuir, il ne fallut pas longtemps au chauffeur pour les conduire rue Lauriston, quelques instants après avoir traversé la place de l'Etoile, ils y étaient.

Ils étaient restés muets tout le long du trajet. La voiture à peine garée, ils en sortirent avant que le chauffeur ait eu le temps de leur ouvrir la portière.

- Ach! bel immeuble! dit Rudy, en s'avançant vers la double porte gardée par deux soldats.

Dans le hall attendaient un planton et un jeune sous-officier, qui se leva et salua raidement. Rudy lui rendit son salut et demanda où se trouvait "Monsieur Laurent".

Le sous-officier fit un signe de tête au planton pour lui intimer l'ordre de leur montrer le chemin. Sans un mot, impatients, ils le suivirent dans un dédale de couloirs et d'escaliers qui s'enfonçaient dans les entrailles de l'immeuble.

-Voici, Messieurs, dit il en frappant à une lourde porte en chêne.

Celle-ci s'ouvrit et Laurent lui même était derrière.

Son visage s'éclaira d'un sourire lorsqu'il les vit, il était en bras de chemise.

-Vous voilà, vraiment gentil de venir me voir si tard, je fais comme qui dirait des heures supplémentaires!!

Il poursuivit:

- je "travaille" actuellement sur une affaire sordide, une jeune femme qui protège ses parents et surtout leur fortune, mais vous allez voir par vous mêmes!

Dans la pièce assez bien éclairée, il y avait une lourde chaise sur laquelle était attachée une fille, fine, peau mate, longs cheveux noirs, beau visage ovale, yeux sombres, longs cils recourbés. Peut être 20-22ans…

Rudy s'approcha et commenta en connaisseur:

-un beau métissage de juif d'Europe centrale et d'Afrique du nord, non ??

La jeune femme ne leva même pas les yeux vers lui, pour l'instant elle n'avait pas l'air d'avoir trop "souffert" de l'interrogatoire de Laurent.

Entre ses cuisses serrées, un buisson de poils noirs brillants, sur son torse, deux mamelles en poires, tétons proéminents et foncés.

-Eh bien Laurent, je comprends que tu aimes faire des heures supplémentaires !! Si tu veux, avec mon ami Rudy on va t’aider... qu’est ce que tu as pour la faire parler, cette jolie salope?

Laurent prit une longue inspiration qui dilata les narines tuberculeuses de son nez de pochard.

“ Venez voir un peu mes appartements…je vous précède ”

Rüdolph lui emboîta le pas pendant que Pascal restait un peu en arrière, le temps d’apercevoir posée sur une tablette, une carte d’identité barrée d’un gros tampon caractéristique : “ ISRAELITE ”. Il fit un pas en avant et découvrit sous la photo de leur patiente le nom : “ Elsa Tourkel ”

Elle avait été magnifiquement mise en valeur par le photographe. On aurait cru le portrait d’une actrice saisie sur le tournage d’un film par une revue spécialisée. Le noir et blanc convenait particulièrement à cette beauté très brune, dont les yeux de biche luisaient dans l’ombre.

Pascal s’arracha à regrets de sa contemplation, et ne put s’empêcher de lever ses yeux sur Elsa.

Elle le dévisageait, dans un regard qui était un mélange de tristesse infinie, de peur et de mépris. Le cœur de Pascal s’accéléra brutalement sous l’effet d’une honte délicieuse et d’une brutale excitation.

 Il détourna la tête comme on arrache un sparadrap de sa peau et rejoignit à grandes enjambées le corridor mal éclairé qui menait à la “ suite princière ”.

L’entresol était immense, mélange du luxe d’un hôtel particulier d’ambassadeur et des fonctionnalités du personnel domestique. Pas de tableaux sur les murs, mais des vases profonds, des plinthes en cuivre, des tissus mordorés ou lie de vin , des parquets en bois qui fleuraient bon la cire et dont les godillots des soudards n’étaient pas parvenu à ternir le brillant assourdi.

Laurent se tenait devant la porte d’une pièce, pouces calés sous ses bretelles passées sur une chemise fripée, qui mettait en valeur un maillot de corps avachi et tâché. Du ton satisfait d’un propriétaire, il énonça

“ çà, c’était à un dentiste juif. On s’en est servi pour lui enlever toutes ses dents en or ! ! Comme quoi il a été rassuré, il a vu que ses outils seraient entre de bonnes mains ! ” Il tapa dans la main de Rüdolph et les deux bedaines gélatineuses s’entrechoquèrent.

C’était le cabinet complet d’un dentiste qui avait été reconstitué autour d’un large fauteuil en cuir qui pouvait être déplacé dans pratiquement toutes les dimensions.

Pascal ressentit une véritable décharge d’adrénaline en s’emparant d’une minuscule ponceuse électrique pour limer les plombages, outil que l’on ne trouvait que dans certains cabinets du VIIIe arrondissement. Il s’imagina un court instant l’appliquer fugacement sur le bourgeon de plaisir d’Elsa et sentit son membre durcir presque instantanément, avec cette qualité très spéciale d’érection qui entraîne immédiatement les premières émissions de liquide séminal.

Quand il rouvrit les yeux, Rüdolph était en train de jouer avec une fraise monstrueuse. Pascal leva un regard interrogateur sur Laurent :

“ Moi aussi, j’ai voulu savoir, et il m’a dit qu’elle avait été faite sur mesure pour soigner les incisives de l’étalon préféré de l’Aga Khan. Alors je lui ai dit qu’elle pouvait aussi bien soigner ses couilles “ .

Rüdolph poussa un juron “ Du gottverdammtes achtloch. Du diable si che ne m’en sers pas sur les nichons de ta pensionnaire ” 

 

CHAPITRE III : Elsa : le supplice

 

Pascal sentait une profonde transformation de son esprit s'effectuer, ou plutôt une révélation de son moi profond, refoulé par des années d'éducation à base de morale chrétienne…

Son esprit se troublait, comme des flashs éblouissants, des images fortes apparaissaient dans sa tête et généraient une chaleur diffuse dans son bas ventre…

Il comprenait maintenant ce qui pouvait l'attirer dans ce rôle que les hasards de cette guerre pouvaient lui procurer et dans ces "fréquentations" pour lesquelles il n'aurait eu en temps normal aucune attirance…

Il était prêt d'avance, maintenant, à accepter de renier toute son éducation pour satisfaire ses pulsions profondes…

D'un ton ferme qui l'étonna lui-même, il dit:

- Bon, Laurent, fais amener Elsa qu'on s'occupe un peu de cette charmante salope !!

- D'accord Pascal, il est déjà assez tard en effet.

Il aboya un ordre en mauvais allemand, ce qui fit sourire l’ami Rüdolph.

Un instant plus tard, un bruit se fit dans le couloir, un pas d'homme seul.. la porte s'ouvrit, mais l'homme était accompagné d'Elsa, pieds nus!…Il la poussa dans la pièce, salua et referma.

Elsa était devant les trois hommes, les yeux baissés, bien que si fière, menottée mains dans le dos, une entrave de cuir entre les chevilles fines.

Laurent l'attrapa par sa chevelure brune et agitant sa tête en tous sens, l'amena vers le fauteuil de dentiste, fauteuil qui avait été équipé de sangles solides.

Il poussa brutalement en arrière la jolie jeune juive, qui s'encastra entre les accoudoirs, aussitôt il sangla les frêles avant-bras puis le front ainsi que les genoux et les chevilles tenus écartés.

-Voilà les amis, elle est prête! Elle vous plaît ??

Rüdolph, le visage cramoisi, s'approcha :

- Sehr schön, dit il en connaisseur, en même temps il examinait Elsa comme un maquignon l'aurait fait d'une pouliche, écartant les lèvres pour voir les dents blanches bien rangées, pinçant et étirant les paupières pour regarder les beaux yeux presque noirs, enfilant ou essayant d'enfiler un gros doigt dans une oreille délicate.

Pascal prit une photo en gros plan du joli minois.

Tu sais, c'est pour le souvenir, parce que quand on en aura fini avec toi, même ta mère ne te reconnaîtra plus!!

En un tournemain, Elsa fut effeuillée par trois paires de mains qui se disputèrent ses sous-vêtements comme un trophée.

Laurent enchaîna :

Elsa Tourkel, vous êtes accusée- il pouffa un peu-vous êtes accusée de participation à un complot terroriste- arrêtez de rire tous les deux, merde- à un complot terroriste avec les traîtres de Londres- bon, vous arrêtez, j’y arriverai jamais !!

Donc, c’est votre père- il se pencha sur un document- Samuel, qui détient les fonds et soutient le réseau…Alors, il est où, le papa ?-

Elsa frémit et détourna son beau visage.

Laurent lui assena une claque retentissante :

J’aime bien qu’on me regarde quand je pose une question !-

Rouge de honte, la joue  cramoisie, Elsa regarda Pascal comme si elle le prenait à témoin. Secrètement réjoui de sa résistance, mais également mal à l’aise, Pascal détourna les yeux.

Rüdolph ajouta :

-Si la temoiselle ne parle pas,…elle fa afoir de gros ennuis-, finit-il en grasseyant.

Il lui saisit un sein qu’il enveloppa fermement en le secouant d’une manière éloquente.

Elsa lui cracha au visage, en se débattant telle une chatte qui protègerait ses petits face à un chien.

Laurent n’eut qu’un pas à faire pour lui assener un formidable revers de la main qui la rejeta en arrière dans le fauteuil. Rüdolph posa une main sur son bras :

-Laisse moi faire, s’il te plait-

Pascal contredit :

-Non, moi d’abord- ça lui avait échappé, il ne savait pas encore comment.

Il se redressa brusquement et s’empara de la meule à poncer. Il tourna la lampe droit dans les yeux d’Elsa en exhibant l’engin.

Les yeux éblouis et remplis d’épouvante, Elsa baissa la tête. Rüdolph lui souleva doucement le menton pendant que Laurent introduisait un bâillon entre ses dents.

Rüdolph appuya sur une pédale, et le fauteuil s’allongea horizontalement. Pascal actionna la meule et se pencha.

Ses doigts fourragèrent un instant dans la motte épaisse de la jeune juive et dégagèrent les grandes lèvres, qu’il parcourut de ses longs doigts racés.

Des soubresauts de plaisir commencèrent à soulever le bas-ventre d’Elsa, qui venait à la rencontre de la caresse intime. Le doigt léger allait et revenait. Progressivement, les corolles d’une tulipe couleur de rose s’entrouvrirent.

Pascal poussa son avantage de plus en plus loin dans la touffeur humide. Il découvrit un pistil hérissé et tremblant quoiqu‘ extrêmement dur.

Lorsque son ongle entra en contact avec le délicat tégument, une onde électrique sembla traverser Elsa au bord du spasme.

C’est le moment que choisit Pascal pour appliquer à la plus basse vitesse la pierre ponce vibrante de la meule sur le clitoris érigé.

Elsa sursauta violemment- Mmmmmmmmhhhhhh -La très courte abrasion n’avait provoqué aucun dommage, mais le clitoris était beaucoup plus gros et très violacé.

Pascal appliqua de nouveau la pointe de la meule, mais en parcourant cette fois les petites lèvres du sommet de la vulve, tout en s’attardant davantage.

Son bras était resté posé sur l’accoudoir. Il sentit les ongles d’Elsa crocher comme des serres dans son poignet.

Il se dégagea vivement en riant comme un enfant étourdi qui joue à faire mal et qui est un peu honteux et excité de réaliser qu’il a franchi la ligne.

Il regarda Rüdolph et Laurent qui l’encourageaient – Allez, vas-y encore, c’est bien- tu t’débrouilles comme un chef, mon p’tit gars, continue-

Pascal se pencha sur les yeux fous emplis d’une supplique muette. Allons, elle pourrait bien en supporter un peu plus.

Pour la troisième fois, il déposa son infernal engin entre les cuisses largement écartées. Les lèvres pleines et dilatées, le rose carmin des muqueuses de la fente meurtrie, constituaient un véritable encouragement aux châtiments les plus extrêmes. 

Après s’être contenté de les effleurer de long en large pendant quelques instants jusqu’à ce que quelques gouttes de sang commencent de sourdre sur les bords les plus minces, Pascal plaqua brusquement la pointe de la meule sur le fragile clitoris, râpant sur toute sa surface le tendre bourgeon de chair.

 

Avec un cri muet de folle, Elsa avait presque rompu son dos, totalement décollé du fauteuil. Un petit geyser de sang jaillit, et Pascal se retira pour ne pas être éclaboussé tandis qu’Elsa s’était évanouie en pissant sur elle.

 

Laurent et Rüdolph se regardèrent avec enthousiasme :

 

-Ach, ch’espère qu’elle ne va pas parler tout de suite…mais si elle parle, on continue quand même ?- Laurent renchérit –rassure-toi, Rüdolph, il n’est pas question que tu lui laisses ses nichons-

 

Chapitre IV : Elsa, la fin

 

Laurent poussa du bout du pied une serpillière étalant plus qu'épongeant la petite mare de sang qui avait jailli entre les cuisses de la jolie brune.

- Tu vois Pascal dit il, c'est peut être le seul côté désagréable de ce travail, il faut parfois faire le ménage soi- même!

Cela fit s’esclaffer Rüdolph, qui décidément était vraiment toujours prêt à rire…

Pascal se retourna - dis Laurent, tu n'as rien pour arrêter l'hémorragie??

-Bien sur, j'ai tout ici! -Il se dirigea vers une armoire métallique vitrée, provenant certainement du même cabinet dentaire que le reste, il l'ouvrit et sans hésiter saisit un flacon en verre brun.

-Tiens, avec ça ce sera parfait!-

Pascal prit le flacon sur lequel figurait une étiquette verte inscrite "acide sulfurique".

Il en versa dans une coupelle en porcelaine, le liquide incolore à la consistance sirupeuse répandit une désagréable odeur; Pascal en imbiba un morceau d'ouate et en tamponna la partie blessée de la vulve, simultanément une légère fumée se dégagea et Elsa poussa un cri horrible.. arrachée à son évanouissement par la brûlure de sa chair intime déjà mutilée…

Le tampon ayant été très imbibé, une coulure suivit les replis de la chatte, trouva l'orifice du con entrouvert, la jolie garce redoublant de cris à peine étouffés par le bâillon, son corps tendu par des spasmes, était couverte d'une sueur abondante...

Rüdolph était cramoisi,

-Ach! che crois qu'on est fait pour s'entendre tous les trois !

Il se tenait derrière le siège, manipulant, malaxant les deux seins offerts, les traces de ses doigts se voyaient en rouge sur la peau laiteuse, il faisait comme machinalement tout en parlant et en observant la séance de torture du clitoris, ça en disait long sur son habitude à s'occuper des appâts féminins !

Elsa se réveilla et tenta immédiatement de se soustraire à l’ignoble poigne de Rüdolph, qui avait tombé la veste et la casquette.

L’odeur âcre de sa sueur et des premières gouttes de foutre qui imbibaient leurs pantalons se mélangeaient aux remugles du sang ferrugineux d’Elsa et aux relents méphitiques de l’acide sulfurique.

Pour la forme, Rüdolph détacha le baîllon d’Elsa.

Mutilée dans sa chair, dans sa plus délicate féminité, Elsa roulait des yeux fous, pleins d’angoisse, le visage convulsé, mouillé de larmes, elle s’étranglait. Elle parvint à peine à proférer :

“ Je vous….supplie…..arrêtez….. j’ai trop mal ”.

Impitoyable, Laurent la coupa “ Chienne, tu vas parler maintenant ? Où est ton vieux ? ”.

Elsa inclina la tête en redoublant de pleurs, sans répondre.

Rüdolph actionna la gigantesque fraise –BZZZZZZZZZZZ – en l’agitant sous ses yeux d’un air menaçant.

Elsa gémit, totalement écartelée entre son amour filial et un redoublement de souffrances qui la rendraient folle, elle le savait.

Rüdolph inclina la fraise d’un air gourmand.

“ Non, non, NOOOOON…pas ça. Je…..vous en prie ”.

Elle parlait maintenant avec un débit accéléré, presque incohérent. Elle dit tout, de la cachette de son père dans une ferme de la vallée du Morin jusqu’aux tableaux qu’il avait emportés, sans oublier aucun détail.

Lorsqu’elle en eut fini de sa logorrhée, Laurent appuya sur un bouton dans l’encoignure de la porte.

Quelque instants après, un jeune milicien ôtait son béret devant lui avec déférence.

- Mon p’tit Lucien, tu vas chercher la Vigue et Rachid, vous faites chauffer la Talbot Lago, et j’arrive dans une demi-heure-.

Rüdolph, la mine désappointée, se tourna vers Laurent :

-Et elle, qu’est che qu’on en fait maintenant ?-

-Elle…on a déjà perdu trois heures par sa faute. Elle est à toi, Rüdy !-

Pascal se recula d’un pas. C’était la première fois qu’il risquait d’assister à un meurtre et il n’était pas encore physiquement préparé à cela. Il tenta de transiger :

-Bon, elle a assez dégusté comme ça, vous ne trouvez pas ?-

Les yeux fous, Rüdolph entendit Elsa hurler “ Arrêtez, je ferai tout ce que vous voudrez. Noooon, ne me faites plus maaaaaaaal ”.

Il remit le bâillon sur sa bouche.

-Cha fa pas, non, tu veux qu’elle aille raconter partout que Laurent s’en met plein les poches ?-

Laurent avait interrogé à sa manière plusieurs jolies personnes coup sur coup, il était effectivement plus intéressé par la perspective d'augmenter sa collection de tableaux et la spoliation était une notion qui n'existait pas encore...

Cela arrangeait très bien Rüdolph qui, lui, était un peu sevré de ces séances de torture où sadisme et sexualité s'entendaient si bien…

 

Vaincu, Pascal baissa la tête. Tiraillé entre répulsion et fascination, il choisit de rester pour voir Rüdolph dans ses œuvres.

 

Elsa geignait sous son bâillon, avec un linge humide Pascal nettoya l'entre jambes, le sang retiré, on voyait mieux la vulve mutilée, les chairs gonflées rouge noirâtre par endroit…

- comment trouves tu le französischer arbeit, demanda t'il ?

-Ach très très bien! Che suis très excité!

Rüdolph se dévêtait d'une main tout en dénouant le bâillon, puis attrapant Elsa par sa crinière, il lui tira la tête sur le côté, amenant sur les lèvres séchées par la souffrance un gland dur et violacé. Sans même chercher à se dérober, la jolie juive ouvrit sa bouche, il en profita pour y enfoncer son membre raide, bloquant les dents avec le manche de son couteau de SS et provoquant des haut-le-coeur, il se branlait avec cette tête comme avec un objet…

Pascal sentit remonter en lui le désir de faire souffrir, de détruire cette chair offerte;

Il décida de s'occuper des mamelles lourdes de la jeune salope, ne pouvant pas frapper pour ne pas gêner Rudy, il se dit que l'acide avait bien fonctionné en externe donc pourquoi pas en injection ?

Reprenant le flacon, il se munit d'une grosse seringue montée d'une longue aiguille, une fois remplie, il saisit de la main gauche le sein droit, approcha la pointe aiguisée, l'acier créa une petite dépression sur la peau puis la perça; l'aiguille s'enfonçait dans la mamelle.

Rüdolph regardait faire, étouffant à moitié Elsa. Pascal pressa le piston injectant au coeur de la glande mammaire le liquide corrosif.

D’abord rien, puis 5 secondes plus tard Elsa s'arc bouta, tentant de "recracher" Rudy (en vain!). La douleur la tétanisait, l'acide rongeait son sein de l'intérieur, Pascal se sentit fier de lui…

On entendit Lucien revenir chercher Laurent qui s'était préparé, long manteau en agneau noir serré à la taille, il avait fière allure, il prit dans un tiroir du bureau son Lüger et glissa dans sa poche deux chargeurs.

- Bon, je vous laisse finir le travail, les amis!! Je vais expédier cette affaire, ce sera plus rapide, du genre une ou deux balles dans la tête que j'offrirai de ta part, Elsa…

Bien qu'à demi inconsciente, la malheureuse entendit ces mots, sachant qu'elle avait condamné à mort son père. Elle souhaitait maintenant mourir le plus vite possible, mais ce n'était pas vraiment l'idée de ces deux nouveaux amis et complices, qu'étaient devenus Rüdolph et Pascal!…

Après avoir longuement éjaculé, Rudölph se reboutonna avec une dextérité étonnante pour un homme de sa corpulence.

Pascal fixa de nouveau le bâillon sur la bouche convulsée d’Elsa, sans parvenir à empêcher un épais filet de sperme de couler sur son menton avec une lenteur troublante.

La mâchoire d’Elsa tremblait spasmodiquement, sans que la mince rigole parvienne à achever sa descente sur sa poitrine martyrisée.

Le “ BZZZZ “ infernal de la fraiseuse tira Pascal de sa contemplation.

Rudölph, les yeux exorbités, les lèvres moussues par le rut, tenait l’effroyable engin dans sa main gauche.

Il redressa hâtivement de l’autre main la mèche épaisse qui dissimulait sa calvitie graisseuse et était retombée sur son monocle.

Il était fièrement redressé, digne héritier des chevaliers teutoniques, implacable descendant des bourreaux de Rothenburg, incarnation de tous les rites paganiques en vigueur dans le premier cercle des fidèles du Führer.

Il abaissa de biais la large tête de la fraiseuse au dessus du mamelon droit.

Une fraction de seconde, rien ne se produisit, avant que la peau satinée, puis la chair même du sein, ne soient happées par le mouvement circulaire. Un trou profond explosa rapidement, d’où sourdait un mélange de sanies, de sang et d’acide, qui brûla la peau hérissée par une spectaculaire chair de poule.

L’odeur suffocante du derme corrodé piqua les narines de Pascal.

“ MMMhhhhhh…..MMMMMMMHHHH…..mmmmmmmiiiiiiii ” gémit la faible voix cassée d’Elsa.

A leur profond étonnement, seuls ses bras s’étaient atrocement contracté sur les poignées du fauteuil.

Mais le bas de son corps n’était qu’agité de vaines contractions, qui rythmaient un écoulement caractéristique entre ses cuisses.

Ses muscles dorsaux, peut-être certaines vertèbres, s‘étaient rompu sous la terrifiante tension.

Pascal fronça les narines délicates de son long visage légèrement chevalin.  

C’était une poupée cassée et souillée qu’étaient en train d’achever les deux tortionnaires.

Rudölph souleva fermement le sein gauche d’Elsa et fora directement dans la délicate aréole. Le bout de sein proéminent sembla se recroqueviller d’abord avant de disparaître, rapidement noyé dans une brume de sang sous l’horrible travail de sape.

Rudölph parvenait à peine à contrôler les spasmes qui soulevaient la poitrine horriblement mutilée.

Il revint attaquer la mamelle gauche par le flanc. Pascal savait que de sa vie, il ne retrouverait jamais la force de l’érection qui le faisait réellement souffrir à son tour.

Il n’était pas très loin de s’évanouir quand ses yeux se rivèrent dans ceux d’Elsa. Il la vit partir alors qu’elle semblait continuer de lui adresser un reproche muet. Il n’oublierait jamais ces pupilles fixes et dilatées. 

 

CHAPITRE V : l’ombre d’un doute

Pascal avait quitté la rue Lauriston vers sept heures, après avoir pris un petit déjeuner composé de délicieux croissants frais et d'un bon café, il se sentait totalement transformé… cette nuit passée en compagnie de Rüdolph et de Laurent lui semblait être comme le point de départ d'une nouvelle vie... il se révélait à lui-même...

Ne sentant pas la fatigue, il marchait, léger, pas l'ombre d'un remord ne venait gâcher l'excitation encore présente créée par la torture d'Elsa…

Il se posa juste la question de savoir ce que Laurent ferait des "restes" de celle qui n'avait eu finalement comme tort que d'avoir été juive, jeune et riche...

Il croisait des gens affairés qui se rendaient à des occupations certainement moins excitantes, il se prit à sourire, sentant son pantalon se gonfler...

Au cours du petit-déjeuner, ses deux amis avait accepté son invitation à dîner, ce serait en toute simplicité, à la bonne franquette, l'occasion pour Pascal de faire connaître son épouse.

Laurent, de son côté, avait raccompagné Rüdolph en bas du perron, une Mercedes noire attendait, un chauffeur en uniforme allemand impeccable tenaIt la portière arrière ouverte. Les deux hommes se donnèrent une franche accolade, se quittant sur la promesse de se retrouver bientôt pour d'autres "jeux"!..

Laurent remonta prestement le large perron, rejoignit son bureau et s'assit, songeur… il relut pour la troisième fois un rapport concernant les activités d'un groupe terroriste (résistant, disent certains français), un nom avait particulièrement attiré son attention, Brun, le même nom que Pascal, et Emilie le prénom, le même que celui de la femme de Pascal, bien sûr il était certain qu'il s'agissait de la même personne.. il se gratta la tête.. soupira et décrocha son téléphone..

Après ce coup de fil, il soupira de nouveau, se sentant mieux, il était chargé du dossier et avait carte blanche de sa hiérarchie.

Quel pouvait être le degré d'implication dans ce réseau de la femme de ce Pascal, si sympathique, et qu'il savait, sentait, réellement acquis à la Grande Cause?

Il en saurait certainement davantage en allant donc dîner chez les Brun, d'ici là il aurait le temps d'enquêter et de définir un plan avec Rüdolph...

Pascal continua ainsi, sans s'en rendre compte il arriva rue d'Aumale, devant l'immeuble où se trouvait son appartement.

Sa concierge balayait devant la porte cochère, il la salua à peine puis emprunta l'escalier sous la voûte, montant degré par degré l'escalier qu'il gravissait d'habitude quatre à quatre jusqu'au troisième.

Il mit la clef dans la serrure et pénétra dans l'entrée, faisant grincer le parquet bien ciré. A ce bruit, Emilie sortit de la cuisine en robe de chambre bleu foncé, son gros ventre tendait le lainage en avant, faisant du coup ressortir la cambrure d'un dos se terminant en un beau fessier.

Le son de sa voix fit sortir Pascal de son état second ;

-Où étais tu, chéri?? je me suis inquiétée. Je sais que tes responsabilités te demandent beaucoup de présence mais tout de même…as tu au moins déjeuné ??

- Oui, répondit Pascal, avec Rüdolph et Laurent, tu sais, ils sont devenus de vrais amis, dit il d'un ton enthousiaste, et tu vas bientôt les connaître!! Je les ai invités à dîner après demain, nous allons bien faire les choses! Je verrais bien foie gras en entrée, ensuite une bonne volaille rôtie, et bien sûr fromage avant un vacherin à la framboise... tu sais où trouver tout ça, n'est ce pas mon amour?? Pour le vin, champagne et je crois avoir encore quelques bouteilles de La Tâche 36, Rüdolph adore le bourgogne!!

Il embrassa sa jolie femme dans le cou et se dirigea vers la salle de bain afin de prendre une bonne douche.

Il n'entendit pas que sa femme avait aussitôt décroché le téléphone…

“ Marie ?…Oui, c’est moi…il vient de rentrer. J’ai juste quelques instants ”, chuchota-t-elle, sa bouche mutine collée contre le combiné.

Une ride de contrariété souleva ses sourcils bruns si expressifs.

“ NON ! C’est impossible…à quelle heure ? ”

Sa bouche forma un ô d’étonnement.

“ Qu’est ce qu’on peut faire…c’est affreux ! ”

Sa respiration devint plus oppressée, elle fit d’abord le geste de s’éponger le front, puis sembla vaciller et trouva par miracle le temps de s’asseoir sur une chaise, les jambes coupées par l’émotion.

Elle caressa machinalement son ventre arrondi comme pour en absorber toute l’énergie vitale dont elle avait besoin pour surmonter les terribles nouvelles qu’une voix mêlée de longs sanglots était en train de lui assener.

“ Ecoute… il faut qu’on la tire de là…je ne sais pas comment, je vais sûrement trouver un moyen ”.

Sa voix retomba quelques instants.

“ Il faut qu’elle tienne le coup…Pascal connaît quelqu’un à la Milice…je dois faire sa connaissance bientôt…je vais tâcher de le faire parler…savoir où ils la retiennent…peut-être qu’on arrivera à la faire évader ? ”

“….. En attendant, reste bien cachée, toi aussi ”.

Pascal passa sa tête par l’encoignure de la porte.

“ Chérie…passe moi une serviette…si tu ne veux pas que j’inonde encore le parquet ! ”.

Emilie reposa brutalement le combiné, juste un peu trop tard…

Pascal se renfrogna un peu lorsqu’elle déplia la serviette et épousseta les brins de lavande séchée qui la parfumaient agréablement.

“ Alors, ton amant ne te laisse plus tranquille ? ”.

Emilie partit d’un rire de gorge légèrement forcé et faussement complice.

“ Que veux-tu…dans mon état, ce sont les seules relations qui nous restent ! ”.

Elle accompagna sa tirade d’une volte presque gracieuse eu égard à sa corpulence et tourna les talons. Pascal la connaissait assez pour savoir qu’il ne tirerait plus rien d’elle dans l’instant sur le sujet.

Il se dirigea devant le miroir pour se raser, contempla le rasoir d’un regard vide, puis fixa son reflet un long moment en posant les mains de chaque côté de la cuvette en faïence.

Sortant de cette espèce de torpeur, il se redressa, décidant de ne rien faire, il savait qu'Emilie aimait bien jouer de sa jalousie…

 

Il passa dans la chambre, sortit un complet gris et une chemise blanche bien repassée par la future jeune maman, si maniaque dans la tenue de son intérieur.

 

Une fois habillé, il noua une cravate rouge sombre, cette couleur lui fit revoir le sang d'Elsa et provoqua une chaleur dans son bas ventre…

 

Il prit son portefeuille sur la commode, machinalement il en vérifia le contenu, à sa grande surprise il s'aperçut que les papiers serrés dans les soufflets en cuir avaient été mélangés...

Il se rendit dans la cuisine où se tenait sa femme :

 

- Dis chérie, tu as eu besoin de quelque chose dans mon portefeuille ??

Absolument pas, dit elle en rosissant et en baissant légèrement les yeux…

Pascal se sentit perdre pied…que se passait-t-il ??

Une fois de plus, il décida ne pas réagir…

 

Bon, je dois déjà retourner au travail, je compte sur toi pour acheter ce que tu trouveras de mieux pour mes amis, dit il en embrassant Emilie sur le front.

 

Elle entendit la porte se refermer, attendit que le bruit des pas s'évanouisse et décrocha le téléphone.

 

-Marie? c'est moi.. non je n'ai rien trouvé concernant Elsa et sa famille, par contre Pascal a invité deux de ses amis très haut placés, un allemand et un français, je suis sûre d'en savoir davantage bientôt!..

Elle n'entendit pas le très léger déclic provoqué par l'écoute de la ligne…

Laurent raccrocha également, un léger sourire aux lèvres…

 

CHAPITRE VI : Retour Rue Lauriston

 

Le contraste était saisissant entre Kader, kabyle très grand avec les pupilles dilatées par le kif, d’une maigreur effrayante, presque ridicule dans sa veste étriquée, et Lucien, paysan râblé avec des bretelles de grand-père, placide, mais dont les petits yeux durs et rusés démentaient la bonhomie apparente de son large visage plat et rougeaud.

Ils avaient cueilli Emilie à l’entrée du métro et réquisitionné un taxi.

Dans la rue Lauriston, le chauffeur avait redémarré sans même attendre un pourboire.

Engoncés dans leurs épais manteaux de cuir vert-de-gris impeccablement cirés, ils avaient fumé pendant tout le trajet, et Emilie toussait encore en suivant les couloirs qu’avait emprunté Pascal quelques heures plus tôt.

Après d’interminables détours, le petit cortège se retrouva devant une pièce qui aurait pu être un cabinet dentaire, et dont filtraient des relents insupportables.

Au grand soulagement d’Emilie, ses gardes du corps entrèrent dans la pièce d’en face.

Elle reconnut d’abord, avec une joie rapidement mêlée d’horreur, des voix un peu plus loin.

Sitôt franchi un vestibule dont le papier peint moisi tombait en lambeaux, elle distingua d’abord la silhouette élancée de son mari au fond d’une cave, à moitié éclairée par un néon à la lueur incertaine et blafarde, qui laissait presque dans l’ombre un homme entre deux âges, dont les mains reposaient avec une affection paternelle sur les épaules de Marie.

Marie, attachée sur une chaise, hagarde, comme si elle émergeait d’un cauchemar.

 

Pascal s’adressa durement à elle :

 

“ La seule chose qui peut encore vous sauver, c’est que tu donnes ton réseau… ”.

 

Marie le coupa “ Je n’ai rien dit, ne parle pas, surt-“ L’homme au visage invisible avait garrotté brutalement de ses mains le cou de Marie.

 

Pascal reprit d’un ton las “ Tu parles, et on la libère… et pour nous, …on verra après. Je ne sais pas où j’en suis ”.

 

Emilie se précipita pour délivrer Marie. Laurent l’avait relâchée. Marie, une jeune ouvrière communiste d’une vingtaine d’années, avait gardé la fraîcheur et la simplicité de sa Bourgogne, son teint rose s’alliait merveilleusement à sa silhouette accorte et robuste de belle plante.

Elles pleurèrent silencieusement ensemble. Emilie, la première, se redressa et tourna les talons sans un mot.

 

Sur un signe de Laurent, Kader et Lucien entourèrent Marie et saisirent brutalement ses fins poignets. Elle poussa un petit jappement de douleur et trébucha en avant. Laurent claqua une gifle sur ses lèvres qui projeta en arrière son noble visage baigné de larmes. Il posa ses mains sur le col de sa robe et tira lentement pour jouir du viol de sa pudeur.

Un vieux soutien-gorge, trop étroit et émouvant dans sa modestie, révéla les formes épanouies de la jeune femme.

Laurent savoura la honte de Marie, qui gardait les yeux baissés. Lorsqu’il insinua ses doigts sous les bretelles, elle tenta de s’échapper dans un bref sursaut inutile.

Les attaches glissèrent, révélant deux seins pleins aux larges aréoles nacrées, qui glissèrent par dessus l’humble gaine. Laurent se détourna pendant que les duettistes finissaient le travail.

 Recroquevillée sur sa chaise, Emilie observait la scène avec dégoût. Elle détourna la tête, mais Pascal prit doucement son menton par la main et ramena fermement son regard dans la bonne direction.

“ Regarde, regarde bien et ne baisse pas les yeux…non. C’est à cause de toi tout ça ”.

 Ils firent tomber Marie d’une bourrade. Lucien enfonça un genou dans son ventre pour la plaquer sur le ciment glacé tandis que Kader réunissait dans son dos, par deux paires de menottes, ses poignets et ses chevilles, ligotées aux extrémités d’une barre métallique longue d’environ un mètre.

La longue crinière blonde fut torsadée en une natte épaisse et liée très étroitement aux menottes avec une fine cordelette.

Une chaîne glissée par dessus la poutre centrale et passée dans les menottes fut tirée dans un cliquetis qui résonna de façon étrangement sinistre.

 Marie fut soulevée jusqu’à un peu plus d’un mètre et demi du sol, le fessier étant tiré plus haut de quelques dizaines de centimètres.

 Son dos était arc-bouté à l’extrême, supplice déjà atroce, car les rotations irrégulières de la chaîne la contraignaient à d’incessantes compensations de son corps pour soulager la tension extrême qui risquait de briser sa nuque.

Ses bourreaux s’en aperçurent rapidement. D’un pas vif, Laurent s’avança en se retournant tout contre le visage crispé. “ Tiens, fume, c’est du belge ”, proféra-t-il dans un gros rire de soudard éméché après avoir libéré sa flatulence.

Il se retourna vers Emilie avec un sourire sardonique.

“ Alors, Madame Brun, toujours rien à dire ? ”.

Emilie baissa les yeux, affreusement crucifiée par l’horrible dilemme.

“ Comme vous voulez, au moins profitez du spectacle ! ”.

Il se retourna soudainement et d’un revers de main, il fustigea le sein droit. La claque sonore fit tressauter le tétin et provoqua deux tours complets de la chaîne. La giration s’accomplit ensuite en sens inverse, jusqu’à ce que le corps revienne à sa position initiale. 

Marie laissa échapper ses premiers petits gémissements, et de son corps splendide complètement tétanisé sourdaient maintenant de minces rigole de sueur qui clapotaient dans le silence tendu.

Alors commença un infernal ballet de gifles, claques et coups de poing assenés sur ses lourdes mamelles, qui pendaient telles des pis. Ses bourreaux ne s’interrompaient que par lassitude, saisissant l’occasion pour les pétrir à pleines mains, en enfonçant leurs ongles endeuillés dans les glandes fragiles.

Des cris stridents ponctuaient maintenant les gémissements continuels qui avaient gagné en intensité dramatique. 

Les premières suppliques suivirent rapidement. “ Arrêtez-ça, j’ai troooop mal ”

“ Asseeeeez. Noooon ”.

Puis les sanglots entrecoupés de “ Je vous en suppliiie ”.A un moment, Laurent s’effaça sur le côté.

Lorsqu’elle vit dans le halo livide les marques violacées qui striaient la magnifique poitrine ballottée au gré des coups, Emilie arrondit la bouche dans un “ oh ” de pure horreur.

Pascal interpréta ceci comme un début d’aveu et leva la main pour faire arrêter le supplice. Le regard inflexible de son épouse lui fit lentement reposer le bras.

La torture reprit, les claques lourdes rythmant les rotations et les “ Nooon, assez, pas çaaaa. Je vous en prie, je vous en priiiiiiiiiiiiiiiie ”.

 Kader était très excité…dans ses rêves les plus fous, il n’aurait jamais imaginé pouvoir poser la main sur une femme blanche aussi désirable. Une barre d’acier tentait de se frayer un passage à travers son pantalon. Il ne portait pas de slip.

Il leva les yeux dans une supplique muette. Laurent acquiesça d’un signe de tête en souriant au vu de l’énorme bosse. Lucien avait tout compris. Il fit descendre lentement la chaîne...

Kader dégrafa hâtivement son pantalon, exhibant un vit dressé comme un cimeterre. Il promena immédiatement un gland qui puait le suint de mouton et l’urine sur les lèvres finement ourlées de Marie.

 

CHAPITRE VII : Les seins martyrisés

 

Dès que son membre viril eut atteint son plus grand développement, il le secoua en tapotant la joue de Marie, évoquant irrésistiblement un prêtre donnant l'onction.
Laurent était habitué à la compétence de Kader, Pascal lui, fut surpris et admira avec quelle dextérité il fit ouvrir la bouche à Marie, en en profitant pour aussitôt y planter son membre nerveux, tendu et plus qu'odorant jusqu'à la luette.
La jeune résistante hoqueta, les yeux soudain exorbités, Kader lui manoeuvrait la tête en la repoussant et la tirant par les oreilles, il scrutait le visage déformé, profitant de chaque manifestation de douleur, de suffocation.
Il fit aller et venir longuement sa pine, ses poils pubiens très rêches venant dessiner sous le nez de Marie une fausse moustache qui aurait été comique sans l'horreur de la situation.
Marie ne tarda pas à goûter les premiers filets d'une liqueur séminale âcre et presque aussi épaisse que du sperme. Elle rejeta sa tête en arrière pour échapper à une éjaculation qu'elle pressentait exceptionnelle, mais ce fut Lucien qui maintint sa tête solidement tout contre le ventre de son complice.
Kader fut encore plus excité par cette tentative dérisoire d'échapper à son sort. “ Il est gros, mon zob, il est gros pour toi !!! ”
Il ne put se contenir très longtemps, déchargeant copieusement dans cette bouche probablement vierge. Marie toussa, le sperme ressortit en partie par les narines, son bourreau dégagea son sexe à moitié flaccide, barbouillant sa semence sur le frais minois.
Lucien, pendant ce temps, avait apporté un petit brasero rempli de charbons de bois incandescents.
Il disposa sur la braise deux paires de tenailles à longs manches ainsi que quelques instruments plus ou moins pointus.
Marie fut remontée au bout de sa chaîne, ses seins marqués de bleus et son entrejambe se retrouvant à environ un mètre cinquante du sol. La vulve baillait, luisante, entourée de petits poils blonds frisottés qui ne cachaient presque rien, au dessus, l'anus rose sombre était fripé en étoile.
.
Laurent demanda à Emilie, “ Chère Madame Brun, allez-vous vous décider à parler ?? Votre amie, nous le savons, n'a rien à dire, son sort, une fois de plus, ne tient qu'à votre bonne volonté! ”.
Elle baissa la tête en fermant les yeux, serrant ses petits poings, elle savait que si elle parlait, ce serait beaucoup d'autres personnes qui seraient impliquées...
Dans un sanglot, elle proféra d'une voix forte “ Marie, pardonne-moi ”. Elle ajouta  “ Sois courageuse ”, et se mit à pleurer doucement.
Laurent se tint à côté d'elle, il caressa du dos de la main la robe de grossesse tendue, ajoutant “ en  protégeant votre réseau, vous pouvez attirer des ennuis à d'autres personnes que vous !... ”
Il fit un clin d'oeil complice à Pascal, qui lui répondit de même et, au contraire d'un instinct protecteur, sentit monter en lui, envahissant son bas ventre, une chaleur qu'il connaissait bien depuis l'interrogatoire d'Elsa.
Il souhaita soudain que sa femme se taise !..
Lucien et Kader avaient chacun une paire de tenailles en mains. Les larges mors effilés avaient été tenus sur le foyer depuis un  quart d'heure et leur éclat incandescent illuminait la petite cave voûtée.
Ils avaient trouvé un jour cet instrument de torture médiévale dans la salle d'exposition du musée de la Préfecture de Police, dans le Ve arrondissement, et l'avaient immédiatement réquisitionné au grand dam du Conservateur du Musée.


Egalement connu sous le nom d'Arrache-seins ou Araignée, son application était réservée aux sorcières et aux jeunes mères qui avaient avorté en cachette. Il s'agissait de tenailles à quatre branches, terminées par des pointes recourbées à l'intérieur.
Ils se raclèrent la gorge avec une délectation timide lorsque Laurent leur donna le signal.
Ils s'approchèrent de Marie et commencèrent de promener leurs terrifiants instruments le long des larges mamelles qui se balançaient dans une danse incroyablement érotique pour échapper aux premières brûlures, pourtant ô combien légères.
Lucien pensa irrésistiblement aux poules dont ses parents flambaient la peau avant de les préparer, puis aux canards qu'il sodomisait en les garrottant lorsqu'il était très jeune.
Dès l'apparition des premières cloques, Marie avait commencé de supplier, et ses plaintes lancinantes alternaient avec les convulsions de son beau corps d’une blancheur laiteuse, qui se contractait d'avant en arrière pour fuir la chaleur insoutenable.
Kader se faisait une spécialité de repasser derrière Lucien pour crever les ampoules, et travailler l'épiderme sous-jacent ainsi révélé. Les cris de Marie gagnaient alors un registre suraigu, et la tétanie de ses muscles laissait craindre qu'elle ne parvienne à désarticuler ses membres.
Laurent leva la main pour que Kader et Lucien marquent une pause. “ C’est bien, mon p’tit Lulu, ça suffit ”
Il tenta une ultime intervention en élevant la voix, comme pour faire émerger Emilie d'un cauchemar dont elle ne pourrait sortir seule.

“ Maintenant, ma p'tite dame, ça va pas être joli, joli, vous savez. Après, même son p'tit copain, il va s'enfuir !!! ”.
Emilie ferma les yeux et entonna “ plus près de toi mon Dieu ”, tandis que Pascal passait sa langue sur ses lèvres avec jubilation.

Laurent rabattit son pouce avec le même geste qu'un empereur romain.
Kader et Lucien passèrent chacun sur les flancs de Marie et ouvrirent largement les mâchoires rougies au feu en les approchant des tétons pendants de Marie.
Ils attendirent quelques secondes pour laisser à Marie tout le temps d'anticiper et de manifester son angoisse dans une clameur déchirante :

 “ Nonnononononnonon, pas çaaaaaaaaaaa ”.
Alors seulement, simultanément ils les refermèrent, un grésillement accompagné d'une fumée abondante fut aussitôt suivi d'un cri inhumain, même Elsa n'avait pas crié comme ça, pensa Pascal, qui sentit son sexe se raidir.
Il se tenait derrière sa femme, lui tenant la tête droite afin qu'elle ne puisse pas se dérober au spectacle.
Lucien s'était contenté d'enfoncer profondément les quatre pointes droit dans les côtés de la base du sein, qui enfla soudainement. Autour des tiges, la peau variait du brun sanguinolent au noir de suie. Une odeur de viande brûlée se répandit dans la pièce, évoquant irrésistiblement le parfum  d'une brochette sur le grill, ce qui provoqua un réflexe gustatif parfaitement incongru dans l'assemblée.
Kader avait choisi d'enfoncer moins profondément son instrument pour mieux le faire glisser le long de la glande. Il étira ainsi démesurément la mamelle, la déchirant sur quelques centimètres pour lui donner la forme monstrueuse d'un sac déformé. Moins entamée, la chair n'était pas aussi profondément carbonisée, mais d'abondants filets de sang grésillaient lorsqu 'ils entraient en contact avec la tenaille.
Marie s'était évanouie. Laurent lui pinça le nez et la bouche jusqu'à ce qu'elle suffoque. Lorsqu'elle émergea, Kader et Lucien l'attendaient. Sans lui laisser le moindre répit, ils tournèrent leurs instruments pour saisir la base et le sommet de ses admirables seins de nourrice. Les pointes effilées et encore rougeoyantes s'incrustèrent dans l'épiderme fragile avec un “
ffiiizzzz ” terrifiant. Alors, ils tirèrent sur les imposantes masses mammaires pour les écarter chacun de son côté en les lacérant.
Le rugissement indicible de Marie bouleversa même Pascal. Kader et Lucien s'étaient tourné sur le côté pour qu'Emilie profite pleinement de la vue qui lui était offerte...

 

CHAPITRE VIII : La fin d’une grande résistante

 

Marie et Emilie s’évanouirent pratiquement en même temps. Pascal n’eut que le temps de retenir une statue de pierre qui dégringolait de son socle. Laurent vint immédiatement à son secours, et en prenant Emilie par les épaules, ils la portèrent dans le salon du dentiste encore infecté par le traitement infligé à Elsa.

 

 Sans désemparer, Lucien et Kader avaient branché un fer à repasser qui tenait en équilibre sur une table. Lucien avait ramené un seau d’eau. Il le jeta en plein visage de Marie, qui émergea des ténèbres bienheureux en suffoquant. Après avoir recraché et toussé quelques instants, elle prit conscience de la douleur insensée qui parcourait ses glandes écrasées, percées, lacérées. Elle baissa les yeux dans un gémissement inaudible et contempla les ravages à jamais exercés sur sa poitrine mutilée. Des stries violacées aux bords carbonisés, d’où sourdaient par endroits de minces rigoles de sang, traversaient ses pauvres seins autrefois si fermes et tendres à la fois. Toutefois, ses aréoles et ses bouts de seins étaient encore préservés, et elle ne se sentait pas entièrement dépossédée de l’essence même de sa féminité, puisqu’elle pouvait encore allaiter, elle qui souhaitait tant nourrir un jour un bébé.

 

Emilie reprenait lentement ses esprits, la tête renversée en arrière dans le coude de Pascal, qui caressait lentement ses cheveux. Au bout d’un moment, elle réalisa qu’elle était incommodée par l’odeur pestilentielle qui provenait du fauteuil sur lequel elle reposait. Elle finit par ouvrir les yeux qu’elle maintenait fermés pour échapper au spectacle des atrocités qu’elle venait de voir, aux yeux de fou de Kader, au sourire ignoble de Laurent, à la tranquillité placide de Lucien. Elle se pencha en avant pour vomir sur le bras de Pascal, un long jet mince qui ne la soulagea pas. Pascal craqua brusquement :

“ Chérie, parle, parle maintenant, sinon tu vas perdre le bébé ! ”

Il lança un regard désespéré à Laurent.

 

Après s’être découpé avec son couteau de berger une tranche de pain et un morceau de fromage tirés de sa besace, Lucien mangea sa tartine avec lenteur et application, exactement comme s’il se fût trouvé à table. Lorsqu’il eût terminé, il s’approcha de Marie et souleva sa tête.

“ Dis donc, t’es pas d’la ville, toi… ”

Marie ne répondit pas et continua sa mélopée lancinante entrecoupée de pleurs. Elle transpirait abondamment, tant à cause de la peur lancinante qui la submergeait que de l’atmosphère surchauffée et étouffante. Les doigts de Lucien glissèrent d’abord lorsqu’il tira à pleines mains sur les seins martyrisés qui débordaient de ses paumes rugueuses. Après avoir affermi sa prise, il les secoua violemment en les écrasant. Marie poussa un rugissement insensé “ OOOOhhhhhh, assez, assez, assez, s’il vous plaaaait ”.

Dans les petits yeux de Lucien, une lueur bizarre s’était allumée tandis qu’il s’emparait du fer à repasser.

Il tourna derrière Marie, et flatta son postérieur avec quelques petites claques. “ T’as déjà vu comment on attendrit la viande, hein ? ” Marie hurla, un hurlement farouche et bref tandis que Lucien appuyait le fer à repasser brûlant sur sa fesse gauche.

Les soubresauts extravagants de Marie allongèrent incroyablement ses membres. Elle craignait tant une seconde brûlure que la force incroyable de son second cri traversa les épaisses cloisons des deux appartements.

 

Emilie voulut se relever, mais la main forte de son mari la plaqua sur le dossier du fauteuil. Elle ressentit un élancement brutal dans ses entrailles et elle réalisa brutalement que la vie de son enfant était en danger. D’un seul coup, à cet instant, plus rien ne compta à ses yeux que cette petite vie qui se rappelait à elle, et qu’elle avait le devoir de protéger.

 

La seconde morsure fut plus appuyée, plus intense, car Lucien avait laissé deux secondes de plus la plaque de fer reposer sur sa fesse droite, tout au bord de ses grandes lèvres, faisant grésiller une bonne partie des longs poils dorés et bouclés qui lui composaient une toison pubienne si drue. Marie n’était plus très loin de la démence lorsqu’elle hurla “ Monsieur, Monsieur, Monsieur, Mons…”, comme si elle égrenait un chapelet de toute ses forces.

Lucien fit un pas de côté “ Tu veux que j’arrête ? Alors tu vas faire le cochon. Fais scrouiiii. T’as compris ?  SCROUIIIII”

Il dégrafa sa ceinture et laissa retomber son pantalon sur ses genoux. Il posa la main sur les fesses douloureusement meurtries qu’il pinça fortement quelques instants avant de baisser son slip avec difficulté, car il bandait d’une érection de pierre. Dans la faible clarté rougeoyante, son visage rougeaud et insignifiant de crétin prenait une dimension satanique. Son membre viril, de taille moyenne, était particulièrement épais, avec un gland très gros et presque noir, d’autant plus sombre qu’il n’était jamais lavé.

D’une seule poussée rectiligne, il s’enfonça dans l’anus vierge et rétracté. Marie poussa un cri de bête forcée en se redressant sur ses membres. Lucien la sermonna “ SCROUIIII, bon dieu, j’t’ai dit de faire scrouiiiii ”. Amusé et souhaitant participer aux réjouissances, Kader s’en revint au brasero où des pinces métalliques continuaient de chauffer.

 

Emilie posa la main sur le bras de Pascal en regardant Laurent :

“ Arrêtez ça tout de suite….s’il vous plait…je vais parler ” Elle était presque inaudible à la fin de sa phrase, mais Pascal rassura Laurent d’un clin d’œil.

“ Viens, chérie, on va faire ça là haut ”. Laurent ajouta “ c’est bon, ma pt’ite dame, j’vais leur dire d’arrêter et j’arrive.

Emilie se boucha les oreilles, les yeux baissés en traversant le couloir, pour ne pas entendre les cris de truie étranglée que Marie était obligée de pousser pendant que Lucien la sodomisait.

Ils remontèrent l’escalier pendant que Laurent rejoignait ses sbires.

“ Eh ben, les gars, on s’amuse bien ? Elle a dit quelque chose ? ”

Lucien tourna son visage épaté avec un sourire béat :

“ J’sais pas, j’ai jamais compris les porcs ”.

Laurent s’esclaffa à son tour “ On s’en fout, c’est la bourgeoise de Pascal qui sait tout. Elle va lâcher le morceau ”

Kader s’avança, l’air inquiet “ Alors, faut qu’on arrête, patron ?

“ Et qu’est ce qu’on en fait, après ? Les p’tits gars, faut toujours finir le boulot…amusez-vous bien, mais pas trop longtemps, y a du taf cet après-midi ”.

Laurent sortit rejoindre Emilie et Pascal, tandis que Kader, rassuré, sortait du brasero une courte pince dont les pattes avaient une forme de spatule. Il savait comment aider Lucien à prendre son plaisir…

Préservés par miracle, les délicats mamelons de Marie laissaient dépasser des larges aréoles carmin admirablement dessinées, des bouts de sein larges et très proéminents. Kader redressa sa pince sous les yeux de Marie en l’agitant doucement. Marie se mordit la langue avec force avant même que les mâchoires incandescentes ne se soient refermées sur le fragile bout de chair. La première contraction violente de ses sphincters écrasa presque la bite dilatée de Lucien. Une seconde contraction donna à son tortionnaire l’impression visuelle d’un tube de pâte dentifrice sur lequel on avait fortement pressé. Dressé sur ses talons, il éjacula longuement pendant que la troisième contraction se prolongeait, car cette fois Kader n’avait pas retiré la pince. Le cri d’agonie ” YYYYYYYYYehhhhhhhhhhhhhhh ”, au delà de tout entendement, sembla durer des heures et résonner longuement avant de se muer en gémissements incoercibles, après que Kader eut retiré la pince en emportant un petit morceau de chair carbonisée qui restait lamentablement collé sur le mors.

Emilie finit de parachever sa confession avec un visage las et égaré. Son ventre lui faisait mal et elle s’obligeait à des pensées agréables. Elle n’écouta pas vraiment Laurent, qui disait à Pascal :

“ Bon, ben maintenant, vous redescendez à la campagne et vous vous faites oublier tous les deux. J’arrangerai tout, t’inquiète pas, y aura pas de traces, y a que moi qui sait ”

Avec un regard plein de gratitude, Pascal serra la main de Laurent et sortit en soutenant Emilie par le bras.

Arrivés à la voiture, Emilie demanda à Pascal “  Tu retournes chercher Marie, tout à l’heure, hein ? ” Pascal détourna légèrement les yeux “ Oui, chérie, on va l’emmener à l’hôpital tout à l’heure ”.

Kader procéda à l’ablation de l’autre mamelon tandis que Lucien cherchait un collier de chien. Il le fit glisser le long du cou de Marie et introduisit un tournevis entre le collier et le cou.

Kader prélevait maintenant des lambeaux de chair calcinée sur les mamelles qui gigotaient sous ses yeux hallucinés. Lorsque Lucien commença d’actionner le tourniquet qu’il avait formé, les soubresauts de Marie, occupée à trouver sa respiration, diminuèrent d’intensité. L’affreuse constriction de ses poumons qui le disputait en souffrance à l’atroce mutilation de ses seins, l’empêchait progressivement de bouger ou de crier. Le joli minois était devenu hideux à voir, avec un bouleversant masque de souffrance presque violet, d’où jaillissait entre les dents une langue congestionnée. Des vaisseaux avaient éclaté dans les yeux magnifiques. Kader était revenu avec les grandes tenailles finir d’arracher les restes des tétons saccagés. Tout à la fin, un dernier râle parvint à s’échapper de sa poitrine mutilée au moment où Laurent rentrait dans la pièce.

Pascal conduisait doucement, l’air pensif. Puis il se renversa en arrière sur son siège en songeant aux nouvelles missions qui l’attendaient dans le Vercors, et posa affectueusement la main sur la cuisse d’Emilie.

 

 FIN 

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Rêve de fer, rêve de sang

Toujours la symbolique du Mauser C96, encore une époque délaissée pour raconter ce genre d'histoires, alors que les atrocités des troupes de Franco m'ont fait pas mal fantasmer, malgré l'absence de témoignages, et enfin, c'est un de mes types d'héroine "méritante" que je peux mettre en scène, la femme ou la jeune fille révolutionnaire entre les mains de sadiques militaires -fascistes, c'est un pléonasme.  


 REVE DE FER, REVE DE SANG

Le capitaine - marquis - Francisco Cabeza de Vaca plie soigneusement son pantalon délavé, d’un sable presque blanc. Il le pose avec application sur le dossier ouvragé de la chaise de douairière qui constitue le mobilier principal de son logement. Il accroche ensuite son ceinturon sur l’un des bords, et les recouvre avec la veste de son uniforme. Il déboutonne sa chemise qu’il laisse retomber négligemment sur sa veste. Ses bottes sont déjà sous la chaise.

La nuit dernière, quelques éléments des brigades internationales se sont infiltré dans les faubourgs.

Retranchés dans le bureau de poste, ils mitraillent consciencieusement les murailles inexpugnables de l’Alcazar.

Leurs salves régulières rythment l’exercice de la petite garnison depuis l’aube.

Il s’est approché de la fenêtre grande ouverte en hochant la tête. Le soleil a déjà commencé de cuire les supplétifs marocains et les pierres surchauffées amortissent l’écho des détonations.

Il referme les volets en souriant.

Ses yeux conservent la rémanence de la lumière trop crue, et il lui faut quelques secondes pour distinguer Soledad. C’est d’abord une ombre qui se détache crûment dans la blancheur irréelle des draps du lit à baldaquin. Puis il parvient à distinguer des contours de plus en plus précis, et enfin sa peau très mate, d’où se détache à peine le renflement très sombre de son pubis.

Il vient s’allonger à ses côtés, et il a perçu le frisson qui a secoué sa cuisse. Il pose sa main aux ongles faits dans le creux de l’aine. Les cals de sa paume très sèche râpent l’épiderme soyeux lorsque ses doigts commencent leur exploration. L’index effleure sa toison très brune et la caresse doucement. Il saisit délicatement entre le pouce et l’index les poils collés par la transpiration et joue à les étirer.

Le mont de vénus s’est contracté lorsque le dos de son index a rencontré les bords de ses lèvres. Il les effleure quelques instants, les flatte doucement comme pour les réveiller. Son ongle a trouvé une ouverture pour rabattre doucement la corolle engourdie. Son doigt s’enfonce un peu, remonte lentement, comme s’il tirait sur une fermeture éclair de bas en haut.

Cette fois, Soledad a tiré fortement sur ses poignets.

Les menottes ont cliqueté.

Il passe au dessus d’elle et pose ses mains au milieu de ses côtes. Dieu, que ses seins sont gros mais si fermes. Il les recueille au milieu de ses doigts très écartés et ses paumes se referment en les serrant très fort. Il les repousse très lentement jusqu’à ce que les aréoles à la couleur de café crème aient rejoint la ligne des épaules.

Il fixe intensément le regard paniqué de la jeune anarchiste du POUM. Puis il se laisse retomber d’un seul coup. Son long membre a plongé presque complètement dans la matrice à peine lubrifiée., le bâillon a bloqué le hoquet de surprise. -je te hais, je te hais, je te hais - disent les yeux noirs.

C’est une lutte entre deux volontés qui s'engage. 

Il pince fortement la longue pointe de sein pour l’étirer et referme avidement ses lèvres sur le mamelon. Sa main écrase l’autre sein, ses doigts font rouler la glande sous la peau. Sa barbe naissante pique le sein dont il suce maintenant le bout. Sa langue entoure la pointe où il la mordille très légèrement. L’odeur de cire absorbe les premiers effluves des sécrétions intimes.

Soledad ne peut plus interdire à ses fesses de se soulever.

Il a réuni ses jambes, ses orteils sont crispés comme s’il faisait des pompes à l’exercice. Il veut concentrer toute sa puissance au bout de son gland trop fin. La pointe acérée de son pénis de chien est très dure maintenant.

Non, non, non, je ne veux pas, affirme la crinière brune qui vole en tous sens.

Un rai de clarté barre un instant la bouche crispée de Soledad, juste au dessus de l’épaule très velue.

Antonio referme très lentement la porte. Il tire sur son col et redescend sans bruit l’étroit escalier en colimaçon. Ses lèvres forment une grimace étrange et son regard est fixe. Le fidèle chien de garde se poste assis sur la première marche.

Quand le con de Soledad s’est resserré, il a failli jouir. Vite, il s’est pincé au sang la lèvre inférieure –NON, merde, pas maintenant, pas avant elle- Il parvient à bloquer son éjaculation et se retire. Soledad veut sa victoire. Sa poitrine se soulève à la rencontre de la médaille pieuse qui pend à son cou, mais il se garde de la pénétrer complètement cette fois. 

Maintenant, son gland violet est la tête d’un bélier qui repousse les battants de la porte de sa vulve.

Sans jamais s’enfoncer plus avant, il martèle ses petites lèvres tandis que son index a filé sous son ventre très plat pour masser son clitoris bourgeonnant.

Soledad se cambre longtemps pour résister, puis sa respiration augmente. Une buée de transpiration s’est formée dans ses cils et son pelvis vient à la rencontre du pieu qui se refuse .

Elle cède la première et Francisco a presque entendu son feulement assourdi.

A cette seconde précise ils sont amants.

Il peut maintenant se reposer en la pénétrant complètement. Elle hait son corps qui l’a trahie et se contracte pour échapper à un nouvel orgasme. Il ne bouge pas, cette fois. La portée de son acte l’effleure étrangement à cet instant. Il est assez cultivé pour pressentir dans quel sens la balance de l’histoire penchera, mais il n’en a cure pour l’heure.

Sa bouche a de nouveau encerclé le mamelon droit, mais cette fois, ses doigts ont croché avec rudesse dans la chair tendre de son sein gauche. Elle a un léger sursaut, avec un gémissement atténué lorsque la pression s’accentue. Le plaisir que lui procure la succion de plus en plus forte le dispute à la douleur sourde de son sein écrasé. Elle a senti qu’il était encore plus gros en elle.

Elle hurle en silence. Il l’a mordue. Pas pour jouer. Ses dents se sont progressivement imprimé tout autour de son aréole . Il a le goût de son sang dans la bouche, mêlé au sel de sa peau. Il a nettement perçu la secousse qui a traversé son corps. Ses muqueuses se sont délicieusement resserré avec plus de vigueur que si elle avait joui.

Sa bouche descend un peu. Elle appréhende une nouvelle morsure et se surprend à prier, elle !

Il a pris un gros morceau de peau avec un peu de chair, à la base du sein, et son incisive s’est enfoncé plus profondément. Quelques gouttes de sang voltigent sur les draps lorsqu’elle bombe le torse après qu’il se soit relevé pour la regarder. 

Des cercles brun-bleu avec des trous rougeâtres marquent la peau de Soledad. Il se repaît de la peur absolue au fond de ses yeux et il en jouit en la fixant jusqu’à ce que ses dents aient choisi un autre lambeau de peau à déchirer. Il se relève et ferme les yeux un court instant. Comme un fauve il referme sa mâchoire pour broyer une énorme bouchée, qu’il commence à mâcher sans la détacher.

Le dos de Soledad est une corde de souffrance décollée du lit. Elle l’a soulevé, et c’est comme si elle lui faisait l’amour maintenant. Il se plait à mordre plus ou moins fort pour régler la tension de ses muscles, comme s’il accordait un violon.

Quelques trous profonds ont traversé la glande et un peu de matière s’est mêlé au sang. Pour ces instants magiques de jouissance absolue, il accepte d’avoir perdu son âme. Il se demande seulement s’il va passer le reste de sa vie à les occulter ou bien à les magnifier à chaque instant. Il connaît la réponse, déjà. Il agrippe une dernière fois les tétons martyrisés et les secoue brutalement.

Il se relève. Soledad l’a suivi du regard tant que la brume de ses larme le lui a permis. La porte grince une seconde fois. Il est revenu avec quelque chose dans la main qu’il pose par terre. Il tient un fil au bout du bras qu’il branche dans un générateur avant de le laisser retomber. Il attend quelques instants, puis pose une pointe de fer rougeoyante sur l’œil de l’angelot dessiné en haut du pied du lit.

Soledad ferme les yeux pour qu’il ne puissent plus jamais s’ouvrir. Elle l’entend s’asseoir pesamment à ses côtés. Elle sent d’abord le fil du fer à souder glisser le long de sa cuisse comme un serpent. Elle se mord la lèvre, mais rien ne l’a préparé à cela. Ni la balle qui a traversé sa cuisse l’année dernière, ni la dysenterie qui a failli l’emporter enfant. Elle entend le “ fzzzz ” pendant qu’un éclair aveuglant la traverse.

Il a commencé de cautériser ses plaies par jeu, parce qu’elles formaient une cible visible. Il est légèrement incommodé par l’odeur de viande grillée, et la fumée pique un peu ses yeux, mais il continue de fourrager dans les plaies vives en ménageant quelques instants de repos au corps pantelant. Le charbon des bords carbonisés gagne peu à peu sur le rouge très vif des plaies béantes…

Elle s’est évanouie. Il attend quelques instants et pince ses narines pour la ranimer. Sa bouche tente de s’ouvrir spasmodiquement sous le bâillon comme si elle était noyée. Ses yeux hagards reviennent du néant bienheureux. Ils cillent lorsque la tige de fer effleure son mamelon. Au lieu de la retirer assez rapidement, il la maintient en place “ Fzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz ”. Un claquement le surprend.

Le bras droit de Soledad s’est disloqué au bout de la chaîne. Le bout de sein est pratiquement décapité.

Une odeur épaisse dépasse maintenant des cuisses tétanisées. Avec un froncement dégoûté des narines, il se lève brusquement en cognant la chaise. Le Mauser 96 s’échappe de son holster. Il revient appliquer le fer, droit sur le côté du sein gauche, et l’enfonce en tournant. Il est surpris de la résistance qu’offre la chair un court instant.

Soledad s’est évanouie pour la seconde fois. Il doit la gifler longtemps avant qu’elle revienne en enfer .

Le long canon du Mauser est braqué sous ses yeux quand elle parvient à reprendre conscience Elle souffre tant qu’elle n’est plus tout à fait cohérente et il lui faut un long moment pour appeler la fin.

Elle a voilé son regard, lorsqu’elle sent le canon de l’arme frayer sa route dans son vagin. Elle a trop mal pour ressentir la moindre stimulation sexuelle quand il fait aller et venir le cadeau que lui a fait Kurt, le jour où la légion Condor a rendu les honneurs au Caudillo.

Elle ouvre ses yeux au-delà de la douleur muette et le supplie de toutes ses forces.

“ BANG ”

Antonio a sursauté. Il se lève brutalement et ramasse son calot. Il l’ajuste maladroitement face aux troupes qui font l’exercice et fait le salut de la phalange. La clameur de victoire s’envole jusqu’aux miradors.

 VIVA LA MUERTE ”

 

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28 mars 2007

Septembre 14

Oui, pas août 14, car nous sommes bien en France, en septembre, pendant la première bataille de la Marne, contexte historique que je n'ai jamais rencontré dans aucune des histoires de ce genre, ça m'intéressait de situer une histoire dans un paysage chargé d'histoire que je connais par coeur. Et qui me permet de "remettre en selle" Roland le pistolero (oui, vous pouvez aussi penser au héros de "la tour sombre" de Stephen King), à un âge où l'opposer dans un duel au pistolet à des officiers teutons me semblait une scène jubilatoire que j'ai pratiquement rêvée.

 SEPTEMBRE 14

 

JOURNAL DE MONSIEUR CELESTIN GUYOT

BOULANGER A VARREDDES (Seine et Marne), de 1931 à 1962

 

DATION A LA BIBLIOTHEQUE NATIONALE LE 13/05/1981

COTE AFFPRIV/SM/1980-1985/ARTISANS/ N°1254

 

J’écris ces quelques mots pendant l’été 1976.

 

La sécheresse a rendu toute récolte vaine, et il n’est pas encore l’heure de travailler la terre.

Je suis assis sur la première marche de l’échelle tournante, à l’intérieur du pigeonnier porche qui sépare notre ferme en deux cours.

Roland, mon père, ce héros, a acheté la ferme de Beauval en 1905.

Je contemple les impacts des balles des fusils allemands, tout en haut, juste au dessus de la dernière rangée des boulins, à l’opposé de la lucarne d’envol. Ma gorge se serre, j’ai laissé reposer le pot de lait caillé sur la terre battue, près d’un tas de colombine.

 

Roland est revenu en France à la fin de l’année 1896, brisé. Il a rencontré ma mère sur le bateau. Elle est morte en couches.

Je suis là.

Il ne s’est jamais remarié.

C’est lui qui m’a soulevé de mon berceau pour me faire marcher, qui m’a appris à cuire le pain, tresser une corbeille en osier et braconner avec son arme de guerre.

Nous sommes en 1914. Il va me marier avec la Marie-Jeanne l’année prochaine, dès que la guerre avec le prussien sera terminée.

Nous sommes heureux.

Quand elle vient nous visiter à la ferme pour laver notre linge, mon père court presque dans la cour pour l’embrasser avant moi.

Il a toujours le même geste bref pour essuyer sa moustache toute grise.

Dans trois semaines, il sera mort.

 

 

PROLOGUE

 

 

BRESIL. PORT DE BELEM. AUBE DU 11 JUIN 1896.

 

Le ferry-boat “ La Picadora ” fit mugir joyeusement sa sirène une dernière fois avant de se fondre dans les lambeaux de la brume équatoriale. Les colons et les métis accoudés sur l’embarcadère, les esclaves juchés sur les billes de bois ou les ballots de coton, saluèrent longuement les honorables membres de la Société Européenne Royale de Géographie. Ils avaient affrété le luxueux bateau à vapeur pour reconnaître les chutes du Rio Xingu, loin à l’intérieur du Matto Grosso encore inexploré.

L’île flottante évoquait irrésistiblement une grande baleine blanche dont le front aurait été ceint d’une couronne de balustrades dorées. Elle semblait cornaquée par de minuscules pygmées qui agitaient inlassablement leur casque en direction du port.

Un petit yacht de course se détacha un peu plus loin de la côte, et il fut évident que le passager à l’étrange tenue était chaleureusement attendu lorsqu’il franchit la coursive.

Les cheminées continuèrent de pouffer des ronds de fumée visibles bien après que le bateau eût disparu au-delà de la pointe de la petite crique.

 

Personne ne le revit jamais ni ses passagers.

 

 

FRANCE . ETREPILLY. MATIN DU 7 SEPTEMBRE 1914.

 

Le lapereau se renfonça au fond du terrier. Adolphe allongea encore le bras. Il y était presque. Ses doigts effleurèrent la minuscule boule de poils fauves et il parvint à saisir une touffe tiède et soyeuse. Jeannot Lapin s’aplatit complètement en poussant sur ses antérieurs. Adolphe trébucha un peu en se redressant, car son sabot avait glissé sur l’humus gorgé de rosée. Il pleurnicha un peu d’avoir déjà perdu ce nouveau compagnon avant d’avoir pu le connaître, puis il se fit une raison en entendant le carillon qui marquait 8 heures. Il reprit son petit baluchon en ajustant ses affaires de classe et se retourna vers le chemin qu’il avait abandonné quelques instants auparavant.

Son baluchon descendit lentement de ses doigts pétrifiés. Au bout de quelques secondes, il s’accroupit sur ses genoux par réflexe.

De la colline opposée de la petite vallée, à environ deux mille mètres, une tâche d’un vert sombre recouvrait rapidement l’herbe grasse et chassait devant elle les bêtes au pâturage. Adolphe chercha dans le ciel le nuage qui pouvait avancer aussi vite pour cacher le soleil. L’astre naissant l’éblouit si fort qu’il lui fallut quelques instants pour accommoder de nouveau. Il lui fallut encore un peu de temps pour comprendre que les éclairs qui jaillissaient de la vague en mouvement ne provenaient pas de ses propres rétines. Des milliers de piqûres scintillantes semblaient suivre une marche ordonnée et intelligente. Le gamin posa ses doigts sur ses paupières pour les tirer en arrière comme le dernier des Mohicans dont il dévorait les exploits tous les mois dans “ l’Illustration ”.

Ce qu’il vit lui coupa le souffle. Il se redressa d’un seul coup et partit en courant à l’école, mais il savait qu’il n’y aurait pas classe aujourd’hui. 

 

FRANCE. FORET DE VILLEROY. MATIN DU 7 SEPTEMBRE 1914

 

“ Oh, bon diou, l’est pas tombé loin celle-là ”. Le caporal Charles Mougeotte s’essuya mentalement le front, les oreilles encore remplies du fracas de l’obus boche de 305. Il n’osa pas témoigner davantage, par respect pour le lieutenant qui se tenait bien en avant de leurs lignes, le corps droit comme un I, insensible à tout ce qui aurait ralenti sa mission d’observation. Ses jumelles inspectaient le long sillon des boucles de la Marne enchâssées dans un paysage de bocages, de champs moissonnés et de pâturages. Pourtant, il semblait surveiller plus attentivement l’est, tout au fond du paysage bucolique d’où jaillissaient d’innombrables petits nuages de fumée, témoignage des corps à corps déjà engagés dans la région d’Etrepilly et de Varreddes. Les pieds solidement campés sur le bord du piton rocheux qu’il avait escaladé, l’écrivain ressemblait aux héros de ses romans.

Charles Péguy disposait d’un téléphone de campagne pour notifier ses observations. Mais le numéro d’appel civil qu’il demanda à l’opératrice était inconnu de quiconque à l’Etat Major de la VIe Armée.

 

A quatre cent mètres plus bas, tapie dans un épais réseau de fougères, la petite colonne d’uhlans venue en reconnaissance se préparait à battre en retraite. Le colonel Rupert Von Hentzau attendit que ses trois flanc-gardes soient remonté en selle. Il s’approcha de sa monture en flattant doucement ses naseaux. Puis sa main ouvrit l’étui en bois du Mauser 96 qu’il était habilité à porter comme tout officier d’un grade supérieur. Dans la poche intérieure de sa vareuse noire de hussard, il prit une courte lunette de visée qu’il adapta avec des gestes précis sur le canon de l’arme aux reflets d’un bleu métallique. Il souleva son casque et l’accrocha à sa selle. Le visage au profil exagérément aquilin se concentra à l'extrême, la peau du front tavelée de tâches orangées se plissa profondément.

 

Loin devant lui, sur un petit promontoire escarpé, le shadow-eye apparut nettement dans la visée de sa lunette. Sa tête et son buste pivotèrent lentement pour balayer toute la campagne. Le pantalon garance rouge et la casquette écarlate encadraient la capote d’un gris de fer bleuté pour former une cible idéale. Le tzin attendit que l’écrivain se présente complètement de face pour avoir le meilleur angle de tir. Une fraction de seconde avant d’être mortellement touché, Charles Péguy eut le temps de voir sa mort inscrite dans ce reflet dessiné dans le taillis opaque.

 

Au bout d’un téléphone, à Paris, une femme laissa retomber lentement le combiné sur la fourche en métal. Tout doucement, par respect pour le frère qui venait de tomber. Puis elle se releva, le visage grave mais résolu, pour monter d’un pas rapide à l’étage d’un petit hôtel particulier de l’avenue Daumesnil.

 

Les quatre cavaliers partirent au galop. A l’intersection de deux chemins dans la forêt, la petite colonne prit la direction de Varreddes. Les trois uhlans se regardèrent, un peu déconcertés de ne pas revenir aux avant-postes de la Première armée de Von Kluck. A quelques lieues du village, Von Hentzau fit cabrer son cheval avant de marquer le pas. D’un geste autoritaire, il indiqua à ses hommes de passer devant lui. Tandis qu’il s’arrêtait, les trois cavaliers s’écartèrent devant lui en fredonnant un lied. Les trois coups de feu ne firent qu’une détonation sèche et assourdie par la voûte clairsemée des frondaisons. Des passereaux s’égaillèrent à toute volée. La tête de mort dessinée sur le kolchak de hussard semblait sourire sinistrement du plan machiavélique mis au point par le tzin.

 

BRESIL.QUELQUE PART AVANT LES CHUTES DU RIO XINGU. 28 JUIN 1896.

 

Roland fumait tranquillement sa pipe en poussant du pied sur le bastingage pour élancer son rocking-chair. Il ne prêtait qu’une oreille polie aux démonstrations vigoureuses de François Marie Haroüet, dit Voltaire. Il est vrai que les formes de Charlotte Corday auraient distrait un saint, tant elle mettait de passion à expliquer au vieux philosophe pourquoi elle serait prête à tuer encore Marat ou tout autre tyran. Le rose de ses joues s’était délicieusement empourpré tandis que le cynisme affecté de son contradicteur semblait n’avoir pour but que de faire jaillir d’indignation les deux magnifiques globes qui étouffaient dans leur corset. Un clin d’œil égrillard du vieux libertin convainquit rapidement Roland de ne pas se mêler à la conversation.

Il avait rattrapé les shadow-eyes dans le port de Belem à la toute dernière minute. Les rescapés du massacre de Rio de Janeiro avaient juste eu le temps de télégraphier à leurs frères américains l’étendue du désastre et leur départ pour la plantation de Checoba.

Ils se savaient traqués par les tzins, mais Natacha n’avait pu révéler l’existence de l’hacienda, puisqu’elle l’ignorait.

Les yeux de Roland s’emplirent d’une peine indicible, et il se força à chasser les images de sang et de meurtre qui le hantaient.

Il se leva pour sentir les parfums poivrés qui effleuraient les coursives de “ la Picadora ”. Marcher la nuit le long des cabines l’apaisait. Les lumières vacillantes lui rappelaient l’éclairage au gaz incertain de la rue Mouffetard, la vie dans les cafés, les peintres sur les terrasses, les jurons des artisans, l’odeur forte des pipes et des pieds et le reflet de l’absinthe dans les longs verres effilés.

 

FRANCE. VARREDDES. MATIN DU SEPT SEPTEMBRE 1914

 

Le maire de Varreddes émergea de sa rêverie lorsqu'un rayon de soleil se refléta dans la batterie de casques de pompiers et de trophées athlétiques soigneusement époussetés et rangés dans la vitrine par Marie-Jeanne. Il repoussa avec un petit sourire les factures abusives du maçon. Vingt francs pour la réfection du chaperon des murs du cimetière !!! L'ami Albert ne se poussait pas du coude. Il entreprit de rédiger avec minutie le mémoire qu'il demanderait au Conseil municipal d'approuver le soir même. Sa plume crissait avec application. Sa pensée était claire et son style fluent, il se surprit à se retrouver une fois de plus dans deux dimensions, lorsque l'odeur de cire et d'encre mélangées lui rappelèrent les longues discussions dans la cabine de Voltaire. Mais cette fois, avant qu'il n'ait pu s'enfuir dans le passé, un brouhaha qui montait de la petite classe unique au rez-de-chaussée lui fit dresser l'oreille. Avant qu'il ait pu se lever, l'instituteur était dans le bureau du maire, le visage grave :

"Roland, ils arrivent chez nous".

 

FRANCE. PARIS. MATIN DU SEPT SEPTEMBRE 1914

 

L’amnésie sélective dont était frappée Charlotte Corday s’évanouissait toujours brutalement devant la porte de la crypte. Une grimace de souffrance enlaidit son joli minois et un soupir de résignation souleva son buste bien dessiné. Elle descendit néanmoins d’un pas ferme les premières marches de la longue cave voûtée. Elle dépassa les Chablis et les Château-Margaux , tourna à gauche après les Morgon pour s’arrêter devant les champagnes. Elle déplaça le chais sur ses roulettes. Automatiquement, une partie du mur en brique s’effaça, ménageant l’accès à une grande salle circulaire. Plusieurs cercueils étaient alignés à droite de la pièce, et Charlotte évita comme toujours de s’attarder devant la dépouille de Voltaire. Ses seins commençaient bizarrement à la faire souffrir, comme d’habitude. Elle se hâta pour mettre fin à l’épreuve qu’elle ne connaissait que trop bien et se dirigea tout droit devant une niche aux reflets opalescents. Elle vérifia que le processus de régénération du clone de Charles Péguy avait bien débuté, et sourit en voyant l’embryon s’agiter en refermant ses petits poings. Elle referma doucement la porte, comme une mère qui évite de réveiller un bébé. Elle remonta l’escalier en se frottant les seins pour oublier la brûlure de ses chairs à vif.

 

FRANCE. VARREDDES. MATIN DU SEPT SEPTEMBRE 1914

 

"Dis-donc, soeurette, ça sent le tritouti, par ici, faudrait aérer, de temps en temps". Les deux garces de soeurs partirent d'un grand éclat de rire qui se termina en chuchotements. La femme de not'maître retrouvait toujours sa complicité avec sa soeur dès qu'Armelle venait visiter le jeune couple à la ferme des Plancys. Victor, le vieux bouvier, redoutait ces visites impromptues, qui se traduisaient immanquablement par des larmes de fierté bafouée étouffées dans son oreiller. Il n'avait que la ferme où vivre, et il ne voulait pas finir à l'hospice chez les soeurs qui le priveraient de vin et de tabac. Il se tenait droit sur sa chaise pour couper sa miche de pain avec son laguiole, le dos tourné à l'entrée de la cuisine, pour faire semblant de ne pas entendre les petites phrases lâchées à demi-mots comme des coups de griffe. "Le vieux cochon....regarde ses oreilles, tellement de poils qu'il doit jamais se nettoyer les écuries....Tu crois qu'il se touche encore...à son âge quand même...doit même pas s'essuyer, en plus...".

Les rires continuèrent de poursuivre le vieux vétéran de Sebastopol tandis qu'il se levait en fixant l'étable loin devant lui. Quand il passa à côté d'elles, il ne put s'empêcher de humer la fragrance de ces femelles qu'il aurait monté toutes les deux l'une après l'autre trente ans plus tôt. L'espace d'une seconde, une tension sexuelle s'installa entre les deux jeunes femmes, qui jouissaient de leur domination sur le vieux bouc mal rasé, et l'ancien héros de guerre et coq du village.

Victor gonfla le buste, et les soeurs s'écartèrent malgré elles devant le grand corps pesant. Amandine lui ferait payer cette reculade en lui donnant le plus petit morceau de viande ce soir.

 

Roland se força à descendre lentement l'escalier pour ne pas affoler les enfants qui étaient déjà bien excités comme ça. Adolphe était le héros du jour, et tous ses camarades, même les plus âgés, l'écoutaient avec respect. Il répétait dix fois les mêmes mots, et Roland sourit malgré lui lorsque l'enfant sembla gonfler sur la pointe de ses pieds pour lui parler des monstres verts qui avalaient la campagne. Les plus grands étaient taiseux, ils avaient entendu leurs parents parler des atrocités commises chez les belges :

"M'sieur l'maire, c'est y vrai qu'y coupent les bras aux hommes et aux gars comme nous ?", lança audacieusement le grand Firmin en ravalant sa morve.

"Non, non, les enfants, n'ayez pas peur, ce sont des soldats comme les nôtres, ils ont de l'honneur, ils ne s'en prennent pas aux civils". Il garda pour lui la suite "sauf quand ils n'ont pas ce qu'ils veulent". Il ne voulait pas croire aux rumeurs de seins coupés et de bambins embrochés avec des baïonnettes, peut-être parce qu'il ne supportait pas l'idée de revoir des violences. Son esprit s'évada encore une fois.

 

BRESIL.QUELQUE PART AVANT LES CHUTES DU RIO XINGU. LA NUIT DU 29 JUIN 1896.

 

Roland se rendit compte avec attendrissement qu'il était le seul passager à veiller encore. Les autres shadow-eyes dormaient tous dans leur cabine, comme si le récit de la controverse de Valladolid les avait épuisé. Pourtant, écouter Las Cases expliquer comment il avait réussi à prouver que les indiens avaient une âme envers et contre l'inquisition l'avait lui-même fasciné, et il comprenait mieux maintenant le magnétisme et la force qui émanaient du chef de la branche brésilienne des shadow-eyes. 

Il hésita devant la porte entrouverte de la cabine de Charlotte....puis il la tira doucement en arrière. Un jour, peut-être...

L'homme de quart se détachait crûment sous la pleine lune. Roland s'allongea dans son rocking-chair. Le grondement des chutes du Rio Xingu dans la petite crique était devenu au fil des heures une ambiance qui lui rappelait le crissement des fraiseuses, des scies et des meules de l'atelier de son père. Il réussit péniblement à chasser des images de fusillades, de barricades pavées et d'exécutions sommaires par les Versaillais, en se concentrant sur la grande hacienda blanche qui surplombait l'embarcadère au bout d'une pelouse à l'anglaise. 

C'est son instinct de coureur des plaines qui le sortit de sa rêverie. Quelque chose n'allait pas dans l'immobilité de l'homme de quart. Un ressac un peu plus accentué fit tourner le gouvernail sur lequel il se reposait. Le corps du marin l'accompagna dans une lente descente. Roland se garda de bouger en voyant l'empennage de la longue flèche se hisser comme le nouveau drapeau du ferry-boat. Des ombres se profilèrent à la proue du bateau, des deux côtés de la salle des machines. Un bref coup d'oeil sur ses arrières le rassura. Mais ses cartouches étaient pour l'essentiel dans sa cabine. Il jura entre ses dents. Deux chargeurs !!! Pour tenir deux ponts à la fois ?. Il allait falloir tirer à coup sûr...

Les Jivaros s'avançaient très lentement, les pieds nus glissant sur le pont avec le buste incliné et projeté en avant, la sagaie ramenée dans le dos pour être décochée instantanément. Certains tenaient leur casse-tête levé, d'autres les couvraient avec une flèche encochée. Leurs peintures effrayantes semblaient jaillir de l'ombre pour éclater à la lueur des fanaux. Caché derrière le rocking-chair, Roland attendit que les deux groupes qui avançaient parallèlement le long des cabines comptent une quinzaine d'hommes. Puis il s'élança en hurlant. 

 

 FRANCE. VARREDDES. MATIN DU SEPT SEPTEMBRE 1914

 

Le cliquetis grave d'un gros moteur envahit le couloir de la petite mairie. Roland s'ébroua et entrouvrit la porte. Il la repoussa, parut réfléchir un court instant et repoussa l'instituteur et les enfants dans la classe. "Toi, tu restes là avec les enfants et tu ne sors sous aucun prétexte". Il chuchota à l'oreille "Et s'il y a du grabuge, vous filez par le jardin du curé ". Il courut dans l'escalier et repassa dans son bureau pour prendre ses attributs de maire. Il noua fiévreusement autour de sa taille l'écharpe tricolore, pas le temps de l'ajuster à l'épaule.

Quand il se tint cérémonieusement debout devant la mairie, ce fut pour contempler stupidement une majestueuse Horch blindée, noire et scintillante de chromes jusque sur ses marche-pieds. Un cuir lie de vin cossu capitonnait largement la coque en bois en forme de berceau. Le véhicule des officiers d'état major manqua l'écraser sans s'arrêter. Les deux officiers supérieurs continuaient leur conversation sans paraître le remarquer, ni lui ni les quelques rares civils qui étaient sortis des cafés.

Les voitures militaires qui les escortaient allaient presque aussi vite, mais les soldats avaient le doigt sur la gâchette de leurs fusils. Quelques cavaliers suivirent, plutôt des estafettes chargées du renseignement qu'une unité constituée. Eux prenaient le temps de toiser avec arrogance la petite foule qui avait fini par s'agglutiner devant la mairie ou l'église selon les convictions. Ils se redressaient exagérément sur leurs selles, en faisant hennir leurs puissantes montures du Mecklembourg.

Puis, une longue colonne d'infanterie qui se fragmentait à chaque changement de drapeau apparut après les premières maisons. Sa densité soulevait un petit nuage de poussière qui ne retomba qu'au bout d'une heure.

Dix mille hommes venaient de traverser Varreddes, des visages de morphologie inconnue, des moustaches farouches, des nuques rasées jaillissant d'uniformes à la coupe rigide.

Puis une colonne de cavalerie mixte arriva sur leurs talons. Des uhlans d'abord, encaparaçonnés dans des cuissardes et des braies rutilantes, certains porteurs des mêmes lances que leurs pères à Sedan, avec le sabre bringuebalant le long des selles. Puis quelques hussards, qui semblaient tous officiers et s'amusaient à terrifier la population en chantant d'une voix sauvage :

 

"Es schlug mein herz, geschwind zu pferde, es war getan, fast ehe gedacht....", et parfois ils laissaient leurs chevaux monter sur les trottoirs. Tous éclatèrent de rire en voyant le crottin fraîchement déposé devant la mairie.

 

Les villageois surent que les loups étaient rentré dans le village lorsque l'un des hussards les plus décorés mit pied à terre devant Roland, mais ils ignoraient que le diable les accompagnait.

 

"A qui est la ferme avec le krand pigeonnier ? On la prend pour les officiers maintenant". Le lieutenant interprète relança impatiemment Roland pour affirmer son autorité souveraine :

"Alors ? ".

"Avez-vous un ordre de réquisition ?". La gifle claqua à toute volée.

"Schweinhund, cochon de français, à qui tu crois parler ?"-"Tiens, le foilà, ton papier". Roland esquiva la seconde gifle en portant la main à son flanc pour dégainer. Ses mouvements furent si vifs que le lieutenant resta abasourdi quelques secondes. Roland réalisa que sa situation ne lui permettait rien d'autre que de calmer le soudard et il répartit très vite :

"C'est la mienne, Herr Leutnant, la ferme de Beauval, je l'ai achetée en 1896 à Théodore Proffit pour deux cent louis d'or et je serais très heureux de vous accueillir avec mon fils. Mais il n'y a pas de femme, il faudra vous débrouiller pour la cuisine". Il fit une sorte de salut militaire en portant la main à son chapeau et il se retourna sans laisser le temps à l'officier de réagir, et surtout pour masquer l'envie de meurtre que dégageaient ses joues cramoisies.

Le lieutenant Manfred Ritterschein sourit en voyant le grand vieillard soumis lui tourner piteusement le dos. Ach, sacrés français qui croyaient pouvoir reprendre l'Alsace et la Lorraine...Nach Paris, oui, ils allaient voir....et leurs bonnes femmes aussi. Il sourit au commandant de la colonne qui arrivait au trot, mais le sourire s'effaça lorsqu'il vit le cortège macabre que tirait par les rênes le grand hussard à la veste exagérément chamarrée.

 

C'est par les volets entrebaîllés de son bureau que Roland vit pour la première fois le baron Rupert Von Hentzau. Son coeur manqua un battement en reconnaissant les traits hais du mutant. Le cauchemar allait recommencer.

 

 

FRANCE. PARIS. SOIR DU SEPT SEPTEMBRE 1914

 

Il se redressa lentement, mais son coude dérapa légèrement contre la paroi glissante du sarcophage en titane. Charlotte Corday étouffa un petit rire gêné, car il y avait toujours une part d'intimité traumatisée dans le réveil d'un shadow-eye. Charles Péguy sentait encore la balle de calibre militaire percer son flanc avant de lui traverser les poumons dans un éclair de douleur qui précéda de peu le silence de son âme. Il se souvint tout de suite qu'il s'appelait maintenant Jean de Saint-Marc, et qu'il avait un logement et des papiers qui l'attendaient sous ce nom rue Mirosmenil. Il n'avait pas envie de parler de son traumatisme à Charlotte. Perdre l'une de ses sept vies était toujours mourir un peu pour un shadow-eye, une partie des souvenirs s'effaçait, et une rééducation par des livres et la tradition orale aidait les immortels à recouvrer leurs facultés et le sens de leur destinée. Mais chaque mort les rapprochait un peu plus de l'ultime vérité, et ils avaient tous vu plus que ce que peu d'humains étaient revenu raconter. Il émergea de son caisson avec les jambes qui tremblaient un peu, mais il refusa le bras de Charlotte avec un sourire las. Il était nu, mais il n'y avait pas de pudeur de corps entre les frères. Il saisit la robe de chambre de soie mauve que lui tendait Charlotte et il remontèrent l'escalier.

Charlotte le guida au début à travers le dédale des étages, mais la mémoire de l'écrivain revenait progressivement. Il franchit sans hésitation le seuil du dernier étage pour entrer dans un fumoir où un groupe d'hommes et de femmes dégustait liqueurs ou café en l'attendant. Georges Sand et Jules Ferry se levèrent les premiers pour le réconforter. Charlotte resta en arrière…Elle tendit l'oreille, écouta de nouveau...puis elle redescendit la volée de marches en laissant glisser fermement son bras le long de la rampe.

 

FRANCE. VARREDDES. MIDI LE SEPT SEPTEMBRE 1914

 

Les Chleuhs sont dans la ferme. Roland leur a abandonné le corps de logis principal, nous nous sommes replié dans la maison de nos employés. Père essaie de calmer l’indignation de la tante de Marie-Jeanne “ Roland, c’est y pas des barbares ? Vlà qu’l’grand, là bas, il a bouffé toute une roue de brie avec la paille autour, et il a trouvé ça bon encore ! ! ! ”.

Elle roule les r d’émotion, et Roland ne peut s’empêcher de sourire malgré le tragique de la situation.

Il est très inquiet depuis que le médecin a été sorti de son cabinet un peu avant midi pour faire l’autopsie des trois cadavres ramenés par le tzin.

Les curieuses casquettes des uhlans ont envahi tout Varreddes, ils ont réquisitionné la Poste, la fournée de pain, les pédiluves et monté de grandes tentes circulaires pour une partie des troupes. Quelques groupes de cavaliers sont partis en reconnaissance dans les hameaux. Les enfants ont repris la classe, c’est moins dangereux que de passer sous un cheval lancé au galop.

Après manger, mon père nous a réunis dans la chambre de Marie-Jeanne. Moi, je savais déjà tout des tzins, mais il a expliqué le minimum à Marie-Jeanne, pour ne pas dépasser sa compréhension trop vite. Elle a au moins compris que la situation est grave, et que notre pire ennemi fait partie d’une sorte de secte, qu’il cherche quelque chose que Roland possède, mais que nous avons des amis à Paris. Il boit son café très chaud par petites gorgées qui rythment ses phrases brèves.

“ Mon fils, il va falloir que tu passes leurs lignes pour aller téléphoner à Etrepilly, à ce numéro ”. Il me tend un petit bout de papier griffonné à la hâte “ Moi, je dois rester ici pour les protéger, tous ”. Il ajoute “ Dis leur qu’ils sont revenus, qu’ils le cherchent encore, que j’ai besoin d’aide ”.

J’ai embrassé tendrement ma future femme avant de partir.

J’aime tomber dans ses yeux bleus et profonds.

J’aime comme ses joues rosissent sous ses tâches de rousseur.

J’aime sa voix douce et grave. Elle fera institutrice, Monsieur Delagarde l’a dit, elle est plus intelligente que moi.

Elle nous fera de beaux petits, à mon père et à moi. Je suis très dur quand je pense à elle.

Bon, pas le temps pour un gros câlin, cachés dans une meule de foin à lui manger les deux belles poires que je tiens en coupe dans mes mains en labourant son bourgeon tout dur et glissant avec mon gland. 

 

BRESIL.QUELQUE PART AVANT LES CHUTES DU RIO XINGU. LA NUIT DU 29 JUIN 1896.

 

Roland fut obligé de tirer par brèves rafales pour bloquer la masse compacte des sauvages. Il se recula brusquement pour échapper à la volée de flèches décochée à tribord après le premier effet de surprise. Il courut sur quelques mètres mais eut le réflexe de bouler par terre pour prendre le pont de bâbord en enfilade. Prévenus par la première fusillade, les Jivaros s’étaient presque allongé sur le pont après avoir fracassé les fanaux. En position de coup par coup, l’arme automatique fit quelques dégâts, et des gémissements se mêlèrent au bruit des combats dans les cabines. Roland se replia au milieu du pont et assista au massacre des hommes d’équipage exécutés un par un en sortant des soutes. Quelques coups de feu dispersés témoignaient de luttes éparses. La cabine de Charlotte était proche, et les sauvages étaient surtout occupés à piller les salons et salles à manger. Il lui restait un demi-chargeur lorsqu’il s’élança. Les premières balles touchèrent toutes leurs cibles, formant un barrage provisoire qui lui permit d’entrouvrir la porte de la cabine. Charlotte pointait devant elle un petit pistolet de femme à un coup, une poivrière de l’ancien régime. Roland fut fugacement ému par la fragilité dérisoire de l’arme et le courage de la jeune héroïne. Des bruits de pas l’avertirent que l’hésitation allait être fatale. Il s’accroupit brusquement devant la porte, et tira ses dernières cartouches. Derrière lui, il entendit une troupe l’encercler. Il se retourna. Les flèches partirent en même temps qu’il plongeait dans les eaux noires et tumultueuses. 

Le courant le charriait comme un galet plus vite qu’il ne nageait. Le bateau disparaissait très vite derrière lui. Il remonta une dernière fois à la surface en crachant et en toussant pour saisir une grande liane tendue comme une perche miraculeuse. Petit à petit, il parvint à extraire son corps happé par une gangue liquide. Il noua ses poignets pour soulager ses muscles crispés pendant quelques minutes. L’aube le trouva allongé sur une grande branche au sommet de l’arbre de fer à la dureté légendaire. Dans les senteurs moites des végétaux pourris ou renaissant, il dénouait péniblement son corps recroquevillé que réchauffait les premiers rayons lorsqu’il entendit un hurlement.

 

FRANCE. VARREDDES. APRES-MIDI DU SEPT SEPTEMBRE 1914

 

La ferme des Plancys, dans le hameau le plus éloigné sur le territoire communal, apparut après la dernière clairière aménagée dans le petit bois en réserve de chasse. Victor avait distingué tout de suite la petite tâche d’un brun foncé qui était surgie de nulle part. Le vieux soldat n’hésita pas une seconde pour se cacher dans une soupente entre deux sacs de blé. Il savait trop bien de quoi les teutons étaient capables, et il était le seul homme à la ferme. Personne ne lui reprocherait d’avoir abandonné les deux garces vives qui s’exhibaient honteusement dans la cour pour le provoquer sexuellement.

“ J’te dis que tu rentres pas dedans ”.

“ Et moi, j’te dis que si, allez, donne le moi, donne, DONNE ! ! ! ”.

Amandine et Armelle tiraient sur le corset comme deux gamines se disputant une poupée. Les deux accortes femelles avaient une prétention déraisonnée, tant le bustier peinait à se refermer autour de leurs voluptueux appas. Elles transpiraient sous l’effort de contention, et leurs chemises largement ouvertes dévoilaient savamment de quoi exciter le vieux mâle. Victor n’avait pu s’empêcher de reluquer les rondeurs des croupes et le galbe des fortes poitrines, même s’il avait bien compris le jeu des jeunes salopes.

Epuisées par l’effort, elles babillaient sous une tonnelle, affalées sur un banc, lorsqu’un bruit martial de sabots bien ferrés les tira de leur rêverie.

Le sergent Gustav Eisenerst et trois autres uhlans firent leur entrée dans la cour en repoussant de leur lance l'imposante porte cochère à moitié refermée.

Les deux sœurs se rhabillèrent en hâte, mais le mal était fait.

“ Ach, cheunes françaises, pas avoir peur, nous chentils ”.

Armelle et Amandine ne répondirent pas, les bras recroquevillés sur la poitrine.

“ Nous occuper la ferme, nous fouloir manger ”. L’un des uhlans était descendu de cheval. Il posa la main sur le bras nu d’Armelle “ Cholie cheune fille, moi aussi fiancé ”. Elle retira brusquement son bras et trébucha sur Gustav “ Ach, pas aimer allemands ? ”. Amandine s’interposa pour faire une diversion “ Si, si, nous aimer soldats, nous avoir bonnes confitures pour vous, dans la grande armoire de la cuisine, là, c’est cette porte, là, oui, celle là ”.

Les deux sœurs se blottirent instinctivement l’une contre l’autre tandis que Victor était de plus en plus intéressé par la scène qui se déroulait sous ses yeux dans la cour.

Un autre uhlan, le visage rougeaud et bovin, fit claquer gentiment les rênes de sa monture sur les fesses d’Amandine “ Femmes françaises pétites fesses, mais cholies, ah oui ”. Un cri de colère monta de la cuisine qui se confondit avec la claque sur la joue du soldat. Atterrée par ce qu’elle venait de faire, Amandine se tourna vers le soldat furieux qui brandissait un pot d’encaustique :

“ Pouah, pschuitt, DONNERWETTER ”.

“ Salopes de françaises, toi fouloir empoisonner nous ? ”. Gustav secouait Amandine par le bras comme un chien secoue un rat. La chemise s’entrouvrit brutalement, un sein magnifique apparut. Le regard des uhlans devint fixe, dès le début ils avaient sans vraiment le savoir cherché un prétexte pour pouvoir toucher et dénuder ces deux superbes femelles.

 “ Fous, espionnes, à poil ”. Les quatre brutes partirent d’un gros rire pendant que les jeunes femmes s’exécutaient en tremblant. Tapi dans sa cache, le vieux Victor se rinçait l’œil avec un sourire de revanche.

Les mains en conque autour des seins et de leurs fentes très velues, les jeunes femmes durent se résoudre à parader sous les schlagues qui menaçaient leurs postérieurs rebondis. Tels des maquignons, les allemands palpaient sans vergogne les fesses bien dessinées, pinçaient les seins, caressaient les joues fraîches, effleuraient les chattes aux poils collés par la transpiration en riant aux éclats.

“ Ach, françaises mouiller, françaises putains ! ”. “ Fous fouloir foir comment allemands bien montés être ? ”.

Les casques à pointe étaient soûlés par les relents de sueur, de jeunes cons au musc puissant et d’eau de Cologne bon marché des petites garces. 

L’un des uhlans, la queue raide et bloquée par son pantalon, n’y tint plus et se dégrafa rapidement. Il fit pivoter Amandine et la força à écarter les jambes en se penchant en avant. Armelle ouvrit la bouche pour hurler, mais une main vigoureuse bloqua son cri, la forçant à s’agenouiller d’une poigne de fer.

Le souffle coupé, Amandine sentit un membre vigoureux la transpercer sans fioritures dans son fondement. Son cri bref et perçant donna une idée au gros paysan déguisé en soldat “ Ja, ja, toi faire le porc, scroui, scroui, encore ! ! ! ”.

Armelle fut en même temps suffoquée par le viol de sa sœur et l’odeur d’urine marinée du bâillon de chair qui lui était présenté. Sous ses yeux hagards, une poigne vigoureuse massait énergiquement les gros roberts de sa sœur, mais pour ne pas tomber, elle dut vite se concentrer sur la bite boche qui violait sa bouche. Gustav empoigna ses longues anglaises comme il aurait guidé son cheval pour mieux marteler ce temple délicat dont la chaleur frétillante le rendait fou.

 Dans un long râle, le sodomite se rendit en écrasant les seins d’Amandine comme des pêches juteuses. Un autre uhlan se présenta devant Amandine qui reprenait sa respiration en sanglotant de honte et de douleur. Penchée en avant, elle offrait un profond sillon mammaire en forme de cravate espagnole. Le soldat ne s’y trompa point, et il lova entre les globes fermes et doux comme un oreiller un long membre rouge dont la tête frémissait d’aisance. 

 

FRANCE. VARREDDES. APRES-MIDI DU SEPT SEPTEMBRE 1914

 

Atmosphère sinistre dans le café-tabac de la place du village. Il manquait tout simplement la musique de l’air de Cadet Rousselle. Ce soir, pas de joyeux :

"la boulangère est une salope, la boulangère est une salope,

un doigt dans l’trou d’mon cul et hop, un doigt dans l’trou d’mon cul et hop ".

Les journaliers aux traits tirés par les dernières moissons et l’inquiétude gardaient un visage grave et pensif, le nez dans leurs verres. Quelques fléchettes traversèrent une cible ébréchée pour donner une illusion de vie. Elle trônait entre une publicité pour la manufacture d’armes et de cycles de Saint-Etienne et une affiche jaunie prônant la tempérance, encadrée par dérision.

Roland poussa doucement la porte, gêné de voir tous les regards converger vers lui. Claude Courtier, le mari d’Armelle et plus gros propriétaire de la commune, lança :

“ Marcadieu, qu’est ce qu’y fait à c’t’heure, l’toubib ? ça va faire trois heures, ç’tantôt ”

Alphonse Proffit, le bistrotier, ajouta “ Qu’est c’qu’y prendra, m’sieur l’maire ”.

Roland dit au hasard “ Oui ?….ce vin blanc avec du sirop de cassis, du curé….machin ”.

“ Ah, oui, il veut un Kir ? ”.

Avant que Roland ait pu répondre, une effervescence parut animer la place. Un client souleva la tenture au dessus d’une vitre dépolie et sortit précipitamment. Tous les hommes le suivirent.

Les grands hussards de la mort arrivaient en même temps. Ils avaient fermement encadré par les bras le vieux docteur Maurice, qu’ils portaient presque, tant il peinait à les suivre. Le plus haut gradé des allemands se hissa souplement sur la haute margelle de la fontaine dont les angelots veillaient sur la place depuis des siècles. Il tenait au bout de ses doigts gantés un rapport d’autopsie dont l’encre était à peine sèche. L’oeil vissé sur son monocle, le tzin attendit que la place fut convenablement remplie avant de commencer :

“ ICH HEISSE RUPERT VON HENTZAU ”.

Il reprit tout de suite en français : “

“ Ici, je commande pour l’armée allemande et je représente le Kaiser avec tous les pouvoirs ”. Il s’interrompit pour surprendre les protestations d’éventuels agitateurs. Les visages soumis lui arrachèrent un rictus de satisfaction.

“ Ce matin, des franc-tireurs ont lâchement abattu DANS LE DOS trois soldats allemands ”. Les gens retinrent leur souffle.

“ Ils ont été tués avec une arme militaire allemande volée, comme celle-là ”. Le tzin fit un geste bref, et son ordonnance tendit le bras pour lui remettre son pistolet automatique.

Von Hentzau leva le bras pour montrer le Mauser 96.

“ A partir de demain matin, un otage sera fusillé toutes les heures tant que je n’aurais pas retrouvé les assassins et cette arme. Où est le maire ? ” 

Roland fendit la foule pour se présenter.

“ A la mairie ”.

 Le tzin n’eut pas un regard pour l’homme qu’il cherchait sans le savoir en sautant souplement de son perchoir. Les yeux de Roland semblaient hypnotisés par les grandes cuissardes en cuir d’un vert bronze qui le précédaient. Ils montèrent les escaliers de la mairie d’un pas vif pour le tzin et résigné pour Roland. Ils se firent face au -dessus du bureau du maire :

“ Le registre d’état civil ”. Roland fit semblant de ne pas avoir compris “ le quoi ?”. Le hussard frappa du poing sur le bureau, renversant plumes et encrier.

“ Che feux dix otages ou je les désigne moi-même ”. L’accent revenu sous la colère fit sursauter Roland.

“ Vous ne pouvez pas me demander une chose comme ça “.

“ Ecoute, petit français, c’est le moment de te débarrasser de tes socialistes et de tes agitateurs… ”.

“ Je suis le maire de tous les habitants. Je refuse de vous livrer quelqu’un ”.

“ Très bien…ça sera n’importe qui ”. Le tzin ouvrit une page au hasard et pointa un doigt étonnamment griffu sur la première ligne. Roland sursauta en entendant le premier nom. L’énoncé de chaque nom que le tzin griffonna sur une feuille arrachée à l’album épais fut un coup de poignard dans sa chair.

”Non, pas les enfants ! ! ! ” Le tzin éclata de rire “ C’est toi qui l’as voulu, maintenant c’est trop tard ”. Il brandit sa liste sous le nez de l’homme vieux et fatigué qui semblait écrasé par la souffrance et la culpabilité et sortit. 

Roland laissa lentement retomber son front sur ses mains jointes et allongées sur le sous-main en cuir que Marie-Jeanne et moi lui avions offert pour ses cinquante ans. Les cauchemars revinrent très vite.

 

BRESIL.QUELQUE PART AVANT LES CHUTES DU RIO XINGU. LE MATIN DU 30 JUIN 1896.

 

Les hurlements devinrent plus aigus en même temps que les contours de la silhouette qui se balançait sous le grand hévéa se précisait. Le cœur affolé par ce qu’il pressentait, Roland fouilla dans l’étui en bois du Mauser 96 pour en extraire une courte lunette de vue. L’étroit champ de visée ne lui permettait qu’une vue très fragmentaire de la scène d’un autre âge qui se déroulait sur l’autre rive, devant l’hacienda des shadow-eyes. Ce fut comme un puzzle qu’il reconstitua difficilement, tant son entendement était plus lent que ses gestes de fou. D’abord les Jivaros, qui sortaient de l’hacienda les bras chargés de robes, d’armes et d’objets de confort, avec des chapeaux sur la tête et les mâchoires refermées sur des salaisons. A gauche, un autre groupe s’affairait sur les cadavres des shadow-eyes. Roland faillit vomir lorsque l’un des sauvages s’affaira sur le cadavre de Voltaire et exhiba triomphalement sa tête tranchée. Il s’approcha du feu au-dessus duquel ses congénères étaient en train de fumer et réduire d’autres têtes. Un rictus amer souleva les lèvres de Roland lorsqu’il songea que le vieux philosophe aurait lui-même bien ri de la blague pour idiots qui se réalisait sous ses yeux. Car un archéologue pourrait un de ces jours trouver le crâne de Voltaire enfant.

Dans son champ de vision apparut d’abord un casque colonial allemand, puis le profil honni de saurien et de prédateur d’un tzin plus âgé que celui qu’il avait tué au Nouveau-Mexique. Un fouet se leva. Roland connaissait d’avance la cible, mais il se força à regarder, c’était son devoir.

Les joues de la jeune aristocrate étaient aussi rouges que ses fesses. Elle cria une nouvelle fois, vrillant les oreilles de Roland tant ses pleurs et supplications étaient pitoyables. La beauté de son corps fin d’une blancheur diaphane suffoqua Roland. Le bras du Tzin retomba. Tandis que le corps de Charlotte continuait de se tordre de douleur, il porta un grand verre de vin à sa bouche en se reposant quelques instants. Il donna un ordre bref, et l’un des sauvages qu’il avait soudoyés avec des bijoux de pacotille amena le porte-voix du capitaine du ferry-boat. Le fouet de vacher laboura alors les flancs délicats, fouaillant le jeune corps qui se trémoussait comme un poisson au bout d’une ligne pour se soustraire aux morsures infernales. Charlotte tentait de se hisser au bout de ses liens, de se balancer en repliant et en refermant sensuellement ses cuisses, mais rien n’y faisait, et les cinglées sauvages trouvaient implacablement leur cible, les hanches voluptueuses et l’adorable buisson bouclé que Charlotte tentait d’effacer en creusant le ventre. Mais alors, c’étaient les seins pleins et frissonnants qui s’exposaient en première ligne. Le corps magnifique était strié de zébrures roses d’où commençaient de sourdre quelques gouttes carminées sur les chairs plus fragiles du ventre et des aréoles. Au bout de quelques instants, le mutant laissa reposer le corps pantelant d’une douleur atroce qui irradiait tout l’épiderme de la jeune fille. Il se saisit du porte-voix qu’il plaça devant la bouche mutine qui se convulsait en cherchant de l’air.

La respiration saccadée et les sanglots incoercibles emplirent la tête de Roland comme si Charlotte avait le menton blotti dans le creux de son épaule, sans qu’il puisse la consoler. Il cassa un branchage entre ses doigts de rage avant de reprendre la petite longue-vue. Le mugissement du tzin résonna douloureusement dans ses oreilles et le fit tanguer sur lui-même comme s’il avait trop bu.

 

L’instituteur et secrétaire de mairie secouait doucement son épaule. Roland émergea de son voyage au pays des réducteurs de tête et se leva en chancelant comme un homme ivre. Il prit le bras charitable comme une bouée de sauvetage.

 

 

FRANCE. VARREDDES. APRES-MIDI DU SEPT SEPTEMBRE 1914

 

Le gland heurtait sans pause la luette d’Armelle. Elle ne pouvait pas se dégager de la poigne d’acier pour respirer normalement. Elle étouffait petit à petit, tant la queue dilatée à craquer emplissait sa bouche. La décharge brutale d’une longue traînée de foutre la surprit, malgré son attente, par sa densité visqueuse et son volume. Le goût âcre du à un amour immodéré du schnaps accentua son intolérance. Le sergent continua de s’enfoncer pour mieux se vider. Elle dut mordre pour se dégager en crachant et en suffoquant. Gustav hurla en tombant à la renverse. Un sinistre craquement de branches brisées résonna sur les pavés de la cour. Tous surent que l’irréparable s’était produit sous leurs yeux à ce bruit. Les deux sœurs se regardèrent en pleurant tandis qu’un uhlan reposait doucement la tête aux vertèbres rompues.

Les yeux exorbités, le uhlan siffla entre ses dents “ Françaises terroristes. Françaises mourir ”.

Armelle et Amandine bondirent sur leurs pieds comme de jeunes chatons, mais trois lances implacables les rabattirent dans un cercle de plus en étroit

“ Amandine, j’ai peur, qu’est-ce qu’ils vont nous faire ”. “ Il faut crier, appelle Victor. APPELLE AU SECOURS ! ! ! ”.

 

FRANCE. ETREPILLY. SOIR DU SEPT SEPTEMBRE 1914.

 

De ma première rencontre avec Charlotte ne restera qu'une voix chaude et grave à l'autre bout d'un fil qui nous relie et nous sépare en même temps, entre Etrepilly et Varreddes. Un jour, je serai plus vieux qu'elle.

Je ressors de la cabine téléphonique qui sent bon le bois tout neuf, sous le regard du receveur des postes qui bégaye de fierté pour l'arrivée du progrès dans le petit bourg. J'essaie de donner un corps à Charlotte, mais je tiens presque déjà le long visage aristocratique, le nez fin et légèrement busqué que je découvrirai après la guerre. Puis je pense à Marie-Jeanne, un peu honteux.

Dans la poste d'Etrepilly bruissent les rumeurs les plus contradictoires. Les hommes serrent les poings ou tirent sur leurs pipes tandis que les femmes essaient d'appeler les familles à Varreddes. A chaque fois, elles tombent sur les boches qui les insultent avec de gros rires gras dont elles comprennent parfaitement le sens. Je suis très entouré, car je suis le seul à avoir passé leurs lignes. Je leur ai dit que les colonnes remontaient depuis le rû de l'Ancoeur, en tirant du matériel, mais personne ne veut regagner les fermes, car les bleus arrivent.

Charlotte m'a dit que Jean de Saint-Marc avait pris la tête d'un détachement parmi les premiers sortis de la capitale avec les taxis de la Marne. Demain matin, Varreddes sera sauvée. Mon père doit simplement rester tranquille.

Je vais couper par la ferme des Plancys pour le prévenir. En pleine nuit, j'arriverais bien à berner les doryphores.

 

FRANCE. VARREDDES. SOIR DU SEPT SEPTEMBRE 1914

 

Depuis deux heures, les uhlans n'avaient pas interrompu leur jeu cruel. Ils étaient d'abord remonté sur leurs selles après avoir fermé toutes les issues de la cour de la ferme. Puis, tels des picadors, ils s'étaient amusé à pourchasser de leurs lourdes lances les proies dénudées. Les cavalcades se succédaient, dans un effrayant martèlement de sabots qui résonnait dans la cour fermée jusqu'aux oreilles de Victor. Le pauvre bougre avait tout vu, amusé et revanchard au début, maintenant pétrifié par sa propre lâcheté et révulsé par le crime qui était en train de se commettre sous ses yeux. Car il n'avait aucun doute sur la détermination des lanciers ennemis. Au jeu épique des premières heures, au coups de plats de fer sur les fesses, aux frappes de taille avec le bois dans le creux des épaules bien découplées, avaient succédé des coups d'estoc de plus en plus vicieux avec les pointes. Les soeurs étaient épuisées par leurs courses incessantes, qui trouvaient toujours le poitrail fumant d'un hongre pour s'opposer à leur poitrine haletante.

Quand elles risquaient une pause, une main agrippée sur la tonnelle, l'autre retenant leur souffle oppressé, un ordre cinglait à leurs oreilles bien trop vite suivi d'un coup.

"LOS !!! SCHNELL". Les opulentes mamelles ballottaient sans gaine et sans fierté, elles n'avaient plus cure de les dérober aux regards tant leurs gestes saccadés devenaient lourds et disgracieux. Dans la fin du jour, elles frissonnaient d'une peur affreuse qui les faisait transpirer davantage. Le visage cramoisi, elles avaient conscience de la puanteur de leurs effluves sui generis, auxquels se mêlait l'âcre parfum tourné de l'eau de Cologne. Les uhlans fronçaient le nez en se moquant d'elles, et en profitaient pour les maltraiter davantage. Les soeurs prirent enfin conscience de leur destinée au premier sang qui coula. Pas celui qui dégoulinait de leurs genoux écorchés par d'innombrables chutes sur les instruments aratoires, mais celui qui coula de la fesse d'Amandine au premier vrai coup de pointe.

Elle s'effondra en hurlant, les jambes coupées par la douleur qui paralysait sa croupe. L'un des uhlans descendit de sa monture pour allumer des torches attachées sur la tonnelle. Le spectacle promettait d'être beau, et ils voulaient en garder un souvenir inoubliable, comme d'une fête joyeuse. Les uniformes aux galons rouges cousus de fil d'or dessinèrent des ombres fantastiques sur les murs hourdés à la chaux.

Victor se rejeta en arrière, tandis qu'Armelle soutenait sa soeur qui claudiquait. Elles avaient renoncé à demander pitié, leurs voix enrouées toujours couvertes par les cris joyeux et les insultes des cavaliers virevoltant. Traquées, très affaiblies, le coeur au bord de l'explosion, les soeurs s'enfuirent à l'autre bout de la cour en trottant comme des limaces. Les uhlans se contentaient de les suivre au pas, tant les chevaux allaient plus vite. Maintenant, à chaque fois que l'un de leurs bourreaux les dépassait, une marque de son passage restait incrustée dans les chairs pantelantes. Elles butaient sur des crinières échevelées et écumantes, cabrées après des ruades vicieuses qui les affolaient. Les cariatides de douleur se redressaient à chaque infime perforation des seins, des cuisses, des ventres tétanisés par des souffrances incoercibles. Les mains jointes pour demander merci retombaient pour aider à ramper les corps faits pour les caresses de mains viriles. Puis vint le temps où des frémissements de plus en plus rares animèrent les corps épuisés.

"SCHNELLER, FRANZÖZISCHE FOSE". Les torches éclaboussaient de leurs lueurs dansantes les casques à pointe qui se penchaient sur les chairs à l'agonie dans un ballet fantasmagorique.

 Les sabots clapotaient maintenant dans de petites flaques de sang qui s'étaient insinuées entre les pavés. Les soeurs s'étreignaient pour mieux se protéger, mais lorsque les fers piquèrent plus profondément les flancs et les cuisses, le hérisson humain s'entrouvrit pour offrir les poitrines vulnérables et presque mutilées. Les seins affreusement piqués, perforés, ne méritaient plus le nom d'appas. Les brunes aréoles congestionnées par les soubresauts incessants étaient le centre d'une cible que les soudards ne rataient jamais. Un mamelon fin et ferme tomba au champ d'honneur, salué par un rugissement de souffrance et des applaudissements. Victor revit fugacement la petite fille de douze ans qui s'était avancé au-dessus de son corps noyé de sommeil dans les blés chauds. Elle l'avait regardé effrontément avant de relever sa jupe, dévoilant sa jeune chatte glabre avant de relever son capuchon rose pour diriger un petit jet d'urine sur sa bouche bée. Bien qu'Armelle lui ait fait durement payer par la suite ce moment d'égarement, le vieux paysan se masturbait encore parfois lorsque l'odeur de cyprine emplissait ses narines. 

La fin approchait. Une pointe acérée transfixia une grasse mamelle et se releva comme un hameçon aurait ferré un brochet. Amandine rassembla ses dernières forces pour se soulever et accompagner l'épouvantable déchirure. Son bourreau prenait plaisir à secouer sa lance pour arracher le fer et provoquer des hurlements démentiels. Armelle se tordit comme un ver lorsque sa fente fut visitée par un pal inquisiteur pendant que ses mains étreignaient vainement une autre lance pour la détourner de ses tétons dont le sang dégouttait.

Les beaux corps mutilés roulèrent lentement, repoussés par les pointes comme des ballots de foin. A l'approche de la fosse à purin, des gémissements imperceptibles traduisirent le refus de la fin ignoble que les tourmenteurs avaient prévue. Les soeurs s'enfoncèrent lentement dans le magma ignoble, les cheveux maculés de fiente, le corps aspiré par les déjections, les mains levées émergèrent quelques instants du cloaque dans une ultime prière. 

 

FRANCE. VARREDDES. SOIR DU SEPT SEPTEMBRE 1914

 

Les plus vieilles des lavandières guettaient avidement les draps de la jeune mariée.

Elles poussèrent ensemble un soupir résigné. La Yolande présentait ostensiblement le drap nuptial de sorte que toutes puissent voir la macule de sang qui attestait de sa virginité déflorée.

Elles recommencèrent à battre et essorer leur linge sur les planches rabaissées au niveau des basses eaux du grand lavoir circulaire. Une délicieuse moiteur régnait sous les petites tuiles surchauffées imprégnées par l’humidité résiduelle des murs centenaires.

Un trot léger interrompit le concert de médisances. Une dizaine de cavaliers s’étaient arrêté au bord de la route de Trocy, qui surplombait le lavoir communal. Puis les soldats mirent pied à terre et donnèrent le change en faisant boire leurs montures dans le bassin. 

Les uhlans sifflèrent d’admiration lorsque Marie-Jeanne se pencha pour tirer l’eau du puits qui jouxtait le lavoir. Ma bien-aimée fit semblant de n’avoir rien entendu. Elle se contenta de resserrer sur sa poitrine le col de sa chemise ouvert sur la naissance de ses seins. Il faisait encore beaucoup trop chaud pour passer un fichu sur ses épaules, mais elle se maudit de ne pas y avoir pensé lorsque le sergent Dieter Klemberman s’approcha. Elle se força à regarder les planches et les battoirs en sifflotant à son tour, par défi. Le gros sergent posa une main autoritaire sur la corde :

“ Ach, laisser soldats faire, matemoiselle ”. Marie-Jeanne détourna les yeux en soupirant, tâchant d’ignorer le gros tas de graisse malodorant et boudiné dans son uniforme qui lui cachait le soleil.

L’ignoble lui adressa un grand sourire en remontant le seau plein. Il ajouta pour la forme “ Matemoiselle chentille afec soldats ? Ach, nous aimer petites femmes de Paris, french cancan ”. Il hésita un peu “ Fous Pigalle ? ”. Marie-Jeanne éclata de rire. Le rustaud la prenait pour une pute parce que son chemisier baillait. Prenant le rire pour un oui, le gros soldat posa une main confiante sur le sein opulent qui s’était gonflé sous ses yeux. La seconde d’après, le seau d’eau dégoulinait comiquement sur ses cheveux et ses épaules. Le redoutable uhlan était redevenu un péquenaud abruti et mortifié. Marie éclata de rire avec les autres lavandières, pendant que les uhlans gardaient un visage sévère. Le sergent s’essuya lentement le visage et la moustache avec le manche de son uniforme. Aussi lentement qu’il le fallait pour laisser à sa colère le temps de mûrir. Puis elle éclata avec une rage imbécile et méchante.

“ AFEC LES OTAGES ”. Marie-Jeanne resta abasourdie. La Pierrette courut pour s’interposer :

“ Mais, arrêtez, elle n’a rien fait, vous n’avez pas le dr… ”. Sa tête partit en arrière sous l’impact de la gifle. Tout se passa dans un ralenti accéléré ensuite, et les lavandières restèrent longtemps immobiles tandis que Marie-Jeanne trottinait très vite derrière l’escouade, les poignets attachés par une longue lanière à la selle d’un cheval.

 

 

FRANCE. VARREDDES. SOIR DU SEPT SEPTEMBRE 1914/ BRESIL.QUELQUE PART AVANT LES CHUTES DU RIO XINGU. LE MATIN DU 30 JUIN 1896.

 

Roland regardait fixement le plafond. Allongé sur le lit de la chambre d’hôte de la ferme de Beauval, il n’avait pas sommeil et il fumait par courtes bouffées la cigarette qu’il venait de se rouler. Puis la nuit envahit son lit, une nuit sans lune aussi profonde que la jungle amazonienne. Il recommença à compter de tête ses cartouches entreposées dans sa vieille malle. Elles avaient disparu. Il fouilla fébrilement dans les poches de sa veste, de son pantalon, plongeant même le bras dans son holster en s’accrochant fermement par les cuisses aux branchages de l’arbre de fer.

Le beuglement dans le porte-voix le réveilla de sa fièvre hallucinée.

“ ROLAND GUYOT ” “ ROLAND GUYOT ”. Roland reprit peu à peu ses esprits et chercha la petite longue-vue. Quand il parvint à accommoder, le visage brutal du mutant éclata dans la minuscule visée. Les muscles du cou congestionné se soulevèrent lorsqu’il entendit, comme si le tzin était sous l’arbre :

“ Regarde bien cette shadow-eye, Roland ”. La voix reprit son souffle “ Si tu ne te rends pas avec l’arme qui nous appartient …” - la voix se cassa un peu, et le tzin dirigea le porte-voix sur sa gauche, preuve qu’il ne savait pas où se trouvait le pistolero- “ Elle sera torturée à mort sous tes yeux ”.

Roland resta paralysé. Les tzins connaissaient son nom, Natacha avait parlé, il serait un homme traqué pour le reste de sa vie. Il se redressa pour encercler la position adverse et s’arrêta stupidement. Il n’avait plus de cartouches sur lui. Son impuissance lui rappela cruellement les tragiques événements des derniers mois, et sa nuque reposa lentement sur la branche immense. Ses yeux étaient mouillés lorsqu’il reprit la lunette, et il dut les frotter avant de reconnaître la colonne de Jivaros qui s’était amassée parallèlement au beau corps supplicié de la jeune héroïne.

Chacun tenait à ses côtés une longue sarbacane et comptait ses courtes flèches. Roland ferma les yeux de joie. Le supplice serait de courte durée, car le poison au curare des flèches jivaros était connu pour son extrême violence. Le chef des Jivaros parla quelques instants au tzin, qui opina de la tête. Cinq jeunes guerriers se présentèrent ensemble devant Charlotte. Puis une vieille femme, l’épouse du chef apparemment, s’approcha de la corde qui maintenait en suspension le corps dénudé de la jeune femme. Elle la détendit suffisamment pour que ses pieds reposent sur le sol. Charlotte fut brièvement reconnaissante à la vieille sorcière à la peau ratatinée, avant de comprendre que les sauvages voulaient jouir de ses tentatives pour échapper aux traits acérés qui allaient percer sa peau de lait. Elle chercha partout du secours, confiante dans l’arrivée du pistolero qui l’avait déjà secourue sur le bateau. Une profonde piqûre dans sa cuisse la ramena à la réalité. Elle vit que quatre autres guerriers s’apprêtaient à décocher leurs traits. Au moment où ils tiraient, elle se détendit astucieusement en sautant sur la liane qui ligotait ses poignets. Elle resta suspendue comme une jeune reine de la jungle, légèrement blessée à la cuisse et au ventre. Elle souffrait un peu, mais elle comprit que le pire était à venir, car elle ne pourrait réaliser deux fois le même tour. Elle reposa lentement les pieds au sol en épiant la bande de mâles nus dont les étuis péniens la fascinaient malgré le tragique de sa situation. 

Un nouveau groupe prit position. Roland comprit tout de suite que les fléchettes dont l’empennage était imperceptible n’avaient pas été enduites du mortel venin. Il se renversa en arrière et psalmodia une courte prière.

Charlotte observait attentivement chacun des visages obtus dont le nez camus était traversé d’un os. Lorsque les joues se gonflaient, elle faisait habilement un saut de côté. Mais les sauvages détectèrent bien vite l’origine de ses prémonitions et ils se dispersèrent en cercle autour d’elle. Au début, elle parvint à suivre assez bien les évolutions des cinq sauvages, tournant rapidement le cou de tous côtés, en veillant à ne jamais rester en place, puis ses muscles s’alourdirent peu à peu et elle devint une cible docile pour les escouades suivantes. Chaque souffle puissant projetait avec un petit “ pop ” une fléchette affreusement aiguisée dans la peau vulnérable de son ventre et de ses fesses. Ses gémissements de souffrance étaient perceptibles depuis l’autre rive et crucifiaient Roland en permanence. Le beau corps opulent dans la fermeté éternelle de ses vingt ans n’était plus agité que de rares soubresauts. Ce fut le tzin qui ranima l’ardeur des guerriers démunis devant cette cible inerte. Il promit son porte-voix et des parts de butin supplémentaires aux meilleur tireurs, aux premiers qui perceraient les délicates aréoles et sauraient trouver le chemin du clitoris dans l’épais buisson sauvage. Les sauvages avaient droit à une flèche chacun. Il fallut de nombreux tirs sur les seins lourds et pleins, traversés de toute part, avant que les mamelons ne s’ornent à leur tour d’une atroce parure. Les mamelles littéralement lardées de fléchettes de face et sur les côtés ressemblaient déjà au dos d’un porc-épic. Charlotte se convulsait de douleur, les yeux fous. Son entre jambes était farci de traits comme une volaille décorée. Lorsque enfin une flèche précise trancha dans le fragile bouton de chair, elle hurla en bavant et en pleurant sa féminité perdue. Roland reposa la longue-vue. Il ne pouvait plus supporter le spectacle du joli minois affreusement enlaidi par la douleur. Le visage de Natacha se superposa quelques instants à celui de la jeune aristocrate, l’obligeant à se rallonger sur la large branche foisonnante. Par respect pour le sacrifice de sa bien-aimée, il ne lui était tout simplement pas possible de se rendre, et ce n’était pas sa propre vie qui était en jeu, mais l’arme qu’il détenait, qui devait à tout prix rester dans le camp des humains. Il se força à accompagner la jeune shadow-eye dans ses derniers instants.

 

 FRANCE. ETREPILLY. MATIN DU HUIT SEPTEMBRE 1914.

 

Casimir Legrand s’était auto-baptisé en toute modestie le roi des fortifs. Le vieux chauffeur de taxi avait soûlé Jean de Saint Marc avec ses exploits de jeunesse. La Goulue aurait eu des faveurs pour cet ancien apache de Villejuif, avait-il laissé entendre, la bouche faraude. Jean de Saint Marc avait opiné poliment toute la nuit, il ne parvenait pas à dormir avec les ronflements des trois bienheureux troufions qui l’accompagnaient dans le petit taxi Panhard-Levassor. Les bidasses étaient restés éveillés pendant les récits de guinguette dans les bals musette des bords de Marne qu’ils étaient en train de parcourir, et aussi les histoires de filles de la haute levées sur les boulevards, mais quand leur chauffeur leur avait raconté son évasion de La Santé avant de visiter la veuve Guillotine, leur intérêt s’était émoussé, et ils avaient suivi des yeux des paysages qui leur étaient inconnus après le fort de Chelles. Puis, vautrés sur les sièges en bois inconfortables quoique molletonnés, ils avaient peu à peu piqué du nez, les cheveux sales emmêlés au vent, les calots posés sur les genoux, et les mains accrochées aux fusils Lebel. Philosophe, Jean de Saint Marc avait repris d’une écriture fine et appliquée, en léchant parfois la mine de son crayon, le roman fauché par la mitraille qu’avait commencé Charles Péguy.

Au petit matin, la colonne pétaradante et biscornue des taxis réquisitionnés fut stoppée par un barrage devant Etrepilly. Un jeune lieutenant remonta le cortège pour donner quartier libre de deux heures à tout le régiment. La piétaille s’égailla pour se dégourdir les jambes et pisser au bord de la route, après avoir repéré les bivouacs qui promettaient du café et du mauvais pain d’infanterie, lourd comme du plomb. A la recherche d’un mets plus raffiné, Jean rentra dans le petit bourg.

Le glas sonnait précisément lorsqu’il passa devant l’église consacrée à Saint Arnoult. Comme dans tous les villages briards depuis 1905, les messalisants se recrutaient parmi les femmes et la bourgeoisie. Devant les cafés, les métiers humbles s’étaient rassemblés, artisans bourreliers, employés aux écritures, garçons de ferme. Sans aucun sentiment de revanche sociale ni d’affirmation de leurs opinions anticléricales, d’ailleurs plusieurs parmi eux soulèveraient tout à l’heure les cercueils d’Adèle et Amandine dont Victor et moi avions ramené les corps.

L’homélie du prêtre était pathétique, c’est lui qui avait tenu à ce que l’enterrement soit très rapide compte tenu de l’état des corps. Avec une grande pudeur, il avait dit le minimum pendant la messe, mais le rapport des gendarmes était sur toutes les lèvres, et lorsque Jean franchit le caquetoir pour partager la douleur de la foule immense qui débordait des travées, il fut surpris d’une telle affliction. Toutes les femmes sanglotaient, et même les notaires, les fermiers, les commerçants offraient un visage aussi bouleversé que la déploration des servantes du Christ dans le tableau qui surmontait la poutre de gloire entre le chœur et la nef.

 

FRANCE. VARREDDES. MATIN DU HUIT SEPTEMBRE 1914

 

Les exécutions commençaient à 9 heures du matin sur la place du village.

Roland s’était réveillé en sursaut dès 5 heures, un mauvais goût dans la bouche et des frissons qui secouaient sa grande carcasse.

A sept heures, il se leva péniblement, lassé par le chant du coq qui appelait à une belle journée.

Le café au lait était amer, les tartines de pain beurrées mais insipides lui soulevaient le cœur. Il aurait mieux fait de se recoucher, pensa-t-il un court instant dans son hébétude. Il l’aurait peut-être fait dans sa résignation fataliste de quinquagénaire si le premier de la liste n’avait pas été Adolphe. Le souvenir des pleurs de l’enfant arraché à ses parents fous de douleur le souleva à moitié de sa chaise. Il finit par émerger péniblement de ses cauchemars en renouant maladroitement sa robe de chambre.

La tante de Marie-Jeanne se tenait près de la porte, à surveiller la cour comme un fidèle chien de garde. Elle savait que Roland allait tenter quelque chose. Pour ne pas le troubler, elle ne dit pas un mot de l’arrestation de ma bien-aimée.

Mon père remonta dans sa chambre d’un pas de plus en plus ferme, comme un homme d’action qui a pris sa décision.

Au bout de la chambre, il s’accroupit derrière son lit et dévissa deux planches.

Il avait maintenant accès dans l’un des greniers de la ferme qui communiquaient avec ses propres appartements.

Par une trappe, il redescendit avec un luxe de précautions dans sa chambre, et referma silencieusement la porte entrebâillée.

Il s’assit d’abord devant son bureau pour rédiger d’une plume pressée plusieurs lettres, dont son testament.

Puis, il ouvrit une malle de marin après en avoir ajusté les charnières en cuir.

Il contempla quelques instants les morceaux épars de sa vie et dégagea les affaires enfouies tout au fond de sa mémoire, les traces d'un passé d'un autre temps et d'un autre monde. Il posa d'abord doucement le Mauser sur une console basse, puis il sortit un pantalon, une boussole, une paire de bottes, une curieuse veste et une casquette. Il les regarda longtemps, et ses yeux allaient aussi à la rencontre d'un miroir pour apprécier d'un regard sarcastique les ravages du temps sur ses tempes ridées où des tâches brunes étaient apparues l'hiver dernier. Il se releva au bout de quelques instants pour prendre un jeu de cartes dans le tiroir d'une commode. Il se rassit et battit les cartes avec souplesse pour s'échauffer, croisant et recroisant les deux moitiés avec l'aisance d'un croupier. Puis il posa soudainement deux cartes debout, appuyées l'une contre l’autre. Il disposa côte à côte plusieurs séries de paquets pour constituer la base du fragile édifice. Une demi-heure plus tard, le château de cinquante deux cartes se dressait fièrement au centre de la table. Roland caressa sa longue moustache grise avec le brin de forfanterie qu'il convenait lorsqu'on réussissait l'exercice préféré des pistoleros mexicains.

Alors seulement rassuré sur ses capacités intactes, il se redressa pour se peigner et s’habiller, sans oublier de ceindre l’écharpe tricolore qu’il avait ramenée de la mairie.

Il descendit les marches polies du grand escalier central du corps de ferme, et s’arrêta devant la salle à manger qui bruissait.

Son regard fiévreux embrassa très vite toute la scène.

A gauche, deux hussards, le shako à leurs pieds, étaient affalés mollement sur notre canapé en merisier, en train de jouer aux échecs avec le jeu qu’il m’avait sculpté dans du buis pour mes quatorze ans. Rien que pour cela, il se prit à les haïr encore davantage.

Un uhlan retranscrivait sur un bloc les ordres de deux hussards penchés sur une carte d’état major. Une main appuyée sur une vitre du bow-window, le tzin avait le dos tourné, face à la cour, il semblait défier la tante de Marie-Jeanne dans la même position de sentinelle.

Juste devant lui, un autre uhlan montait la garde.

Le casque à pointe sursauta en reconnaissant mon père, et sans le prestige de l’écharpe tricolore, il ne se serait peut-être pas écarté.

Le maire semblait plus grand, vêtu d’une antique casquette réglementaire de capitaine de l’armée française. Il portait un demi-manteau de flanelle noire en queue de pie, qui retombait à mi-cuisses sur un pantalon de serge bleue, un pantalon d'artisan, qui recouvrait d’authentiques bottes d’uhlan perdues à Sedan.

En reculant maladroitement, le soldat accrocha un guéridon et fit tomber un vase. Tous les boches relevèrent la tête.

Von Hentzau comprit bien avant les autres en face de qui ils se trouvaient. Un mince sourire élargit sa mâchoire reptilienne :

“ Alors, cher ami, on est venu soulager sa conscience…Eh bien ce n’est pas si difficile que ça, après tout ? ”.

 Les soldats étaient interloqués par la métamorphose du vieillard. Le garde se rapprocha instinctivement du tzin. Certains ouvrirent comiquement la bouche, avant de déglutir rapidement leur salive lorsque Roland releva le bord de son manteau. Le Mauser 96 brillait d’un éclat magique dans le hall où le soleil du petit matin s’était lové. Son étui en bois de santal luisait de cire, et le geste vif de Roland pour le révéler alarma brusquement ces hommes d’armes.

“ "C'est ça que tu cherches, espèce de pourriture de tzin ?".

Seul le lieutenant Manfred Von Ritterschein comprit les paroles du français, qu’il prit pour une insulte. Les soldats échangèrent un regard entendu. A sept contre un vieillard, ils ne se pressaient pas pour empoigner leur lugers.

Von Hentzau faillit crier sa rage devant leur stupidité, mais il n’était plus temps de leur expliquer à quel point leur adversaire était dangereux et rompu à cette situation. Ils furent soudain cloués sur place par un sifflement, tempo bas, tempo haut, qui évoquait un crotale prêt à mordre.

Tout le monde semblait hypnotisé par la mélopée sauvage inlassablement sifflée par Roland. Un changement de tonalité alerta brutalement les allemands. A la dernière note, ils dégainèrent tous les sept ensemble, mais Roland maîtrisait le temps. Ce tempo d’avance le vit rouler à terre tandis que par magie l’arme d’un autre monde avait surgi dans sa main, extraite de son incroyable holster en bois accroché dans la doublure de sa veste.

Le tzin avait cherché à se protéger d’abord, et il fit pivoter le uhlan pour qu’il forme un rempart de son corps, avec pour résultat de l’empêcher d’épauler son fusil. Il prit en pleine tête la balle destinée au tzin qui s’accroupit lentement avec son bouclier humain. Roland roula à terre en lâchant deux salves en direction du canapé au cuir couleur de miel, doigt bloqué sur la détente. Aucun soldat n’avait encore eu le temps de tirer. Le uhlan épaula enfin son fusil, et les deux derniers hussards renversèrent la grande table de la salle à manger. En bout de course, Roland se mit souplement à genoux et tira en même temps que le lancier. Les balles militaires se saluèrent sèchement en se croisant, mais seul le boche s’effondra. Roland ne perdit pas un millième de seconde à examiner sa casquette crevée et il projeta de ses jambes le canapé avec ses deux cadavres sur l’angle de la table. Lorsqu’elle pivota, le hussard brutalement découvert pointa son luger et pivota sur ses genoux, très vite, mais pas assez pour échapper à la balle de 9 mm qui explosa sous son plexus.

De l’autre côté de la table, Von Ritterschein venait de réaliser, au-delà de tout entendement, que le vieillard qu’il avait souffleté la veille avait été capable de tuer ses frères d’armes. Il retint son souffle et passa son arme au-dessus de la table en vidant son chargeur. Il avait fait sous lui, tant il avait été suffoqué par la brutale explosion de violence.

“ Alors, saloperie de boche, t’es moins fier maintenant, et ça se sent, hein ? ”

Les deux hommes reprenaient leur souffle, mais Roland agit le premier, car le temps lui était compté. Il engagea rapidement un nouveau chargeur, et visa brusquement le lustre qui pendait au-dessus du hussard. Lorsque les éclats de verre arrosèrent le visage convulsé de rage et de terreur, le grand hussard se redressa en arrosant le canapé d’une salve aveugle. Puis Roland jaillit à un bout du canapé, à moins de deux mètres, et tira deux balles au front de bas en haut.

 

FRANCE. ETREPILLY. MATIN DU HUIT SEPTEMBRE 1914.

 

Je n’eus pas le temps de m’expliquer avec Jean de Saint Marc. Une estafette courait dans le village pour mobiliser tous les hommes valides. Une escouade de chleuhs était en vue du cimetière. Jean m’intima l’ordre de l’attendre au café le plus longtemps possible, et il courut à son tour vers les bivouacs. Dans un bosquet proche de la route, à la sortie du bourg, quelques troufions avaient élu domicile au-dessus d’un fossé qui tenait lieu de feuillées de fortune. Certains avaient pris soin de se munir de racloirs en bois, car le papier était rare et chichement compté.

La section commandée par Jean de Saint Marc était composée d’étudiants des Beaux-Arts, sa mission étant bien sûr de composer les camouflages des matériels d’artillerie, engins mobiles et tentes d’état-major.

Deux peintres égarés et amoureux de la nature remballèrent promptement leur chevalet, tandis que d’autres rengainaient leur coupe-choux sans s’être rasé complètement. Plus ou moins dépenaillée, la section d’intellectuels, dont c’était le baptême du feu, se précipita en désordre vers le cimetière. Certains se rhabillaient en courant, tous tentaient de suivre les gendarmes qui les guidaient. En file indienne, les coureurs longeaient la forêt proche d’environ six cent mètres lorsque qu’une salve sèche partit du bosquet de fougères, couchant à terre une dizaine d’hommes.

Le fossé dans lequel plongèrent les survivants n’était pas busé, et ils pataugèrent quelques instants avant de retrouver leur équilibre et pouvoir riposter. Les têtes dépassaient craintivement, et lorsque Jean de Saint Marc, parvenu bien seul aux portes du cimetière, les héla, aucun n’eut le courage de se redresser. A la sortie du bourg, derrière le château d’eau, une petite troupe commençait de se masser. Alors, une mitrailleuse Maxim fit trépider son mortel staccato. Lorsque les balles miaulèrent devant les bottes des fantassins, il apparut préférable de se mettre hors de portée de la mitrailleuse, quitte à essuyer une fusillade en règle.

 

BRESIL.QUELQUE PART AVANT LES CHUTES DU RIO XINGU. LE MATIN DU 30 JUIN 1896.

 

Deux hommes blancs avaient rejoint le Tzin. Des seringueiros, des chercheurs d’or prêts à vendre leur âme au diable et leur colt aux grands propriétaires terriens. Ils étaient manifestement à ses ordres, et les jivaros leur manifestaient de la déférence. Ce furent eux qui suggérèrent au mutant l’ultime supplice de Charlotte Corday.

Sur leur ordre, quatre solides sauvages pénétrèrent dans l’hacienda pour en ressortir quelques minutes plus tard porteurs d’un immense chaudron et de son trépied.

Pendant ce temps, Charlotte avait été de nouveau ligotée, bras et jambes rassemblés derrière le dos, elle pendait maintenant à un peu plus d’un mètre du sol, face contre terre, en se balançant doucement telle une araignée au bout de son fil.

Elle poussa un hurlement de terreur quand les femmes rassemblèrent sous son ventre des brindilles, des branchages, et enfin posèrent dessus deux ou trois grosses bûches. Elle poussa un soupir de soulagement lorsqu’elle vit les jivaros reposer sur le petit foyer le trépied, puis le tzin assujettir sur le socle en fer le grand chaudron en fonte. Son répit fut de courte durée lorsqu’elle réalisa que les jivaros formaient une chaîne pour prélever de l’eau dans le fleuve avec des grandes calebasses. Sans même attendre que le chaudron ait été rempli, le tzin avait posé une torche sur le bois sec qui s’enflamma aussitôt. D’âcres fumées piquèrent aussitôt la gorge et le nez de la jeune aristocrate, dont les muqueuses étaient accoutumées à des parfums plus délicats. Elle pleura en toussotant, sans que ses larmes interrompent pour autant la sinistre besogne des sauvages. Les volutes de fumée s’anéantirent tandis que la braise gagnait, et ce fut le moment que choisirent les seringueiros pour apporter d’autres branches en riant, avec leur mauvais accent espagnol. La voluptueuse poitrine gigotait sans discontinuer tandis que sa propriétaire se trémoussait en tous sens pour échapper aux vagues de chaleur qui montaient. Ce n’était rien pourtant, ainsi que le savaient les blancs qui avaient inventé l’affreuse torture dont les seins ébouillantés n’étaient qu’un prélude. Tous s’assirent pour savourer tranquillement le spectacle. En vérité, Charlotte accueillit d’abord avec reconnaissance les bienfaits des vapeurs tièdes qui réhydrataient sa gorge et son nez, et ses soubresauts s'apaisèrent un instant. Petit à petit, une étrange suffocation la gagna de nouveau tandis que ses lourdes mamelles commençaient de chauffer imperceptiblement. Elle posa les yeux sur ses pointes de sein en forçant sur son cou et discerna tout de suite une rougeur écarlate semblable à un coup de soleil. Le mal n’était pas bien grand pour l’instant, et elle se força à en sourire. Son sourire s’effaça lorsqu’elle vit les démons au teint basané, aux grandes moustaches effilées, se relever pour rapporter chacun un petit tronc d’arbre.

“ Oh, non ” hurla-t-elle ”Arrêtez, ça suffit comme ça, vous allez me brûler ! ! ! ”.

Le tzin répartit, goguenard “ Mais c’est exactement ce que nous voulons, jeune fille… ” et il ajouta à la cantonade “ sauf si ton chevalier servant nous donne ce que nous voulons ”. La peau de lézard du mutant se plissait bizarrement lorsqu’il souriait, mais personne ne trouvait cela drôle, tant la force physique du tzin avait sidéré tout le monde lorsqu’il avait posé seul et sans effort apparent l’énorme chaudron. 

Le feu se mit à ronfler avec une vigueur accrue, tandis que les seringueiros se saisissaient avec dextérité d’un tison pour allumer leurs cigares. Cette fois, la vapeur surchauffée monta beaucoup plus vite, nimbant le beau corps tourmenté d’un halo fantomatique.

Charlotte pleurait et sanglotait tout à la fois, cambrant ses muscles fessiers pour donner une impulsion qui lui permettrait de se balancer et de soustraire à la morsure des langues de fumée ses tétons qui se balançaient rythmiquement. Elle supplia jusqu’à perdre la raison et la voix que l’on arrête l’effroyable supplice, en vain bien sûr.

La peau était devenue très rouge, très vite, et les adorables mamelons pleins et bien dessinés s’étaient rétractés comme un boudin dans son jus de cuisson. Les cannibales salivaient par anticipation devant le festin qu’ils espéraient leur voir servi.

Charlotte poussait maintenant des hurlements démentiels qui vrillaient les oreilles du pistolero, car les larges aréoles roses qui mangeaient le devant de ses seins avaient pris une vilaine couleur grise. Les mamelles écarlates, gorgées de vapeur d’eau et diminuées d’autant de chair, ballottaient avec moins de souplesse qu’auparavant. Elles réagirent comme un ballon de rugby un jour de pluie à Twickenham sous la palpation des doigts gantés du tzin.

“ La viande est prête ” annonça-t-il en éclatant de rire.

 

 

FRANCE. VARREDDES. MATIN DU HUIT SEPTEMBRE 1914

 

La section était presque complètement rassemblée à l’intérieur du cimetière. Les hommes achevèrent de se rhabiller avec ce qu’ils pouvaient, et sans attendre les ordres, ils se dispersèrent le long des murs quadrangulaires. Les cinquante hommes étaient inégalement répartis le long des murs, pour faire face à la forêt. Un grand hurlement provenant de centaines de poitrines jaillit des fourrés, et à quatre cent mètres devant eux, les allemands chargèrent à la baïonnette depuis l’extrémité la plus rapprochée du bois de Varinfroy. Sitôt jaillis du bois, les fantassins s’alignaient pour offrir une cible plus dispersée qui eut fait le bonheur d’une mitrailleuse que la jeune section n’avait pas emmenée.

J’étais monté dans le clocher de l’église pour suivre le combat.

 

FRANCE. ETREPILLY. MATIN DU HUIT SEPTEMBRE 1914.

 

Sur les talons du Tzin qui avait défoncé le bow-window à coups de bottes pour s’extraire du piège mortel, Roland contempla stupéfait les bonds de six mètres que venait de réaliser sous ses yeux le mutant pour traverser la cour.

C’est la première fois qu’il assistait lui-même aux exploits physiques d’un tzin, et il n’eut pas le temps de dire “ non ” ou de tirer lorsque la tante de Marie-Jeanne s’effondra lentement sous ses yeux, décapitée par le coup de sabre que la créature avait décoché en retombant d’une de ses gigantesques foulées.

Puis Von Hentzau disparut sous le pigeonnier-porche cylindrique, laissant une courte seconde de silence absolu reposer comme un étau dans la première cour de la ferme. Roland ne s’arrêta pas devant le cadavre, même si ses larmes avaient jailli un court instant. Lorsqu’il passa la tête au delà du porche, une fusillade nourrie l’accueillit, faisant éclater de larges copeaux de pierre de Varreddes qui le cinglèrent durement.

Mon père prit l’escalier qui montait à l’intérieur du pigeonnier-porche et s’effondra, le souffle coupé par sa course et les émotions intenses de ces dernières secondes. A l’extérieur, les salves se succédèrent à intervalles réguliers, les lucarnes d’envol en forme d’œil de bœuf constituaient les seules ouvertures massivement visibles, et les uhlans les prenaient stupidement pour cible. Ils cessèrent de gaspiller des cartouches sur un ordre guttural du tzin, et Roland entendit une cavalcade de bottes se précipiter sur les pavés de la cour.

Il saisit le premier barreau de l’échelle circulaire et la gravit très vite. Par de rapides pressions des mains sur les trous de boulins, il lui fit parcourir une petite révolution pour se trouver devant la première lucarne d’envol, juste sous le lanternon en grès qui faisait de la ferme le phare de ce petit plateau briard . Des pigeons affolés d’être dénichés rejoignirent ceux qui voletaient en tous sens, chassés par les ricochets des balles allemandes. Malgré les plumes et les roucoulements stridents, Roland entrevit une petite colonne qui courait précipitamment sous les avancées charpentées. Le chargeur plein du Mauser coucha les cinq premiers uhlans tandis que les suivants refluaient en jurant. Roland donna alors un grand coup de pied dans l’embrasure de la fenêtre pour repartir en sens inverse et se retrouver face à la seconde lucarne. Prévenus par la fusillade, les uhlans de la colonne qui remontait la cour sous le préau face aux avancées charpentées avaient redressé leurs fusils. Lorsque l’arme meurtrière pointa son canon court au-dessus du rebord de la lucarne, la colonne n’eut pas le temps de refluer, et les maigres coups de feu hâtivement tirés n’opposèrent qu’une faible résistance à la salve tirée en position automatique qui coucha la moitié de la file indienne, certains traversés par la même balle.

Les chleuhs calmés pour de longues heures, Roland redescendit tranquillement. Il s’assit sur un tonneau de cidre et chercha quelque chose à manger, le ventre creusé par l’énergie folle qu’il venait de dépenser. Quelques œufs crus de pigeon et du lait caillé de brebis lui composèrent un petit festin. Epuisé mais heureux d’avoir détourné l’attention du tzin et sauvé les otages, Roland voulut somnoler quelques secondes.

 

BRESIL.QUELQUE PART AVANT LES CHUTES DU RIO XINGU. LE 30 JUIN 1896 A MIDI.

 

Les cannibales redressèrent Charlotte et écartèrent le chaudron fumant après avoir dispersé les braises. La volumineuse poitrine de l’admirable héroïne avait imperceptiblement rétréci, mais le plus frappant était la flaccidité des chairs d’un brun rougeâtre. Après l’avoir solidement ligotée debout sur ses jambes, les chevilles étirées par des lianes fixées à des piquets et les bras douloureusement étirés en l’air, des femmes jivaros babillaient joyeusement en soulevant les seins gorgés de vapeur et en tirant la peau molle et cuite qui ne revenait pas en place. Charlotte était virtuellement incohérente hors de rares plaintes. Elle leva à grand peine des yeux morts lorsque le tzin fit face au corps pantelant. Il brandit sous ses yeux un bowie-knife et un court instant, Charlotte espéra que c’en était fini de son atroce châtiment :

“ Oh, oui, tuez-moi maintenant, je vous en supplie, merci ”. Le tzin ne répondit pas et se contenta de lever son couteau à la large lame parfaitement affûtée. Charlotte ferma les yeux avant de les rouvrir en poussant un horrible hurlement. Le fil aiguisé comme un rasoir avait profondément dessiné deux longue entailles tout le long de ses pauvres tétons recuits. Le tzin se recula un peu pour apprécier la rectitude des incisions circulaires. Satisfait de son œuvre, il se rapprocha et entreprit de labourer profondément les mamelles secouées de spasmes par un réseau d’entailles perpendiculaires aux premières coupures, qui convergeaient vers les aréoles soigneusement préservées.

En dépit des hurlement animaux de la jeune femme, les seins lourds mais défraîchis furent rapidement striés de sanglantes incisions.

Le tzin rangea son instrument de supplice dans sa gaine et saisit entre deux ongles aussi longs que durs le rebord à vif de l’épiderme qui apparaissait à la naissance des entailles circulaires. Quand sa prise fut solidement assujettie au prix d’un grognement de la jeune aristocrate, il la fixa dans les yeux un court instant pour être certain qu’elle réalise par anticipation le nouveau supplice réservé à ses opulentes mamelles. Il rencontra un regard de folie complété par un :

“ NON, pas çaaaaaaaaaaaaaaa ”.

Le tzin tira d’un coup sec d’abord, puis plus lentement lorsqu’il constata que la bande de peau cuite venait sans effort particulier. Malgré la cuisson, des macules rouges accompagnaient l’effroyable mutilation. Le tzin tira jusqu’à ce que le lambeau de chair rencontre le contour légèrement nacré de l’aréole. Il laissa alors retomber sur le mamelon le morceau de peau avant de concentrer ses efforts sur une nouvelle pelure. Les cannibales affichèrent à l’unisson une rangée de dents cruellement limées à angles vifs au spectacle de la chair rose à point. 

Les bandes de peau retombaient sur la poitrine ou le ventre au gré de la fantaisie du monstre, chutes accompagnées par des hurlements de douleur incoercible auxquels succédaient de longs gémissements qui arrachaient des sanglots au pistolero. Puis, la poitrine de la jeune femme devint deux fleurs monstrueuses, deux dahlias au charme rose et vénéneux, dont les pétales laissaient entrevoir le fragile pistil encore préservé.

Ce n’était pas assez pour le tzin.

Rassemblant dans sa main les lambeaux qui pendaient du sein droit, il les noua en une sorte de tresse, qu’il boucla avec une ligature grossière. Après avoir infligé le même traitement à l’autre sein, il inséra une liane en travers des deux boucles ainsi formées et en fixa solidement l’extrémité à un pieu fiché en terre devant sa victime.

Sur son ordre, l’un des seringueiros s’empara d’une torche à un feu voisin qui préparait le festin cannibale.

“ Heya, jeune fille, un peu froid ce matin ? “. Sous les yeux horrifiés de Charlotte, le seringueiro souleva son sombrero pour attiser la flamme de la torche, qu’il promena lentement sous les mamelles mutilées. Avec un rugissement de souffrance, Charlotte tenta de dérober ses pauvres seins à la brûlure infernale, tendant à l’extrême les tresses de peau qui tiraient sur les fragiles mamelons. La flamme brandie par le monstre d’iniquité la poursuivit sous les rires gras des hommes blancs et les murmures d’approbation des Jivaros, qui avaient faim et souhaitaient le début d’autres réjouissances.   

Les cris de Charlotte auraient attendri un inquisiteur, mais pas le tzin. Les bases des mamelles marbrées de tâches noires et sanglantes, la jeune aristocrate ne put s’empêcher de s’auto-mutiler. Sa tête retomba sur ses épaules.

 

Lorsqu’elle se réveilla, elle ne vit que l’herbe tondue ras par le bétail sous ses yeux, tandis qu’une sensation de chatouillement sur tout le corps leurra un instant l’extrême douleur qui envahissait sa poitrine sauvagement massacrée. Sa perception s’affina et elle distingua sous son corps ligoté parallèlement au sol les préparatifs d’un grand feu. Devant elle, deux pieux qui portaient en travers la perche à laquelle son corps était suspendu tremblaient sous un grouillement intensif. Lorsque sa vue s’améliora davantage, elle poussa un cri affreux en reconnaissant les longues colonnes de fourmis rouges qui avaient nourri ses cauchemars de petite fille.

Un bruit de pas à ses côtés lui fit douloureusement tourner la tête. Le tzin se pencha un peu :

“ Eh bien, tu n’es pas satisfaite par la garniture ? Les jivaros te font l’honneur de t’accompagner d’un bouquet de marabunta et tu protestes ? Tsss, tss, aucune éducation, ma chère… “ Le tzin se gobergea de son bon mot avec un rire sinistre. Charlotte sentit les premières morsures dévorer les chairs à vif, tandis que d’autres insectes entreprenaient de coloniser son intimité après s’être extirpé de sa riche fourrure pubienne. Elle sentit bientôt ses chairs les plus tendres à leur tour fouaillées par des morsures dévastatrices qui la faisaient se cambrer en convulsions démentielles. Elle avait l’impression que ses grandes lèvres étaient hachées menues pour faire place à l’infernale infestation. Ses seins croulaient sous une masse confuse de mandibules qui se disputaient les derniers morceaux d’autant plus savoureux qu’ils avaient été précuits. Puis elle sentit que les derniers remparts qui protégeaient sa matrice s’effondraient. Les parois vaginales à vif, elle se tendit dans un spasme brusque qui fit craquer sa colonne vertébrale. Elle souffrait tant qu’elle ne réagit pas lorsque le foyer fut allumé sous ses yeux juste avant que les fourmis n’attaquent la gelée de ses globes oculaires après en avoir déchiré les cornées.

 

FRANCE. ETREPILLY. MATIN DU HUIT SEPTEMBRE 1914.

 

Les balles s’aplatirent sur le bronze de la cloche avec un bruit mat. Je passais prudemment la tête sous les abat-sons le temps que l’orage se calme. Rapidement, les tireurs d’élite camouflés sous les fougères changèrent de cible. Ils avaient mieux à faire que viser un poste d’observation, car une compagnie de la troisième armée était apparue au bout de la plaine. Pour éviter d’être encerclé, le bataillon allemand commença d’affluer vers le grand cimetière pour le dépasser et se replier sur Varreddes comme point d’appui. Le bataillon tenta d’abord de l’emporter sur la petite troupe. Les quatre cent hommes qui chargeaient à la baïonnette formaient une cible idéale qui partait de très loin. Les cinquante français tiraient sans relâche, soigneusement abrités derrière les murs de pierre sèche, fauchant par dizaines les vagues de casques à pointe. Certains s’étaient juchés au sommet de caveaux familiaux, abrités derrière de grandes croix ouvragées. Ils concentraient sur eux les salves ennemies, et peu survécurent, mais ils permirent aux autres d’ajuster confortablement leurs tirs. Ces jeunes artistes mouraient dans une geste héroïque, les chemises blanches en lin maculées d’un sang vif s’effondraient lentement sur les chapiteaux sculptés. Puis vint un instant d’équilibre où les allemands pouvaient prendre d’assaut le cimetière avec les forces qui leur restaient ou le contourner. À cinquante mètres, Jean de Saint Marc, à court de munitions pour son fusil Lebel, dégaina son revolver et tira au jugé, tant la portée était longue. Par miracle, il toucha le soldat le plus pugnace qui rameutait l’avant-garde. Brutalement, un vent de panique s’empara des premiers rangs, dont la course s’infléchit pour s’écarter du cimetière. Une forme de superstition s’empara de la troupe décimée, et les boches fuirent le cimetière comme s’ils avaient vu leur propre tombe. 

 

FRANCE.VARREDDES. MATIN DU HUIT SEPTEMBRE 1914. 

 

L’uniforme rutilant défraichi par sa fuite éperdue, Rupert Von Hentzau éructait dans le téléphone de campagne.

“ Ja, mein General, Ja, aber…. ”.

Le général Klaus Von Heisel ne lui avait laissé aucune échappatoire, le régiment devait se replier tout de suite.

 

Assis sur le siège du passager de l’automitrailleuse souillée de poussière, le tzin reposa le combiné en ebonite. Il réfléchit un peu et prit sa décision très vite. Il donna les ordres pour que le mouvement de ses troupes s’opère, en conservant auprès de lui une section d’une cinquantaine d’uhlans. D’ici trois heures, il devrait avoir rattrapé ses hommes, sinon, il était bon pour la cour martiale. Un tzin en prison ? Cette pensée le fit sourire sinistrement un court instant, tandis qu’il marchait le long de la ferme aux hauts murs délités par le temps, en fumant un cigare pour réfléchir.

Il cherchait comment prendre par surprise le pistolero dans son nid lorsqu’il leva les yeux sur les otages, assis dans un carré d’herbes folles entre deux gros contreforts qui soutenaient les larges façades de la grange ouest. Il reconnut en Marie-Jeanne la jeune servante qui avait aidé au repas la veille. 

Réajustant son monocle, le mutant demanda des explications au sergent Dieter Klemberman. A la fin de son récit qu’il n’écoutait plus, le tzin avait la bouche fendue d’un sinistre sourire de prédateur.

Sur ses ordres, deux uhlans remirent sur pieds ma bien-aimée, forçant les autres otages à se rasseoir à coups de crosses. Les capotes vert de gris encadrèrent Marie-Jeanne devant le grand portail d’entrée de la ferme, dont les battants avaient été refermés tant le tir de Roland était encore précis à cent mètres.

De l’autre côté de la route, une petite halle abritait des outils de travail dans une soupente, au-dessus d’un travail à ferrer les chevaux. Tandis que des soldats inspectaient le réduit et jetaient par terre des outils de fenaison, des fourches à foin ou à betteraves et des houes à vignes, le tzin contemplait les instruments du charron. Une idée démoniaque germa soudainement.

“ Attachez la fille sur l’engin, là, allez, vite….oui, comme un cheval, c’est ça ”.

Marie-Jeanne se débattit vigoureusement, mais sans crainte, simplement parce qu’elle ne supportait pas que le gros uhlan rougeaud aux yeux porcins porte la main sur elle. Elle ne comprit pas tout de suite pourquoi, liée étroitement en travers des gros rondins en chêne, le buste penché en avant au-dessus d’une poutre, elle avait la cheville maintenue sur un gros bloc de grès en forme de bitte. Elle ne réalisa l’horreur de son destin qu’après avoir senti plaqué contre son talon le