30 mars 2007
La jeune fille et la mort
Bien sûr, je revisite le film du même titre, sur la base d'une forme de vision qui m'a traversé l'esprit en montant me coucher un soir. Je me suis installé devant l'ordinateur, peut-être la main guidée par un fantôme, en tous cas, 4 heures après et quasi sans ratures, j'avais littéralement "accouché" de ce texte -toujours le fantasme de l'étudiante gauchiste entre les mains d'une quelconque junte. C'est le visage de Jessica Alba que je vois en permanence en relisant ce texte.
La jeune fille et
la mort
Je m’appelle Jessica Marie Rosenkrantz.
Demain, je serai morte.
Non,
si, non, oui, peut-être ; je ne sais plus, j’espère, je crois.
J’ai
peur, mais je ne veux plus souffrir.
J’ai
peur, mais je me dégoûte.
J’ai
parlé, et je dois me taire pour toujours.
La
lune m’éblouit, moi dont les yeux sont clos toute la journée sous le capuchon
infect que mon bourreau fait déposer tous les matins sur ma tête par les gardes
de l’école militaire.
Je
cherche les cratères, Roberto m’a dit qu’en plissant les yeux, au bout d’un
moment, ils apparaissaient.
Je ne
vois rien, rien que le visage de mon bourreau. Ce n’est jamais le même, je ne
l’ai jamais vu.
C’est
une voix grave. Quand il s’est approché la première fois, il venait d’insulter
les gardes, et il m’a dit d’une voix enrouée “ bonjour, Jessica ”.
Le timbre était chaud, distingué. J’ai cru
entendre un ami. Il venait me délivrer.
Il
s’est penché sur moi, parce que j’ai senti sur mon épaule son souffle léger
alors qu’il venait d’exhaler une bouffée de cigarette. C’était du tabac blond.
Je le sais, parce que Roberto préfère le cigarillo, et ça me suffoque toujours
un peu.
Il
m’a dit “ tu sais que tu es une étudiante très brillante, Jessica ”.
J’ai répondu en tremblant “ je n’ai rien à vous dire ”.
Il m’a tiré doucement les cheveux en
arrière.
“ Mais arrêtez, vous me faites
mal ”
Il a
continué. Ma nuque s’écrase sur le rebord de la chaise. Je résiste avec mes épaules. Je tire sur les liens qui
déchirent ma peau. Je suis nue.
Il
rit. Il m’a relâché. Il sort. J’ai toujours l’impression que mes cheveux
brûlent depuis les racines.
Je ne dois pas parler, pas parler, pas
parler, pas parler.
Ce
matin, c’est lui qui est rentré. Je le sais. Il ne fait jamais de bruit, pour
me surprendre, il n’a pas de bottes, lui, mais je sais toujours quand il est
là.
J’ai
froid. Mes pointes de sein sont très dures. Je sais qu’il prend le temps de me
regarder.
Ils
ont attaché mes jambes aux barreaux de la chaise. Je sais que ses yeux sont
posés sur mon clitoris.
J’ai
soif. Je ne peux plus racler ma gorge pour interrompre cette attente. Il se
lève, il a déplacé un peu d’air. Je pense qu’il est gros.
Je
devine qu’il vient à ma droite. Il tourne avec souplesse dans mon dos
maintenant, comme un chat.
J’ai peur, mais je ne dois pas parler, pas
parler, pas parler.
J’ai peur et je ne veux pas qu’il remette
les électrodes sur mes seins. AHHHHH.
“ Jessica, Jessica ” “ tu as
mal ? ”.
Quelque
chose est enfoncé dans mon sein. “ OUIIIII, j’ai mal, espèce de salaud.
Non monsieur, excusez-moi, je vous en prie, enlevez ça, s’iiiil vouuus
plait ”.
“ ça,
c’est une épingle, disons assez grosse ”. Il a grasseyé “ assez
grosse ” Je le hais “ Ce n’est pas bien méchant, je te
rassure ”.
Mon
sang est en train de couler sur mon ventre. Je le vois. Je l’imagine. Non, je
le vois à la lisière du capuchon, la traînée est d’un rouge très sombre qui se
détache sur ma peau mate.
Elle
rentre dans mon nombril. Elle continue de descendre. Elle se répand sur la
bouteille cassée qui sort de mon vagin. Elle se mélange avec mes règles.
J’ai peur, j’ai peur, je ne dois pas parler,
pas parler.
Mon
sein me fait très mal, maintenant, je pense qu’il a enfoncé un tournevis. Il
est très gros, son poids tire mon sein. Je sais qu’il est déformé. Maman,
Maman, je veux pouvoir donner le sein, je veux…
J’ai peur. Je transpire. Je sens mauvais.
Comment peut-il me lécher ?
“ Voilà,
j’ai guéri la pauvre petite Jessica. ” Il s’est redressé. C’est comme si
je l’entendais sourire de son bon mot.
Je n’ai
plus de forces. Je ne sais plus si c’est bien lui qui a fixé les électrodes sur
mes mamelons en les pinçant longuement avec ses ongles.
Il a
gloussé jusqu’à ce que je hurle, il a ri tant que je hurlais, le cœur fou, les
jambes étirées pour me décoller de la chaise, les muscles convulsés.
J’ai peur, j’ai peur, j’ai peur, je ne dois
pas parler.
Papa se penche sur moi, il me soulève
légèrement la tête, il m’emb…
AAAAHHH
Il a pris le tournevis, il l’a tourné, il le
tient toujours.
“ Jessica,
dis-moi, j’ai juste une petite question à te poser. Mais tu la connais déjà, je
crois ”.
“ Monsieur, croyez-moi. C’est vrai. Ils
ne me l’ont pas dit. Je vous juuuure ”.
Ma
voix s’est brisée. Je m’affaiblis. Non, cette fois, ce n’était pas lui. Qui
c’est lui ?
Je ne
sais plus, j’ai peur. Je reconnais leurs odeurs. Ils sont deux, j’en suis sûre.
Pourquoi ont-ils la même voix ?
Je
veux partir. J’ai mal. Il caresse mon épaule. Ses doigts se referment autour de
mon cou…Il va m’étrangler. Non, non, il
veut te faire peur, tu n’as pas parlé, tu ne dois pas parler.
“ Jessica, il est temps de nous confier
ton petit secret maintenant ”.
Son souffle est oppressé, je sais qu’il a
très envie de me violer.
Il ne le fera pas, parce que mes liens sont
en fil barbelé.
Sa
main descend le long de mon sein, je me rétracte, j’ai peur, et c’est aussi un
plaisir. Mon corps réagit. Ma peau a reconnu la première le chatouillement de
la main très velue de Roberto.
Roberto
a levé les yeux au plafond quand il a joui dans ma bouche. Je penche ma tête
pour continuer de le rece…
YYYYEHHH. Il a refermé sa main sur mon sein.
Il l’écrase. Il le presse.
“ Arrêtez,
Arrêtez, Arrêtez ...s’il vous plait. J’ai trop mal ; je vais mourir.
Mammaaan “.
Il
rit. Il ne répond pas. Mon cœur s’est arrêté de battre. J’ai un vertige. Je ne
l’entends plus. Son rire est étouffé. Non, c’est moi qui étouffe. Le capuchon
est très lourd maintenant ; non il n’est pas lourd, il l’a resserré.
Je ne
peux plus respirer. J’ai peur. Je ne dois pas parler. Juste une heure. Juste
une heure pour Roberto.
Roberto
s’assoit à ma table. Ses doigts sont noirs de l’encre des tracts. Il dépose un
baiser léger sur mes lèvres.
“ JESSICA ”.
Il a hurlé dans mon oreille. Je ne m’y attendais pas. Je n’entends plus. Son
cri continue de résonner. J’ai très mal à la tête. Je ne dois pas parler, pas
parler. J’ai peur…
Pas
parler, pour Roberto. Si tu ne parles pas, tu RESTES EN VIE.
“ OU
TU VEUX MOURIR MAINTENANT ” Il a encore hurlé. Je ne l’entends plus. Il a
relâché le lien qui serre le capuchon, mais je ne l’entends plus. Papa, papa,
prends ma main, s’il te plait.
AAAAAHHHH. Je ne peux plus. Je ne peux plus.
Il a
pris le tournevis comme un tourniquet. Il l’a enfoncé davantage. Il a tourné.
Mon sein s’est déchiré. Le tournevis est tombé.
J’ai parlé. Je dois
mourir. La lune m’éblouit. Je vais mourir. J’ai peur. Il est rentré. Il
s'approche. PAPA, mon capuchon s’est refermé, PAPa, PApa, Papa, pap..
Ceci est la photo de Jessica Marie,
disparue à LA PAZ mercredi après-midi. Forte récompense pour toute personne qui
pourra fournir des informations. Ecrire au journal qui transmettra.
Dolorès Etchuan-Rosenkrantz
FIN
00035439
Sceau officiel CopyrightDepot.com émis
le 02
04 04 à 15:12 (HE)
Consulter le site
CopyrightDepot.com
L'Ecole Mishima
J'ai toujours été totalement fasciné par la terrifiante violence des soldats japonais depuis le massacre de Nankin jusqu'à la WWII. D'autre part, l'univers des samourai, des films d'exploitation asiatiques (karaté, yakusa) m'attirait beaucoup. D'où l'idée d'un récit qui mixerait un peu tout cela, toujours dans un univers assez original, le Japon des années 70....Normalement, LE récit que je dois terminer en priorité.
l’Ecole
MISHIMA- Une semaine en enfer
Petit rappel
historique à l’intention de ceux qui ont oublié le 25 novembre 1970.
C’est
ce jour là que l’illustre écrivain japonais Yukio Mishima a choisi pour se
suicider d’une manière très spectaculaire (faits authentiques) :
A
10h30, avec une trentaine de disciples habillés d’anciennes tenues de soldats
de la seconde guerre mondiale, il a investi le quartier général des forces
d’auto- défense japonaise en plein cœur de Tokyo.
Il
ensuite harangué les élèves officiers de l’école pendant près de deux heures
parce qu’il voulait protester contre l’interdiction faite au Japon de se
réarmer.
Pour
que sa mort contribue à réveiller l’honneur d’une nation de samouraïs
colonisés, il s’est fait seppuku (plus communément connu sous le nom
d’hara-kiri).
……………………………….
Ce n’était
pas la vraie raison…Les archives des services de police japonais étant
accessibles au public au bout de trente ans, un jeune étudiant à la curiosité
opiniâtre vient de découvrir qu’une partie des membres de sa secte capturaient
et torturaient à mort des jeunes filles recrutées comme disciples parmi une
agence de top-modèles, afin de tourner les premiers snuff- movies jamais
réalisés sur l’archipel.
Lorsque Mishima le
découvrit au retour d’un voyage abrégé, il choisit la mort pour éviter à son
école le déshonneur d’une enquête publique, après avoir châtié lui même les
coupables.
Les films étaient
tournés avec le plus grand soin, on a même retrouvé les photographies des
jeunes filles ainsi qu’un carnet de croquis dans lequel le metteur en scène
indiquait les plans à tourner et donnait ses instructions.
ECOLE
MISHIMA –Introduction
Mardi 26 novembre
1970. 11 heures. Hôtel de Police du quartier Kanzo à Tokyo.
Le commissaire
intendant Sanshô releva un instant la tête en soulevant son chapeau. La
grisaille de cette matinée d’automne sépulcrale ajouta à sa morosité. Quelques
gouttes, rabattues par un vent glacé, fouettèrent ses lunettes pour finir leur
trajectoire sur les façades lépreuses de l’Hôtel de Police de la 6e circonscription
de Tokyo Nord.
Sanshô rabattit d’un
geste sec son couvre-chef et s’engouffra dans sa vieille Mazda. L’odeur mêlée
de tabac refroidi et de cuir avachi l’incommoda, comme d’habitude.
Il plissa ses narines
épatées au dessus d’une petite moustache rasée de près, qui lui donnaient l’air
d’un de ces magots pleins de sagesse et de malice.
Il tapota de sa canne
l’épaule du chauffeur aujourd’hui affecté à la conduite du véhicule, usé
jusqu’à la corde : “ Au Ministère de l’Intérieur, par l’entrée de la
rue Nuda ”, et il se renversa en arrière.
Il savait qu’il allait
passer l’une des plus mauvaises journées de sa vie, et que le remplacement de
sa vieille voiture de fonction qui prenait l’eau ne serait pas vraiment à
l’ordre du jour.
A vrai dire, après le
désastre de l’affaire Mishima et la disparition d’un de ses meilleurs agents,
c’est plutôt une mise à la retraite anticipée qui n’était pas à exclure.
Sanshô pensa
rêveusement au verre de saké qu’il avait pour habitude de déguster le soir avec
deux autres vieux collègues dans leur bar préféré. Il se dit qu’il aurait bien
de la chance de pouvoir lui trouver le même goût ce soir.
La voiture entrait
dans la cour quand Sanshô sortit de sa rêverie. Il gravit l’escalier d’honneur
monumental, tourna à droite après une loge, et prit l’ascenseur jusqu’au
troisième étage.
Quelques centaines de
mètres sur les épaisses moquettes d’un dédale d’étroits couloirs lambrissés, et
il entrait dans le vaste bureau aux tons havane et rouille du premier
secrétaire d’état délégué à la surveillance du territoire. Il admira un bref
instant un magnifique tableau moderne placé sous une vitrine.
Morita Masakatsu ne se
leva même pas pour l’accueillir et lui indiqua un siège d’un geste impatient.
Grand, dominateur, le
contraste était saisissant avec la corpulence chétive de Sanshô.
Au mépris des longs
préliminaires propres à la tradition nippone, il attaqua sèchement :
“ Les exploits de Mishima ont fait la une de tous les
journaux d’Europe ”
“ M. le
Secrétaire, nous sommes les seuls à pouvoir dire exactement ce qui s’est
passé ”
“ Et c’est pour ça que vous n’avez pas voulu en parler
au téléphone ? ”
Sanshô se pencha en
baissant un peu la voix, comme s’il voulait se confesser :
“ Masakatsu-San,
je dois d’abord vous dire que des jeunes filles ont disparu la semaine dernière
dans l’école Mishima ”.
Le Secrétaire Général
se renfrogna :
“ Mauvais, ça.
Une affaire de mœurs ? Je croyais que Mishima n’aimait pas les
femmes ? ”
“ En fait, ce
n’est pas de lui qu’il s’agit, puisqu’il est revenu seulement dimanche soir de
son voyage ”
Sanshô se rendit
compte qu’il commençait à transpirer. Il raffermit un peu sa voix.
“ Nous sommes en possession d’indices qui permettent
d’affirmer qu’on a tourné un film en son absence dans l’école ”.
“ Quel genre de
film ? ”.
“ Je n’ai pas
encore eu le temps de le visionner ”. Il marqua une pause et reprit :
“ mais on a
également trouvé les journaux que tenaient ces filles qui ont disparu, et aussi
des croquis faits par Toshiro Mukai, le bras droit de Mishima ”
Il ajouta avec un
effort :
“ et certains des
miliciens qui étaient restés dans l’école ont disparu aussi ”.
“ Vous pensez à
quoi ? à une bataille rangée dans son clan ? ”.
“ C’est un peu
plus compliqué que ça, je le crains. Il faudrait que j’étudie davantage tous
les documents ”. Il déglutit avec peine et ajouta :
“ Je dois aussi
vous dire que parmi les jeunes filles disparues, il y a une de nos
agents ”.
Masakatsu sursauta
“ Mais qu’est-ce qu’elle faisait là ? ”
Un doigt dans le col
de sa chemise, Sanshô précisa :
“ Eh bien elle
avait pour mission d’infiltrer la secte, un travail de routine, quoi ”
Ecarlate, le secrétaire
se redressa sur son fauteuil :
”Mishima, une mission
de routine…vous plaisantez ! ” Il cria presque “ et qui a décidé
ça ? “
Sanshô dit d’une voix
inaudible “ Moi…mais elle avait un talkie-walkie pour demander de l’aide,
et elle ne l’a pas fait ”.
Il se jeta à l’eau et
ajouta “ Ce n’est pas tout. Nous soupçonnons que Mlle Kaite Moruki était
aussi présente dans l’école. Elle a également disparu. En fait, personne ne l’a
revu depuis qu’elle quitté son appartement il y a huit jours ”.
Il fit une pause et
compléta très vite pour devancer la question “ Des villageois ont
formellement identifié sa voiture avant qu’elle n’arrive à l’Ecole
MISHIMA ”.
A la grande surprise
de Sanshô, Le Secrétaire Général eut un geste d’abattement.
“ Menez l’enquête
avec la plus grande discrétion. Elle en a fait assez voir à son père. Il nous
en sera reconnaissant ”. Il ajouta d’une voix raffermie :
“ Mais en
attendant…vous savez parfaitement que demain mercredi, au Parlement, le Ministre de l’intérieur va être très violemment attaqué
par l’opposition à l’occasion des questions d’actualité. Je veux demain matin
sur mon bureau une note de synthèse de tout premier ordre ”. Il ajouta
doucement pour renforcer ses propos :
“ c’est votre
poste que vous jouez…c’est bien clair, je suppose ? ”.
Sanshô se leva, heureux de pouvoir abréger l’entretien.
A treize heures, il
était dans son bureau, sur lequel étaient alignés des blocs d’écriture, des
liasses de rapport de police, un épais carnet en cuir et la bobine d’un film.
Un projecteur était disposé sur le côté de son bureau, face à un mur caché par
un drap blanc selon ses instructions.
Il commença par la
lecture des notes confidentielles de la Direction Nationale des Renseignements
Généraux. Après avoir sommairement parcouru les trois bloc-notes, il les sépara
en morceaux et les recomposa en plusieurs paquets soigneusement disposés.
Lundi 18 Novembre 1970 -
PREMIERE JOURNEE : L’arrivée (1/4)
Journal de Kaite MORUKI
Faits et méfaits de moi
(journal très
intime d’une jeune fille plus tout à fait jeune fille et pas encore rangée).
TOKYO-7heures du matin.
Je viens de
raccompagner devant leur hôtel particulier Asuka et Koga, son frère, après notre
nuit…disons ? de débauche.
Je suis très
exaltée par l’aventure, non-la grande aventure-qui m’attend.
J’ai décapoté ma
Jaguar XK120-non, jamais vous ne me ferez monter dans cette monstruosité qu’ils
appellent la Type E-et je file sur l’autostrade , droit vers le soleil levant.
Le soleil levant,
l’Empire, voici des mots qui sonnent encore aux oreilles de l’héritière de la
onzième fortune du Japon.
Puisque Papa n’a
pas voulu que je m’occupe de ranger les meubles d’un des châteaux qu’il a achetés
en France, eh bien, je vais m’occuper autrement.
150,160,170-L’adrénaline
insufflée par la vitesse efface les fatigues de la nuit, le vent disperse les
odeurs intimes de Koga et de sa sœur Asuka-oui, je suis bisexuelle et fière de
l’être-, très excitée aussi, parce qu’au bout de l’autoroute, il y a Matsumoto
et l’école MISHIMA.
J’admire Yukio
MISHIMA, son œuvre, l’exquise délicatesse de ses haikus, ces courts poèmes de
17 syllabes.
Il est très beau,
quand il pose nu avec son sabre. Il s’est simplement trompé de siècle.
Comme lui, je
voudrais ressusciter la gloire du Japon, me trouver à ses côtés pour haranguer
la foule et bouter l’occident hors de notre cher pays.
Il a refusé de me
prendre dans son école, sans même m’avoir vue.
Pourtant, il
préfère les hommes, donc je ne pense pas que le sexe ait quelque chose à voir
avec ça.
Tout simplement, il
ne veut pas être lié aux milieux d’affaires, sans doute.
Je traverse un
village sans ralentir, en éclaboussant les paysans et en faisant s’envoler
leurs volailles. Dieu, qu’ils sont drôles dans mon rétroviseur, avec leurs
poings serrés.
Ma flèche rouge
taille sa route dans la forêt , maintenant. Avant de quitter Tokyo, j’ai enfilé
une tenue de motard en cuir rouge nacré assorti au noir ébène de mes sièges.
Je me plais dans la
glace. Je ralentis un peu pour savourer ma première Craven. La vie est belle,
j’exhale de longues volutes qui s’évanouissent dès qu’elles franchissent le
saute-vent de mon bolide.
Je repense en
souriant à mon strip-tease dans l’agence Tokyo-Topless. Merci d’avoir cherché
des figurantes pour tourner dans un film érotique, M.MISHIMA.
Mais si vous aviez
besoin d’argent pour votre école, il était tellement plus simple de demander à
Papa !
Mais il est vrai
aussi que je n’aurais pas eu le plaisir de poser nue pour ce vieux photographe
qui me mangeait du regard…
Voilà, c’est fait,
et puisque je ne peux pas entrer par la porte, me voici à la fenêtre,
M.MISHIMA.
Les contours du
château féodal offert à la visite du public se dessinent juste après la forêt.
Deuxième dynastie
mandchoue, fin du XIIIe siècle, début du XIVe. Tourelles rajoutées au XVIIe,
pour augmenter la portée des obusiers. Classique. Mes cours de troisième année
en histoire médiévale sont encore si frais dans ma mémoire…la Fac me manque un
peu, quand même, avec toutes les joutes oratoires avec les marxistes.
J’évite le parking
des visiteurs, je prends une contre-allée sur la droite du château.
Les communs sont en
fait une véritable ferme fortifiée, avec de hauts murs bizarrement couronnés de
fil de fer pour empêcher les pigeons de se poser.
Un fermier, qui
attend quelqu’un à l’entrée, se penche vers moi sans un mot. Je descends ma
vitre et lui tends la convocation de l’agence en murmurant suavement
“ Tokyo-Topless ”.
Il consulte un
calepin et s’efface pour me laisser entrer avec un grand sourire.
La cour est très
vaste, rectangulaire, et je me gare à côté d’autres voitures, devant ce qui
semble être un bureau de réception composé uniquement d’un rez-de-chaussée,
alors que tous les autres corps de bâtiment qui composent cette cour fermée et
légèrement oppressante ont un, voire deux étages.
Un homme sort en
boitant légèrement pour m’accueillir. Il a environ 60 ans et l’allure très
séduisante d’un prince pirate. Il s’incline pour se présenter :
“ Je suis
Toshiro ”
Lundi 18 Novembre 1970 -PREMIERE
JOURNEE : l’arrivée (2/4)
Journal de Juri OSHINO
Bon, faut bien que
j’écrive un journal, moi aussi. C’est pas que ça m’emballe, c’est même
difficile, mais les deux autres, elles grattent comme des folles sur leurs
feuilles.
Alors, je vais pas
encore passer pour la gourde de service. Mais moi, j’ai pas été longtemps à
l’école. C’est vrai que je préférais courir les champs avec les garçons, hi-hi,
il avait bien raison de râler, l’instituteur.
Où j’en
étais ?Ah oui, je suis ici parce que Go-Go girl, ça paie pas très bien, et
que, vu l’annonce, une semaine à montrer son cul dans un château, ça doit bien
rapporter. Je suis vulgaire, je sais, mais nous, à la campagne, on appelle une
chatte une chatte.
Alors j’ai fait des
photos dans cette agence, Tokyo machin, et j’ai été élue Miss Arts martiaux, il
paraît.
Le photographe, il
m’a dit comme ça qu’ils voulaient absolument une femme qui nourrisse un bébé.
Comme j’ai eu Sunje il y a deux mois, ça tombait bien, parce que côté taille de
guêpe, c’est pas encore ça !
C’est mon petit
voisin de palier, l’étudiant, qui m’a emmenée.
Il s’est gentiment
proposé quand je lui ai dit que ça avait marché pour moi.
Pt’êt bien aussi
qu’il avait des idées, malgré ses airs timides.
Ce matin, on s’est
levé à 6 heures. Il a chargé mes bagages dans sa Honda S800, c’est pas grand,
et fouette cocher.
Quand on est arrivé
sur l’autoroute, il se détend un peu, il m’offre une cigarette, je dis non
merci, et il ouvre sa vitre pour griller la sienne.
C’est vrai qu’il est
pas mal, il est même beau quand il tourne un peu la tête en arrière pour
souffler la fumée de sa cigarette du bon côté.
Soudain, il m’a
attendri, et j’ai eu envie de le remercier tout de suite de m’avoir
accompagnée.
J’ai profité qu’il
conduisait et ne pouvait pas se défendre-il n’a pas vraiment essayé d’ailleurs-
et ma main a filé vers sa braguette. Il a déplacé un peu ses fesses pour
m’aider et j’ai défait un à un les boutons.
Un parfum
d’after-shave s’échappe. J’ai de la chance, il est très propre apparemment.
Sa queue éclate
presque quand je tire son slip. Il a de petites couilles, mais vraiment une
grosse bite, très belle, bien dessinée, avec un gland rose très émouvant. Elle
est très ferme entre mes doigts pendant que je joue un peu sadiquement avec
elle et qu’il a la gorge serrée d’attendre un peu plus.
En fait, j’ai très
envie de le sucer, je le regarde droit dans les yeux, puis je me penche sur
lui. Mes lèvres parcourent longuement son filet, et enfin, avec ma langue,
j’honore son trou à pisse. Il y a des gouttes translucides que je récupère
adroitement pour lui éviter de tâcher son pantalon. Mes lèvres descendent et
aspirent doucement ses petites noisettes sans les croquer, même si j’en ai très
envie. Ses poils chatouillent mon nez et je dois remonter sans négliger de
parcourir son prépuce de petits lapements.
Il râle de plaisir et
je sens la voiture qui tangue un peu. Vite, je m’arrête, et je sens qu’il va falloir
abréger si on veut arriver entiers !
Bonne fille,
j’enfonce ma bouche jusqu’à la base de son truc, et là je pompe très fort, sans
m’arrêter, à peine deux ou trois fois pour reprendre mon souffle. Je sais que
mes joues sont creusées par l’effort. J’ai posé mes doigts sur ses couilles et
je sens des contractions qui viennent.
Je maintiens ma
pression extrême et ma bouche remonte lentement le long de son membre pour
accompagner son sperme.
Il explose et je ne
me retire pas, je secoue la tête comme un chien sur son os. Son foutre est très
bon, très sucré, et c’est quand même meilleur que l’essence que je siphonnais
dans le tracteur du vieux Goshin.
Polie, je répare les
dégâts en lui faisant sa toilette avec ma langue, tout en surveillant qu’il
regarde bien la route quand même.
Je le reboutonne soigneusement.
On se renfonce dans
nos sièges, l’air sérieux, comme si de rien n’était, puis on éclate de rire
tous les deux et je lui prends la main dans un geste de tendresse.
L’autoroute est
toujours très droite et il en profite pour insinuer son index entre l’élastique
de mon slip et ma peau. Il trouve mon clito déjà dressé et le masse doucement.
Au bout de quelques
instants, je me penche en avant en écrasant sa main.
Il la retire en
faisant semblant de gémir et il sent son doigt, le dégoûtant.
On manque rater la
sortie 21, vers Matsumoto. Il rattrape la voiture d’un petit coup de volant et
on s’enfonce dans la campagne.
On ralentit dans un
village, je regarde les fermes, j’ai presque envie de pleurer mais le passé
c’est le passé.
On traverse une
forêt, un peu plus loin derrière, c’est le château, un bidule pour touristes.
Comme on est lundi, y a pas grand monde. De toute façon, on ne va pas dans le
château, c’est bien marqué dans la lettre. On suit la pancarte “ Ecole
MISHIMA ”, c’est indiqué, c’est simple.
Un peu avant l’entrée
de la ferme, je demande à mon presque amant de s’arrêter, je vais finir à pied
et il fera demi-tour là, c’est plus pratique. Je lui fais un petit baiser sur
le front. J’ai envie de le revoir très vite, c’est sûrement un bon coup.
Je me dirige vers le
portail de la ferme. Mince de ferme ! Un pont-levis, on se croirait au
Moyen-Age. Et puis leurs vaches, elles doivent voler, puisqu’ils ont mis des
clôtures en haut des murs…
Il y a une sorte de
gardien avec un uniforme bizarre. C’est vrai qu’on est dans une école d’arts
martiaux, après tout, et ça s'entend d'ici !.
Il me regarde
attentivement, il en profite pour mater mes nichons, et il s’incline pour me
laisser passer. Je n’aime pas trop ça, j’ai l’impression qu’il se moque de moi.
Dans la cour, il y a
plusieurs voitures, y en a une qui est vraiment super, vieille, mais pas trop,
et pleine de chromes éblouissants. Elle est rouge avec l’intérieur tout noir.
Je m’approche. C’est pas du skai, c’est du cuir. Je suis sûre qu’elle
appartient à la fille bien balancée qui papote avec un vieux bonze.
Je m’approche : “ Salut, moi c’est Juri ”.
Lundi 18 Novembre
1970 -PREMIERE JOURNEE : l’arrivée (3/4)
Carnet de tournage de Toshiro
-Le metteur en
scène – explications, plans et croquis –
J’ai
décidé de tenir un carnet de tournage pour m’aider à bien tenir mon sujet. Je
compte mettre les dessins de mes croquis à part, avec une référence.
Le
matériel est arrivé ce matin : les caméras Leica-Zeiss, les spots…et les
filles !
Dans une
semaine, mon fils Amida et moi, nous pourrons enfin quitter l’école MISHIMA,
ses absurdes traditions et son chef mégalomane.
Nous
serons bientôt riches, grâce à ce film que m’ont commandé ces industriels du
Nord, ces parvenus.
Ils
doivent compter les jours en pleine érection, maintenant. Tant qu’ils comptent
aussi les liasses de yens…
Quand
Mishima reviendra dans une quinzaine de jours, il aura une petite
surprise !
“ Votre
confiance m’honore, Mishima-San ”, lui ai-je dit en refermant la portière.
Son chauffeur a enclenché la première et la limousine Nissan, suivie de la
seconde voiture de sa garde rapprochée, est partie samedi vers l’aéroport. Son
vol est à destination de l’Europe, où il doit donner une série de conférences.
L’Ecole
est à moi, le deuxième cercle de disciples m’obéit aveuglément, les servantes
m’appartiennent corps et âmes.
Les trois
bécasses sont arrivées à l’heure, entre 9h et 9h30. Elles se tiennent au pied
de l’escalier monumental et hésitent à monter dans leurs chambres.
Je suis en haut et je les invite de la main-si,si-.
Elles me
suivent et je leur fais faire un petit tour du propriétaire. Après tout, elles
ont bien droit à une visite guidée de leur dernière demeure-Ah, Ah-.
Nous
passons devant le petit musée de la première galerie. Elles contemplent avec
fascination les armes médiévales, surtout la sportive, c’est Mayu, je crois.
Elles contemplent plus longuement les photos des premières générations de
maîtres et élèves, avant la guerre.
Elles
s’arrêtent devant une photo de moi en tenue d’aviateur, dans les derniers
moments de la guerre. J’ai été versé dans l’aviation parce que je ne peux plus
courir avec cette balle dans le genou.
Est-ce
leur présence ou l’avenir que je leur réserve, mais je remonte le temps à toute
allure, les souvenirs affluent :
-Le vieux soldat-
Chine 1937. Massacre de Nankin -
Je suis
né en 1911, dans un village de pêcheurs que vous ne trouverez même pas sur la
carte, à côté de Kobe.
Vous
savez tous dans quelles conditions nous avons envahi le Mandchoukouo en 1937.
En 1937,
précisément, je passe sergent, et j’étrenne mes galons en décembre devant
Nankin. Après une semaine de sauvages corps à corps dans la banlieue, nous
avons noyé une partie de l’armée de Tchang-Kai –Chek dans le fleuve Yangzi-Jiang.
Les
survivants qui se sont rendus –les chiens sans honneur-, nous les avons tous
emmenés hors de la ville, dans des carrières où ils ont du creuser leur fosse
commune.
De
temps en temps, l’un des officiers s’approchait, en choisissait un au hasard,
appuyait le canon de son Nagan sur sa nuque et tirait.
Les soldats, eux, paradaient le
long des rangées de prisonniers et parfois rompaient brutalement et sans raison
apparente leurs rangs, pour enfoncer leurs baïonnettes dans quelques
ventres.
Puis est venu le concours de décapitation.
Deux
officiers se sont partagé la victoire avec plus de 100 têtes coupées en une
heure.
J’étais bon troisième avec presque autant et une dizaine de
têtes d’avance.
Le soir,
avec ma compagnie, nous sommes allés dans le quartier Sud de la ville pour
fêter ça.
Les
concours de décapitation continuaient encore, et nous avons vu une missionnaire
française perdre la tête, le buste droit et les seins nus.
Le
quartier Sud, le quartier résidentiel, avec ses pavillons aux jardins exquis,
les premières piscines que nous ayons jamais vues, ses senteurs de magnolia,
les vérandas et les avenues propres et bien dessinées.
Mes
hommes ont trouvé facilement tout ce qu’ils cherchaient à piller et à violer.
Moi,
j’attendais mon heure.
Jusqu’à ce que je découvre, au
fond d’une impasse, une petite maison en bois qui dissimulait une vaste demeure
protégée par deux immenses baobabs et les inévitables cocotiers.
Ses occupants ont du avoir les moyens de fuir depuis
longtemps.
Une servante européenne rêvassait à la fenêtre
de la maison de gardien, le chien de garde à ses côtés. Elle avait succombé à
la moiteur tropicale et offrait à son torse dénudé la caresse de la brise qui
commençait à se lever.
Ses traits étaient fins et gracieux, et même à
moitié cachée, on voyait qu’elle était admirablement proportionnée.
Dès qu’elle nous a vu, elle a pivoté sur ses
talons, ses seins en poire ont paru flotter de façon irréelle dans l’espace et
elle s’est caché.
Mes hommes ont enfoncé la porte. Je suis entré
le premier. Elle m’attendait dans le salon avec un gros revolver pointé sur
moi. Elle a tiré. Le chien a fait ”clic ”, car elle n’avait pas
déverrouillé la sûreté de l’arme.
Mes hommes se sont jeté sur elle et ont commencé
à la palper et à soupeser sa poitrine lourde et émouvante.
D’un ordre bref, je les ai arrêtés et me suis
approché, la tête juste au dessus de la sienne. Ses yeux clignaient en
permanence et lui donnaient l’allure d’un lapin affolé.
Comme elle
avait peur et ne comprenait rien, elle parlait très vite en souriant tout le
temps.
J’ai effacé ce
sourire qui m’indisposait d’une claque violente.
Elle est tombée à genoux en pleurant. Mes hommes
l’ont redressée à coups de crosse. Ils ont étroitement ligaturé ses seins avec
du fil de fer et l’ont emmenée dans le jardin.
Là, ils se sont emparé de grosses tiges de
bambou qu’ils ont commencé à tailler. Ils en ont épointé deux.
La première, ils l’ont enfoncé dans le creux de
ses mains malgré ses supplications et ses coups de pieds.
Avec la seconde, ils ont réuni ses jambes en
traversant ses chevilles entre le tendon et l’os.
Ils l’ont emmenée
jusqu’à un portique de jeux et l’ont fixée là.
Pendant ce temps, d’autres avaient fendu en deux
dans le sens de la longueur une tige plus épaisse.
En se servant de ses bords mal ébréchés comme
d’une scie, ils lui ont lentement découpé les seins.
Le supplice a duré deux heures…vous voyez ce que
cela peut signifier…deux heures durant lesquelles cette jeune chinoise a hurlé,
pleuré, supplié…en chinois, on ne pouvait pas comprendre !
Elle s’est très vite pissé dessus, puis une
demi-heure après, ce sont ses sphincters qui ont lâché quand un de ses seins à
moitié tranché est retombé sur son ventre et pendant qu’ils attaquaient l’autre
par le côté. Il s’y prenaient toujours par équipes de deux à la fois.
L’un soulevait le sein, l’autre le sciait, très
vite au début, ce qui était moins douloureux, puis plus progressivement quand
la fatigue venait. Elle gémissait continuellement, d’une voix de plus en plus
faible, comme une mélopée :
“ Ouuuuuuhhhh.
Ouuuuuuuuuuhhhhhh ”
Le sang coulait maintenant de plus en plus vite.
Les mamelles étaient devenues deux masses violacées sur lesquelles ceux qui ne
sciaient pas venaient tirer en pinçant fortement les longues pointes de sein
très brunes.
Finalement, le
sein à moitié tranché est venu et elle s’est évanoui.
Ils l’ont ranimée à grand renfort de claques et
en lui écrasant le sein qui lui restait entre leurs mains. Ils ont ensuite fait
un concours pour savoir qui parviendrait à lui arracher ce sein d’une main et
parviendrait à le conserver.
Lundi 18 novembre 1970.
Journal de Mayu. L’arrivée (4/4)
Note confidentielle du 26 novembre 1970
(accès
réservé)
Nom : NAKAYAMA
Prénom : Mayu
Née le 11/8/1941 à OKINAWA
Profession :
Lieutenant de police (à/c du 13/7/1968, enquêteur de 1962 à 1965, inspecteur de
10/1965 à 6/1968).
Réside à KYOTO
Etats de service : remarquables.
Signes
distinctifs : Maîtrise de Sciences sociales. 5e
dan de Karaté. Membre
du fameux BUSHIDO KYOTO CLUB, 4 fois vainqueur de la Coupe des clubs depuis
1963. Fille de Morika NAKAYAMA , champion du Japon en 1935 et 1937. Son père a
fait partie de la délégation qui a fait une démonstration devant Hitler aux
Jeux Olympiques de Berlin en 1936.
Dernière
mission : chargée d’infiltrer la secte MISHIMA depuis le 10/11/1970.
MINISTERE DE L’INTERIEUR
DIRECTION DE LA POLICE NATIONALE
DIRECTION DES RENSEIGNEMENTS GENERAUX
SOUS/DIRECTION
DES PARTIS POLITIQUES, DES SECTES ET DE LA LIBERTE DES CULTES
S/C de MNC.MASAYASHI
S/C de MNA.HIROYASU
RAPPORT DE L’OFFICIER DE POLICE le 18 novembre 1970
MAYU NAKAYAMA:
Objet :
Activité de la secte Mishima
Je tiens d’abord à manifester
mon désaccord avec l’objectif de cette mission et les moyens utilisés. Un
ensemble de raisons me conduit à remplacer ma collègue malade, mais il m’a été
extrêmement pénible de devoir poser nue dans une agence de mannequins.
Je précise que je compte
formuler une protestation par voie syndicale dès mon retour.
J’ai pris le train de 6h23 à Kyoto et
suis arrivée à Nagasaki à 7h52
Un car m’a emmenée avec les touristes
jusqu‘au château de Matsumoto.
Mon état de frais de déplacement sera
annexé séparément.
Je suis arrivée à 9h, à l’ouverture des
portes du château, j’en ai profité pour me mêler aux touristes et visiter le
château féodal.
Il n’existe aucun accès à partir du
château vers l’école.
Depuis les remparts, j’ai une vue
cavalière sur la cour de l’école, juste en dessous, qui est une ancienne ferme.
Il faudrait être ninja pour pouvoir
descendre par ces murailles et sauter ensuite par dessus les douves.
Les murs de protection entourent presque
complètement la ferme et forment un U encerclé par les fossés du château, sauf
à un endroit où ils s’ouvrent pour laisser l’accès à une large passerelle. Ils
sont couronnés de deux rangées de fil de fer barbelé et électrifié, qui
dépassent astucieusement en avant.
Le pigeonnier de la ferme est situé à
l’opposé du château, côté nord-ouest.
Il s’agit d’une guérite masquée, qui domine
l’arrivée depuis la plaine.
J’ai pu l’observer avec mes jumelles,
comme une touriste-deux meurtrières récemment creusées-probabilité d’une arme
lourde.
Je suis redescendue. En sortant du
château, je me suis dirigée vers l’école en observant les murs. Rien à signaler
de plus.
Un milicien en uniforme noir est en
faction. Il a regardé mes papiers avec curiosité. J’ai été obligée de sourire
d’un air niais. Mon allure est trop sportive, malgré ma perruque qui me donne
l’air d’une prostituée pour bars d’européens.
A l’intérieur de la cour, je parviens à
reconnaître, d’après une vieille photo, Toshiro Mukai. Le rapport du 11 octobre
dernier précise qu’il est devenu, avec son fils, le gestionnaire de l’école.
Il finit une conversation avec deux
filles, l’une très simple, mais gentille, du nom de Juri, l’autre très
distinguée mais hautaine, qui s’appelle Kaite et dont le visage me rappelle
quelqu’un.
Je donne mon prénom, Mayu, et on en reste
évidemment là, compte tenu de ce qu’on est venu faire.
Toshiro nous invite à monter dans nos
appartements.
Je m’attarde un peu pour les rejoindre.
J’ai reconnu le fils de Toshiro qui s’est arrêté un peu plus loin dans le hall.
Il m’a toisée.
Je n’ai pas baissé les yeux et j’ai eu
tort. Je monte les rejoindre.
L'Ecole
Mishima (2)
Mardi 19 novembre 1970 :
un film
pornographique (1/4) Journal de Juri
Oshino
Quelle journée ! Elle avait pourtant
mal commencé. Rien à dire côté chambre, c’est la classe, même si la fille qui
nous a servi le petit déjeuner s’est cassé la binette sur Kaite. Bien fait pour
la mijaurée. Mais quand j'ai voulu sortir pour chercher des cigarettes à pied
dans le village, le garde à l'entrée, il a pas voulu me laisser passer. Il a
dit que c'était à cause des touristes, qu'ils allaient rentrer, sans ça.
J'ai eu beau lui faire un grand sourire en
passant ma langue sur mes lèvres, y a pas eu moyen. Même qu’il a resserré sa main sur son fusil. Tiens, c’est marrant,
j’avais pas remarqué qu’il chassait, hier ?.
On n’est quand même
pas en prison, non ?
Dans la cour, y a une cinquantaine d’étudiants en train de
faire des tas d’exercices, avec des épées ou des grosses masses en bois. Y en a
qui sont vachement mignons. C’est dommage qu’ils perdent tant d’énergie à gueuler.
Moi, j’les ferais bien crier autrement, hi, hi.
Ni une, ni deux, je me dégonfle pas, et je traverse la cour
juste au milieu, sans trop bomber la poitrine, j’ai pas besoin en ce moment….
.
J'm'attendais à me faire siffler, eh
ben mince, y en a pas eu un seul pour me mater les nichons. J'ai un coup au
moral, j'ai pas encore l'air d'une grosse vieille, non ?
Ils continuent à crier et à s'agiter
dans tous les sens pendant que je remonte leurs rangs. Dur, dur...
La Kaite, elle est déjà là, à faire des
mamours au vieux qui dirige l'école.
(au fait, paraît que c’était un héros
de la guerre du Pacifique ! Mince, il a du en voir de dures, le
pauvre…j’tâcherai de le consoler !). Elle s'adresse aux servantes sur un
ton !!! On dirait la châtelaine...pour qui elle se prend, celle-là ?
J'ai pas tout compris, mais c'est le
fils de Toshiro, à côté, un beau gars d'ailleurs, vachement musclé.
Kaite est vraiment pas sympa, elle me
jette des regards noirs depuis que j'ai pris ma douche devant elle ce matin. Je
sens pas le sushi de trois semaines, pourtant !
Mayu est bien plus gentille, elle, même
si elle est très discrète. Elle a pas voulu me dire où elle habitait, je sais
même pas si elle a un petit copain.
Bon, on se relaxe un peu en
prenant le thé, et je regarde tout le
matos qui est autour de nous. Y a des trucs vachement compliqués, je parle même pas des caméras et des micros ! On a quelques instructions, c'est pas trop
compliqué de se foutre à poil pour commencer...
Quand on passe à l'action, Kaite nous
fait son grand numéro. Moi, faut que je
lui lèche les nibards, pendant que Mayu masse mon clit, et que Kaite s'enfile
un machin vachement froid et lisse dans tous les orifices. Elle joue les
pimbêches dans son bain moussant, Madame.
J'aime bien lui sucer ses grosses
pointes, mais je ne sais pas très bien si c'est le truc en jade qui lui fait de
l'effet ou moi ? Elle pourrait quand même me regarder aussi, non ?
Mayu me caresse bien. Elle fait
remonter deux doigts le long de ma fente et, de temps en temps, plonge l'index
dans ma vulve. Là, elle pointe le doigt sur mon bourgeon et le tourne
délicatement. Je suis toute humide maintenant, après avoir joui, et je
m'embrouille un peu quand Toshiro me dit quelque chose. Mais comme il est à
poil allongé sur une serviette, je comprends mieux ce qu'il veut.
J'abandonne Kaite sans remords, parce
qu'elle se débrouille très bien sans moi.
Je me tourne sans que Mayu lâche sa
prise sous l'œil des caméras, et je m'allonge au dessus de ses fesses. Il a
beau avoir les poils du cul tout gris, il a les fesses encore vachement dures.
Je les écarte un peu et pose ma langue
sur son anus avec précaution. Rien à dire, c'est propre, ça sort du bain. Je
darde un peu timidement ma langue pour mouiller le bord, puis je finis par
laper de plus en plus fort, jusqu'à ce que son anus s'ouvre un peu. Il s'est
complètement détendu maintenant, et quand il se soulève un peu, ma main va
vérifier qu'il est bien dur. Il bande encore vachement bien, le salaud !
Mayu continue de me doigter gentiment,
mais sans trop insister, avec un peu de distance, elle n'a pas l'air très
concernée. Comme prévu dans le scénario, comme ils disent, mon bout de sein
s'insinue entre les fesses de Toshiro.
Je trouve son trou du cul. J'enfonce ma pointe. Mes doigts ont tiré en arrière
la peau de son gland, et la font repasser doucement d'avant en arrière. Il a
contracté ses fesses et commencé rythmiquement à me traire. C'est très
troublant.
D'abord, c'est comme si c'était moi qui l'avais
enculé, et puis maintenant, c'est comme si c'était Sinje qui me tétait. Je sens
son gland augmenter entre mon pouce et mon index. Son souffle se fait rauque et
il se soulève encore un peu plus. Il augmente ses contractions et je lui envoie
une pleine giclée de lait dans le cul en même temps qu'il me jute dans la main.
Je vais pour m'essuyer, quand Kaite,
qui a lâché son engin, me prend la main en coupe et boit le foutre de Toshiro
en regardant droit dans la caméra, toujours à faire des effets.
Mayu a l'air très en colère, j'ai pas
compris pourquoi, mais elle accentue ses caresses jusqu'à ce que je vienne à
mon tour quand elle enfonce tout son poing dans mon con. J'ai le souffle coupé,
tellement elle a les doigts durs. C'est pas possible, j'aurais cru les doigts
de mon père quand il revient des champs, tellement ils sont calleux. C'est quoi
sa maladie, pour avoir les mains comme ça ?
Je la regarde avec surprise lorsque le
fils de Toshiro s'avance à son tour. Il a baissé son pantalon, et il la domine
de toute sa hauteur. Même moi, je comprends ce qu'il veut...hi, hi, y a pas
besoin d'avoir fait des études pour ça.
Mardi 19 novembre 1970
– un film pornographique
(2/4) Journal de Mayu Nakayama
Je hais
ce que j’ai du faire aujourd’hui, je hais ce que je connais de moi ce soir.
Qu’il en soit ainsi. Je pense à toutes
les pauvres filles qui n’ont pas eu d’autre choix.
Hier, après la visite des petits musées
du château, nous avons du nous rendre dans un grand jardin d’intérieur, dans
les sous-sols du château. Une sorte de reconnaissance pour le tournage
d’aujourd’hui.
J’ai trouvé le musée d’arts martiaux
fascinant. Les murs étaient tapissés de vieilles photographies d’avant-guerre,
quand la ville et le château abritaient l’une des meilleures écoles de karaté
du Japon. J’ai cru reconnaître mon père, photographié avant un combat contre
l’un des grands maîtres de l’école.
Ce matin, j’ai regardé dans la cour par
un vitrail incolore en redescendant l’escalier en colimaçon qui monte jusqu’au
musée érotique. J’ai été surprise de ne plus voir la voiture de Kaite… ?
Les élèves de l’école s’entraînent sous
la direction d’Amida Mukai. A un moment, il a fait une démonstration très
impressionnante avec un nunchaku. La meilleure que j’ai jamais vue.
Je repense à nouveau à mon père, qui
n’aimait pas les armes, et à son enseignement. Il préférait la voie de la force
intérieure. Je me souviens de son journal que j’ai lu pour la première fois à
15 ans. Je me concentre fortement et les images de mes combats se
bousculent :
“ Volent mes pieds,
sifflent mes poings,
forte est ma tête, “
Père,
pourquoi m’as tu quitté si tôt, tu avais tant à me donner encore ?
Nous sommes maintenant toutes dans le
jardin. Kaite et Juri se déshabillent avec l’aisance de professionnelles.
C’est maintenant mon tour de devoir
participer à cette répugnante orgie, moi qui porte l’un des noms les plus
vénérés du Japon. Mais je dois sauver ma vie et accomplir ma mission.
Au moins
vais-je me comporter comme une vraie geisha.
C’est Kaite qui s’y est collée la
première. Il est très clair qu’elle apprécie de se donner en spectacle, et je
n’aime pas du tout la façon dont elle me provoque sexuellement en dardant sa
langue lorsqu’elle me regarde.
Elle se manipule longuement avec un
olisbos en se faisant lécher par Juri. Moi, le scénario prévoit que je suis en
train d’apprendre comment elle s’en sert, et je dois rester à la regarder,
l’air ahuri, en masturbant Juri.
Juste après qu’elle ait joui, elle
renverse ma tête et m’embrasse sur la bouche par surprise. Je me retiens juste
à temps de l’assommer, et je parviens à ne pas cracher le goût de son rouge à
lèvres très sucré.
Le fils de Toshiro nous a rejoint dans
l’intervalle. Il transpire à peine et semble très excité durant toute la scène.
Il fait un pas en avant. C’est un bloc de muscles. Je reconnais l’athlète
parfaitement entraîné uniquement par sa démarche très souple.
Il s’est avancé. Je pense qu’il veut
aussi me punir de l’avoir défié du regard. Il baisse son pantalon avec un
regard volontairement inexpressif et ennuyé.
J’entreprends de l’honorer d’abord en
l’embrassant tendrement, tandis que mes mains se creusent en obole pour
recevoir la chaleur de ses testicules.
Sur ses bourses si fragiles palpite une
veine, je la caresse délicatement en posant le bout de mes doigt dessus, comme
pour l’apaiser, puis mes ongles parcourent les replis de peau de son sac, très
doucement, comme s’ils se promenaient dans un labyrinthe.
Je flatte quelques instants de la paume
de ma main l’encolure de son membre viril, comme je le ferais pour un cheval
affolé, puis ma langue, d’abord hésitante, puis franchement hardie, effleure le
col fragile de son prépuce. Il est très gros, beaucoup plus que les deux seuls
hommes que j’ai connus jusqu’à présent.
Je n’ai nul besoin de ma main pour
maintenir parfaitement ferme la colonne de chair, et les délicats coups de ma
langue largement déployée parcourent en tous sens son pénis qui sent un peu le
gymnase, mais c’est normal.
Il m’est plus facile de concentrer mes
tendres attaques sur le long filet, par lampées avides, mais lorsque la pointe
de ma langue atteint le méat béant d’où sourd les premières gouttes de liquide
séminal, quelque chose s’éveille en moi et je prends alors le temps de les
déguster, attentive à ne rien laisser perdre.
J’ai maintenant très envie de mordre
dans ce beau fruit qui envahit ma bouche, alors que j’imagine les gouttes
claires qui s’écoulent au fond de ma gorge.
De temps à autre, je profite de mon
pouvoir pour découvrir des zones auxquelles il ne me laisserait pas accéder
autrement. Jamais nos jeux avec mes pudiques équipiers du Dojo club n’ont été
aussi loin.
Je caresse doucement ses testicules avec les
deux doigts d’une main, tandis que l’autre a filé vers son anus. Comme mes
ongles sont coupés très courts - j’espère qu’il ne l’a pas remarqué - je peux
enfoncer mon index profondément dans son orifice sans le blesser. Et là, c’est
extrêmement troublant, comme si je le masturbais de l’intérieur.
Je sens les premières vraies
contractions écraser mon doigt, et je dois très vite décider ce que je dois
faire du sperme qui file au bout de sa verge. Je n’ai jamais avalé de sperme
jusqu’à présent, et je ne peux pas sembler en découvrir le goût.
Je retiens ma respiration comme si
j’allais avaler une grande rasade de saké, et je décide d’aspirer très fort
pour abréger le séjour de sa semence dans mon palais. Mais les premières
gouttes qui éclaboussent ma luette ne s’écoulent pas. Elles collent et semblent
envahir toutes mes muqueuses à la fois. Je me retiens de cracher, et l’odeur
musquée se répand dans mes narines.
Mais, progressivement, la peau en feu,
mes sens apprivoisent cette substance qui ne m’est bientôt plus étrangère. Je
parviens même à faire ressortir ma langue quelques instants pour nettoyer la
pointe effilée de ce dard dont je me surprends à regretter la puissance
émouvante au bout de mon doigt, et qui m’a révélé ma féminité profonde.
Mardi 19 Novembre 1970
– Un film pornographique (3/4) Journal de Toshiro
Après la visite de
notre petit musée, j’ai mis tout le monde au lit –si, si , il faudra être en
forme demain- Non, on ne fume pas, c’est mauvais pour la santé –
Ah ah, si elles savaient pourquoi j’ai besoin qu’elles soient
en pleine forme !
J’ai donné mes
instructions dans la soirée pour supprimer toute trace de leur arrivée. Le
petit copain de la grosse vache aura un accident, on l’a retrouvé par la plaque
d’immatriculation de sa voiture, la Jaguar de la pimbêche a été désossée, elle
sera revendue en pièces détachées. L’autre, elle est arrivée à pied, donc pas
de soucis.
Amida continue d’entraîner
les “ troupes de choc ”de Mishima. Dire que notre chef se voit prendre le palais impérial
d’assaut avec ça…le pauvre fou. Tous ces beuglements dans la cour me donnent
mal à la tête. J’ai hâte de leur donner congé ce week-end, et d’entendre
d’autres cris plus délicieux. Tout d’un coup, je repense à la voix de gorge si
particulière de cette infirmière américaine :
- Le vieux
soldat- Philippines 1942. Ile de Guam
Le soleil perce difficilement les hautes cimes des arbres,
mais assez pour nous aveugler quand nous relevons trop haut la tête.
Après une difficile progression par la jungle sous
les jacassements des aïs, mon escouade - je suis passé lieutenant- domine les
hauteurs du camp retranché américain. Il n’en reste rien. Nos ZERO ont bien
travaillé. Tentes soufflées, camions renversés, partout des cadavres. Nous
descendons dans la plaine et progressons lentement pour repérer les mines,
l’arme au poing mais sans trop d’inquiétude, jusqu’aux premiers quartiers de la
ville.
Un stade attire mon regard, parce qu’il se trouve
juste en face d’un hôpital. Et que, dans cet hôpital, il doit forcément y avoir
des blessés qui n’ont pas pu s’enfuir.
Je fais un signe bref de la main à un détachement qui
m’accompagne pendant que le gros de ma troupe poursuit sa progression.
Devant nous, un escalier monumental en béton. Sur le
fronton, un panneau cache et remplace provisoirement les inscriptions
sculptées : “ 6e Armée. Hôpital de campagne ”.
Nous gravissons en courant les marches, baïonnettes
pointées droit devant nous, et rentrons directement dans une salle de soins.
L’odeur d’antiseptique et d’éther nous submerge, ainsi qu’une certaine forme de
silence recueilli, malgré les gémissements des blessés qui montent de toute part.
Les Gi’s qui ont pu nous voir rampent désespérément
pour nous échapper. Mes braves vétérans se préparent à les embrocher
joyeusement quand une infirmière se jette devant eux. Je les stoppe d’un
commandement guttural.
Les infirmières sont restées jusqu’au bout avec leurs
malades -honneur leur soit rendu-
Ces barbares ont plus de courage que leurs mâles, et
elles subiront avec dignité la pendaison lente par la cangue que l’on
appliquait aux putains blanches à Shangai au début du siècle.
Sauf une. Celle qui se tient devant moi et qui s’est
interposé. Elle est très belle. Une beauté brune au corps d’athlète, avec de
longues jambes, un torse épanoui.
Je n’aime pas du tout la façon dont elle me défie du
regard. Je soulève ma casquette et, d’un geste, je lui indique d’enlever le
haut de son treillis. Elle refuse de s’exécuter et je tire une balle dans le
genou d’une de ses collègues.
L’odeur de sang mêlée aux antiseptiques, aux effluves
de ces blancs qui sentent le chien trop cuit, m’est devenue insupportable et je
veux en finir vite maintenant.
Très rapidement, elle obtempère et essaie de plaquer
un sourire destiné à dissimuler sa peur horrible. J’ai donné des ordres pour
lui préparer un comité d’accueil devant l’hôpital…
Je vois son nom sur l’étiquette collée sur son
treillis “ Erica Roe ”, juste avant qu’elle ne l’ait fait voler avec
grâce derrière elle. Elle se tient à moitié nue devant moi, avec ses jolis
seins qui se balancent gracieusement pendant qu’elle allume la cigarette que je
lui ai tendue.
Je la pousse devant moi avec le canon de mon
pistolet, nous descendons le perron d’entrée de l’hôpital et elle voit mes
p’tits gars qui lui font une haie d’honneur à l’entrée du stade.
Chacun d’eux a sorti la baguette en fer très flexible
qui lui sert à nettoyer son fusil.
Ils tapotent dans leurs mains avec leurs baguettes et
semblent lui dire “ Allez, vas-y, qu’est ce que tu attends ? ”.
Elle marque un temps d’arrêt, porte la main à ses
seins. Elle est très belle, des cheveux noirs mi-courts, et je la force à
redresser sensuellement son orgueilleuse poitrine en la tirant par les cheveux
pour lui attacher ses poignets dans le dos, puisqu’elle doit être fustigée sur
ses mamelles jusqu’à ce que mort s’ensuive.
D’une rotation du buste, elle m’échappe, se saisit de
la hampe d’un drapeau américain, et, toujours la cigarette dans la bouche, elle me fixe un instant -je ne
plierai pas- c’est moi qui choisis ma mort.
Dans un vertige de peur et de défi, elle se jette
dans l’allée vivante qui a commencé de l’applaudir.
C’est comme si la foule absente des gradins hurlait
des applaudissements devant sa performance.
Elle essaie de courir très vite, mais les premières
cinglées sur ses épaules lui coupent très vite le souffle et elle doit
ralentir.
Elle a bien sûr plaqué l’étendard sur ses seins, et
ses mamelons sont si érigés par l’excitation qu’ils parviennent à pointer à
travers une étoffe aussi rêche et épaisse qu’un drapeau.
Sa progression devient vite un long calvaire, parsemé
de stations de plus en plus prolongées pendant lesquelles mes braves frappent
avidement, visant d’abord le dos, puis les bouts de seins.
Son sourire a disparu depuis longtemps déjà, le
drapeau glisse de ses épaules, ses seins zébrés de lignes rouges tressautent.
Elle est presque arrivée.
Elle reprend des forces. Au bout de l’allée, une
baïonnette lui a signifié de repartir. Deux de mes hommes lui ligotent
prestement les mains dans le dos pour son tour d’honneur. Elle s’en va pour son
ultime voyage.
Les baguettes peuvent maintenant s’enfoncer
complètement dans les tétons sans défense, avec les veines qui éclatent,
”I beg your pardon, pleaaaase,
Ouuuuuuh ”
la peau déchirée, les hurlements “ Stop it, stop
it, it hurts me AAAAAAHHHHHHH ”.
Mais le châtiment pour qui a osé défier l’Empire du
soleil levant doit être inexorablement appliqué.
“ Nooo, nooo, oh the paaaaain, my
breeeeeeasts ”.
Des gouttes de sang tombent maintenant, qui finissent
par composer une hallucinante pluie rouge
“ YYYYYEEEEHHH ”,
qui mouchète de tâches brunes la pelouse du stade.
Quelques mètres plus loin, les mamelles littéralement
hachées, Erica s’effondre, saisie de tremblements nerveux, en état de choc.
Encore tout émoustillés, mes glorieux vétérans
arrachent son jean et sa petite culotte.
L’un après l’autre, ils enfoncent leurs baguettes
jusqu’à la garde dans son anus et bien sûr dans son vagin. Elle s’est
violemment contracté les deux premières fois, mais ne tarde plus à rester
inerte.
Ensuite, mes soldats jouent un peu avec les autres
infirmières, qui ont détourné le visage en pleurant pendant l’exécution de leur
amie. Après les avoir ligoté et violé par tous les orifices pendant deux
heures, mes troupes héroïques ont installé des cangues au-dessus d’une grande
fourmilière. Elles sont une dizaine à reposer, cous et mentons pris entre deux
longues planche de bois posées sur des pilotis, les orteils sur un lit de
fourmis rouges. Lorsque nous partons, elles sont toutes en train de gigoter en
hurlant tandis que les colonnes brunâtres sont en train de leur bouffer la
chatte sans relâche.
Mardi 19 Novembre 1970
– Un film
pornographique : (4/4) Journal de Kaite MORUKI
La visite du petit musée m’a positivement enchantée. Je suis vite passée devant ces armes tellement assommantes… sauf bien sûr quand il s’agit pour un seigneur de punir ou de châtier ses sujets !
Il y a aussi de très belles galeries d’estampes
dédiées à l’art de l’amour sous tous ses raffinements. J’ai peu appris…
mais beaucoup apprécié la galerie consacrée à notre art unique du bondage.
Ah, le rituel d’un
lien qui enferme progressivement une jolie fille, qui fait saillir sa croupe et
ses seins.
Comme j’aimerais être
suspendue en l’air, nue, bâillonnée et ligotée dans les règles de l’art,
humiliée, ouverte, palpitante.
A moins que ce ne soit
moi qui flagelle doucement des seins, tiens, ceux de Mayu, justement.
Ce matin, elle a eu la
délicatesse de se cacher pendant qu’elle procédait à ses ablutions, pas comme
cette paysanne endimanchée de Juri!
Quand je pense aux
choses qu’il va falloir faire avec elle !
Par contre, Mayu
m’attire beaucoup. Hormis ses gros seins, elle a un corps très musclé pour un
top-model.
J’aimerais beaucoup la
dominer et l’obliger à me lécher pendant que je verserais de la cire brûlante
sur ses seins.
Nous avons revêtu des
tuniques d’époque pour les premières scènes.
Toshiro m’a soufflé en
aparté que le film érotique aurait quelques scènes un peu fortes. Je lui ai
souri en lui répondant que ça ne me dérangeait pas du tout. Il a éclaté de rire
en me disant que je serais vraiment surprise.
Par contre, je suis
très contrariée par l’absence du maître des lieux.
Toshiro m’a dit qu’il
était parti quelques jours, mais qu’il serait heureux de voir les premiers
rushes du film avec nous.
Après notre déjeuner
du matin, il nous a réunies dans une sorte de jardin d’hiver bien chauffé, avec
une toute petite équipe de deux personnes pour tourner le film, et nous nous
sommes assises sur des fauteuils en rotin.
Le script est très
réduit. C’est un peu notre histoire. Nous sommes au Moyen-Age et nous venons
travailler dans le château du Shogun. Toshiro et son fils sont les intendants
du château.
Nous nous promenons
dans le jardin d’hiver et, bien sûr, nous en profitons pour prendre un bain
dans un immense jacuzzi, un peu anachronique, mais je ne crois pas que ça
dérangera vraiment les spectateurs !
Mayu s’est déshabillée
la première, pourtant elle n’a pas l’air très à l’aise devant ces hommes.
Bizarre pour un top-model, ou alors très bien joué, oui…je vois, la petite
garce !
Cette Juri, par contre, on dirait qu’elle n’attendait que çà.
Il est prévu qu’on
découvre un peu nos corps. On chante et on babille des futilités, je passe mon
bras autour du cou de Mayu et je sens nettement qu’elle se rétracte.
Pas de chance. Encore
moins de chance quand Juri commence à me lécher les seins - heureusement qu’on
ne me demande pas le contraire- encore qu’elle se débrouille bien, finalement.
Mayu est restée de
bois, et elle a longuement discuté avec Toshiro avant d’insinuer gentiment deux
doigts dans le vagin de Juri.
Elle a bien du
courage, parce que cette…elle n’est même pas épilée !
Juri vient très vite
une première fois, ça ne m’étonne pas d’elle, elle n’a aucun sens du
raffinement.
Moi, je prends mon
temps pour me caresser. Un assistant m’a tendu un olisbos, un phallus de jade,
que je fais aller et venir dans mon anus au rythme des caresses de Juri et des
bulles bouillonnantes qui stimulent mon clitoris. Je suis très excitée d‘être
regardée par tous ces hommes. Ils m’applaudissent lorsque je mords l’épaule de
Juri en jouissant, arc-boutée sur le rebord du jacuzzi.
Mayu est à côté de
moi, pétrifiée, et j’en profite pour
l’embrasser à pleine bouche.
Je suis un peu déçue
que, finalement, Toshiro et son fils aient choisi de ne pas m’honorer. Je
compte bien me rattraper demain.
Il est prévu qu’il y
ait quelques scènes de bondage avec les servantes. J’ai demandé à Toshiro si le
scénario pourrait prévoir aussi que je m’occupe de cette gourde endimanchée de
Juri ? Toshiro m’a promis une place de choix dans l’histoire, avec un
grand éclat de rire.
Cet après-midi,
quartier libre. Je suis très contrariée, car je ne peux pas prendre ma voiture.
Toshiro a du la mettre au garage en ville, car elle perdait de l’huile. Je lui
ai dit que je le tiendrais pour personnellement responsable si ce manant de
garagiste abîmait le moteur !
En attendant, je suis
bien obligée de relire les œuvres de Mishima, même si je les connais par cœur.
Je compte bien l’éblouir en citant des passages entiers de son dernier livre.
Peut-être même qu’il acceptera de répondre à une interview. Je l’enverrai au
bulletin des étudiants de la fac. Ils seront verts de jalousie.
La servante que j’ai
du souffleter ce matin après qu’elle ait renversé du thé sur moi n’a pas
reparu. Qu’a bien pu en faire Toshiro ?
Cette pauvre Juri est
désespérante, à se faire les ongles en extase devant tous les pantalons qui
braillent dans la cour…
L'Ecole Mishima 3ème partie
Mercredi 20 novembre 1970 : les joies du bondage (1/4)
Journal de
Kaite MORUKI
Je viens de relire le court
roman de Mishima “Le soleil et le fer ”. Tout est là, il écrit comment et
pourquoi il veut devenir un homme d’action. Il a tout dit, tout prévu du déclin
du Japon. Je me revois pendant ce grand défoulement des étudiants du monde
entier, voici deux ans, au mois de mai 68.
Honte sur nous, contaminés par les
valeurs décadentes de l’occident, au point que bon nombre de mes condisciples
livraient assaut aux policiers sur des barricades avec leurs pieux de bambous.
Je me suis battu dans les amphithéâtres avec les gauchistes, quitte à me faire
traiter de fasciste. Ma professeur de lettres modernes conserve certainement la
cicatrice de la bouteille que je lui ai cassée sur son chignon. Nous nous
étions tant aimées…pourquoi la politique est-elle venue nous séparer ?
Elle aimait que je la fesse comme une élève désobéissante. Son sexe avait un
goût d’huître sucrée.
Je secoue la tête avec nostalgie. Je me
lève de mon lit à baldaquins pour voir si mon chemisier souillé par cette
imbécile de servante hier matin est bien sec. Si nous ne devions pas partager
la salle de bains, cette chambre mériterait quatre étoiles. Les tableaux
d’artistes, européens malheureusement, sont en parfaite harmonie avec les murs
revêtus de velours gris, avec des boiseries couleur saumon. Je m’approche
ensuite du petit secrétaire devant la fenêtre et observe la cour. Toujours pas
trace de ma voiture. J’enrage. Cet après-midi, nous devons reprendre le tournage
du film.
Mayu m’intrigue vraiment. Elle ne
semble finalement pas du tout expérimentée. Sa gaucherie n’est pas feinte, une
femme sent ces choses-là. Qu’est-elle venue faire ici ? Call-girl à temps
perdu ? Pour payer ses études ?
Mes pensées vagabondent sans lien
cohérent. Je regarde distraitement dans la cour, plus bas sur ma droite, les
disciples qui sont prêts à suivre Mishima ? Jusqu’où…Bonne question !
En tout cas, eux, ils ont eu la chance de voir le Maître. J’ai beau savoir que
Mishima aime les hommes, je me demande s’il ne pourrait pas être bi, juste un
petit peu, rien que pour moi. Après tout, ne suis-je pas la plus belle des bi,
non ? Et il s’est bien marié aussi, quand même ? Plus haut, en levant
les yeux sur la gauche, je vois les touristes se promener sur le mur d’enceinte
du château. Tous ces européens m’insupportent. Ils ne comprennent rien à notre
culture, ils devraient déjà s’estimer heureux d’avoir le droit d’acheter nos
téléviseurs et nos voitures !
Enfin l’après-midi, je commençais à m’ennuyer !
Après le repas, Toshiro nous a invité à revenir dans le jardin d’hiver et quand
nous passons dans une autre pièce qui abrite une grande échelle circulaire –oh
divine surprise – la souillon qui a irrémédiablement détruit mon chemisier de soie
est là ! Mayu a un mouvement de recul, cette oie de Juri ouvre la bouche,
mais Toshiro nous pousse fermement en avant :
La servante me regarde, le feu aux
joues. Elle se tient très droite devant nous, encadrée par deux gardes, dont
l’un tient une caméra sur son trépied, et ses immenses yeux verts me dévisagent
avec haine, mais son regard vire à la soumission lorsqu’elle contemple son
maître avec respect. Elle est belle, très longue, très fine, malgré une forte
poitrine qui semble tomber un peu.
Toshiro se tourne vers moi “ Cette
maladroite s’est montrée indigne de son emploi. Aujourd’hui, nous allons faire
un exemple pour que le service reste irréprochable dans la maison du maître
Mishima “. Je note que Mayu a frémi, mais elle ne dit rien.
A un signal de Toshiro, l’un des gardes
s’empare d’un superbe fouet pendu au mur sans répondre. J’ai reconnu un knout,
le redoutable fouet des cosaques…
“ A
poil ”.
L’ordre a claqué comme un coup de fouet
et le second garde actionne la caméra d’un ”MOTEUR ” goguenard.
La servante se retourne dans la
direction du groupe avec une toute petite voix:
“ Et
vous ? Vous n’allez quand même pas rester là, non ? ”.
S’emparant du redoutable knout, le
garde le fait glisser avec une mine éloquente dans le creux de sa main.
Vaincue, la servante remonte sa robe
noire et froissée par dessus ses épaules et la fait lentement glisser en un
gracieux mouvement.
J’aime son geste dérisoire pour
préserver jusqu’au bout sa féminité bafouée, qui la fait se retourner face au
mur pour faire coulisser son slip en trémoussant ses fesses musclées et très
haut plantées. Ses bras passent dans son dos avec maladresse pour dégrafer son
soutien-gorge.
Elle tremble légèrement sous l’effet de
l’excitation, de la honte et du froid. Jamais elle n’aurait imaginé que Toshiro
puisse ainsi l’exhiber devant des étrangères !
Je constate qu’elle ne paraît pas
étonnée de découvrir que ses pointes de sein oblongues et brunes se sont
redressées, tant les pierres de la chambre de supplices ont conservé la
froidure de l’hiver dans les jointoiements délabrés.
Le garde a déjà retiré sa
chemise. Il dégrafe brutalement la ceinture de son jean sous lequel il est nu.
Nous jetons un coup d’œil étonné sur ses proportions incroyables. Un
gland pourpre de la grosseur d’une balle de ping-pong descend bien au-dessous
de deux testicules gros comme des œufs de cane.
Le garde saisit la servante aux épaules
et la force à se retourner. La chienne se débat, car elle vient de réaliser que
son clitoris est en train de prendre l’air. Je suis aussi excitée qu’elle. Les
mains du garde accentuent leur pression
inexorable avec une force qui la paralyse et lui interdit de dissimuler son
état. Cramoisie par la honte, elle entend les hommes éclater de rire, pendant
que le garde s’avance pour comprendre.
Toshiro l’invective “ Espèce de
salope, et en plus tu te donnes en spectacle devant tout le monde ?
Regarde bien l’échelle, car c’est là que tu vas être punie…parce que tu mérites
bien d’être punie, oui ou non ? ”.
Le garde lui indique de la pointe de
son knout d’avoir à se diriger vers l’instrument de son supplice.
D’une voix légèrement tremblante et
recueillie, la servante répond “ Oui, Maître, j’ai fauté, et pour cela je
dois être punie".
Elle se dirige d’un pas engourdi devant
l’échelle circulaire qui a été calée sur son axe, et pose ses bras sur les
barreaux supérieurs, pensant ainsi offrir sa croupe satinée à l’habituel
hommage du fouet de son seigneur.
La voix
âpre de Toshiro fait monter la tension dans la pièce.
“ Tourne-toi ”.
La servante a compris immédiatement
qu’elle allait être châtiée beaucoup plus sévèrement qu’elle ne l’avait jamais
été.
Je suis très excitée à l’idée de la
voir offerte au baiser effrayant des larges lanières de cuir.
Amida s’est penché discrètement à l’oreille du garde “ Fais très
attention, tu peux la mutiler avec un engin comme ça ”.
La servante a eu un geste de rébellion
pathétique, vite réprimé pour ne pas courroucer davantage son maître. Peut-être
espère-t-elle secrètement diminuer l’importance de son supplice en coopérant
pleinement ?
Les deux gardes menottent d’abord ses
chevilles aux montants de l’échelle, puis très haut ses poignets, pour
l’obliger à soulever la pointe de ses pieds si menus. Je la trouve extrêmement
désirable, dressée comme une ballerine, elle projette fièrement en avant les
pointes aiguës de ses seins en forme de poire.
C’est comme si je ressentais sa
délicieuse chair de poule qui se rétracte immédiatement sous la première
cinglée, presque une caresse, sur ses cuisses ouvertes. Une vague de chaleur
semble la submerger lorsque le bout effilé de la lanière parvient à s’insinuer
dès le troisième coup dans la toison enchevêtrée d’un noir de jais. Elle
transpire pour la première fois.
L’insolent clitoris rentre promptement
dans sa cache alors qu’elle pousse un cri de surprise.
“ Oh non, ça fait vraiment mal,
maintenant. Pas devant les filles, arrêeete-le, s’il te plait ”.
En réponse à sa supplique, un coup plus
violent à travers ses seins délicats lui intime le silence.
“ AAAh, mais t’es pas fou,
non ! Arrête maintenant, tu m’as vraiment …AAAAAAAAHHHH ” .
Le coup est réellement violent, cette
fois. La base des délicates mamelles en tremble encore, et des gouttes de sueur
commencent de sourdre en rigoles profondes depuis son cou et ses aisselles
qu’elle n’est manifestement pas autorisée à épiler. Je mouille.
Elle éclate en sanglots. Elle vient de
réaliser pour la seconde fois que cette séance ne ressemblerait à rien de ce
qu’elle avait connu jusqu’à présent.
Ses seins légèrement tombants se
balancent maintenant au rythme désordonné de ses longs hoquets.
N’y
tenant plus, je fais un pas en avant.
“ Toshiro,
je peux ? ”
“ J’allais
te le proposer, bien sûr, fais comme
chez toi, ah, ah ”.
Timidement d’abord, puis en m’enhardissant
de plus en plus, je prolonge le supplice par de petits coups vifs et assénés
très rapidement, tantôt dans la fente bientôt violacée, tantôt sous la base des
seins tuméfiés et douloureusement ébranlés.
J’ai l’impression de fouetter de
nouveau ma prof de lettres. Je joue de
mon instrument en virtuose, et j’espère que Toshiro et son fils ont
l’impression de voir un chef d’orchestre diriger une symphonie de douleur.
Quand je repose le fouet, Toshiro applaudit longuement.
Je n’y tiens plus. Il faut que je
vienne très vite maintenant. Je fais tomber mon jean, je me tourne devant
Toshiro en m’agenouillant devant lui. Quand il me sodomise, il s’enfonce très
lentement. Nous restons immobiles à regarder la servante se faire fouetter de
nouveau. Elle hurle sauvagement sous chaque cinglée qui trouve ses bouts de
sein. A chaque cri, Toshiro gonfle encore un peu. Heureusement qu’il est si
gros, car je suis très “ ouverte ” depuis le temps que je propose mon
second orifice à mes partenaires, et je ne le sentirais pas autrement. Je me
caresse avec frénésie maintenant. Nous sommes en pleine fusion, je veux jouir
en même temps que lui, et mes doigts abandonnent mon clitoris pour caresser ses
testicules. Je mords mes lèvres pour l’attendre. La première contraction est
très brève, et suivie immédiatement d’une fabuleuse éjaculation. J’ai la vision
fulgurante d’une giclée de sperme qui éclabousse mon rectum et je referme mes
cuisses dans un orgasme qui me fait hurler plus fort que la servante.
Mercredi 20 novembre 1970 : les
joies du bondage (2/4)
Journal de
Mayu NAKAYAMA
Cette nuit, j’ai encore rêvé de mon
père. Un vrai cauchemar, hélas. C’était la dernière fois que je l’avais vu,
j’avais 4 ou 5 ans. Il était en uniforme. Il voulait me prendre par la main
pour que je n’aille pas sur le tatami, mais il n’avait plus de forces, je lui
échappais en riant. Quand j’allais sur le tatami, Amida était là qui
m’attendait, en costume de cérémonie.
Je me suis réveillée en sueur, j’ai
éprouvé le besoin de voir une photographie de lui que je garde dans mon
portefeuille. Il était très beau. Il est mort brûlé au lance-flammes dans une
caverne en Birmanie.
J’ai profité d’avoir été réveillée dans
la nuit pour donner mon premier contact par talkie-walkie. L’inspecteur
Takakura doit être en train de dormir, caché dans une fourgonnette sur la place
du village depuis la fin de l’après-midi. Je pousse le
bouton… ?…. ?….. ? Rien du tout. Eh bien, il a le sommeil profond,
le collègue, on attendra demain. Je me suis rendormie dans un mauvais sommeil
agité.
Ce matin, je dois avoir une
mine affreuse. Kaite se rend bien compte que ça ne va pas, et me laisse la salle de bains sans commentaires. J’ai
déjeuné un peu plus tard que Juri, qui m’a raconté ses aventures. Sacrée Juri,
elle est encore allée voir les disciples s’entraîner. Je l’aime bien, mais elle
est vraiment incorrigible…
Toutefois, elle m’a dit quelque chose
de très intéressant. Elle aurait vu toute une collection d’armes de guerre.
Mais elle n’a pas été vraiment capable de me les décrire. Je vais devoir
vérifier cela moi-même.
Je vais aux toilettes et rappelle
Takakura…. ?… ?…. ? Toujours rien, pas de chance, mais je
croyais qu’il avait des toilettes à l’intérieur de la fourgonnette ?.
Cette mission n’est décidément pas très professionnelle, Monsieur le
commissaire-intendant.
Vers 11 heures du matin, je me suis
rendu dans le gymnase, en faisant semblant d’admirer ces grands nigauds la
bouche ouverte, alors que pas un ne me résisterait plus de trente secondes.
Je me suis glissée dans les vestiaires,
pour un petit besoin. Il n’y avait pas de toilettes pour les dames, comme
prévu, j’avais donc un bon prétexte pour entrer dans le vestiaire des hommes.
Après avoir fouillé quelques instants, j’ai découvert une série d’armoires
immenses et fermées et à clé, qui n’ont pas résisté à mon passe de cambrioleur.
Je joins en annexe la liste des armes de guerre que j’ai mentalement
photographiées. Outre d’innombrables fusils d’assaut et des explosifs de toute
nature, j’ai noté deux mitrailleuses lourdes.
Je n’ai pas pu ouvrir la dernière
armoire, car un garde est arrivé. J’ai eu le temps de refermer l’armoire et de
lui demander candidement où étaient les toilettes de filles.
Il a mugi une insulte en levant une
matraque sur moi. Avant qu’il ait eu le temps de s’en servir, je lui ai entouré
le bras sans violence, en tournant dans son dos. Il a du lâcher son arme,
hébété. Je la lui rends avec un grand sourire. Il me regarde comme un ours
stupéfait, la mâchoire pendante. Je me suis bien amusée, mais à la réflexion,
j’aurais peut-être du accepter de me laisser frapper, au pire. S’il en parle à
Amida ? Bah, il ne va pas se vanter d’avoir été désarmé, j’en suis
sûr…
En début d’après-midi, Toshiro nous a
rassemblées pour une nouvelle séance de tournage du film pornographique. Cette
fois, les choses se corsent un peu, il va y avoir des scènes de SM consensuel.
Après avoir traversé le jardin d’hiver,
nous sommes retrouvées dans une cave sous le pigeonnier. Même à ce niveau, il y
a des lucarnes d’envol sous le plafond, et quelques niches en haut des murs.
Quand j’ai reconnu la servante qui a
renversé du thé sur Kaite, j’ai voulu partir, car j’ai eu tout de suite la
conviction qu’il s’agirait d’une punition très particulière.
Effectivement, pendant que Toshiro et
son fils copulaient avec Kaite et Juri, la pauvre était fouettée et sodomisée
par un garde monstrueusement membré. J’ai eu très peur de devoir intervenir
avant qu’il déchire la fille…Ensuite, ce n’était pas fini…
La servante haletait encore en
gémissant, bien après que le garde se fut dégagé. La vue de sa poitrine
soulevée par les sanglots donna une nouvelle idée à Toshiro.
“ Amida,
des chambres à air de vélo !“
Un large
sourire se dessina sur les traits du fils du maître des lieux.
“ Père,
on a eu la même idée. Attends, je descends dans la fromagerie ”.
Quelques instants plus tard, Toshiro
invita les gardes à nouer deux épaisses bandes de caoutchouc à la base des
seins déjà meurtris et sensibles depuis l’experte flagellation.
Deux chevilles en bois avaient été
astucieusement insérées sur le côté des mamelles, entre la peau couleur de miel
de la jeune femme et les épaisses bandes de caoutchouc noires couvertes de
répugnantes toiles d’araignées et de fourmis.
Les seins solidement ligaturés
s’étaient considérablement allongés, car les bandes étaient très larges. Ils
commençaient à ressembler à une poire dont la chair aurait été repoussée au
bord de la queue.
Amida avait très envie de voir jusqu’à
quelles limites un sein pouvait être allongé. Un signe de tête et millimètre
par millimètre, un demi-tour d’écrou fut donné, accompagné par la lente mélopée
de la servante.
“ Ouuuuuuuhhhhhh.
Ouuuuuuuhhhhhhh ”
Les deux masses complètement distendues
semblèrent se projeter en avant. La base du sein était moitié moins large que
son extrémité, maintenant.
Le souffle court, brisée et attentive à
éviter tout mouvement, la servante murmura dans un souffle :
“ Arrêtez,….je t’en supplie, ils
ne reviendront jamais comme avant si vous continuez comme ça ”.
Pour la première fois, Toshiro parut
troublé à l’idée de ruiner gravement et définitivement ces seins magnifiques au
creux desquels il se plaisait à jouir. Il murmura :
“ dommage
que ça ne repousse pas ”
Mécontent de ne pas pouvoir vérifier
jusqu’à quel point l’étirement était possible, Amida cala le tourniquet et se
dirigea vers le fond de la pièce. Sa mémoire visuelle était bien fidèle.
Il revint avec une sorte de tamis qui
avait un manche en bambou, tout en éprouvant la tension des tiges de jonc qui
composaient le fond de cet instrument conçu pour séparer les grains de riz
selon leur taille.
La servante ouvrit des yeux ronds, ne
comprenant pas en quoi cet engin pouvait être un nouvel instrument de torture.
Le garde cala à son tour sa cheville et
s’écarta. Amida se plaça sur le côté qu’il venait d’abandonner, et visant
soigneusement le mamelon devenu écarlate, il assena un petit coup pour
tester sa réaction Une onde de douleur féroce se propagea instantanément dans la
pauvre mamelle monstrueusement ballonnée. Les vibrations du cordage résonnèrent
longuement dans la glande congestionnée.
La servante ne pouvait plus parler, la
gorge nouée. Les larmes ruisselaient sur son beau visage ambigu, sans qu’elle
puisse proférer une seule plainte sous la grêle de coups droits et de volées
qui s’abattaient sur sa poitrine. Effroyablement dilatés, ses seins
ressemblaient maintenant à des outres prêtes à exploser.
Je dois admettre que j’ ai été très
troublée à mon tour, surtout lorsque Amida a senti un besoin irrépressible
d’honorer ces mamelles dans leur nouvel état. Il se pencha sur le sein droit et
élargit sa langue pour humecter l’aréole jusqu’à ce qu’elle dégouline. Puis il
referma sa bouche sur le mamelon qu’il emprisonna doucement entre ses dents,
faisant aller et venir le bout de sa langue durcie comme une râpe.
La servante feula doucement, comme
l’onde de plaisir montait dans son ventre en le disputant à l’affreux
étranglement de ses pauvres seins.
“ Non, non, s’il te plait arrête,
pas ça encore arrête arrête j’ai trop mal, continue. Ahhhhhhhh ” .
Amida n’eut cure de ces protestations
bien confuses et il reprit son travail de sape. Sa langue s’enroula autour
du mamelon, qu’il aspira doucement d’abord, puis de plus en plus goulûment, car
celui-ci était trop gros et il ne pouvait plus se contenir.
C’était un sein de nourrice dans lequel
il avait maintenant très envie de mordre. Il résista encore quelques instants,
aspirant de toutes ses forces les pointes écarlates dont du sang commençait à
goûter, tant avait été puissante la succion. N’y tenant plus, il posa sa bouche
sur le côté du sein et enfonça rapidement ses incisives.
“ AAAAAAAAAAAHHHHHHH. MAIS TU ES
FOU, tu m’as fait très mal, salaud, jamais je te pardonnerai. NOOOOOONNN, PAS
L’AUUUUTRE ” .
Le sein gauche fut promptement honoré
de la même façon, bien que la servante se fut violemment débattue dans ses
liens.
Toshiro
se tourna vers nous “ Alors, la séance vous a plu ? ”.
Mercredi 20 novembre 1970 – Les joies du bondage (3/4)
Journal
de Toshiro MUKAI
La journée a été très agréable. J’avais
prévu de faire torturer la servante dont mon fils et moi usons et abusons
ensemble, sous un prétexte quelconque. Kaite s’est révélé extrêmement
enthousiaste et coopérative, voilà qui peut ouvrir de nouvelle perspectives
pour le “ vrai ” film du week-end prochain. Après avoir débuté par
des plaisirs sains et innocents, une petite séance de fouet, j’ai donné l’ordre
à l’un des gardes, qui a le cerveau et la bite d’un âne, de sodomiser notre
victime. J’en rêvais, mais je n’aurais pas pu prendre le risque qu’elle aille
se plaindre à Mishima…Pendant ce temps, j’ai moi-même honoré Kaite de cette
façon. Brutalement, les coups de fouet m’ont rappelé une autre flagellation…
-le vieux
soldat- Malaisie 1953. Archipel de Sumatra
La jonque
file sur la mer étale, sous la protection de la pleine lune. Les deux moteurs
diesel de 500 CV, ajoutés à notre embarcation rudimentaire, cliquètent mais
nous propulsent largement en tête de notre petite armada.
Huit
embarcations semblables à la nôtre s’apprêtent à prendre d’assaut le voilier de
croisière ancré dans la petite baie devant nous.
J’ai conservé avec moi l’équivalent d’une
section composée de mes meilleurs éléments. Tapis comme des animaux au fond de
la jungle, nous avons combattu les américains jusqu’en 1947. Ce sont des
pêcheurs qui nous ont appris la fin de la guerre.
Il n’était
évidemment pas question de revenir au Japon après nos exploits, et nous nous
sommes joints à un groupe de pirates malais qui rapinait le long des côtes de
Bornéo.
Nous sommes
simplement restés indépendants avec nos armes. Nos deux mitrailleuses lourdes,
notre bazooka, nos lance-flammes et notre stock de munitions, constituent
encore une force non négligeable. Mais nous avons troqué depuis longtemps
l’uniforme du Mikado contre la tenue plus bariolée des pirates des mers du sud.
Nous
longeons la plage hérissée de palétuviers et l’immense yacht est juste devant
nous maintenant. Il brille de toutes ses lumières, dont le reflet argenté nous
entoure. Peu à peu, les bruits d’une petite fête couvrent celui de nos moteurs.
Tant mieux, tout sera plus facile…
Nous
alignons nos barques en silence le long de la poupe. C’est un superbe yacht de
croisière d’environ 36 m de long, et nous allons après un bref combat compter
trois hommes d’équipage valides, sept morts, et une vingtaine de riches
passagers en train de festoyer sur le pont.
Ils se sont
levés de leur chaise et nous les dépouillons rapidement de leurs bijoux,
parures et portefeuilles.
Ils sont
massés en silence, le visage hébété par l’incrédulité et l’alcool, avec une
expression de morgue mêlée de crainte. Les hommes se tiennent droits, le visage
crispé, les femmes tiennent les cols de leurs robes de soirée comme si elles
avaient peur d’être déshabillées.
Mais il
n’est pas question de réveiller les ovaires fripés de ces vieilles texanes.
Nous ne toucherons pas ces chairs blanches et flasques. Une certaine impunité
nous est garantie à condition de ne pas franchir la ligne.
Mais nous allons quand même pouvoir nous divertir un peu…
Wang-Tse, le
chef des pirates, a repéré, cachée dans les bras de solides cow-boys, une
call-girl. Une thaïe, à en juger par sa large poitrine, avantageusement mise en
valeur par un décolleté très plongeant.
Wang-Tse est
beaucoup plus terrifiant que moi. Il porte de très longues moustaches
tombantes, l’une de ses pommettes a été décharnée par un coup de machette, et
ses longs cheveux graisseux sont réunis dans une énorme tresse qui habille son
dos nu.
Il s’avance
vers le groupe d’américains, et ils s’écartent avec déférence. Il débusque la
fille et la tire violemment par le poignet jusqu’au milieu du pont. Il porte la
main sur son décolleté et déchire brutalement le devant de sa robe. Elle porte
la main à ses seins en poussant un petit cri et Wang-Tse l’apostrophe
brutalement d’une voix rauque :
“ C’est
quoi ton nom ?…WHAT’S YOUR
NAME ! ”
Elle répond en sanglotant : ” I am Miyu ”.
“ Miyu,
tu es une putain, la honte de notre race. Tu vas payer pour ça ”. Il donne
un ordre bref et contemple longuement le corps parfait qu’il finit de dénuder.
Miyu possède
une poitrine ferme et pleine, ses seins volumineux en forme de poire tombent
légèrement de façon très émouvante. Mais elle a néanmoins beaucoup de classe
avec une large bouche spirituelle et particulièrement sensuelle qui lui confère
un visage très avenant.
Wang-Tse
jouit de la peur qu’il lui inspire. Elle se tient nue, tremblante devant lui et
les touristes fascinés, dans un mélange d’horreur pour les femmes et
d’excitation à peine voilée pour les hommes.
Elle a
refermé ses mains en conque autour de ses seins et de son sexe dans une
tentative désespérée de conserver une part de dignité.
Mais, de
toute part, des coups de fouets jaillissent. Les pirates se sont emparé de
cordages qu’ils ont imbibé d’essence avant de les allumer avec une torche.
Des traits
de feu zèbrent la nuit avant de s’abattre sur la croupe et le dos de Miyu.
"AAAAARRRRRAAAAAAHHH!" NO
MORE, NO MORE, NO MORE! AAAAHHHHHH, IT HURTS, IT HURTS!
Les
boucles infernales composent un ballet hallucinant qui lacère son dos, ses
jambes, ses fesses. A la douleur de la cinglée s’ajoute la brûlure qui parcourt
son corps lorsque ses tourmenteurs laissent glisser lentement leurs cordages le
long de ses membres.
HIIIIEEEEEEEEAAAAAAAAHHHHH! P-PLEASE,
NO MORE! JUST MAKE IT STOP! ! PLEASE!
I'LL DO ANYTHING, ANYTHING, LET YOU MAKE LOVE TO ME, ONLY MAKE IT STOP! MAKE IT
STOPPPPP!"
Elle tombe
rapidement à genoux en courbant le dos dans une tentative désespérée d’offrir
le moins de prise possible aux coups. Elle pleure et sanglote continuellement,
en conservant difficilement son équilibre tandis que le yacht tangue légèrement
sous le roulis. Elle parvient à se relever un peu pour joindre ses mains et
former une prière.
Nullement
émus, les pirates redoublent leurs fouaillées sauvages sur les fesses et le dos
en sang, striés de chairs noircies.
Miyu roule
complètement sur le sol en se tortillant comme un ver pour tenter d’échapper
aux atroces cinglées. Mais elle est vite rabattue dans le cercle infernal et
les hommes en profitent maintenant pour s’acharner sur les pointes de seins et
les lèvres délicates de son sexe couleur d’opale et dépourvu de toute fourrure
protectrice.
Miyu pousse des cris déchirants : “ OH, MY
POOR TITTIES, OH THEY HURT SO MUCH”. SWACKKT! "OOOOOOOWWWWWWWW! OH, MY
BREASTS, MY POOR BREASTS!.. FFF-Fuck me if you must, but STOP HURTING ME ON MY
POOR BARE BREASTS!"
Sur un bref
signal de leur chef, les pirates se sont arrêté et ils s’emparent du corps
pantelant pour l’installer de force dans le large fauteuil du capitaine. Ses
avant-bras sont solidement liés aux accoudoirs et ses chevilles fixées aux
pieds. Miyu relève la tête, étonnée de ne pas comprendre ce qui peut lui
arriver dans cette position.
Wang-Tse
passe derrière le lourd fauteuil et le pousse brutalement en avant. Miyu a le
souffle coupé, le plexus écrasé par la monumentale table de chêne; ses seins
magnifiques, luisant de sang et de transpiration, sont largement étalés et
offerts sur la planche de bois. Les
longues pointes brunes et parfaites se détachent sur la blancheur de la nappe.
Wang-Tse
tourne autour d’elle pour humer l’odeur délicieuse de son angoisse. Puis il
s’empare d’un geste vif d’un couteau à découper et le plante au milieu de son
sein gauche.
Miyu a ouvert grand la bouche sur un cri muet,
le souffle coupé par la violence du choc. Puis elle pousse un long hurlement à
glacer le sang. Elle croit mourir tant la déchirure irradie dans tout son
corps.
Quand
Wang-Tse approche lentement une autre lame de son sein droit, elle pleure et
bave en marmonnant des mots incompréhensibles. Mais inexorablement, il
l’enfonce en tournant le manche jusqu’à ce qu’il rencontre la table. Il cloue
la lame d’un coup de poing vigoureux et Miyu s’évanouit en poussant un
hurlement indicible.
Le visage
réjoui par sa future plaisanterie, il s’approche du groupe de texans et leur
dit :
“ Vous
l’avez remplie pendant toute la croisière, hein… ? Et bien maintenant,
vous allez la vider ! ”.
Il tire par
l’oreille l’un des texans, l’approche de la table et lui met des couverts dans
la main.
Il pique une
fourchette dans le bord du téton gauche, découpe délicatement un morceau de
chair sanguinolente et le lui présente sous sa bouche en hurlant de rire :
“ Le
dessert est servi ”.
J’éjacule
dans Kaite en riant encore de la tête horrifiée du vieux texan. Il a mangé une
bouchée, comme tous les hommes. Beaucoup ont vomi après.
Ce soir,
Amida m’a rapporté un fait troublant : il a vu de loin la petite Mayu
désarmer un garde comme en se jouant. Chance ? hasard ? que
faisait-elle près de l’armurerie ? Je vais demander aux servantes de la
surveiller très étroitement, et je vais tenter d’en savoir plus sur elle auprès
de l’agence Tokyo Topless.
Mercredi
20 novembre 1970 : les joies du bondage (4/4)
Journal de Juri OSHINO
Eh ben, on passe aux choses sérieuses,
heureusement que j’étais pas à la place de la fille, sauf quand elle s’est fait
mettre le machin du garde dans le…hi, hi.
Bon, ce matin, c’était pas très drôle,
alors je passe vite, surtout que quand j’écris en réfléchissant, y a la Kaite
qu’a toujours l’air de se foutre de ma gueule. Alors, je rentre dans ma
chambre, voilà. D’ailleurs, elles sont
vachement chouettes, les pièces. De l’or partout, du bois précieux, pas du bambou,
sauf certains meubles. On dirait un palais des mille et une nuits !
J’espère qu’on va quand même pas finir dans un harem, non ?
Où j’en étais ? Ah oui, ce matin,
après le petit déj, j’ai essayé d’entrer dans le vestiaire des disciples avant
leurs exercices, et je me suis fait virer comme une malpropre par le fils de
Toshiro. C’est marrant, j’ai eu le temps de voir des armes comme les soldats en
ont. J’pensais qu’ils faisaient juste leurs trucs d’arts martiaux, moi ?
Faut dire que j’arrive pas tout le temps
à faire la différence entre les disciples et les gardes, quand ils sont à poil,
hi, hi.
Quand j’ai dit çà à Mayu, elle m’a demandé où
se trouvait le gymnase. Bon, je pensais pas qu’elle allait me casser mon coup,
je croyais qu’elle avait un petit copain, vu qu’elle a pas l’air très chaude
pour batifoler ? Enfin, qu’elle aille faire un tour, elle me dira comment
c’était, enfin j’espère, hi, hi.
Voilà pour le matin. Mais
l’après-midi ! ! ! Ouahhhhhh, la copine de Toshiro, qu’est pas
la copine de Kaite depuis qu’elle lui a renversé du thé sur les nibards, elle
s’en est pris une bonne. Quand on est retourné dans le jardin d’hiver, Toshiro
nous a dit dans l’escalier que la servante lui était complètement soumise et
qu’elle aimait bien se faire ficeler. Surprise ! ! quand on est allé
tout au fond, cachée derrière les grands roseaux, il y avait une petite pièce
ouverte au fond. Dedans, une vraie chambre de supplices comme on en voit dans
les films qu’on passe dans les villages de pêcheurs…La servante, elle était là,
mais pas encore ficelée, quand même. Toshiro lui a dit comme ça qu’elle avait
déshonoré l’Ecole en étant aussi maladroite, et qu’elle devait être punie. Là,
je veux bien que la fouettée était pas mal, d’accord, mais c’était pas une
raison pour que Kaite se fasse enfiler par Toshiro en même temps…un peu de
respect, quand même ! !
Donc…ah oui, la servante est restée arc-boutée, encore
sous le choc, les muscles pétrifiés. Elle ne parvenait pas à reprendre sa
respiration. Le garde avec la grosse bite est passé sur le côté pour admirer un peu le travail de son copain, et il a
vu, vachement comprimées entre les montants de l’échelle, les fesses qui
dépassaient un max.
Il avait la queue
complètement plaquée au dessus de son nombril broussailleux quand il s’est
approché de la servante, la mine gourmande, on aurait dit un chat qu’a pas
encore bouffé ! ! !.
Quand l’énorme quequette a touché le
haut de sa fesse, elle a brusquement compris qu’il y avait danger !.
“ Non, tu sais bien que c’est
impossible. Tu ne peux pas y arriver. Tu es beaucoup trop gros, tu vas me
déchirer…….Non, non, nooooooon, arrêêêêêête, tu ne peux pas ”
Moi, j’aurais pas fait ma mijaurée,
parce qu’une queue comme ça, même dans le cul, ça se refuse pas, je suis grossière,
je sais. J’aurais bien aimé être à sa place pendant que la pointe de sa lance
aurait effleuré les bords délicats de mon anus, cherchant une faille...
Plusieurs fois, elle est parvenue à dérober son trou du cul
autant que ses cuisses bien ficelées le lui permettaient. Il allait vraiment le
faire. J’imagine trop bien ce qu’elle a du sentir quand une pression
impitoyable a commencé de repousser les bords de sa muqueuse.
A
l’ultime instant, elle a poussé un cri de désespoir….quelle conne !
“ Arrête, arrête, je t’en supplie,
pas ça. Je te ferais tout ce que tu veux, mais pas ça. Aaaaaaahhhhh ”.
Elle était empalée. Je deviens poète,
c’est d’avoir lu tous ces vers dans le musée porno. Comment ils écrivent
déjà ? Ah oui “ Un pieu déflorait lentement ses entrailles. La verge
progressait impitoyablement par courtes saccades, la déchirant un peu plus à
chaque coup de boutoir ”. Super, c’est exactement ça, mais qu’est ce que
ça doit être bon de se faire déchirer comme ça ? Après, c’est sûr, faut
pas oublier d’aller faire souvent son petit caca ! ! !
Faut dire que le garde se débrouille
vachement bien. Il l’a crochée par les nibards. Ses doigts ont trouvé une bonne
prise bien solide sur ses gros bouts de seins, ça lui permet de bien les tirer
sur les côtés, il a rassemblé ses mains en coupe pour mieux les refermer sur
les grosses doudounes bien glissantes
pour assurer une poussée efficace.
C’est pas possible, on dirait qu’il
grossit encore ! ! ! Oh, un vers dont je me souviens encore “
lorsque le canon tonna avec un long jet de semence ”. Pour sûr, ça
s’appelle tirer un coup, même qu’elle a gueulé tellement il était dilaté à ce
moment là, un vrai hurlement de belette comme on les piége dans mon village.
Même qu’elle a fait s’enfuir un couple
de pigeons qui nichait sur une fenêtre.
Eh ben, faut reconnaître, quand il est
sorti, y avait quand même quelques gouttes de sang dans la merde.
Moralité : quand on n’est pas capable de recevoir un homme, un vrai, on se
prend pas les pieds dans le tapis, hi, hi..
Bon, moi, j’étais tellement excitée que
j’ai pas trop fait attention à la suite. Je me suis agenouillée devant Amida,
j’ai délacé son kimono, et ni une ni deux, je l’ai bien sucé, mais il était
déjà très dur, et je me suis vite arrêté pour ne pas gaspiller sa décharge. Je
sais pas si la caméra m’a prise à ce moment là, parce que je lui ai saisi
gentiment sa queue en me tournant pour qu’il me prenne en levrette, comme
Kaite, y a pas de raison. Ah, ça y est, j’ai droit à un coup de projecteur
maintenant. Ce qui est chouette, j’ai que j’ai pas à faire semblant de prendre
mon pied, comme d’autres filles, je mouille comme une folle. Merde, j’ai peur
qu’Amida se perde un peu dans ma chatte toute gluante, faut pas qu’il
débande ! ! ! Vite, mes doigts vont lui faire un petit massage
des couilles. Là, çà va, je l’ai rattrapé. Je le caresse gentiment, le bout de
mes doigts le branle juste un peu à chaque fois qu’il se retire. Je soupèse ses
machins, elles ne sont pas très lourdes, j’essaye de lui donner l’impression
qu’elles pèsent trois tonnes au-dessus de mes ongles. Elles ballottent
doucement jusque ce que je sente qu’il vient. Il pousse très fort, là je le
sens bien, et je jouiiiiiiis. C’était très bon, très intense, parce que j’avais
l’impression de contrôler les choses.
A SUIVRE
00035439
Sceau officiel CopyrightDepot.com émis
le 02 04 04 à 15:12 (HE)
Consulter le site
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29 mars 2007
Une sale journée
Le deuxième texte, donc, et toujours le même contexte de WWII qui est probablement le plus souvent choisi avec l'Inquisition comme vecteur de ce genre de "littérature".
Une sale journée
(par Alain et Laurent)
Ce matin là, il faisait
un soleil magnifique sur Paris. Martine, la quarantaine épanouie, avait ouvert
en grand ses fenêtres pour profiter de la fraîcheur matinale. Tout en faisant
chauffer son café, elle se remémora le contenu du singulier colis qu' elle
avait reçu quelques jours auparavant, et que Mme Fauge, la concierge, lui avait
remis avec un drôle d'air, un air un peu narquois qui l' avait étonnée, comme
si elle connaissait le contenu du colis.
A l'ouverture de
celui-ci, elle avait tressauté, il y avait un petit cercueil orné d' une croix
gammée et à l'intérieur, un mot griffonné "salope de collabo, bientôt on
te fera la peau". Elle, une collabo ! Martine n' en croyait pas ses yeux.
Certes, elle avait un ami
Allemand qui, d'ailleurs, était très cultivé, très francophile et qui n'aurait
pas fait de mal à une mouche, alors elle une collabo ? Sûrement pas .
Pourtant, maintenant que
les troupes alliées étaient dans Paris, elle ne pouvait s'empêcher de repenser
à ces menaces, son ami s'était déjà replié vers le nord, la laissant seule ;
elle avait bien perçu un changement chez ses voisines et les commerçants du
quartier, des ricanements dans son dos, des conversations qui s'arrêtaient à
son passage, et même, elle avait cru entendre des insultes murmurées à voix
basse.
"Enfin, ma fille, tu
fabules, qui peut te vouloir du mal, tu n'as pas d' ennemi, et tu n'as jamais
fait du tort à qui que ce soit", se dit-elle en portant le café sur la
table prés de la fenêtre pour bien profiter de cette belle matinée.
Martine finissait sa
tasse, lorsqu'elle entendit une rumeur venant du bout de la rue. Elle se pencha
à sa fenêtre, et elle vit une troupe gesticuler autour de deux femmes. Plus le
cortège s'approchait et plus il lui semblait que tout le quartier était dans la
rue.
"Mais qu'est ce qui
se passe", se demandait-elle, et le cortège approchant, elle voyait les
deux femmes houspillées et elle entendait les insultes proférées à leur
encontre. Tout à coup, Martine s'aperçut que tout le monde s'arrêtait devant la
porte de son immeuble. "Mon Dieu, se dit elle, pourvu que...." .
Elle n'eut pas le temps
de penser davantage, que déjà elle entendait une cavalcade dans l' escalier,
on tambourinait à sa porte.
Martine tremblante alla
ouvrir et se trouva en présence de deux civils coiffés d' un casque de la
guerre de 14-18, un brassard bleu- blanc -rouge sur lequel était tracé à
l'encre noire trois lettres- FFI- au bras, brandissant de vieux fusils qui eux
aussi avaient du faire la dernière guerre. La concierge les accompagnait, rouge
comme une pivoine d' avoir monté les
escaliers quatre à quatre. Elle reprit son souffle et désigna Martine d' un doigt vengeur en vociférant :"c'est
elle la salope de collabo ! " . Martine n'eut pas le temps
d'articuler une syllabe qu'elle se retrouva prise par les bras et descendue par
les FFI vers la rue . Martine se retrouva parmi la foule qui accueillit son
arrivée par une clameur : "c'est elle, regardez, la voilà la
collabo".
Les huées et les insultes
assourdissaient Martine qui essayait tant bien que mal de parer les gifles et
les coups de pieds que les femmes proches d'elle tentaient de lui donner. Les
FFI protégeaient comme ils pouvaient les trois femmes tandis qu' elles étaient
amenées vers l'école du quartier toute proche. Martine ne comprenait pas ce qui
lui arrivait, elle était en compagnie de deux femmes qu'elle ne connaissait pas
et elle se demandait ce qu' elles pouvaient avoir en commun.
Le cortège arriva devant
l'école du quartier, déserte à cette époque de l'année. les grilles étaient
ouvertes, et Martine eût juste le temps d'apercevoir, à une dizaine de mètres,
une table avec trois FFI assis derrière, leur pistolet mitrailleur sur la table
et devant eux des papiers, avant que
leurs gardes les fassent aligner devant l'école, nez contre le mur, tête
baissée, bras le long du corps et pieds joints.
Martine ne pût s'empêcher
de penser qu'elles étaient mises au piquet comme des gamines devant tout le
monde et cela lui procurait une sensation inconnue qu'elle n'eût pas le temps
d'explorer avant que de la table un nom ne fuse: Poisson !. Sa voisine de
droite, une fille blonde assez forte, se dirigea vers la table, et répondit à
un interrogatoire bref ponctué par les cris, les rires ou les huées des
spectateurs massés dans la cour de l'école. Martine tendait bien l' oreille
mais elle n'arrivait pas à saisir ce qui se disait. Bientôt, un autre nom
retentit: Maugier !. C'était à elle, Martine se retourna et se dirigea à son
tour vers la table, et en croisant la fille blonde, elle vit que celle-ci avait
un drôle d'air, mais bon, Martine ne s'alarma pas plus que ça, pour le moment
ça n'avait pas l'air d'être bien méchant. Devant la table, le tribunal
improvisé semblait détendu, presque bonhomme, cela rassura Martine.
"Eh bien quoi, se
dit elle, que peut il m'arriver, je n'ai rien fait de mal ?". L'homme
assis au milieu de la table lui demanda de confirmer son identité et son
adresse, ce que Martine fit de bonne grâce, et brutalement l'accusation fusa :
tu es une collabo !
Martine sentit ses jambes
se dérober sous elle, elle tenta bien d'une voix tremblante de dire qu'elle
n'avait rien fait, que ce n'était pas vrai, quand elle reconnut la concierge
Mme Fauge, le regard goguenard, tendre au tribunal des photos en ricanant :
"elle ! pas une collabo ? Regardez, ce sont des photos que j'ai
prises dans son appartement, on la voit avec son boche, la salope" !
Martine était livide et elle ne réagit même pas quand la concierge lui releva
sa jupe en s' écriant : " Regardez, elle a une culotte en soie la
salope, c'est pas une preuve, ça ? Martine entendait les cris et les huées de la foule
"salope, salope, à poil la pute, qu'on la tonde".
Sur un geste du tribunal,
le silence revint et la sentence tomba: Maugier, tu as collaboré avec le boche,
tu vas être punie. Tu es condamnée par le peuple à être tondue et promenée nue
dans les rues du quartier, tu seras
ensuite conduite en prison et jugée pour ce que tu as fait. Martine était
abasourdie, elle se laissa entraîner par le garde vers le mur où elle vit la
fille blonde nue, nez contre le mur, tête baissée et pieds joints. Elle ne put
s' empêcher de se dire qu'elle avait de grosses fesses très blanches, molles et
qui tressautaient à chaque hoquet parce qu'elle pleurait.
Arrivé devant le mur, le
garde éructa un sonore : "à poil, salope", qui fit ricaner la
foule un bref instant, avant de s'intéresser au sort de la troisième suspecte.
Martine commença par
enlever son chemisier, ce qui dévoila un soutien-gorge noir maintenant une
poitrine d'un blanc nacré. Elle enleva ensuite sa jupe et apparut une culotte
noire aussi, qui galbait une paire de fesses que l'on devinait fermes et rondes
à souhait. Bientôt Martine fût nue, et la sensation qu'elle avait ressentie
tout à l'heure lui revint.
"Comment, se dit elle, tu es à poil
devant tout le monde, on va te tondre et te faire je ne sais quoi, et tu es
excitée, ma parole, l'humiliation te plait ". La troisième pénitente
revenait aussi vers le mur et commençait à se déshabiller, tous les regards des
spectateurs étaient maintenant tournés vers elles et l' excitation de Martine
retomba comme un soufflé. Elle sentait tous les regards fixés sur son corps,
elle entendait les commentaires des femmes :" regardez son gros cul à
cette salope, ah elle pouvait faire la fière avec ses culottes en soie mais
quand il n'y a plus de culotte, y a plus qu'un gros cul".
Martine avait le
sentiment que la punition approchant, son excitation d'être vue nue par tout le
monde tombait et elle commençait à redouter ce qui allait arriver. Elle
entendit dans son dos une voix qui ordonnait : "Tournez vous, salopes, on
va s'occuper de vous". Elle se retourna et fit face à la foule, en
s'apercevant bien vite que tout le quartier était là, ses voisines, les
commerçants du quartier, tous ces gens qui la connaissaient, avec qui elle
discutait tous les jours. Martine sentit la honte l'envahir, elle voulut cacher
ses seins avec ses mains mais un garde les lui fit lever sur la tête de façon à
ce que tout le monde puisse bien la voir nue. Les trois pénitentes, tête
baissée, faisaient face à la foule qui ricanait ; "Regardez-les, ces
collabos, elles suçaient les bites boches, on va s' occuper de leurs culs
maintenant". Martine avait conscience que sa maigre toison ne cachait rien
de la naissance de sa fente et elle regretta de s'être partiellement épilée
pour plaire à son homme. Les deux autres pénitentes avaient des toisons
fournies qui au moins cachaient l'essentiel.
Encadrées par deux
gardes, les trois femmes marchaient vers une estrade dressée dans la cour. La
foule les suivait, les femmes surtout faisaient des commentaires sur le mouvement des fesses qui rythmait la
marche : "Regardez, elles ont les fesses molles les salopes, ah ça se
voit qu'elles ont été mieux nourries que nous, ça balance, ça balance, c'est
des gros culs de grosses salopes à boches ".
Martine se demandait pourquoi les femmes étaient les plus
méchantes ? "ça doit être de la jalousie", se dit-elle .Arrivées
devant l'estrade, elles virent une chaise, un banc et trois femmes qui les
attendaient en ricanant, en agitant des ciseaux et des tondeuses .
Ses compagnes d’infortune
la précédèrent docilement sur l’estrade. Les deux filles du peuple furent
dépêchées sans fioritures, avec sobriété. Les coiffeuses manipulaient leur
ciseaux avec dextérité, tirant sans violence exagérée les nattes et les longues
mèches.
Du vin commençait de
circuler, et quelques homme parlaient plus fort en épongeant leur front.
L’excitation du début était légèrement retombée, mais les femmes restaient les
plus attentives, toutefois elles ne se sentaient pas rivales de ces filles bien
ordinaires qui ne parvenaient pas à exciter leurs compagnons.
Les filles s’appliquaient
à rester dignes en coopérant de bonne grâce comme si elles s’étaient trouvées
dans le salon de coiffure. Les joues en feu, elles serraient juste exagérément
leurs jambes en croisant les bras, échangeant des regards de fausse complicité
pour banaliser la situation. Puis les tondeuses achevèrent de raser les toisons
hirsutes sous de maigres lazzis de la foule.
Les grands lilas aux
fleurs mauves diffusaient leurs senteurs apaisantes, on aurait cru un samedi de
remise des prix de fin d’année.
Martine avait la
désagréable impression d’assister à une mise en bouche, au début d’un spectacle
dont elle serait le clou. Elle tentait de rester droite et digne, indifférente
en apparence. La main du garde pesant sans vraie raison sur son épaule lui
faisait mal, mais elle la troublait étrangement, elle se sentait bizarrement
soutenue ainsi.
Les filles redescendirent
très vite, trop vite au gré de Martine, et elles se précipitèrent sur les
modestes vêtements qu’un résistant leur tendait.
Elle les suivit du regard
et son cœur défaillit.
Elles rasaient maintenant
les panneaux électoraux, traversant sans encombre une foule échauffée qui
commentait abondamment les photos accrochées par Mme Fauge.
Martine se cacha la tête
dans les mains. Elle avait accordé à Karl la plus belle preuve d’amour qu’une
femme puisse donner à un homme, juste avant son départ, et elle pria de toutes
ses forces pour que la photo qu’un prêtre furieux tenait à bout de bras en se
dirigeant vers elle ne dévoile pas leurs derniers instants.
C’était bien cela,
malheureusement, elle n’en revenait pas que la concierge soit parvenue à
prendre toutes ces photos de nuit, avec le Kodak qui avait du la ruiner,
perchée sur le balcon. Il lui avait fallu tant de haine pour la piéger de cette
façon que Martine frissonna de peur. Jusqu’où serait-elle prête à aller ?.
La maigre mégère n’avait
rien raté, et tout le monde éclatait de rire en la voyant investie en son
fondement, agenouillée avec les oreillers calés au creux de sa poitrine pour
faire saillir sa croupe offerte. Elle ne parvenait pas à reconnaître dans ses
propres traits remplis d’une concupiscence animale l’extase charnelle qui
s’était déversée en elle en même temps que Karl se répandait dans sa bouche.
La gifle du prêtre la
sortit de sa léthargie. Il déchira les photos au grand dam de la foule et
s’entretint en aparté avec Mme Fauge. L’air triomphant, sa pire ennemie donna
quelques indications aux jeunes résistants.
Martine fut sidérée
qu’elle s’autorise à les commander et commença à transpirer abondamment de
terreur.
Avec un geste de la main
approbateur, le chef des FFI, un grand blond aux cheveux filasse et à la bouche
mollassonne, laissa les jeunes hommes revenir quelques instants après porteurs
d’un banc d’école. Avant d’avoir pu esquisser le moindre geste de rébellion,
Martine fut allongée dos au banc, dont les tâches conservaient une odeur
d’encre et de craie, étroitement sanglée avec les poignets et les chevilles
douloureusement ramenés sous la planche de bois. Ses seins épanouis retombaient
sur les côtés, sa tête pendait douloureusement dans le vide, mais surtout elle
offrait le spectacle de sa vulve largement ouverte aux quatre vents.
La tonte de sa magnifique
chevelure fut beaucoup plus douloureuse dans ces conditions, car elle se
contorsionnait avec l’énergie du désespoir pour épargner à sa nuque le
raclement sur la planche, tout en essayant de refermer de son mieux ses cuisses
douloureuses.
Ses joues étaient
cramoisies par la honte, et son front était blanc de peur. Elle aurait voulu se
boucher les oreilles pour ne plus entendre le tombereau d’ordures que proférait
la foule. Lorsqu’elle réalisa que la tondeuse qui abandonnait son pauvre crâne
lacéré passait au-dessus de ses yeux pour descendre sur son ventre, elle ne put
vraiment croire ce qu’elle allait subir.
Le fer légèrement
échauffé caressa maladroitement son ventre l’espace d’une seconde. Elle
sursauta comme s’il se fut agi d’un tison chauffé à blanc. Le petit
cliquètement familier reprit en même temps que ses poils pubiens lui semblaient
tous arrachés ensemble.
Elle était rasée à sec,
sans lotion astringente, et surtout sans précautions, les mâchoires de la
tondeuse semblaient rater à plaisir la mince toison frisée pour mieux
s’enfoncer dans ses grandes lèvres dodues. La faucheuse passait et repassait
pour s’acharner avec minutie à déplumer sa crête de coq qui violaçait de plus
en plus. Parfois, maladresse ou attention particulière, sa vulve était
brutalement écartée pour arracher plutôt que tondre un poil rebelle, et elle se
convulsait saisie d’une crainte affreuse pour son clitoris, dont certains
avaient demandé la tonte avec un gros rire communicatif.
Lorsque son supplice
cessa, sa poitrine tressauta encore longtemps de ses sanglots de honte et de
douleur.
Le spectacle de ces gros
seins qui ballottaient de part et d’autre du banc excitait la foule. Quelqu’un
avait ramené un gramophone et la voix gouailleuse de Maurice Chevalier incitait
à la rigolade. Une voix lança “ et alors, c’est quand la fessée ?
“ Une autre reprit “ sur ses grosses tétasses de salope, alors
“ . Tout le monde reprit amusé “ les nichons, les nichons ! ! ”.
C’est Mme Fauge elle-même
qui se porta volontaire, et tout le monde eut un petit sourire en se disant que
la besogne serait bien faite. Elle choisit soigneusement dans le petit tas de
vêtements de Martine sa mince ceinture de cuir rouge avec une fine boucle d’or,
qui rehaussait son teint très blanc. Il y avait longtemps qu’elle jalousait le
bel objet, et elle se faisait fort de la garder, sûr que la Maugier irait pas
lui réclamer après sa punition ! !
Martine réussit à redresser la tête bien
qu’elle ait le soleil en plein dans les yeux. Elle ne parvenait pas à croire
que l’ignoble concierge ait pu s’approprier la ceinture que Karl lui avait
offerte, et cette dépossession la fit sangloter avant même de réaliser l’usage
qu’allait en faire la mégère. A peine eut-elle ravalé ses larmes qu’à
contrechamp sur sa droite se détacha un bras levé. Eblouie par le rayonnement
intense, elle ne vit la cinglée qu’à la dernière seconde. Elle crut mourir,
tant le coup vigoureux écrasa ses glandes autant qu’il érailla les pointes
dressées par la peur. L’onde de douleur bestiale se propagea aussi vite qu’une
intense sensation de chaleur, qui irradia dans son sexe échauffé. Elle sentait
encore littéralement éclater ses mamelles quelques secondes après le premier coup.
La concierge la laissa se remettre et passa de l’autre côté du banc en
resserrant la boucle autour de son poignet. La ceinture se détendit comme un
serpent, de biais, pour viser davantage les pointes de sein, comme pour les
décapiter. Le coup avait été moins fort, mais plus précis, les boutons de sein
avaient semblé claquer eux-mêmes au vent, l’afflux de sang rendait les pointes
encore plus redressées, à la fureur des femmes qui réclamèrent une punition
plus visible. Des marques rouges traversèrent les insolents mamelons, au rythme
maintenant précipité de la fustigation impatiente de la concierge.
Martine suffoquait
littéralement sous la grêle de petits coups qui l’empêchait de reprendre sa
respiration. Elle avait l’impression que ses seins à vif explosaient sous la
brûlure du soleil de ce joli mois d’août. Lorsque la Fauge laissa enfin
retomber son bras, des gouttes de sang perlaient sur ses pointes oblongues.
Martine crut que sa punition était enfin terminée lorsqu’une de ses voisines
s’avança à son tour. Elle ne put croire que la vieille grand-mère qu’elle
saluait chez le boulanger tous les matins ait un air aussi démoniaque.
L’abominable fustigation
reprit entre ses jambes, la faisant affreusement décoller du banc pour retomber
lourdement après chaque bond. Les coups visaient la fente sans retenue, et
après que les grandes lèvres soient devenues écarlates, la mamie se mit
délibérément face à Martine pour que ses coups découvrent la fente qui jutait
avec obscénité. Sa cinglée râpait les petites lèvres protubérantes et le rose
bourgeon hérissé par la peur.
Au bout d’un temps qui
parut infini à Martine, pantelante de douleur, la mamie finit à son tour par
laisser retomber la ceinture.
L’excitation de la foule
était retombée, une bonne humeur ambiante montait de la foule mise en appétit
par ce petit apéritif. Fini les restrictions, mort aux BOF, on parlerait
longtemps de cette journée, même si on n’allait plus voir la Maugier dans les
commerces pendant un bon bout de temps.
Des âmes charitables
s’apprêtaient à défaire de ses liens la putain du 24 bis, lorsque des
crissements de pneu firent se retourner les spectateurs comme un seul homme.
La traction 15 d’un noir
de mauvais augure était maculée de boue et portait des traces de balle bien
visibles dans les portières. Quatre résistants armés de mitraillettes sten en
sortirent, l’air mauvais. Ils portaient un brassard “ FTP ” au-dessus
de leurs manches, et leurs mains étaient tâchées de sang. Celui qui paraissait
le chef avait un visage tellement patibulaire et excité que la foule, qui
connaissait les “ exploits ” des résistants soi-disant communistes en
province, s’écartèrent précipitamment.
“ C’est qui le chef
ici ?”.
Le grand blond s’avança,
un peu timide, c’était un résistant de la dernière heure qui avait surtout
voulu échapper au STO. Il savait que les FTP ne plaisantaient pas et il
pressentait une sale affaire.
“ C’est moi ”.
“ Paraît que vous
avez des collabos à fusiller, ici ? ”.
“ Non, non, juste
des horizontales à qui on fait un brin de toilette ”.
“ Pendant que vous
faites joujou, nous, on se bat, on a des copains qui ont salement morflé quand
on a pris la morgue ”.Il se tourna vers la foule “ Et vous savez
quoi ? Dans les caisses, on a trouvé des camarades torturés par les
chleuhs ”.
Le visage mauvais s’était
transformé en un rictus de haine en se tournant vers la foule.
“ Alors, moi, je
dis, faut leur faire même chose, aux putains des boches, qui qu’est pas
d’accord ? ”. Les têtes se baissèrent lâchement, la Maugier ne méritait
pas de mourir, mais pas qu’on meurt pour elle, les FTP étaient trop dangereux,
comme fous ils braquaient dans tous les sens leurs mitraillettes en visant même
les toits.
Le chef des FTP s’avança
résolument vers Martine, avec des gestes saccadés, comme fou. Il s’empara de la
ceinture et Martine ouvrit la bouche avec horreur lorsqu’elle vit qu’il allait
la frapper avec la boucle.
La douleur n’avait aucune
mesure avec ce qu’elle avait déjà enduré. La bride de la boucle perçait sa
chair pratiquement à chaque coup. Avec la force d’un homme qui frappait de
toutes ses forces, le communiste s’acharna d’abord sur ses mamelles épanouies,
les transformant progressivement en bouillie sanguinolente. Les hurlements
démentiels de Martine frappaient la foule de terreur, malade de ce supplice
qu’elle n’avait pas réellement voulu. D’énormes bleus percés de dizaines de
trous béants déformaient les amples appas. Une pointe de sein disparut
brutalement, et les regards la suivirent avec horreur dans la poussière.
La fourche fut l’objet
quelques instants supplémentaires des mêmes attentions démoniaques. La boucle
pénétrait sauvagement dans les chairs tendres et légèrement renflées sous la
congestion de la précédente punition. A leur tour, elles éclatèrent sous la
féroce cinglée, pendant que les femmes détournaient les yeux et que les hommes
serraient lâchement leurs poings.
Pendant, ce temps, deux
résistants ramenèrent ce qu’ils cherchaient dans les bâtiments communaux. Ils
faisaient rouler devant eux deux gros pneus enlevés du tracteur de la voirie
communale.
Personne ne comprenait ce
qui ce tramait.
En les voyant arriver, le
communiste laissa retomber son bras fatigué.
L’un des résistants passa
sous le banc pour le soulever, tandis que son complice faisait coulisser les pneus.
Après que le banc fut reposé, les pneus furent remontés de force au-dessus de
la poitrine déchirée de Martine et de son bas-ventre, en écorchant affreusement
les pauvres chairs tuméfiées.
La foule restait muette,
consciente que l’irréparable allait se produire, sans trouver plus de courage
que le grand FFI qui semblait la représenter en quelque sorte.
Il ouvrit la bouche pour
protester lorsqu’il vit les jerrycans d’essence passer de main en main, mais il
se contenta de déglutir en laissant reposer sa main qui s’élevait en signe de
protestation.
“ Bon, ça suffit
maintenant ”, vociféra le chef des communistes qui semblaient transformés
en fauves, prêts à bondir sur la foule dont le murmure bruissait doucement. Ils
relevèrent leurs mitraillettes pendant que leur chef renversait le premier
jerrycan.
Martine poussa un
hurlement atroce qui dessilla ses yeux embués de larme lorsque l’essence glacée
se répandit sur ses plaies vives en la piquant atrocement.
Une bouffée de gros
caporal qui se consumait hâtivement flotta de façon irréelle devant ses yeux,
puis la cigarette fut jetée sur la flaque qui stagnait sous ses pieds.
Une seconde après, l’odeur du combustible
submergea ses narines, entraînant un réflexe de pure panique qui la fit
s’arc-bouter dans ses liens. La seconde d’après, elle entendit un
“ wouf ” qui la prévint en même temps que la fumée noire de l’arrivée
d’une mort atroce. Elle fut immédiatement pelée vive, ses chairs sanguinolentes
et cramoisies craquelant sous la morsure du serpent de flamme bleue qui courait
sur son corps ravagé pour venir se lover à l’intérieur des pneus. Lorsque
ceux-ci s’enflammèrent pour carboniser le corps d’une jolie jeune femme, la
foule eut un mouvement de recul honteux.
Tous hochaient la tête en
se disant que la pauvre s’était juste trouvé au mauvais endroit avec la
mauvaise personne au mauvais moment.
FIN
00035439
Sceau officiel CopyrightDepot.com émis
le 02 04
04 à 15:12 (HE)
Consulter le site CopyrightDepot.com
Un hiver 42
Le premier des 2 textes que j'ai coécrit avec des membres de groupes de "discussion". Forcément un peu hétérogène, mais j'assume.
“Un hiver 42 ”
par
Pascal et Laurent
CHAPITRE
I : Dans la Rue des Martyrs
“ C’est bien trouvé, ça, une Rue des Martyrs, comme çha vous
faites le travail pour nous, on n’a pas besoin de les chercher ! Ach,
sacrés français, fa ”
Rüdolph partit d’un grand éclat de rire sinistre dont l’écho enfla dans
la pénombre tombante.
Il manqua de glisser sur un tas
de tickets de métro et se rattrapa en jurant.
“ Schweinhund “ .
Il leva la tête et découvrit à la lueur anémique du réverbère la plaque
mentionnant la “ Rue aux Juifs ”. Son rire repartit de plus belle et
il fut obligé de soutenir son embonpoint à deux mains.
Avec des larmes aux yeux, il
ajouta :
“ Et pourquoi pas une Rue des Communistes ou une Rue des
Résistants, ach ? ”.
Malgré la bise glaciale de ce 15 janvier 1942, qui plaquait les feutres
sur des regards inquiets et les fichus sur des profils sévères, quelques
parisiens levèrent les yeux avant de les détourner très vite en changeant de
trottoir.
L’âcre fumée du gazogène d’un taxi enveloppa quelques secondes deux
fantômes qui marchaient maintenant d’un pas décidé vers le bistrot de l’angle
de la rue Emile Dutibon et du boulevard Richard Lenoir.
Milicien de fraîche date par dépit, après que le maquis toulousain eut
refusé ses nobles offres de service, Pascal, dont les solides humanités chez
les jésuites l’avaient aidé à franchir rapidement les étapes habituelles, était
devenu le bras droit du rédacteur des discours politiques de Darnand.
Il avait été dépêché en mission d’observation auprès de la Gestapo
française à Paris. A son grand étonnement, et bien qu’elle fut enceinte de cinq
mois, son épouse avait insisté pour l’accompagner.
Avec l’assurance du conquérant partout chez lui, Rüdolph enfonça plus
qu’il ne poussa la porte du petit bougnat.
Ils furent presque suffoqués par l’atmosphère enfumée, les relents de
vinasse renversée et les parfums bon marché.
La grosse Suzon posa un nichon
confortable sur le coude de Pascal :
“ Dis donc, t’es allé chez
le merlan, beau gars ?
“ A chacun son poisson, ma
belle ”.
Suzon éclata de rire et
retourna s’occuper de son client.
Rüdolph avait choisi une chaise après avoir fait dégager promptement un
couple d’amoureux.
Il souleva son képi, se gratta un peu les cheveux en s’épongeant le
front avec son mouchoir, et le posa sur le côté de la table :
“ Tu vois, Pascal, ça me rappelle……je t’avais parlé de ce camp,
dans la Forêt Noire…ach, on s’est bien amusé, tu sais…
“ Oui, Rüdolph, je me
rappelle dans le détail de tout ce que tu m'as raconté sur ce camp de
Schwartzwald, j'en ai même rêvé!! le plaisir d'avoir tout un complexe équipé
pour pouvoir s'occuper de ces sous-hommes et surtout de ces sous-femmes!!
“.
“ Mais... tu sais Rudy,
j'ai des relations ici, à Paris, dans la Gestapo et ils ont quelques bonnes
installations!! j'ai visité dernièrement un hôtel particulier dans le VIIe, une
merveille! L'administratif et le logements de fonction dans les étages, le plus
intéressant au sous-sol.
Là, tu as des cellules
et surtout plusieurs pièces équipées et insonorisées avec baignoires, poulies,
carcans, sièges articulés à vérins, "outils" en tous genres, et comme
vous allemands pensez à tout, même un médecin qui peut prolonger les
interrogatoires pratiquement indéfiniment !!”.
.
“ Ach Pascal, tu sais que che n'aime pas trop ces
"civils" de la Gestapo, mais je serais vraiment intéressé de voir
ça!!! Allez, la Suzon, sers nous encore un petit schnaps!! ”.
La Suzon revint avec une bouteille à moitié pleine d'alcool
blanc.
“ De ta réserve
particulière, mein liebling ”, dit elle
avec son accent parisien, puis elle versa une large rasade dans les deux
verres.
“ Au fait, Rudy,
tu sais qu'Emilie est montée à Paris?? Elle est heureuse comme tout de voir la
capitale, toujours sortie se promener malgré le froid et le mauvais temps, elle
fait certainement du lèche-vitrines...Mais je ne suis pas rassuré, peut-être
aurais tu un homme ou deux afin de la surveiller discrètement, je ne voudrais
pas qu'il lui arrive quelque chose, comme tu le sais, je n'ai pas que des amis
!! ”.
“ Ach, mais il
faut absolument que tu me la présssentes ! Che m’invite demain
soir ! ”
“ Rüdolph, ce
sera un honneur pour nous de recevoir le médecin personnel du
Führer ! “.
“ Excuse moi, je
t‘ ai coupé, tout à l’heure. Reparle moi un peu de Schwartzwald ”.
“ Tu sais, ch’est
une longue histoire, disons pour aujourd’hui que ch’avais eu tous les pouvoirs
pour occuper un vieux château en pleine Forêt Noire et faire des expériences
sur la résistance à la souffrance du corps humain ”.
Rüdolph enfila
prestement une rasade de schnaps et laissa promener un regard rêveur autour de
lui . Il s’arrêta sur Suzon, lui rendit son sourire et proféra :
“ Ach,
Suzon….Elle me rappelle les sœurs Epstein…..juives et communistes ! On me
les a confiées en 1938. La plus âgée était grosse, la chienne… “ ,
“Che crois bien que
c’est moi qui ai inventé les sélections, exprès pour elle. Je la faisais courir
dans la neige avec mon doberman aux fesses…Il était dressé pour violer les
prisonnières ”.
Les yeux de Rüdolph se
mirent à briller dans la demi-pénombre, et ce n’était pas uniquement à cause du
schnaps.
“ Ach, tu aurais
fu ses grosses tétasses qui gigotaient dans tous les sens. Elle ne pouvait même
pas les tenir, avec les menottes aux poignets, et figure toi….le chien courait
plus vite ! “
“ Mais c’est avec
sa sœur, Sarah che crois, que les gardes
se sont bien amusé- Ils la pendaient par les seins et ils la laissaient
retomber sans toucher le sol…..De plus en plus haut, alors forcément, à un
moment ! Eh bien, tu fois, elle est quand même tombée de trois mètres
avant la “ séparation de corps “.
Rudolph hennit d’un rire qui faisait trembler ses bajoues
avant d’ajouter :
“ Tu sais, Pascal, che feux bien foir ce
que les français savent faire, mais jamais plus on ne pourra s’amuser comme ça.
On était tranquilles, dans le château, on avait même reconstitué la chambre de
tortures dans les souterrains. Un jour, j’ai organisé l’interrogatoire d’une
sorcière afec une gitane. J’ai même fait tourner un film en couleur, je te le
montrerai ”
“ Bon, on y fa
maintenant, rencontrer ton Laurent. Tu es sûr que Bony et Laffont sont au
courant ? ”
CHAPITRE II : Dans la rue Lauriston
Rüdolph avait
passablement excité Laurent avec son évocation de ce château "im
Schwartzwald", ils sortirent du bistro, la rue était déserte à cause du
couvre-feu, la Delahaye les attendait le long du trottoir.
Une fois installés sur
la banquette en cuir, il ne fallut pas longtemps au chauffeur pour les conduire
rue Lauriston, quelques instants après avoir traversé la place de l'Etoile, ils
y étaient.
Ils étaient restés
muets tout le long du trajet. La voiture à peine garée, ils en sortirent avant
que le chauffeur ait eu le temps de leur ouvrir la portière.
- Ach! bel immeuble!
dit Rudy, en s'avançant vers la double porte gardée par deux soldats.
Dans le hall
attendaient un planton et un jeune sous-officier, qui se leva et salua
raidement. Rudy lui rendit son salut et demanda où se trouvait "Monsieur
Laurent".
Le sous-officier fit
un signe de tête au planton pour lui intimer l'ordre de leur montrer le chemin.
Sans un mot, impatients, ils le suivirent dans un dédale de couloirs et
d'escaliers qui s'enfonçaient dans les entrailles de l'immeuble.
-Voici, Messieurs, dit
il en frappant à une lourde porte en chêne.
Celle-ci s'ouvrit et Laurent lui même était derrière.
Son visage s'éclaira d'un sourire lorsqu'il les vit, il était
en bras de chemise.
-Vous voilà, vraiment
gentil de venir me voir si tard, je fais comme qui dirait des heures
supplémentaires!!
Il poursuivit:
- je
"travaille" actuellement sur une affaire sordide, une jeune femme qui
protège ses parents et surtout leur fortune, mais vous allez voir par vous
mêmes!
Dans la pièce assez
bien éclairée, il y avait une lourde chaise sur laquelle était attachée une
fille, fine, peau mate, longs cheveux noirs, beau visage ovale, yeux sombres,
longs cils recourbés. Peut être 20-22ans…
Rudy s'approcha et commenta en connaisseur:
-un beau métissage de
juif d'Europe centrale et d'Afrique du nord, non ??
La jeune femme ne leva
même pas les yeux vers lui, pour l'instant elle n'avait pas l'air d'avoir trop
"souffert" de l'interrogatoire de Laurent.
Entre ses cuisses
serrées, un buisson de poils noirs brillants, sur son torse, deux mamelles en
poires, tétons proéminents et foncés.
-Eh bien Laurent, je
comprends que tu aimes faire des heures supplémentaires !! Si tu veux, avec mon
ami Rudy on va t’aider... qu’est ce que tu as pour la faire parler, cette jolie
salope?
Laurent prit une
longue inspiration qui dilata les narines tuberculeuses de son nez de pochard.
“ Venez voir un peu mes appartements…je vous
précède ”
Rüdolph lui emboîta le
pas pendant que Pascal restait un peu en arrière, le temps d’apercevoir posée
sur une tablette, une carte d’identité barrée d’un gros tampon
caractéristique : “ ISRAELITE ”. Il fit un pas en avant et
découvrit sous la photo de leur patiente le nom : “ Elsa
Tourkel ”
Elle avait été
magnifiquement mise en valeur par le photographe. On aurait cru le portrait
d’une actrice saisie sur le tournage d’un film par une revue spécialisée. Le
noir et blanc convenait particulièrement à cette beauté très brune, dont les
yeux de biche luisaient dans l’ombre.
Pascal s’arracha à
regrets de sa contemplation, et ne put s’empêcher de lever ses yeux sur Elsa.
Elle le dévisageait,
dans un regard qui était un mélange de tristesse infinie, de peur et de mépris.
Le cœur de Pascal s’accéléra brutalement sous l’effet d’une honte délicieuse et
d’une brutale excitation.
Il détourna la tête comme on arrache un
sparadrap de sa peau et rejoignit à grandes enjambées le corridor mal éclairé
qui menait à la “ suite princière ”.
L’entresol était
immense, mélange du luxe d’un hôtel particulier d’ambassadeur et des
fonctionnalités du personnel domestique. Pas de tableaux sur les murs, mais des
vases profonds, des plinthes en cuivre, des tissus mordorés ou lie de vin , des
parquets en bois qui fleuraient bon la cire et dont les godillots des soudards
n’étaient pas parvenu à ternir le brillant assourdi.
Laurent se tenait
devant la porte d’une pièce, pouces calés sous ses bretelles passées sur une chemise
fripée, qui mettait en valeur un maillot de corps avachi et tâché. Du ton
satisfait d’un propriétaire, il énonça
“ çà, c’était à
un dentiste juif. On s’en est servi pour lui enlever toutes ses dents en
or ! ! Comme quoi il a été rassuré, il a vu que ses outils seraient
entre de bonnes mains ! ” Il tapa dans la main de Rüdolph et les
deux bedaines gélatineuses s’entrechoquèrent.
C’était le cabinet
complet d’un dentiste qui avait été reconstitué autour d’un large fauteuil en
cuir qui pouvait être déplacé dans pratiquement toutes les dimensions.
Pascal ressentit une
véritable décharge d’adrénaline en s’emparant d’une minuscule ponceuse
électrique pour limer les plombages, outil que l’on ne trouvait que dans
certains cabinets du VIIIe arrondissement. Il s’imagina un court instant
l’appliquer fugacement sur le bourgeon de plaisir d’Elsa et sentit son membre
durcir presque instantanément, avec cette qualité très spéciale d’érection qui
entraîne immédiatement les premières émissions de liquide séminal.
Quand il rouvrit les
yeux, Rüdolph était en train de jouer avec une fraise monstrueuse. Pascal leva
un regard interrogateur sur Laurent :
“ Moi aussi, j’ai
voulu savoir, et il m’a dit qu’elle avait été faite sur mesure pour soigner les
incisives de l’étalon préféré de l’Aga Khan. Alors je lui ai dit qu’elle
pouvait aussi bien soigner ses couilles “ .
Rüdolph poussa un
juron “ Du gottverdammtes achtloch.
Du diable si che ne m’en sers pas sur les nichons de ta
pensionnaire ”
CHAPITRE III : Elsa : le supplice
Pascal
sentait une profonde transformation de son esprit s'effectuer, ou plutôt une
révélation de son moi profond, refoulé par des années d'éducation à base
de morale chrétienne…
Son
esprit se troublait, comme des flashs éblouissants, des images fortes apparaissaient
dans sa tête et généraient une chaleur diffuse dans son bas ventre…
Il
comprenait maintenant ce qui pouvait l'attirer dans ce rôle que les hasards de
cette guerre pouvaient lui procurer et dans ces "fréquentations" pour
lesquelles il n'aurait eu en temps normal aucune attirance…
Il
était prêt d'avance, maintenant, à accepter de renier toute son éducation
pour satisfaire ses pulsions profondes…
D'un ton ferme qui l'étonna lui-même, il dit:
-
Bon, Laurent, fais amener Elsa qu'on s'occupe un peu de cette charmante salope
!!
-
D'accord Pascal, il est déjà assez tard en effet.
Il aboya un ordre en mauvais allemand, ce qui fit sourire
l’ami Rüdolph.
Un
instant plus tard, un bruit se fit dans le couloir, un pas d'homme seul.. la
porte s'ouvrit, mais l'homme était accompagné d'Elsa, pieds nus!…Il la poussa
dans la pièce, salua et referma.
Elsa était devant les trois hommes, les yeux baissés, bien
que si fière, menottée mains dans le dos, une entrave de cuir entre les
chevilles fines.
Laurent
l'attrapa par sa chevelure brune et agitant sa tête en tous sens, l'amena vers
le fauteuil de dentiste, fauteuil qui avait été équipé de sangles solides.
Il
poussa brutalement en arrière la jolie jeune juive, qui s'encastra entre les
accoudoirs, aussitôt il sangla les frêles avant-bras puis le front ainsi que
les genoux et les chevilles tenus écartés.
-Voilà
les amis, elle est prête! Elle vous plaît ??
Rüdolph, le visage cramoisi, s'approcha :
-
Sehr schön, dit il en connaisseur, en même temps il examinait Elsa comme un
maquignon l'aurait fait d'une pouliche, écartant les lèvres pour voir les dents
blanches bien rangées, pinçant et étirant les paupières pour regarder les beaux
yeux presque noirs, enfilant ou essayant d'enfiler un gros doigt dans une
oreille délicate.
Pascal prit une photo en gros plan du joli minois.
Tu sais, c'est pour le souvenir, parce que quand on en aura
fini avec toi, même ta mère ne te reconnaîtra plus!!
En
un tournemain, Elsa fut effeuillée par trois paires de mains qui se disputèrent
ses sous-vêtements comme un trophée.
Laurent enchaîna :
Elsa Tourkel, vous êtes accusée- il pouffa un peu-vous êtes
accusée de participation à un complot terroriste- arrêtez de rire tous les
deux, merde- à un complot terroriste avec les traîtres de Londres- bon, vous
arrêtez, j’y arriverai jamais !!
Donc, c’est votre père- il se pencha sur un document- Samuel,
qui détient les fonds et soutient le réseau…Alors, il est où, le papa ?-
Elsa frémit et détourna son beau visage.
Laurent lui assena une claque retentissante :
J’aime bien qu’on me regarde quand je pose
une question !-
Rouge
de honte, la joue cramoisie, Elsa regarda Pascal comme si elle le prenait
à témoin. Secrètement réjoui de sa résistance, mais également mal à l’aise,
Pascal détourna les yeux.
Rüdolph ajouta :
-Si
la temoiselle ne parle pas,…elle fa
afoir de gros ennuis-, finit-il en grasseyant.
Il
lui saisit un sein qu’il enveloppa fermement en le secouant d’une manière
éloquente.
Elsa
lui cracha au visage, en se débattant telle une chatte qui protègerait ses
petits face à un chien.
Laurent
n’eut qu’un pas à faire pour lui assener un formidable revers de la main qui la
rejeta en arrière dans le fauteuil. Rüdolph posa une main sur son bras :
-Laisse
moi faire, s’il te plait-
Pascal contredit :
-Non,
moi d’abord- ça lui avait échappé, il ne savait pas encore comment.
Il
se redressa brusquement et s’empara de la meule à poncer. Il tourna la lampe
droit dans les yeux d’Elsa en exhibant l’engin.
Les
yeux éblouis et remplis d’épouvante, Elsa baissa la tête. Rüdolph lui souleva
doucement le menton pendant que Laurent introduisait un bâillon entre ses
dents.
Rüdolph
appuya sur une pédale, et le fauteuil s’allongea horizontalement. Pascal
actionna la meule et se pencha.
Ses
doigts fourragèrent un instant dans la motte épaisse de la jeune juive et
dégagèrent les grandes lèvres, qu’il parcourut de ses longs doigts racés.
Des
soubresauts de plaisir commencèrent à soulever le bas-ventre d’Elsa, qui venait
à la rencontre de la caresse intime. Le doigt léger allait et revenait.
Progressivement, les corolles d’une tulipe couleur de rose s’entrouvrirent.
Pascal
poussa son avantage de plus en plus loin dans la touffeur humide. Il découvrit
un pistil hérissé et tremblant quoiqu‘ extrêmement dur.
Lorsque
son ongle entra en contact avec le délicat tégument, une onde électrique sembla
traverser Elsa au bord du spasme.
C’est
le moment que choisit Pascal pour appliquer à la plus basse vitesse la pierre
ponce vibrante de la meule sur le clitoris érigé.
Elsa
sursauta violemment- Mmmmmmmmhhhhhh -La très courte abrasion n’avait provoqué
aucun dommage, mais le clitoris était beaucoup plus gros et très violacé.
Pascal
appliqua de nouveau la pointe de la meule, mais en parcourant cette fois les
petites lèvres du sommet de la vulve, tout en s’attardant davantage.
Son
bras était resté posé sur l’accoudoir. Il sentit les ongles d’Elsa crocher
comme des serres dans son poignet.
Il
se dégagea vivement en riant comme un enfant étourdi qui joue à faire mal et qui
est un peu honteux et excité de réaliser qu’il a franchi la ligne.
Il
regarda Rüdolph et Laurent qui l’encourageaient – Allez, vas-y encore, c’est
bien- tu t’débrouilles comme un chef, mon p’tit gars, continue-
Pascal
se pencha sur les yeux fous emplis d’une supplique muette. Allons, elle
pourrait bien en supporter un peu plus.
Pour
la troisième fois, il déposa son infernal engin entre les cuisses largement
écartées. Les lèvres pleines et dilatées, le rose carmin des muqueuses de la
fente meurtrie, constituaient un véritable encouragement aux châtiments les
plus extrêmes.
Après s’être contenté
de les effleurer de long en large pendant quelques instants jusqu’à ce que
quelques gouttes de sang commencent de sourdre sur les bords les plus minces,
Pascal plaqua brusquement la pointe de la meule sur le fragile clitoris, râpant
sur toute sa surface le tendre bourgeon de chair.
Avec un cri muet de
folle, Elsa avait presque rompu son dos, totalement décollé du fauteuil. Un
petit geyser de sang jaillit, et Pascal se retira pour ne pas être éclaboussé
tandis qu’Elsa s’était évanouie en pissant sur elle.
Laurent et Rüdolph se regardèrent avec enthousiasme :
-Ach, ch’espère
qu’elle ne va pas parler tout de suite…mais si elle parle, on continue quand
même ?- Laurent renchérit –rassure-toi, Rüdolph, il n’est pas question que
tu lui laisses ses nichons-
Chapitre IV : Elsa, la fin
Laurent poussa du bout
du pied une serpillière étalant plus qu'épongeant la petite mare de sang qui
avait jailli entre les cuisses de la jolie brune.
- Tu vois Pascal dit
il, c'est peut être le seul côté désagréable de ce travail, il faut parfois
faire le ménage soi- même!
Cela fit s’esclaffer
Rüdolph, qui décidément était vraiment toujours prêt à rire…
Pascal se retourna - dis Laurent, tu n'as rien pour arrêter
l'hémorragie??
-Bien sur, j'ai tout
ici! -Il se dirigea vers une armoire métallique vitrée, provenant
certainement du même cabinet dentaire que le reste, il l'ouvrit et sans hésiter
saisit un flacon en verre brun.
-Tiens, avec ça ce
sera parfait!-
Pascal prit le flacon
sur lequel figurait une étiquette verte inscrite "acide sulfurique".
Il en versa dans une
coupelle en porcelaine, le liquide incolore à la consistance sirupeuse répandit
une désagréable odeur; Pascal en imbiba un morceau d'ouate et en tamponna la
partie blessée de la vulve, simultanément une légère fumée se dégagea et Elsa
poussa un cri horrible.. arrachée à son évanouissement par la brûlure de
sa chair intime déjà mutilée…
Le tampon
ayant été très imbibé, une coulure suivit les replis de la chatte,
trouva l'orifice du con entrouvert, la jolie garce redoublant de cris à
peine étouffés par le bâillon, son corps tendu par des spasmes, était couverte
d'une sueur abondante...
Rüdolph était cramoisi,
-Ach! che crois qu'on
est fait pour s'entendre tous les trois !
Il se tenait derrière
le siège, manipulant, malaxant les deux seins offerts, les traces de ses doigts
se voyaient en rouge sur la peau laiteuse, il faisait comme machinalement
tout en parlant et en observant la séance de torture du clitoris, ça en disait
long sur son habitude à s'occuper des appâts féminins !
Elsa
se réveilla et tenta immédiatement de se soustraire à l’ignoble poigne de
Rüdolph, qui avait tombé la veste et la casquette.
L’odeur âcre de sa
sueur et des premières gouttes de foutre qui imbibaient leurs pantalons se
mélangeaient aux remugles du sang ferrugineux d’Elsa et aux relents méphitiques
de l’acide sulfurique.
Pour la forme, Rüdolph détacha le baîllon d’Elsa.
Mutilée dans sa chair,
dans sa plus délicate féminité, Elsa roulait des yeux fous, pleins d’angoisse,
le visage convulsé, mouillé de larmes, elle s’étranglait. Elle parvint à peine
à proférer :
“ Je vous….supplie…..arrêtez….. j’ai trop mal ”.
Impitoyable, Laurent
la coupa “ Chienne, tu vas parler maintenant ? Où est ton
vieux ? ”.
Elsa inclina la tête en redoublant de pleurs, sans répondre.
Rüdolph actionna la
gigantesque fraise –BZZZZZZZZZZZ – en l’agitant sous ses yeux d’un air
menaçant.
Elsa gémit, totalement
écartelée entre son amour filial et un redoublement de souffrances qui la
rendraient folle, elle le savait.
Rüdolph inclina la fraise d’un air gourmand.
“ Non, non, NOOOOON…pas ça. Je…..vous en prie ”.
Elle parlait
maintenant avec un débit accéléré, presque incohérent. Elle dit tout, de la
cachette de son père dans une ferme de la vallée du Morin jusqu’aux tableaux
qu’il avait emportés, sans oublier aucun détail.
Lorsqu’elle en eut
fini de sa logorrhée, Laurent appuya sur un bouton dans l’encoignure de la
porte.
Quelque instants
après, un jeune milicien ôtait son béret devant lui avec déférence.
- Mon p’tit Lucien, tu
vas chercher la Vigue et Rachid, vous faites chauffer la Talbot Lago, et
j’arrive dans une demi-heure-.
Rüdolph, la mine désappointée, se tourna vers Laurent :
-Et elle, qu’est che
qu’on en fait maintenant ?-
-Elle…on a déjà perdu
trois heures par sa faute. Elle est à toi, Rüdy !-
Pascal se recula d’un
pas. C’était la première fois qu’il risquait d’assister à un meurtre et il
n’était pas encore physiquement préparé à cela. Il tenta de transiger :
-Bon, elle a assez
dégusté comme ça, vous ne trouvez pas ?-
Les yeux fous, Rüdolph
entendit Elsa hurler “ Arrêtez, je ferai tout ce que vous voudrez. Noooon,
ne me faites plus maaaaaaaal ”.
Il remit le bâillon sur sa bouche.
-Cha fa pas, non, tu
veux qu’elle aille raconter partout que Laurent s’en met plein les
poches ?-
Laurent avait
interrogé à sa manière plusieurs jolies personnes coup sur coup, il était
effectivement plus intéressé par la perspective d'augmenter sa collection de
tableaux et la spoliation était une notion qui n'existait pas encore...
Cela arrangeait très
bien Rüdolph qui, lui, était un peu sevré de ces séances de torture où sadisme
et sexualité s'entendaient si bien…
Vaincu, Pascal baissa la tête. Tiraillé entre
répulsion et fascination, il choisit de rester pour voir Rüdolph dans ses
œuvres.
Elsa geignait sous son
bâillon, avec un linge humide Pascal nettoya l'entre jambes, le sang retiré, on
voyait mieux la vulve mutilée, les chairs gonflées rouge noirâtre par endroit…
- comment trouves tu
le französischer arbeit, demanda t'il ?
-Ach très très bien!
Che suis très excité!
Rüdolph se dévêtait
d'une main tout en dénouant le bâillon, puis attrapant Elsa par sa crinière, il
lui tira la tête sur le côté, amenant sur les lèvres séchées par la souffrance
un gland dur et violacé. Sans même chercher à se dérober, la jolie juive ouvrit
sa bouche, il en profita pour y enfoncer son membre raide, bloquant les dents
avec le manche de son couteau de SS et provoquant des haut-le-coeur, il se
branlait avec cette tête comme avec un objet…
Pascal sentit remonter
en lui le désir de faire souffrir, de détruire cette chair offerte;
Il décida de s'occuper
des mamelles lourdes de la jeune salope, ne pouvant pas frapper pour ne pas
gêner Rudy, il se dit que l'acide avait bien fonctionné en externe donc
pourquoi pas en injection ?
Reprenant le flacon,
il se munit d'une grosse seringue montée d'une longue aiguille, une fois
remplie, il saisit de la main gauche le sein droit, approcha la pointe
aiguisée, l'acier créa une petite dépression sur la peau puis la perça;
l'aiguille s'enfonçait dans la mamelle.
Rüdolph regardait
faire, étouffant à moitié Elsa. Pascal pressa le piston injectant au coeur de
la glande mammaire le liquide corrosif.
D’abord rien, puis 5
secondes plus tard Elsa s'arc bouta, tentant de "recracher" Rudy (en
vain!). La douleur la tétanisait, l'acide rongeait son sein de l'intérieur,
Pascal se sentit fier de lui…
On entendit Lucien
revenir chercher Laurent qui s'était préparé, long manteau en agneau noir serré
à la taille, il avait fière allure, il prit dans un tiroir du bureau son Lüger
et glissa dans sa poche deux chargeurs.
- Bon, je vous laisse
finir le travail, les amis!! Je vais expédier cette affaire, ce sera plus
rapide, du genre une ou deux balles dans la tête que j'offrirai de ta part,
Elsa…
Bien qu'à demi
inconsciente, la malheureuse entendit ces mots, sachant qu'elle avait condamné
à mort son père. Elle souhaitait maintenant mourir le plus vite possible, mais
ce n'était pas vraiment l'idée de ces deux nouveaux amis et complices,
qu'étaient devenus Rüdolph et Pascal!…
Après avoir longuement
éjaculé, Rudölph se reboutonna avec une dextérité étonnante pour un homme de sa
corpulence.
Pascal fixa de nouveau
le bâillon sur la bouche convulsée d’Elsa, sans parvenir à empêcher un épais
filet de sperme de couler sur son menton avec une lenteur troublante.
La mâchoire d’Elsa
tremblait spasmodiquement, sans que la mince rigole parvienne à achever sa
descente sur sa poitrine martyrisée.
Le “ BZZZZ “ infernal de la fraiseuse tira Pascal
de sa contemplation.
Rudölph, les yeux
exorbités, les lèvres moussues par le rut, tenait l’effroyable engin dans sa
main gauche.
Il redressa hâtivement
de l’autre main la mèche épaisse qui dissimulait sa calvitie graisseuse et
était retombée sur son monocle.
Il était fièrement
redressé, digne héritier des chevaliers teutoniques, implacable descendant des
bourreaux de Rothenburg, incarnation de tous les rites paganiques en vigueur
dans le premier cercle des fidèles du Führer.
Il abaissa de biais la large tête de la fraiseuse au dessus
du mamelon droit.
Une fraction de
seconde, rien ne se produisit, avant que la peau satinée, puis la chair même du
sein, ne soient happées par le mouvement circulaire. Un trou profond explosa
rapidement, d’où sourdait un mélange de sanies, de sang et d’acide, qui brûla
la peau hérissée par une spectaculaire chair de poule.
L’odeur suffocante du derme corrodé piqua les narines de
Pascal.
“ MMMhhhhhh…..MMMMMMMHHHH…..mmmmmmmiiiiiiii ”
gémit la faible voix cassée d’Elsa.
A leur profond
étonnement, seuls ses bras s’étaient atrocement contracté sur les poignées du
fauteuil.
Mais le bas de son
corps n’était qu’agité de vaines contractions, qui rythmaient un écoulement
caractéristique entre ses cuisses.
Ses muscles dorsaux,
peut-être certaines vertèbres, s‘étaient rompu sous la terrifiante tension.
Pascal fronça les narines délicates de son long visage
légèrement chevalin.
C’était une poupée cassée
et souillée qu’étaient en train d’achever les deux tortionnaires.
Rudölph souleva
fermement le sein gauche d’Elsa et fora directement dans la délicate aréole. Le
bout de sein proéminent sembla se recroqueviller d’abord avant de disparaître,
rapidement noyé dans une brume de sang sous l’horrible travail de sape.
Rudölph parvenait à
peine à contrôler les spasmes qui soulevaient la poitrine horriblement mutilée.
Il revint attaquer la
mamelle gauche par le flanc. Pascal savait que de sa vie, il ne retrouverait
jamais la force de l’érection qui le faisait réellement souffrir à son tour.
Il n’était pas très
loin de s’évanouir quand ses yeux se rivèrent dans ceux d’Elsa. Il la vit
partir alors qu’elle semblait continuer de lui adresser un reproche muet. Il n’oublierait
jamais ces pupilles fixes et dilatées.
CHAPITRE
V : l’ombre d’un doute
Pascal avait quitté la rue Lauriston
vers sept heures, après avoir pris un petit déjeuner composé de délicieux
croissants frais et d'un bon café, il se sentait totalement transformé… cette
nuit passée en compagnie de Rüdolph et de Laurent lui semblait être comme le
point de départ d'une nouvelle vie... il se révélait à lui-même...
Ne sentant pas la fatigue, il marchait,
léger, pas l'ombre d'un remord ne venait gâcher l'excitation encore présente
créée par la torture d'Elsa…
Il se posa juste la question de savoir
ce que Laurent ferait des "restes" de celle qui n'avait eu finalement
comme tort que d'avoir été juive, jeune et riche...
Il croisait des gens affairés qui se
rendaient à des occupations certainement moins excitantes, il se prit à
sourire, sentant son pantalon se gonfler...
Au cours du petit-déjeuner, ses
deux amis avait accepté son invitation à dîner, ce serait en toute
simplicité, à la bonne franquette, l'occasion pour Pascal de faire connaître
son épouse.
Laurent, de son côté, avait raccompagné
Rüdolph en bas du perron, une Mercedes noire attendait, un chauffeur en
uniforme allemand impeccable tenaIt la portière arrière ouverte. Les deux
hommes se donnèrent une franche accolade, se quittant sur la promesse de se
retrouver bientôt pour d'autres "jeux"!..
Laurent remonta prestement le large
perron, rejoignit son bureau et s'assit, songeur… il relut pour la troisième
fois un rapport concernant les activités d'un groupe terroriste (résistant,
disent certains français), un nom avait particulièrement attiré son attention,
Brun, le même nom que Pascal, et Emilie le prénom, le même que celui de la
femme de Pascal, bien sûr il était certain qu'il s'agissait de la même
personne.. il se gratta la tête.. soupira et décrocha son téléphone..
Après ce coup de fil, il soupira de
nouveau, se sentant mieux, il était chargé du dossier et avait carte
blanche de sa hiérarchie.
Quel pouvait être le degré
d'implication dans ce réseau de la femme de ce Pascal, si sympathique, et qu'il
savait, sentait, réellement acquis à la Grande Cause?
Il en saurait certainement davantage en
allant donc dîner chez les Brun, d'ici là il aurait le temps d'enquêter et de
définir un plan avec Rüdolph...
Pascal continua ainsi, sans s'en
rendre compte il arriva rue d'Aumale, devant l'immeuble où se trouvait son
appartement.
Sa concierge balayait devant la porte
cochère, il la salua à peine puis emprunta l'escalier sous la voûte, montant
degré par degré l'escalier qu'il gravissait d'habitude quatre à quatre jusqu'au
troisième.
Il mit la clef dans la serrure et
pénétra dans l'entrée, faisant grincer le parquet bien ciré. A ce bruit, Emilie
sortit de la cuisine en robe de chambre bleu foncé, son gros ventre tendait le
lainage en avant, faisant du coup ressortir la cambrure d'un dos se terminant
en un beau fessier.
Le son de
sa voix fit sortir Pascal de son état second ;
-Où étais tu, chéri?? je me suis
inquiétée. Je sais que tes responsabilités te demandent beaucoup de présence
mais tout de même…as tu au moins déjeuné ??
- Oui, répondit Pascal, avec Rüdolph et
Laurent, tu sais, ils sont devenus de vrais amis, dit il d'un ton enthousiaste,
et tu vas bientôt les connaître!! Je les ai invités à dîner après demain, nous
allons bien faire les choses! Je verrais bien foie gras en entrée, ensuite une
bonne volaille rôtie, et bien sûr fromage avant un vacherin à la framboise...
tu sais où trouver tout ça, n'est ce pas mon amour?? Pour le vin, champagne et
je crois avoir encore quelques bouteilles de La Tâche 36, Rüdolph adore le
bourgogne!!
Il embrassa sa jolie femme dans le cou
et se dirigea vers la salle de bain afin de prendre une bonne douche.
Il
n'entendit pas que sa femme avait aussitôt décroché le téléphone…
“ Marie ?…Oui, c’est
moi…il vient de rentrer. J’ai juste quelques instants ”, chuchota-t-elle,
sa bouche mutine collée contre le combiné.
Une ride
de contrariété souleva ses sourcils bruns si expressifs.
“ NON !
C’est impossible…à quelle heure ? ”
Sa bouche
forma un ô d’étonnement.
“ Qu’est
ce qu’on peut faire…c’est affreux ! ”
Sa respiration devint plus oppressée,
elle fit d’abord le geste de s’éponger le front, puis sembla vaciller et trouva
par miracle le temps de s’asseoir sur une chaise, les jambes coupées par
l’émotion.
Elle caressa machinalement son ventre
arrondi comme pour en absorber toute l’énergie vitale dont elle avait besoin
pour surmonter les terribles nouvelles qu’une voix mêlée de longs sanglots
était en train de lui assener.
“ Ecoute… il faut qu’on la tire de
là…je ne sais pas comment, je vais sûrement trouver un moyen ”.
Sa voix
retomba quelques instants.
“ Il faut qu’elle tienne le
coup…Pascal connaît quelqu’un à la Milice…je dois faire sa connaissance
bientôt…je vais tâcher de le faire parler…savoir où ils la retiennent…peut-être
qu’on arrivera à la faire évader ? ”
“….. En attendant, reste bien
cachée, toi aussi ”.
Pascal
passa sa tête par l’encoignure de la porte.
“ Chérie…passe moi une
serviette…si tu ne veux pas que j’inonde encore le parquet ! ”.
Emilie
reposa brutalement le combiné, juste un peu trop tard…
Pascal se renfrogna un peu lorsqu’elle
déplia la serviette et épousseta les brins de lavande séchée qui la parfumaient
agréablement.
“ Alors,
ton amant ne te laisse plus tranquille ? ”.
Emilie
partit d’un rire de gorge légèrement forcé et faussement complice.
“ Que
veux-tu…dans mon état, ce sont les seules relations qui nous restent ! ”.
Elle accompagna sa tirade d’une volte
presque gracieuse eu égard à sa corpulence et tourna les talons. Pascal la
connaissait assez pour savoir qu’il ne tirerait plus rien d’elle dans l’instant
sur le sujet.
Il se dirigea devant le miroir pour se
raser, contempla le rasoir d’un regard vide, puis fixa son reflet un long
moment en posant les mains de chaque côté de la cuvette en faïence.
Sortant de cette espèce de torpeur, il
se redressa, décidant de ne rien faire, il savait qu'Emilie aimait bien jouer
de sa jalousie…
Il passa dans la chambre, sortit un
complet gris et une chemise blanche bien repassée par la future jeune maman, si
maniaque dans la tenue de son intérieur.
Une fois habillé, il noua une cravate
rouge sombre, cette couleur lui fit revoir le sang d'Elsa et provoqua
une chaleur dans son bas ventre…
Il prit son portefeuille sur la
commode, machinalement il en vérifia le contenu, à sa grande surprise il
s'aperçut que les papiers serrés dans les soufflets en cuir avaient été
mélangés...
Il se
rendit dans la cuisine où se tenait sa femme :
- Dis chérie, tu as eu besoin de
quelque chose dans mon portefeuille ??
Absolument pas, dit elle en rosissant
et en baissant légèrement les yeux…
Pascal se
sentit perdre pied…que se passait-t-il ??
Une fois
de plus, il décida ne pas réagir…
Bon, je dois déjà retourner au travail, je compte sur toi
pour acheter ce que tu trouveras de mieux pour mes amis, dit il en embrassant
Emilie sur le front.
Elle entendit la porte se refermer,
attendit que le bruit des pas s'évanouisse et décrocha le téléphone.
-Marie? c'est moi.. non je n'ai rien
trouvé concernant Elsa et sa famille, par contre Pascal a invité deux de ses
amis très haut placés, un allemand et un français, je suis sûre d'en savoir
davantage bientôt!..
Elle
n'entendit pas le très léger déclic provoqué par l'écoute de la ligne…
Laurent
raccrocha également, un léger sourire aux lèvres…
CHAPITRE VI : Retour
Rue Lauriston
Le contraste était saisissant entre
Kader, kabyle très grand avec les pupilles dilatées par le kif, d’une maigreur
effrayante, presque ridicule dans sa veste étriquée, et Lucien, paysan râblé
avec des bretelles de grand-père, placide, mais dont les petits yeux durs et
rusés démentaient la bonhomie apparente de son large visage plat et rougeaud.
Ils
avaient cueilli Emilie à l’entrée du métro et réquisitionné un taxi.
Dans la rue Lauriston, le chauffeur
avait redémarré sans même attendre un pourboire.
Engoncés dans leurs épais manteaux de
cuir vert-de-gris impeccablement cirés, ils avaient fumé pendant tout le
trajet, et Emilie toussait encore en suivant les couloirs qu’avait emprunté
Pascal quelques heures plus tôt.
Après d’interminables détours, le petit
cortège se retrouva devant une pièce qui aurait pu être un cabinet dentaire, et
dont filtraient des relents insupportables.
Au grand soulagement d’Emilie, ses
gardes du corps entrèrent dans la pièce d’en face.
Elle reconnut d’abord, avec une joie
rapidement mêlée d’horreur, des voix un peu plus loin.
Sitôt franchi un vestibule dont le
papier peint moisi tombait en lambeaux, elle distingua d’abord la silhouette
élancée de son mari au fond d’une cave, à moitié éclairée par un néon à la
lueur incertaine et blafarde, qui laissait presque dans l’ombre un homme entre
deux âges, dont les mains reposaient avec une affection paternelle sur les
épaules de Marie.
Marie, attachée sur une chaise,
hagarde, comme si elle émergeait d’un cauchemar.
Pascal
s’adressa durement à elle :
“ La seule chose qui peut encore
vous sauver, c’est que tu donnes ton réseau… ”.
Marie le coupa “ Je n’ai rien dit,
ne parle pas, surt-“ L’homme au visage invisible avait garrotté
brutalement de ses mains le cou de Marie.
Pascal reprit d’un ton las “ Tu
parles, et on la libère… et pour nous, …on verra après. Je ne sais pas où j’en
suis ”.
Emilie se précipita pour délivrer
Marie. Laurent l’avait relâchée. Marie, une jeune ouvrière communiste d’une
vingtaine d’années, avait gardé la fraîcheur et la simplicité de sa Bourgogne,
son teint rose s’alliait merveilleusement à sa silhouette accorte et robuste de
belle plante.
Elles pleurèrent silencieusement
ensemble. Emilie, la première, se redressa et tourna les talons sans un mot.
Sur un
signe de Laurent, Kader et Lucien entourèrent Marie et saisirent brutalement ses fins
poignets. Elle poussa un petit jappement
de douleur et trébucha en avant. Laurent claqua une gifle sur ses lèvres qui
projeta en arrière son noble visage baigné de larmes. Il posa ses mains sur le
col de sa robe et tira lentement pour jouir du viol de sa pudeur.
Un vieux soutien-gorge, trop étroit et
émouvant dans sa modestie, révéla les formes épanouies de la jeune femme.
Laurent savoura la honte de Marie, qui
gardait les yeux baissés. Lorsqu’il insinua ses doigts sous les bretelles, elle
tenta de s’échapper dans un bref sursaut inutile.
Les attaches glissèrent, révélant deux
seins pleins aux larges aréoles nacrées, qui glissèrent par dessus l’humble
gaine. Laurent se détourna pendant que les duettistes finissaient le travail.
Recroquevillée sur sa chaise, Emilie observait
la scène avec dégoût. Elle détourna la tête, mais Pascal prit doucement son
menton par la main et ramena fermement
son regard dans la bonne direction.
“ Regarde, regarde bien et ne
baisse pas les yeux…non. C’est à cause de toi tout ça ”.
Ils firent tomber Marie d’une bourrade. Lucien
enfonça un genou dans son ventre pour la plaquer sur le ciment glacé tandis que
Kader réunissait dans son dos, par deux paires de menottes, ses poignets et ses
chevilles, ligotées aux extrémités d’une barre métallique longue d’environ un
mètre.
La longue crinière blonde fut torsadée
en une natte épaisse et liée très étroitement aux menottes avec une fine
cordelette.
Une chaîne glissée par dessus la poutre
centrale et passée dans les menottes fut tirée dans un cliquetis qui résonna de
façon étrangement sinistre.
Marie fut soulevée jusqu’à un peu plus d’un
mètre et demi du sol, le fessier étant tiré plus haut de quelques dizaines de
centimètres.
Son dos était arc-bouté à l’extrême, supplice
déjà atroce, car les rotations irrégulières de la chaîne la contraignaient à
d’incessantes compensations de son corps pour soulager la tension extrême qui
risquait de briser sa nuque.
Ses bourreaux s’en aperçurent
rapidement. D’un pas vif, Laurent s’avança en se retournant tout contre le
visage crispé. “ Tiens, fume, c’est du belge ”, proféra-t-il dans un
gros rire de soudard éméché après avoir libéré sa flatulence.
Il se
retourna vers Emilie avec un sourire sardonique.
“ Alors,
Madame Brun, toujours rien à dire ? ”.
Emilie
baissa les yeux, affreusement crucifiée par l’horrible dilemme.
“ Comme
vous voulez, au moins profitez du spectacle ! ”.
Il se retourna soudainement et d’un
revers de main, il fustigea le sein droit. La claque sonore fit tressauter le
tétin et provoqua deux tours complets de la chaîne. La giration s’accomplit
ensuite en sens inverse, jusqu’à ce que le corps revienne à sa position
initiale.
Marie laissa échapper ses premiers
petits gémissements, et de son corps splendide complètement tétanisé sourdaient
maintenant de minces rigole de sueur qui clapotaient dans le silence tendu.
Alors commença un infernal ballet de
gifles, claques et coups de poing assenés sur ses lourdes mamelles, qui
pendaient telles des pis. Ses bourreaux ne s’interrompaient que par lassitude,
saisissant l’occasion pour les pétrir à pleines mains, en enfonçant leurs
ongles endeuillés dans les glandes fragiles.
Des cris stridents ponctuaient
maintenant les gémissements continuels qui avaient gagné en intensité
dramatique.
Les premières suppliques suivirent
rapidement. “ Arrêtez-ça, j’ai troooop mal ”
“ Asseeeeez.
Noooon ”.
Puis les sanglots entrecoupés de
“ Je vous en suppliiie ”.A un moment, Laurent s’effaça sur le côté.
Lorsqu’elle vit dans le halo livide les
marques violacées qui striaient la magnifique poitrine ballottée au gré des
coups, Emilie arrondit la bouche dans un “ oh ” de pure horreur.
Pascal interpréta ceci comme un début
d’aveu et leva la main pour faire arrêter le supplice. Le regard inflexible de
son épouse lui fit lentement reposer le bras.
La torture reprit, les claques lourdes
rythmant les rotations et les “ Nooon, assez, pas çaaaa. Je vous en prie,
je vous en priiiiiiiiiiiiiiiie ”.
Kader était très excité…dans ses rêves les
plus fous, il n’aurait jamais imaginé pouvoir poser la main sur une femme
blanche aussi désirable. Une barre d’acier tentait de se frayer un passage à
travers son pantalon. Il ne portait pas de slip.
Il leva les yeux dans une supplique
muette. Laurent acquiesça d’un signe de tête en souriant au vu de l’énorme
bosse. Lucien avait tout compris. Il fit descendre lentement la
chaîne...
Kader dégrafa hâtivement son pantalon, exhibant un vit dressé
comme un cimeterre. Il promena immédiatement un gland qui puait le suint de
mouton et l’urine sur les lèvres finement ourlées de Marie.
CHAPITRE VII : Les seins martyrisés
Dès que
son membre viril eut atteint son plus grand développement, il le secoua en
tapotant la joue de Marie, évoquant irrésistiblement un prêtre donnant
l'onction.
Laurent était habitué à la compétence de Kader, Pascal lui, fut surpris et
admira avec quelle dextérité il fit ouvrir la bouche à Marie, en en profitant
pour aussitôt y planter son membre nerveux, tendu et plus qu'odorant jusqu'à la
luette.
La jeune résistante hoqueta, les yeux soudain exorbités, Kader lui manoeuvrait
la tête en la repoussant et la tirant par les oreilles, il scrutait le visage
déformé, profitant de chaque manifestation de douleur, de suffocation.
Il fit aller et venir longuement sa pine, ses poils pubiens très rêches venant
dessiner sous le nez de Marie une fausse moustache qui aurait été comique sans
l'horreur de la situation.
Marie ne tarda pas à goûter les premiers filets d'une liqueur séminale âcre et
presque aussi épaisse que du sperme. Elle rejeta sa tête en arrière pour
échapper à une éjaculation qu'elle pressentait exceptionnelle, mais ce fut
Lucien qui maintint sa tête solidement tout contre le ventre de son complice.
Kader fut encore plus excité par cette tentative dérisoire d'échapper à son
sort. “ Il est gros, mon zob, il est gros pour toi !!! ”
Il ne put se contenir très longtemps, déchargeant copieusement dans cette
bouche probablement vierge. Marie toussa, le sperme ressortit en partie
par les narines, son bourreau dégagea son sexe à moitié flaccide, barbouillant
sa semence sur le frais minois.
Lucien, pendant ce temps, avait apporté un petit brasero rempli de charbons de
bois incandescents.
Il disposa sur la braise deux paires de tenailles à longs manches ainsi que
quelques instruments plus ou moins pointus.
Marie fut remontée au bout de sa chaîne, ses seins marqués de bleus et son
entrejambe se retrouvant à environ un mètre cinquante du sol. La vulve
baillait, luisante, entourée de petits poils blonds frisottés qui ne cachaient
presque rien, au dessus, l'anus rose sombre était fripé en étoile.
.
Laurent demanda à Emilie, “ Chère Madame Brun, allez-vous vous décider à parler
?? Votre amie, nous le savons, n'a rien à dire, son sort, une fois de plus, ne
tient qu'à votre bonne volonté! ”.
Elle baissa la tête en fermant les yeux, serrant ses petits poings, elle savait
que si elle parlait, ce serait beaucoup d'autres personnes qui seraient
impliquées...
Dans un sanglot, elle proféra d'une voix forte “ Marie, pardonne-moi ”. Elle
ajouta “ Sois courageuse ”, et se mit à pleurer doucement.
Laurent se tint à côté d'elle, il caressa du dos de la main la robe de
grossesse tendue, ajoutant “ en protégeant votre réseau, vous pouvez
attirer des ennuis à d'autres personnes que vous !... ”
Il fit un clin d'oeil complice à Pascal, qui lui répondit de même et, au
contraire d'un instinct protecteur, sentit monter en lui, envahissant son bas
ventre, une chaleur qu'il connaissait bien depuis l'interrogatoire d'Elsa.
Il souhaita soudain que sa femme se taise !..
Lucien et Kader avaient chacun une paire de tenailles en mains. Les larges mors
effilés avaient été tenus sur le foyer depuis un quart d'heure et leur
éclat incandescent illuminait la petite cave voûtée.
Ils avaient trouvé un jour cet instrument de torture médiévale dans la salle
d'exposition du musée de la Préfecture de Police, dans le Ve arrondissement, et
l'avaient immédiatement réquisitionné au grand dam du Conservateur du Musée.
Egalement connu sous le nom d'Arrache-seins ou Araignée, son application était
réservée aux sorcières et aux jeunes mères qui avaient avorté en cachette. Il
s'agissait de tenailles à quatre branches, terminées par des pointes recourbées
à l'intérieur.
Ils se raclèrent la gorge avec une délectation timide lorsque Laurent leur
donna le signal.
Ils s'approchèrent de Marie et commencèrent de promener leurs terrifiants
instruments le long des larges mamelles qui se balançaient dans une danse
incroyablement érotique pour échapper aux premières brûlures, pourtant ô
combien légères.
Lucien pensa irrésistiblement aux poules dont ses parents flambaient la peau
avant de les préparer, puis aux canards qu'il sodomisait en les garrottant
lorsqu'il était très jeune.
Dès l'apparition des premières cloques, Marie avait commencé de supplier, et
ses plaintes lancinantes alternaient avec les convulsions de son beau corps
d’une blancheur laiteuse, qui se contractait d'avant en arrière pour fuir la
chaleur insoutenable.
Kader se faisait une spécialité de repasser derrière Lucien pour crever les
ampoules, et travailler l'épiderme sous-jacent ainsi révélé. Les cris de Marie
gagnaient alors un registre suraigu, et la tétanie de ses muscles laissait
craindre qu'elle ne parvienne à désarticuler ses membres.
Laurent leva la main pour que Kader et Lucien marquent une pause. “ C’est
bien, mon p’tit Lulu, ça suffit ”
Il tenta une ultime intervention en élevant la voix, comme pour faire émerger
Emilie d'un cauchemar dont elle ne pourrait sortir seule.
“
Maintenant, ma p'tite dame, ça va pas être joli, joli, vous savez. Après, même
son p'tit copain, il va s'enfuir !!! ”.
Emilie ferma les yeux et entonna “ plus près de toi mon Dieu ”, tandis que
Pascal passait sa langue sur ses lèvres avec jubilation.
Laurent
rabattit son pouce avec le même geste qu'un empereur romain.
Kader et Lucien passèrent chacun sur les flancs de Marie et ouvrirent largement
les mâchoires rougies au feu en les approchant des tétons pendants de Marie.
Ils attendirent quelques secondes pour laisser à Marie tout le temps
d'anticiper et de manifester son angoisse dans une clameur déchirante :
“ Nonnononononnonon, pas çaaaaaaaaaaa ”.
Alors seulement, simultanément ils les refermèrent, un grésillement accompagné
d'une fumée abondante fut aussitôt suivi d'un cri inhumain, même Elsa n'avait
pas crié comme ça, pensa Pascal, qui sentit son sexe se raidir.
Il se tenait derrière sa femme, lui tenant la tête droite afin qu'elle ne
puisse pas se dérober au spectacle.
Lucien s'était contenté d'enfoncer profondément les quatre pointes droit
dans les côtés de la base du sein, qui enfla soudainement. Autour des tiges, la
peau variait du brun sanguinolent au noir de suie. Une odeur de viande brûlée
se répandit dans la pièce, évoquant irrésistiblement le parfum d'une
brochette sur le grill, ce qui provoqua un réflexe gustatif parfaitement
incongru dans l'assemblée.
Kader avait choisi d'enfoncer moins profondément son instrument pour mieux le
faire glisser le long de la glande. Il étira ainsi démesurément la mamelle, la
déchirant sur quelques centimètres pour lui donner la forme monstrueuse d'un
sac déformé. Moins entamée, la chair n'était pas aussi profondément carbonisée,
mais d'abondants filets de sang grésillaient lorsqu 'ils entraient en contact
avec la tenaille.
Marie s'était évanouie. Laurent lui pinça le nez et la bouche jusqu'à ce
qu'elle suffoque. Lorsqu'elle émergea, Kader et Lucien l'attendaient. Sans lui
laisser le moindre répit, ils tournèrent leurs instruments pour saisir la base
et le sommet de ses admirables seins de nourrice. Les pointes effilées et
encore rougeoyantes s'incrustèrent dans l'épiderme fragile avec un “
ffiiizzzz ” terrifiant. Alors, ils tirèrent sur les imposantes masses mammaires
pour les écarter chacun de son côté en les lacérant.
Le rugissement indicible de Marie bouleversa même Pascal. Kader et Lucien
s'étaient tourné sur le côté pour qu'Emilie profite pleinement de la vue
qui lui était offerte...
CHAPITRE VIII : La fin d’une grande résistante
Marie et
Emilie s’évanouirent pratiquement en même temps. Pascal n’eut que le temps de
retenir une statue de pierre qui dégringolait de son socle. Laurent vint
immédiatement à son secours, et en prenant Emilie par les épaules, ils la
portèrent dans le salon du dentiste encore infecté par le traitement infligé à
Elsa.
Sans désemparer, Lucien et Kader avaient branché un fer à repasser qui
tenait en équilibre sur une table. Lucien avait ramené un seau d’eau. Il le
jeta en plein visage de Marie, qui émergea des ténèbres bienheureux en
suffoquant. Après avoir recraché et toussé quelques instants, elle prit conscience
de la douleur insensée qui parcourait ses glandes écrasées, percées, lacérées.
Elle baissa les yeux dans un gémissement inaudible et contempla les ravages à
jamais exercés sur sa poitrine mutilée. Des stries violacées aux bords
carbonisés, d’où sourdaient par endroits de minces rigoles de sang,
traversaient ses pauvres seins autrefois si fermes et tendres à la fois.
Toutefois, ses aréoles et ses bouts de seins étaient encore préservés, et elle
ne se sentait pas entièrement dépossédée de l’essence même de sa féminité,
puisqu’elle pouvait encore allaiter, elle qui souhaitait tant nourrir un jour
un bébé.
Emilie reprenait lentement ses esprits,
la tête renversée en arrière dans le coude de Pascal, qui caressait lentement
ses cheveux. Au bout d’un moment, elle réalisa qu’elle était incommodée par
l’odeur pestilentielle qui provenait du fauteuil sur lequel elle reposait. Elle
finit par ouvrir les yeux qu’elle maintenait fermés pour échapper au spectacle
des atrocités qu’elle venait de voir, aux yeux de fou de Kader, au sourire
ignoble de Laurent, à la tranquillité placide de Lucien. Elle se pencha en
avant pour vomir sur le bras de Pascal, un long jet mince qui ne la soulagea
pas. Pascal craqua brusquement :
“ Chérie,
parle, parle maintenant, sinon tu vas perdre le bébé ! ”
Il lança
un regard désespéré à Laurent.
Après
s’être découpé avec son couteau de berger une tranche de pain et un morceau de
fromage tirés de sa besace, Lucien mangea sa tartine avec lenteur et
application, exactement comme s’il se fût trouvé à table. Lorsqu’il eût
terminé, il s’approcha de Marie et souleva sa tête.
“ Dis
donc, t’es pas d’la ville, toi… ”
Marie ne répondit pas et continua sa
mélopée lancinante entrecoupée de pleurs. Elle transpirait abondamment, tant à
cause de la peur lancinante qui la submergeait que de l’atmosphère surchauffée
et étouffante. Les doigts de Lucien glissèrent d’abord lorsqu’il tira à pleines
mains sur les seins martyrisés qui débordaient de ses paumes rugueuses. Après
avoir affermi sa prise, il les secoua violemment en les écrasant. Marie poussa
un rugissement insensé “ OOOOhhhhhh, assez, assez, assez, s’il vous
plaaaait ”.
Dans les petits yeux de Lucien, une
lueur bizarre s’était allumée tandis qu’il s’emparait du fer à repasser.
Il tourna derrière Marie, et flatta son
postérieur avec quelques petites claques. “ T’as déjà vu comment on
attendrit la viande, hein ? ” Marie hurla, un hurlement farouche et
bref tandis que Lucien appuyait le fer à repasser brûlant sur sa fesse gauche.
Les soubresauts extravagants de Marie
allongèrent incroyablement ses membres. Elle craignait tant une seconde brûlure
que la force incroyable de son second cri traversa les épaisses cloisons des
deux appartements.
Emilie voulut se relever, mais la main
forte de son mari la plaqua sur le dossier du fauteuil. Elle ressentit un
élancement brutal dans ses entrailles et elle réalisa brutalement que la vie de
son enfant était en danger. D’un seul coup, à cet instant, plus rien ne compta
à ses yeux que cette petite vie qui se rappelait à elle, et qu’elle avait le
devoir de protéger.
La seconde morsure fut plus appuyée,
plus intense, car Lucien avait laissé deux secondes de plus la plaque de fer
reposer sur sa fesse droite, tout au bord de ses grandes lèvres, faisant
grésiller une bonne partie des longs poils dorés et bouclés qui lui composaient
une toison pubienne si drue. Marie n’était plus très loin de la démence
lorsqu’elle hurla “ Monsieur, Monsieur, Monsieur, Mons…”, comme si elle
égrenait un chapelet de toute ses forces.
Lucien fit un pas de côté “ Tu
veux que j’arrête ? Alors tu vas faire le cochon. Fais scrouiiii. T’as
compris ? SCROUIIIII”
Il dégrafa sa ceinture et laissa
retomber son pantalon sur ses genoux. Il posa la main sur les fesses
douloureusement meurtries qu’il pinça fortement quelques instants avant de
baisser son slip avec difficulté, car il bandait d’une érection de pierre. Dans la faible clarté rougeoyante, son
visage rougeaud et insignifiant de crétin prenait une dimension satanique. Son
membre viril, de taille moyenne, était particulièrement épais, avec un gland
très gros et presque noir, d’autant plus sombre qu’il n’était jamais lavé.
D’une seule poussée rectiligne, il
s’enfonça dans l’anus vierge et rétracté. Marie poussa un cri de bête forcée en
se redressant sur ses membres. Lucien la sermonna “ SCROUIIII, bon dieu,
j’t’ai dit de faire scrouiiiii ”. Amusé et souhaitant participer aux
réjouissances, Kader s’en revint au brasero où des pinces métalliques
continuaient de chauffer.
Emilie
posa la main sur le bras de Pascal en regardant Laurent :
“ Arrêtez ça tout de suite….s’il
vous plait…je vais parler ” Elle était presque inaudible à la fin de sa
phrase, mais Pascal rassura Laurent d’un clin d’œil.
“ Viens, chérie, on va faire ça là
haut ”. Laurent ajouta “ c’est bon, ma pt’ite dame, j’vais leur dire
d’arrêter et j’arrive.
Emilie se boucha les oreilles, les yeux
baissés en traversant le couloir, pour ne pas entendre les cris de truie
étranglée que Marie était obligée de pousser pendant que Lucien la sodomisait.
Ils
remontèrent l’escalier pendant que Laurent rejoignait ses sbires.
“ Eh
ben, les gars, on s’amuse bien ? Elle a dit quelque chose ? ”
Lucien
tourna son visage épaté avec un sourire béat :
“ J’sais
pas, j’ai jamais compris les porcs ”.
Laurent s’esclaffa à son tour “ On
s’en fout, c’est la bourgeoise de Pascal qui sait tout. Elle va lâcher le
morceau ”
Kader
s’avança, l’air inquiet “ Alors, faut qu’on arrête, patron ?
“ Et qu’est ce qu’on en fait,
après ? Les p’tits gars, faut toujours finir le boulot…amusez-vous bien,
mais pas trop longtemps, y a du taf cet après-midi ”.
Laurent sortit rejoindre Emilie et
Pascal, tandis que Kader, rassuré, sortait du brasero une courte pince dont les
pattes avaient une forme de spatule. Il savait comment aider Lucien à prendre
son plaisir…
Préservés par miracle, les délicats
mamelons de Marie laissaient dépasser des larges aréoles carmin admirablement
dessinées, des bouts de sein larges et très proéminents. Kader redressa sa
pince sous les yeux de Marie en l’agitant doucement. Marie se mordit la langue
avec force avant même que les mâchoires incandescentes ne se soient refermées
sur le fragile bout de chair. La première contraction violente de ses sphincters
écrasa presque la bite dilatée de Lucien. Une seconde contraction donna à son
tortionnaire l’impression visuelle d’un tube de pâte dentifrice sur lequel on
avait fortement pressé. Dressé sur ses talons, il éjacula longuement pendant
que la troisième contraction se prolongeait, car cette fois Kader n’avait pas
retiré la pince. Le cri d’agonie ” YYYYYYYYYehhhhhhhhhhhhhhh ”, au
delà de tout entendement, sembla durer des heures et résonner longuement avant
de se muer en gémissements incoercibles,
après que Kader eut retiré la pince en emportant un petit morceau de chair
carbonisée qui restait lamentablement collé sur le mors.
Emilie finit de parachever sa
confession avec un visage las et égaré. Son ventre lui faisait mal et elle
s’obligeait à des pensées agréables. Elle n’écouta pas vraiment Laurent, qui
disait à Pascal :
“ Bon, ben maintenant, vous
redescendez à la campagne et vous vous faites oublier tous les deux.
J’arrangerai tout, t’inquiète pas, y aura pas de traces, y a que moi qui
sait ”
Avec un regard plein de gratitude,
Pascal serra la main de Laurent et sortit en soutenant Emilie par le bras.
Arrivés à la voiture, Emilie demanda à
Pascal “ Tu retournes chercher Marie, tout à l’heure, hein ? ”
Pascal détourna légèrement les yeux “ Oui, chérie, on va l’emmener à
l’hôpital tout à l’heure ”.
Kader procéda à l’ablation de l’autre
mamelon tandis que Lucien cherchait un collier de chien. Il le fit glisser le
long du cou de Marie et introduisit un tournevis entre le collier et le cou.
Kader prélevait maintenant des lambeaux
de chair calcinée sur les mamelles qui gigotaient sous ses yeux hallucinés.
Lorsque Lucien commença d’actionner le tourniquet qu’il avait formé, les
soubresauts de Marie, occupée à trouver sa respiration, diminuèrent
d’intensité. L’affreuse constriction de ses poumons qui le disputait en
souffrance à l’atroce mutilation de ses seins, l’empêchait progressivement de
bouger ou de crier. Le joli minois était devenu hideux à voir, avec un
bouleversant masque de souffrance presque violet, d’où jaillissait entre les
dents une langue congestionnée. Des vaisseaux avaient éclaté dans les yeux
magnifiques. Kader était revenu avec les grandes tenailles finir d’arracher les
restes des tétons saccagés. Tout à la fin, un dernier râle parvint à s’échapper
de sa poitrine mutilée au moment où Laurent rentrait dans la pièce.
Pascal conduisait doucement, l’air
pensif. Puis il se renversa en arrière sur son siège en songeant aux nouvelles
missions qui l’attendaient dans le Vercors, et posa affectueusement la main sur
la cuisse d’Emilie.
FIN
00035439
Sceau
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le 02
04 04 à 15:12 (HE)
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Rêve de fer, rêve de sang
Toujours la symbolique du Mauser C96, encore une époque délaissée pour raconter ce genre d'histoires, alors que les atrocités des troupes de Franco m'ont fait pas mal fantasmer, malgré l'absence de témoignages, et enfin, c'est un de mes types d'héroine "méritante" que je peux mettre en scène, la femme ou la jeune fille révolutionnaire entre les mains de sadiques militaires -fascistes, c'est un pléonasme.
REVE DE
FER, REVE DE SANG
Le
capitaine - marquis - Francisco Cabeza
de Vaca plie soigneusement son pantalon délavé, d’un sable presque blanc. Il le
pose avec application sur le dossier ouvragé de la chaise de douairière qui
constitue le mobilier principal de son logement. Il accroche ensuite son
ceinturon sur l’un des bords, et les recouvre avec la veste de son uniforme. Il
déboutonne sa chemise qu’il laisse retomber négligemment sur sa veste. Ses
bottes sont déjà sous la chaise.
La nuit dernière, quelques éléments des
brigades internationales se sont infiltré dans les faubourgs.
Retranchés dans le bureau de poste, ils
mitraillent consciencieusement les murailles inexpugnables de l’Alcazar.
Leurs salves régulières rythment
l’exercice de la petite garnison depuis l’aube.
Il s’est approché de la fenêtre grande
ouverte en hochant la tête. Le soleil a
déjà commencé de cuire les supplétifs marocains et les pierres surchauffées
amortissent l’écho des détonations.
Il referme les volets en
souriant.
Ses yeux conservent la rémanence de la
lumière trop crue, et il lui faut quelques secondes pour distinguer Soledad.
C’est d’abord une ombre qui se détache crûment dans la blancheur irréelle des
draps du lit à baldaquin. Puis il parvient à distinguer des contours de plus en
plus précis, et enfin sa peau très mate, d’où se détache à peine le renflement
très sombre de son pubis.
Il vient s’allonger à ses côtés, et il
a perçu le frisson qui a secoué sa cuisse. Il pose sa main aux ongles faits
dans le creux de l’aine. Les cals de sa paume très sèche râpent l’épiderme
soyeux lorsque ses doigts commencent leur exploration. L’index effleure sa
toison très brune et la caresse doucement. Il saisit délicatement entre le
pouce et l’index les poils collés par la transpiration et joue à les
étirer.
Le mont de vénus s’est contracté
lorsque le dos de son index a rencontré les bords de ses lèvres. Il les
effleure quelques instants, les flatte doucement comme pour les réveiller. Son
ongle a trouvé une ouverture pour rabattre doucement la corolle engourdie. Son
doigt s’enfonce un peu, remonte lentement, comme s’il tirait sur une fermeture
éclair de bas en haut.
Cette fois, Soledad a tiré fortement
sur ses poignets.
Les menottes ont cliqueté.
Il passe au dessus d’elle et pose ses
mains au milieu de ses côtes. Dieu, que ses seins sont gros mais si fermes. Il
les recueille au milieu de ses doigts très écartés et ses paumes se referment
en les serrant très fort. Il les repousse très lentement jusqu’à ce que les
aréoles à la couleur de café crème aient rejoint la ligne des épaules.
Il fixe intensément le regard paniqué
de la jeune anarchiste du POUM. Puis il se laisse retomber d’un seul coup. Son
long membre a plongé presque complètement dans la matrice à peine lubrifiée.,
le bâillon a bloqué le hoquet de surprise. -je te hais, je te hais, je te hais
- disent les yeux noirs.
C’est une lutte entre deux volontés qui
s'engage.
Il pince fortement la longue pointe de
sein pour l’étirer et referme avidement ses lèvres sur le mamelon. Sa main
écrase l’autre sein, ses doigts font rouler la glande sous la peau. Sa barbe
naissante pique le sein dont il suce maintenant le bout. Sa langue entoure la
pointe où il la mordille très légèrement. L’odeur de cire absorbe les premiers
effluves des sécrétions intimes.
Soledad ne peut plus interdire à ses
fesses de se soulever.
Il a réuni ses jambes, ses orteils sont
crispés comme s’il faisait des pompes à l’exercice. Il veut concentrer toute sa
puissance au bout de son gland trop fin. La pointe acérée de son pénis de chien
est très dure maintenant.
Non, non, non, je ne veux pas, affirme
la crinière brune qui vole en tous sens.
Un rai de clarté barre un instant la
bouche crispée de Soledad, juste au dessus de l’épaule très velue.
Antonio referme très lentement la
porte. Il tire sur son col et redescend sans bruit l’étroit escalier en
colimaçon. Ses lèvres forment une grimace étrange et son regard est fixe. Le
fidèle chien de garde se poste assis sur la première marche.
Quand le con de Soledad s’est resserré,
il a failli jouir. Vite, il s’est pincé au sang la lèvre inférieure –NON,
merde, pas maintenant, pas avant elle- Il parvient à bloquer son éjaculation et
se retire. Soledad veut sa victoire. Sa poitrine se soulève à la rencontre de
la médaille pieuse qui pend à son cou, mais il se garde de la pénétrer
complètement cette fois.
Maintenant, son gland violet est la
tête d’un bélier qui repousse les battants de la porte de sa vulve.
Sans jamais s’enfoncer plus avant, il
martèle ses petites lèvres tandis que son index a filé sous son ventre très
plat pour masser son clitoris bourgeonnant.
Soledad se cambre longtemps pour
résister, puis sa respiration augmente. Une buée de transpiration s’est formée
dans ses cils et son pelvis vient à la rencontre du pieu qui se refuse .
Elle cède la première et Francisco a
presque entendu son feulement assourdi.
A cette seconde précise ils sont
amants.
Il peut maintenant se reposer en la
pénétrant complètement. Elle hait son corps qui l’a trahie et se contracte pour
échapper à un nouvel orgasme. Il ne bouge pas, cette fois. La portée de son
acte l’effleure étrangement à cet instant. Il est assez cultivé pour pressentir
dans quel sens la balance de l’histoire penchera, mais il n’en a cure pour
l’heure.
Sa bouche a de nouveau encerclé le
mamelon droit, mais cette fois, ses doigts ont croché avec rudesse dans la
chair tendre de son sein gauche. Elle a un léger sursaut, avec un gémissement
atténué lorsque la pression s’accentue. Le plaisir que lui procure la succion
de plus en plus forte le dispute à la douleur sourde de son sein écrasé. Elle a
senti qu’il était encore plus gros en elle.
Elle hurle en silence. Il l’a mordue.
Pas pour jouer. Ses dents se sont progressivement imprimé tout autour de son
aréole . Il a le goût de son sang dans la bouche, mêlé au sel de sa peau. Il a
nettement perçu la secousse qui a traversé son corps. Ses muqueuses se sont
délicieusement resserré avec plus de vigueur que si elle avait joui.
Sa bouche descend un peu. Elle
appréhende une nouvelle morsure et se surprend à prier, elle !
Il a pris un gros morceau de peau avec
un peu de chair, à la base du sein, et son incisive s’est enfoncé plus
profondément. Quelques gouttes de sang voltigent sur les draps lorsqu’elle
bombe le torse après qu’il se soit relevé pour la regarder.
Des cercles brun-bleu avec des trous
rougeâtres marquent la peau de Soledad. Il se repaît de la peur absolue au fond
de ses yeux et il en jouit en la fixant jusqu’à ce que ses dents aient choisi
un autre lambeau de peau à déchirer. Il se relève et ferme les yeux un court
instant. Comme un fauve il referme sa mâchoire pour broyer une énorme bouchée,
qu’il commence à mâcher sans la détacher.
Le dos de Soledad est une corde
de souffrance décollée du lit. Elle l’a soulevé, et c’est comme si elle lui
faisait l’amour maintenant. Il se plait à mordre plus ou moins fort pour régler
la tension de ses muscles, comme s’il accordait un violon.
Quelques trous profonds ont traversé la
glande et un peu de matière s’est mêlé au sang. Pour ces instants magiques de jouissance absolue, il accepte
d’avoir perdu son âme. Il se demande seulement s’il va passer le reste de sa
vie à les occulter ou bien à les
magnifier à chaque instant. Il connaît la réponse, déjà. Il agrippe une
dernière fois les tétons martyrisés et les secoue brutalement.
Il se relève. Soledad l’a suivi
du regard tant que la brume de ses larme le lui a permis. La porte grince une
seconde fois. Il est revenu avec quelque chose dans la main qu’il pose par
terre. Il tient un fil au bout du bras qu’il branche dans un générateur avant
de le laisser retomber. Il attend quelques instants, puis pose une pointe de
fer rougeoyante sur l’œil de l’angelot dessiné en haut du pied du lit.
Soledad ferme les yeux pour qu’il ne
puissent plus jamais s’ouvrir. Elle l’entend s’asseoir pesamment à ses côtés.
Elle sent d’abord le fil du fer à souder glisser le long de sa cuisse comme un
serpent. Elle se mord la lèvre, mais rien ne l’a préparé à cela. Ni la balle
qui a traversé sa cuisse l’année dernière, ni la dysenterie qui a failli
l’emporter enfant. Elle entend le “ fzzzz ” pendant qu’un éclair
aveuglant la traverse.
Il a commencé de cautériser ses plaies
par jeu, parce qu’elles formaient une cible visible. Il est légèrement
incommodé par l’odeur de viande grillée, et la fumée pique un peu ses yeux,
mais il continue de fourrager dans les plaies vives en ménageant quelques
instants de repos au corps pantelant. Le charbon des bords carbonisés gagne peu
à peu sur le rouge très vif des plaies béantes…
Elle s’est évanouie. Il attend quelques
instants et pince ses narines pour la ranimer. Sa bouche tente de s’ouvrir
spasmodiquement sous le bâillon comme si elle était noyée. Ses yeux hagards
reviennent du néant bienheureux. Ils cillent lorsque la tige de fer effleure
son mamelon. Au lieu de la retirer assez rapidement, il la maintient en place
“ Fzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz ”. Un claquement le
surprend.
Le bras droit de Soledad s’est disloqué
au bout de la chaîne. Le bout de sein est pratiquement décapité.
Une odeur épaisse dépasse maintenant
des cuisses tétanisées. Avec un froncement dégoûté des narines, il se lève
brusquement en cognant la chaise. Le Mauser 96 s’échappe de son holster. Il
revient appliquer le fer, droit sur le côté du sein gauche, et l’enfonce en
tournant. Il est surpris de la résistance qu’offre la chair un court
instant.
Soledad s’est évanouie pour la seconde
fois. Il doit la gifler longtemps avant qu’elle revienne en enfer .
Le long canon du Mauser est braqué sous
ses yeux quand elle parvient à reprendre conscience Elle souffre tant qu’elle
n’est plus tout à fait cohérente et il lui faut un long moment pour appeler la
fin.
Elle a voilé son regard, lorsqu’elle
sent le canon de l’arme frayer sa route dans son vagin. Elle a trop mal pour
ressentir la moindre stimulation sexuelle quand il fait aller et venir le
cadeau que lui a fait Kurt, le jour où la légion Condor a rendu les honneurs au
Caudillo.
Elle ouvre ses yeux au-delà de la
douleur muette et le supplie de toutes ses forces.
“ BANG ”
Antonio a sursauté. Il se lève
brutalement et ramasse son calot. Il l’ajuste maladroitement face aux troupes
qui font l’exercice et fait le salut de la phalange. La clameur de victoire
s’envole jusqu’aux miradors.
“ VIVA LA MUERTE ”
28 mars 2007
Septembre 14
Oui, pas août 14, car nous sommes bien en France, en septembre, pendant la première bataille de la Marne, contexte historique que je n'ai jamais rencontré dans aucune des histoires de ce genre, ça m'intéressait de situer une histoire dans un paysage chargé d'histoire que je connais par coeur. Et qui me permet de "remettre en selle" Roland le pistolero (oui, vous pouvez aussi penser au héros de "la tour sombre" de Stephen King), à un âge où l'opposer dans un duel au pistolet à des officiers teutons me semblait une scène jubilatoire que j'ai pratiquement rêvée.
SEPTEMBRE 14
JOURNAL DE MONSIEUR CELESTIN GUYOT
BOULANGER A VARREDDES (Seine et Marne), de 1931 à 1962
DATION A LA BIBLIOTHEQUE NATIONALE LE 13/05/1981
COTE
AFFPRIV/SM/1980-1985/ARTISANS/ N°1254
J’écris
ces quelques mots pendant l’été 1976.
La
sécheresse a rendu toute récolte vaine, et il n’est pas encore l’heure de
travailler la terre.
Je suis
assis sur la première marche de l’échelle tournante, à l’intérieur du
pigeonnier porche qui sépare notre ferme en deux cours.
Roland,
mon père, ce héros, a acheté la ferme de Beauval en 1905.
Je
contemple les impacts des balles des fusils allemands, tout en haut, juste au
dessus de la dernière rangée des boulins, à l’opposé de la lucarne d’envol. Ma
gorge se serre, j’ai laissé reposer le pot de lait caillé sur la terre battue,
près d’un tas de colombine.
Roland
est revenu en France à la fin de l’année
1896, brisé. Il a rencontré ma mère sur le bateau. Elle est morte en couches.
Je suis
là.
Il ne
s’est jamais remarié.
C’est
lui qui m’a soulevé de mon berceau pour me faire marcher, qui m’a appris à
cuire le pain, tresser une corbeille en osier et braconner avec son arme de
guerre.
Nous
sommes en 1914. Il va me marier avec la Marie-Jeanne l’année prochaine, dès que
la guerre avec le prussien sera terminée.
Nous
sommes heureux.
Quand
elle vient nous visiter à la ferme pour laver notre linge, mon père court
presque dans la cour pour l’embrasser avant moi.
Il a
toujours le même geste bref pour essuyer sa moustache toute grise.
Dans
trois semaines, il sera mort.
PROLOGUE
BRESIL.
PORT DE BELEM. AUBE DU 11 JUIN 1896.
Le
ferry-boat “ La Picadora ” fit mugir joyeusement sa sirène une dernière fois
avant de se fondre dans les lambeaux de la brume équatoriale. Les colons et les
métis accoudés sur l’embarcadère, les esclaves juchés sur les billes de bois ou
les ballots de coton, saluèrent longuement les honorables membres de la Société
Européenne Royale de Géographie. Ils avaient affrété le luxueux bateau à vapeur
pour reconnaître les chutes du Rio Xingu, loin à l’intérieur du Matto Grosso
encore inexploré.
L’île
flottante évoquait irrésistiblement une grande baleine blanche dont le front
aurait été ceint d’une couronne de balustrades dorées. Elle semblait cornaquée
par de minuscules pygmées qui agitaient inlassablement leur casque en direction
du port.
Un petit
yacht de course se détacha un peu plus loin de la côte, et il fut évident que
le passager à l’étrange tenue était chaleureusement attendu lorsqu’il franchit
la coursive.
Les
cheminées continuèrent de pouffer des ronds de fumée visibles bien après que le
bateau eût disparu au-delà de la pointe de la petite crique.
Personne
ne le revit jamais ni ses passagers.
FRANCE .
ETREPILLY. MATIN DU 7 SEPTEMBRE 1914.
Le
lapereau se renfonça au fond du terrier. Adolphe allongea encore le bras. Il y
était presque. Ses doigts effleurèrent la minuscule boule de poils fauves et il
parvint à saisir une touffe tiède et soyeuse. Jeannot Lapin s’aplatit
complètement en poussant sur ses antérieurs. Adolphe trébucha un peu en se
redressant, car son sabot avait glissé sur l’humus gorgé de rosée. Il
pleurnicha un peu d’avoir déjà perdu ce nouveau compagnon avant d’avoir pu le
connaître, puis il se fit une raison en entendant le carillon qui marquait 8
heures. Il reprit son petit baluchon en ajustant ses affaires de classe et se
retourna vers le chemin qu’il avait abandonné quelques instants auparavant.
Son
baluchon descendit lentement de ses doigts pétrifiés. Au bout de quelques
secondes, il s’accroupit sur ses genoux par réflexe.
De la
colline opposée de la petite vallée, à environ deux mille mètres, une tâche
d’un vert sombre recouvrait rapidement l’herbe grasse et chassait devant elle
les bêtes au pâturage. Adolphe chercha dans le ciel le nuage qui pouvait
avancer aussi vite pour cacher le soleil. L’astre naissant l’éblouit si fort
qu’il lui fallut quelques instants pour accommoder de nouveau. Il lui fallut
encore un peu de temps pour comprendre que les éclairs qui jaillissaient de la
vague en mouvement ne provenaient pas de ses propres rétines. Des milliers de
piqûres scintillantes semblaient suivre une marche ordonnée et intelligente. Le
gamin posa ses doigts sur ses paupières pour les tirer en arrière comme le
dernier des Mohicans dont il dévorait les exploits tous les mois dans “
l’Illustration ”.
Ce qu’il
vit lui coupa le souffle. Il se redressa d’un seul coup et partit en courant à
l’école, mais il savait qu’il n’y aurait pas classe aujourd’hui.
FRANCE.
FORET DE VILLEROY. MATIN DU 7 SEPTEMBRE 1914
“ Oh,
bon diou, l’est pas tombé loin celle-là ”. Le caporal Charles Mougeotte
s’essuya mentalement le front, les oreilles encore remplies du fracas de l’obus
boche de 305. Il n’osa pas témoigner davantage, par respect pour le
lieutenant qui se tenait bien en avant
de leurs lignes, le corps droit comme un I, insensible à tout ce qui aurait
ralenti sa mission d’observation. Ses jumelles inspectaient le long sillon des
boucles de la Marne enchâssées dans un paysage de bocages, de champs moissonnés
et de pâturages. Pourtant, il semblait surveiller plus attentivement l’est,
tout au fond du paysage bucolique d’où jaillissaient d’innombrables petits
nuages de fumée, témoignage des corps à corps déjà engagés dans la région
d’Etrepilly et de Varreddes. Les pieds solidement campés sur le bord du piton
rocheux qu’il avait escaladé, l’écrivain ressemblait aux héros de ses romans.
Charles
Péguy disposait d’un téléphone de campagne pour notifier ses observations. Mais
le numéro d’appel civil qu’il demanda à l’opératrice était inconnu de quiconque
à l’Etat Major de la VIe Armée.
A quatre
cent mètres plus bas, tapie dans un épais réseau de fougères, la petite colonne
d’uhlans venue en reconnaissance se préparait à battre en retraite. Le colonel
Rupert Von Hentzau attendit que ses trois flanc-gardes soient remonté en selle.
Il s’approcha de sa monture en flattant doucement ses naseaux. Puis sa main
ouvrit l’étui en bois du Mauser 96 qu’il était habilité à porter comme tout
officier d’un grade supérieur. Dans la poche intérieure de sa vareuse noire de
hussard, il prit une courte lunette de visée qu’il adapta avec des gestes
précis sur le canon de l’arme aux reflets d’un bleu métallique. Il souleva son
casque et l’accrocha à sa selle. Le visage au profil exagérément aquilin se
concentra à l'extrême, la peau du front tavelée de tâches orangées se plissa
profondément.
Loin
devant lui, sur un petit promontoire escarpé, le shadow-eye apparut nettement
dans la visée de sa lunette. Sa tête et son buste pivotèrent lentement pour
balayer toute la campagne. Le pantalon garance rouge et la casquette écarlate
encadraient la capote d’un gris de fer bleuté pour former une cible idéale. Le
tzin attendit que l’écrivain se présente complètement de face pour avoir le
meilleur angle de tir. Une fraction de seconde avant d’être mortellement
touché, Charles Péguy eut le temps de voir sa mort inscrite dans ce reflet
dessiné dans le taillis opaque.
Au bout
d’un téléphone, à Paris, une femme laissa retomber lentement le combiné sur la
fourche en métal. Tout doucement, par respect pour le frère qui venait de
tomber. Puis elle se releva, le visage grave mais résolu, pour monter d’un pas
rapide à l’étage d’un petit hôtel particulier de l’avenue Daumesnil.
Les
quatre cavaliers partirent au galop. A l’intersection de deux chemins dans la
forêt, la petite colonne prit la direction de Varreddes. Les trois uhlans se
regardèrent, un peu déconcertés de ne pas revenir aux avant-postes de la
Première armée de Von Kluck. A quelques lieues du village, Von Hentzau fit
cabrer son cheval avant de marquer le pas. D’un geste autoritaire, il indiqua à
ses hommes de passer devant lui. Tandis qu’il s’arrêtait, les trois cavaliers
s’écartèrent devant lui en fredonnant un lied. Les trois coups de feu ne firent
qu’une détonation sèche et assourdie par la voûte clairsemée des frondaisons.
Des passereaux s’égaillèrent à toute volée. La tête de mort dessinée sur le
kolchak de hussard semblait sourire sinistrement du plan machiavélique mis au
point par le tzin.
BRESIL.QUELQUE
PART AVANT LES CHUTES DU RIO XINGU. 28 JUIN 1896.
Roland
fumait tranquillement sa pipe en poussant du pied sur le bastingage pour
élancer son rocking-chair. Il ne prêtait qu’une oreille polie aux
démonstrations vigoureuses de François Marie Haroüet, dit Voltaire. Il est vrai
que les formes de Charlotte Corday auraient distrait un saint, tant elle
mettait de passion à expliquer au vieux philosophe pourquoi elle serait prête à
tuer encore Marat ou tout autre tyran. Le rose de ses joues s’était
délicieusement empourpré tandis que le cynisme affecté de son contradicteur
semblait n’avoir pour but que de faire jaillir d’indignation les deux
magnifiques globes qui étouffaient dans leur corset. Un clin d’œil égrillard du
vieux libertin convainquit rapidement Roland de ne pas se mêler à la
conversation.
Il avait
rattrapé les shadow-eyes dans le port de Belem à la toute dernière minute. Les
rescapés du massacre de Rio de Janeiro avaient juste eu le temps de télégraphier à leurs frères américains l’étendue du
désastre et leur départ pour la plantation de Checoba.
Ils se
savaient traqués par les tzins, mais Natacha n’avait pu révéler l’existence de
l’hacienda, puisqu’elle l’ignorait.
Les yeux
de Roland s’emplirent d’une peine indicible, et il se força à chasser les
images de sang et de meurtre qui le hantaient.
Il se
leva pour sentir les parfums poivrés qui effleuraient les coursives de “ la
Picadora ”. Marcher la nuit le long des cabines l’apaisait. Les lumières
vacillantes lui rappelaient l’éclairage au gaz incertain de la rue Mouffetard,
la vie dans les cafés, les peintres sur les terrasses, les jurons des artisans,
l’odeur forte des pipes et des pieds et le reflet de l’absinthe dans les longs
verres effilés.
FRANCE.
VARREDDES. MATIN DU SEPT SEPTEMBRE 1914
Le maire
de Varreddes émergea de sa rêverie lorsqu'un rayon de soleil se refléta dans la
batterie de casques de pompiers et de trophées athlétiques soigneusement
époussetés et rangés dans la vitrine par Marie-Jeanne. Il repoussa avec un
petit sourire les factures abusives du maçon. Vingt francs pour la réfection du
chaperon des murs du cimetière !!! L'ami Albert ne se poussait pas du coude. Il
entreprit de rédiger avec minutie le mémoire qu'il demanderait au Conseil
municipal d'approuver le soir même. Sa plume crissait avec application. Sa
pensée était claire et son style fluent, il se surprit à se retrouver une fois
de plus dans deux dimensions, lorsque l'odeur de cire et d'encre mélangées lui
rappelèrent les longues discussions dans la cabine de Voltaire. Mais cette
fois, avant qu'il n'ait pu s'enfuir dans le passé, un brouhaha qui montait de
la petite classe unique au rez-de-chaussée lui fit dresser l'oreille. Avant
qu'il ait pu se lever, l'instituteur était dans le bureau du maire, le visage
grave :
"Roland,
ils arrivent chez nous".
FRANCE.
PARIS. MATIN DU SEPT SEPTEMBRE 1914
L’amnésie
sélective dont était frappée Charlotte Corday s’évanouissait toujours
brutalement devant la porte de la crypte. Une grimace de souffrance enlaidit
son joli minois et un soupir de résignation souleva son buste bien dessiné.
Elle descendit néanmoins d’un pas ferme les premières marches de la longue cave
voûtée. Elle dépassa les Chablis et les Château-Margaux , tourna à gauche après
les Morgon pour s’arrêter devant les champagnes. Elle déplaça le chais sur ses
roulettes. Automatiquement, une partie du mur en brique s’effaça, ménageant
l’accès à une grande salle circulaire. Plusieurs cercueils étaient alignés à
droite de la pièce, et Charlotte évita comme toujours de s’attarder devant la
dépouille de Voltaire. Ses seins commençaient bizarrement à la faire souffrir,
comme d’habitude. Elle se hâta pour mettre fin à l’épreuve qu’elle ne
connaissait que trop bien et se dirigea tout droit devant une niche aux reflets
opalescents. Elle vérifia que le processus de régénération du clone de Charles
Péguy avait bien débuté, et sourit en voyant l’embryon s’agiter en refermant
ses petits poings. Elle referma doucement la porte, comme une mère qui évite de
réveiller un bébé. Elle remonta l’escalier en se frottant les seins pour
oublier la brûlure de ses chairs à vif.
FRANCE.
VARREDDES. MATIN DU SEPT SEPTEMBRE 1914
"Dis-donc,
soeurette, ça sent le tritouti, par ici, faudrait aérer, de temps en
temps". Les deux garces de soeurs partirent d'un grand éclat de rire qui
se termina en chuchotements. La femme de not'maître retrouvait toujours sa
complicité avec sa soeur dès qu'Armelle venait visiter le jeune couple à la
ferme des Plancys. Victor, le vieux bouvier, redoutait ces visites impromptues,
qui se traduisaient immanquablement par des larmes de fierté bafouée étouffées
dans son oreiller. Il n'avait que la ferme où vivre, et il ne voulait pas finir
à l'hospice chez les soeurs qui le priveraient de vin et de tabac. Il se tenait
droit sur sa chaise pour couper sa miche de pain avec son laguiole, le dos tourné à l'entrée de la cuisine, pour
faire semblant de ne pas entendre les petites phrases lâchées à demi-mots comme
des coups de griffe. "Le vieux cochon....regarde ses oreilles, tellement
de poils qu'il doit jamais se nettoyer les écuries....Tu crois qu'il se touche
encore...à son âge quand même...doit même pas s'essuyer, en plus...".
Les
rires continuèrent de poursuivre le vieux vétéran de Sebastopol tandis qu'il se
levait en fixant l'étable loin devant lui. Quand il passa à côté d'elles, il ne
put s'empêcher de humer la fragrance de ces femelles qu'il aurait monté toutes
les deux l'une après l'autre trente ans plus tôt. L'espace d'une seconde, une
tension sexuelle s'installa entre les deux jeunes femmes, qui jouissaient de
leur domination sur le vieux bouc mal rasé, et l'ancien héros de guerre et coq
du village.
Victor
gonfla le buste, et les soeurs s'écartèrent malgré elles devant le grand corps
pesant. Amandine lui ferait payer cette reculade en lui donnant le plus petit
morceau de viande ce soir.
Roland
se força à descendre lentement l'escalier pour ne pas affoler les enfants qui
étaient déjà bien excités comme ça. Adolphe était le héros du jour, et tous ses
camarades, même les plus âgés, l'écoutaient avec respect. Il répétait dix fois
les mêmes mots, et Roland sourit malgré lui lorsque l'enfant sembla gonfler sur
la pointe de ses pieds pour lui parler des monstres verts qui avalaient la
campagne. Les plus grands étaient taiseux, ils avaient entendu leurs parents
parler des atrocités commises chez les belges :
"M'sieur
l'maire, c'est y vrai qu'y coupent les bras aux hommes et aux gars comme nous
?", lança audacieusement le grand Firmin en ravalant sa morve.
"Non,
non, les enfants, n'ayez pas peur, ce sont des soldats comme les nôtres, ils
ont de l'honneur, ils ne s'en prennent pas aux civils". Il garda pour lui
la suite "sauf quand ils n'ont pas ce qu'ils veulent". Il ne voulait
pas croire aux rumeurs de seins coupés et de bambins embrochés avec des
baïonnettes, peut-être parce qu'il ne supportait pas l'idée de revoir des violences.
Son esprit s'évada encore une fois.
BRESIL.QUELQUE
PART AVANT LES CHUTES DU RIO XINGU. LA NUIT DU 29 JUIN 1896.
Roland
se rendit compte avec attendrissement qu'il était le seul passager à veiller
encore. Les autres shadow-eyes dormaient tous dans leur cabine, comme si le
récit de la controverse de Valladolid les avait épuisé. Pourtant, écouter Las
Cases expliquer comment il avait réussi à prouver que les indiens avaient une
âme envers et contre l'inquisition l'avait lui-même fasciné, et il comprenait
mieux maintenant le magnétisme et la force qui émanaient du chef de la branche
brésilienne des shadow-eyes.
Il
hésita devant la porte entrouverte de la cabine de Charlotte....puis il la tira
doucement en arrière. Un jour, peut-être...
L'homme
de quart se détachait crûment sous la pleine lune. Roland s'allongea dans son
rocking-chair. Le grondement des chutes du Rio Xingu dans la petite crique
était devenu au fil des heures une ambiance qui lui rappelait le crissement des
fraiseuses, des scies et des meules de l'atelier de son père. Il réussit
péniblement à chasser des images de fusillades, de barricades pavées et
d'exécutions sommaires par les Versaillais, en se concentrant sur la grande
hacienda blanche qui surplombait l'embarcadère au bout d'une pelouse à
l'anglaise.
C'est
son instinct de coureur des plaines qui le sortit de sa rêverie. Quelque chose
n'allait pas dans l'immobilité de l'homme de quart. Un ressac un peu plus
accentué fit tourner le gouvernail sur lequel il se reposait. Le corps du marin
l'accompagna dans une lente descente. Roland se garda de bouger en voyant
l'empennage de la longue flèche se hisser comme le nouveau drapeau du
ferry-boat. Des ombres se profilèrent à la proue du bateau, des deux côtés de
la salle des machines. Un bref coup d'oeil sur ses arrières le rassura. Mais
ses cartouches étaient pour l'essentiel dans sa cabine. Il jura entre ses
dents. Deux chargeurs !!! Pour tenir deux ponts à la fois ?. Il allait falloir
tirer à coup sûr...
Les
Jivaros s'avançaient très lentement, les pieds nus glissant sur le pont avec le
buste incliné et projeté en avant, la sagaie ramenée dans le dos pour être
décochée instantanément. Certains tenaient leur casse-tête levé, d'autres les
couvraient avec une flèche encochée. Leurs peintures effrayantes semblaient
jaillir de l'ombre pour éclater à la lueur des fanaux. Caché derrière le
rocking-chair, Roland attendit que les deux groupes qui avançaient
parallèlement le long des cabines comptent une quinzaine d'hommes. Puis il
s'élança en hurlant.
FRANCE. VARREDDES. MATIN DU SEPT SEPTEMBRE
1914
Le
cliquetis grave d'un gros moteur envahit le couloir de la petite mairie. Roland
s'ébroua et entrouvrit la porte. Il la repoussa, parut réfléchir un court
instant et repoussa l'instituteur et les enfants dans la classe. "Toi, tu
restes là avec les enfants et tu ne sors sous aucun prétexte". Il chuchota
à l'oreille "Et s'il y a du grabuge, vous filez par le jardin du curé
". Il courut dans l'escalier et repassa dans son bureau pour prendre ses
attributs de maire. Il noua fiévreusement autour de sa taille l'écharpe
tricolore, pas le temps de l'ajuster à l'épaule.
Quand il
se tint cérémonieusement debout devant la mairie, ce fut pour contempler stupidement
une majestueuse Horch blindée, noire et scintillante de chromes jusque sur ses
marche-pieds. Un cuir lie de vin cossu capitonnait largement la coque en bois
en forme de berceau. Le véhicule des officiers d'état major manqua l'écraser
sans s'arrêter. Les deux officiers supérieurs continuaient leur conversation
sans paraître le remarquer, ni lui ni les quelques rares civils qui étaient
sortis des cafés.
Les
voitures militaires qui les escortaient allaient presque aussi vite, mais les
soldats avaient le doigt sur la gâchette de leurs fusils. Quelques cavaliers
suivirent, plutôt des estafettes chargées du renseignement qu'une unité
constituée. Eux prenaient le temps de toiser avec arrogance la petite foule qui
avait fini par s'agglutiner devant la mairie ou l'église selon les convictions.
Ils se redressaient exagérément sur leurs selles, en faisant hennir leurs
puissantes montures du Mecklembourg.
Puis,
une longue colonne d'infanterie qui se fragmentait à chaque changement de
drapeau apparut après les premières maisons. Sa densité soulevait un petit
nuage de poussière qui ne retomba qu'au bout d'une heure.
Dix
mille hommes venaient de traverser Varreddes, des visages de morphologie
inconnue, des moustaches farouches, des nuques rasées jaillissant d'uniformes à
la coupe rigide.
Puis une
colonne de cavalerie mixte arriva sur leurs talons. Des uhlans d'abord,
encaparaçonnés dans des cuissardes et des braies rutilantes, certains porteurs
des mêmes lances que leurs pères à Sedan, avec le sabre bringuebalant le long
des selles. Puis quelques hussards, qui semblaient tous officiers et
s'amusaient à terrifier la population en chantant d'une voix sauvage :
"Es
schlug mein herz, geschwind zu pferde, es war getan, fast ehe
gedacht....", et parfois ils laissaient leurs chevaux monter sur les
trottoirs. Tous éclatèrent de rire en voyant le crottin fraîchement déposé
devant la mairie.
Les
villageois surent que les loups étaient rentré dans le village lorsque l'un des
hussards les plus décorés mit pied à terre devant Roland, mais ils ignoraient
que le diable les accompagnait.
"A
qui est la ferme avec le krand pigeonnier ? On la prend pour les officiers
maintenant". Le lieutenant interprète relança impatiemment Roland pour
affirmer son autorité souveraine :
"Alors
? ".
"Avez-vous
un ordre de réquisition ?". La gifle claqua à toute volée.
"Schweinhund,
cochon de français, à qui tu crois parler ?"-"Tiens, le foilà, ton
papier". Roland esquiva la seconde gifle en portant la main à son flanc
pour dégainer. Ses mouvements furent si vifs que le lieutenant resta abasourdi
quelques secondes. Roland réalisa que sa situation ne lui permettait rien
d'autre que de calmer le soudard et il répartit très vite :
"C'est
la mienne, Herr Leutnant, la ferme de Beauval, je l'ai achetée en 1896 à
Théodore Proffit pour deux cent louis d'or et je serais très heureux de vous
accueillir avec mon fils. Mais il n'y a pas de femme, il faudra vous
débrouiller pour la cuisine". Il fit une sorte de salut militaire en
portant la main à son chapeau et il se retourna sans laisser le temps à
l'officier de réagir, et surtout pour masquer l'envie de meurtre que
dégageaient ses joues cramoisies.
Le
lieutenant Manfred Ritterschein sourit en voyant le grand vieillard soumis lui
tourner piteusement le dos. Ach, sacrés français qui croyaient pouvoir
reprendre l'Alsace et la Lorraine...Nach Paris, oui, ils allaient voir....et
leurs bonnes femmes aussi. Il sourit au commandant de la colonne qui arrivait
au trot, mais le sourire s'effaça lorsqu'il vit le cortège macabre que tirait
par les rênes le grand hussard à la veste exagérément chamarrée.
C'est
par les volets entrebaîllés de son bureau que Roland vit pour la première fois
le baron Rupert Von Hentzau. Son coeur manqua un battement en reconnaissant les
traits hais du mutant. Le cauchemar allait recommencer.
FRANCE.
PARIS. SOIR DU SEPT SEPTEMBRE 1914
Il se
redressa lentement, mais son coude dérapa légèrement contre la paroi glissante
du sarcophage en titane. Charlotte Corday étouffa un petit rire gêné, car il y
avait toujours une part d'intimité traumatisée dans le réveil d'un shadow-eye.
Charles Péguy sentait encore la balle de calibre militaire percer son flanc
avant de lui traverser les poumons dans un éclair de douleur qui précéda de peu
le silence de son âme. Il se souvint tout de suite qu'il s'appelait maintenant
Jean de Saint-Marc, et qu'il avait un logement et des papiers qui l'attendaient
sous ce nom rue Mirosmenil. Il n'avait pas envie de parler de son traumatisme à
Charlotte. Perdre l'une de ses sept vies était toujours mourir un peu pour un
shadow-eye, une partie des souvenirs s'effaçait, et une rééducation par des
livres et la tradition orale aidait les immortels à recouvrer leurs facultés et
le sens de leur destinée. Mais chaque mort les rapprochait un peu plus de
l'ultime vérité, et ils avaient tous vu plus que ce que peu d'humains étaient
revenu raconter. Il émergea de son caisson avec les jambes qui tremblaient un
peu, mais il refusa le bras de Charlotte avec un sourire las. Il était nu, mais
il n'y avait pas de pudeur de corps entre les frères. Il saisit la robe de
chambre de soie mauve que lui tendait Charlotte et il remontèrent l'escalier.
Charlotte
le guida au début à travers le dédale des étages, mais la mémoire de l'écrivain
revenait progressivement. Il franchit sans hésitation le seuil du dernier étage
pour entrer dans un fumoir où un groupe d'hommes et de femmes dégustait
liqueurs ou café en l'attendant. Georges Sand et Jules Ferry se levèrent les
premiers pour le réconforter. Charlotte resta en arrière…Elle tendit l'oreille,
écouta de nouveau...puis elle redescendit la volée de marches en laissant
glisser fermement son bras le long de la rampe.
FRANCE.
VARREDDES. MIDI LE SEPT SEPTEMBRE 1914
Les
Chleuhs sont dans la ferme. Roland leur a abandonné le corps de logis
principal, nous nous sommes replié dans la maison de nos employés. Père essaie
de calmer l’indignation de la tante de Marie-Jeanne “ Roland, c’est y pas des
barbares ? Vlà qu’l’grand, là bas, il a bouffé toute une roue de brie avec la
paille autour, et il a trouvé ça bon encore ! ! ! ”.
Elle
roule les r d’émotion, et Roland ne peut s’empêcher de sourire malgré le
tragique de la situation.
Il est
très inquiet depuis que le médecin a été sorti de son cabinet un peu avant midi
pour faire l’autopsie des trois cadavres ramenés par le tzin.
Les
curieuses casquettes des uhlans ont envahi tout Varreddes, ils ont
réquisitionné la Poste, la fournée de pain, les pédiluves et monté de grandes
tentes circulaires pour une partie des troupes. Quelques groupes de cavaliers
sont partis en reconnaissance dans les hameaux. Les enfants ont repris la
classe, c’est moins dangereux que de passer sous un cheval lancé au galop.
Après
manger, mon père nous a réunis dans la chambre de Marie-Jeanne. Moi, je savais
déjà tout des tzins, mais il a expliqué le minimum à Marie-Jeanne, pour ne pas
dépasser sa compréhension trop vite. Elle a au moins compris que la situation
est grave, et que notre pire ennemi fait partie d’une sorte de secte, qu’il
cherche quelque chose que Roland possède, mais que nous avons des amis à Paris.
Il boit son café très chaud par petites gorgées qui rythment ses phrases
brèves.
“ Mon
fils, il va falloir que tu passes leurs lignes pour aller téléphoner à
Etrepilly, à ce numéro ”. Il me tend un petit bout de papier griffonné à la
hâte “ Moi, je dois rester ici pour les protéger, tous ”. Il ajoute “ Dis leur
qu’ils sont revenus, qu’ils le cherchent encore, que j’ai besoin d’aide ”.
J’ai
embrassé tendrement ma future femme avant de partir.
J’aime
tomber dans ses yeux bleus et profonds.
J’aime
comme ses joues rosissent sous ses tâches de rousseur.
J’aime
sa voix douce et grave. Elle fera institutrice, Monsieur Delagarde l’a dit,
elle est plus intelligente que moi.
Elle
nous fera de beaux petits, à mon père et à moi. Je suis très dur quand je pense
à elle.
Bon, pas
le temps pour un gros câlin, cachés dans une meule de foin à lui manger les
deux belles poires que je tiens en coupe dans mes mains en labourant son
bourgeon tout dur et glissant avec mon gland.
BRESIL.QUELQUE
PART AVANT LES CHUTES DU RIO XINGU. LA NUIT DU 29 JUIN 1896.
Roland
fut obligé de tirer par brèves rafales pour bloquer la masse compacte des
sauvages. Il se recula brusquement pour échapper à la volée de flèches décochée
à tribord après le premier effet de surprise. Il courut sur quelques mètres
mais eut le réflexe de bouler par terre pour prendre le pont de bâbord en
enfilade. Prévenus par la première fusillade, les Jivaros s’étaient presque
allongé sur le pont après avoir fracassé les fanaux. En position de coup par
coup, l’arme automatique fit quelques dégâts, et des gémissements se mêlèrent
au bruit des combats dans les cabines. Roland se replia au milieu du pont et
assista au massacre des hommes d’équipage exécutés un par un en sortant des
soutes. Quelques coups de feu dispersés témoignaient de luttes éparses. La
cabine de Charlotte était proche, et les sauvages étaient surtout occupés à
piller les salons et salles à manger. Il lui restait un demi-chargeur lorsqu’il
s’élança. Les premières balles touchèrent toutes leurs cibles, formant un
barrage provisoire qui lui permit d’entrouvrir la porte de la cabine. Charlotte
pointait devant elle un petit pistolet de femme à un coup, une poivrière de
l’ancien régime. Roland fut fugacement ému par la fragilité dérisoire de l’arme
et le courage de la jeune héroïne. Des bruits de pas l’avertirent que
l’hésitation allait être fatale. Il s’accroupit brusquement devant la porte, et
tira ses dernières cartouches. Derrière lui, il entendit une troupe
l’encercler. Il se retourna. Les flèches partirent en même temps qu’il
plongeait dans les eaux noires et tumultueuses.
Le
courant le charriait comme un galet plus vite qu’il ne nageait. Le bateau disparaissait
très vite derrière lui. Il remonta une dernière fois à la surface en crachant
et en toussant pour saisir une grande liane tendue comme une perche
miraculeuse. Petit à petit, il parvint à extraire son corps happé par une
gangue liquide. Il noua ses poignets pour soulager ses muscles crispés pendant
quelques minutes. L’aube le trouva allongé sur une grande branche au sommet de
l’arbre de fer à la dureté légendaire. Dans les senteurs moites des végétaux
pourris ou renaissant, il dénouait péniblement son corps recroquevillé que
réchauffait les premiers rayons lorsqu’il entendit un hurlement.
FRANCE.
VARREDDES. APRES-MIDI DU SEPT SEPTEMBRE 1914
La ferme
des Plancys, dans le hameau le plus éloigné sur le territoire communal, apparut
après la dernière clairière aménagée dans le petit bois en réserve de chasse.
Victor avait distingué tout de suite la petite tâche d’un brun foncé qui était
surgie de nulle part. Le vieux soldat n’hésita pas une seconde pour se cacher
dans une soupente entre deux sacs de blé. Il savait trop bien de quoi les
teutons étaient capables, et il était le seul homme à la ferme. Personne ne lui
reprocherait d’avoir abandonné les deux garces vives qui s’exhibaient
honteusement dans la cour pour le provoquer sexuellement.
“ J’te
dis que tu rentres pas dedans ”.
“ Et
moi, j’te dis que si, allez, donne le moi, donne, DONNE ! ! ! ”.
Amandine
et Armelle tiraient sur le corset comme deux gamines se disputant une poupée.
Les deux accortes femelles avaient une prétention déraisonnée, tant le bustier
peinait à se refermer autour de leurs voluptueux appas. Elles transpiraient
sous l’effort de contention, et leurs chemises largement ouvertes dévoilaient
savamment de quoi exciter le vieux mâle. Victor n’avait pu s’empêcher de
reluquer les rondeurs des croupes et le galbe des fortes poitrines, même s’il
avait bien compris le jeu des jeunes salopes.
Epuisées
par l’effort, elles babillaient sous une tonnelle, affalées sur un banc,
lorsqu’un bruit martial de sabots bien ferrés les tira de leur rêverie.
Le
sergent Gustav Eisenerst et trois autres uhlans firent leur entrée dans la cour
en repoussant de leur lance l'imposante porte cochère à moitié refermée.
Les deux
sœurs se rhabillèrent en hâte, mais le mal était fait.
“ Ach,
cheunes françaises, pas avoir peur, nous chentils ”.
Armelle
et Amandine ne répondirent pas, les bras recroquevillés sur la poitrine.
“ Nous
occuper la ferme, nous fouloir manger ”. L’un des uhlans était descendu de
cheval. Il posa la main sur le bras nu d’Armelle “ Cholie cheune fille, moi
aussi fiancé ”. Elle retira brusquement son bras et trébucha sur Gustav “ Ach, pas aimer allemands ? ”. Amandine
s’interposa pour faire une diversion “ Si, si, nous aimer soldats, nous avoir
bonnes confitures pour vous, dans la grande armoire de la cuisine, là, c’est
cette porte, là, oui, celle là ”.
Les deux
sœurs se blottirent instinctivement l’une contre l’autre tandis que Victor
était de plus en plus intéressé par la scène qui se déroulait sous ses yeux
dans la cour.
Un autre
uhlan, le visage rougeaud et bovin, fit claquer gentiment les rênes de sa
monture sur les fesses d’Amandine “ Femmes françaises pétites fesses, mais
cholies, ah oui ”. Un cri de colère monta de la cuisine qui se confondit avec
la claque sur la joue du soldat. Atterrée par ce qu’elle venait de faire,
Amandine se tourna vers le soldat furieux qui brandissait un pot d’encaustique
:
“ Pouah, pschuitt, DONNERWETTER ”.
“
Salopes de françaises, toi fouloir empoisonner nous ? ”. Gustav secouait
Amandine par le bras comme un chien secoue un rat. La chemise s’entrouvrit
brutalement, un sein magnifique apparut. Le regard des uhlans devint fixe, dès
le début ils avaient sans vraiment le savoir cherché un prétexte pour pouvoir
toucher et dénuder ces deux superbes femelles.
“ Fous, espionnes, à poil ”. Les quatre brutes
partirent d’un gros rire pendant que les jeunes femmes s’exécutaient en
tremblant. Tapi dans sa cache, le vieux Victor se rinçait l’œil avec un sourire
de revanche.
Les
mains en conque autour des seins et de leurs fentes très velues, les jeunes
femmes durent se résoudre à parader sous les schlagues qui menaçaient leurs
postérieurs rebondis. Tels des maquignons, les allemands palpaient sans
vergogne les fesses bien dessinées, pinçaient les seins, caressaient les joues
fraîches, effleuraient les chattes aux poils collés par la transpiration en
riant aux éclats.
“ Ach,
françaises mouiller, françaises putains ! ”. “ Fous fouloir foir comment
allemands bien montés être ? ”.
Les
casques à pointe étaient soûlés par les relents de sueur, de jeunes cons au
musc puissant et d’eau de Cologne bon marché des petites garces.
L’un des
uhlans, la queue raide et bloquée par son pantalon, n’y tint plus et se dégrafa
rapidement. Il fit pivoter Amandine et la força à écarter les jambes en se
penchant en avant. Armelle ouvrit la bouche pour hurler, mais une main
vigoureuse bloqua son cri, la forçant à s’agenouiller d’une poigne de fer.
Le
souffle coupé, Amandine sentit un membre vigoureux la transpercer sans
fioritures dans son fondement. Son cri bref et perçant donna une idée au gros
paysan déguisé en soldat “ Ja, ja, toi faire le porc, scroui, scroui, encore !
! ! ”.
Armelle
fut en même temps suffoquée par le viol de sa sœur et l’odeur d’urine marinée
du bâillon de chair qui lui était présenté. Sous ses yeux hagards, une poigne
vigoureuse massait énergiquement les gros roberts de sa sœur, mais pour ne pas
tomber, elle dut vite se concentrer sur la bite boche qui violait sa bouche. Gustav
empoigna ses longues anglaises comme il aurait guidé son cheval pour mieux
marteler ce temple délicat dont la chaleur frétillante le rendait fou.
Dans un long râle, le sodomite se rendit en
écrasant les seins d’Amandine comme des pêches juteuses. Un autre uhlan se
présenta devant Amandine qui reprenait sa respiration en sanglotant de honte et
de douleur. Penchée en avant, elle offrait un profond sillon mammaire en forme
de cravate espagnole. Le soldat ne s’y trompa point, et il lova entre les globes
fermes et doux comme un oreiller un long membre rouge dont la tête frémissait
d’aisance.
FRANCE.
VARREDDES. APRES-MIDI DU SEPT SEPTEMBRE 1914
Atmosphère
sinistre dans le café-tabac de la place du village. Il manquait tout simplement
la musique de l’air de Cadet Rousselle. Ce soir, pas de joyeux :
"la
boulangère est une salope, la boulangère est une salope,
un doigt
dans l’trou d’mon cul et hop, un doigt dans l’trou d’mon cul et hop ".
Les
journaliers aux traits tirés par les dernières moissons et l’inquiétude
gardaient un visage grave et pensif, le nez dans leurs verres. Quelques
fléchettes traversèrent une cible ébréchée pour donner une illusion de vie.
Elle trônait entre une publicité pour la manufacture d’armes et de cycles de
Saint-Etienne et une affiche jaunie prônant la tempérance, encadrée par
dérision.
Roland
poussa doucement la porte, gêné de voir tous les regards converger vers
lui. Claude Courtier, le mari d’Armelle
et plus gros propriétaire de la commune, lança :
“
Marcadieu, qu’est ce qu’y fait à c’t’heure, l’toubib ? ça va faire trois
heures, ç’tantôt ”
Alphonse
Proffit, le bistrotier, ajouta “ Qu’est c’qu’y prendra, m’sieur l’maire ”.
Roland
dit au hasard “ Oui ?….ce vin blanc avec du sirop de cassis, du curé….machin ”.
“ Ah,
oui, il veut un Kir ? ”.
Avant
que Roland ait pu répondre, une effervescence parut animer la place. Un client
souleva la tenture au dessus d’une vitre dépolie et sortit précipitamment. Tous
les hommes le suivirent.
Les
grands hussards de la mort arrivaient en même temps. Ils avaient fermement
encadré par les bras le vieux docteur Maurice, qu’ils portaient presque, tant
il peinait à les suivre. Le plus haut gradé des allemands se hissa souplement
sur la haute margelle de la fontaine dont les angelots veillaient sur la place
depuis des siècles. Il tenait au bout de ses doigts gantés un rapport
d’autopsie dont l’encre était à peine sèche. L’oeil vissé sur son monocle, le
tzin attendit que la place fut convenablement remplie avant de commencer :
“ ICH HEISSE RUPERT VON HENTZAU ”.
Il
reprit tout de suite en français : “
“ Ici,
je commande pour l’armée allemande et je représente le Kaiser avec tous les
pouvoirs ”. Il s’interrompit pour surprendre les protestations d’éventuels
agitateurs. Les visages soumis lui arrachèrent un rictus de satisfaction.
“ Ce
matin, des franc-tireurs ont lâchement abattu DANS LE DOS trois soldats
allemands ”. Les gens retinrent leur souffle.
“ Ils
ont été tués avec une arme militaire allemande volée, comme celle-là ”. Le tzin
fit un geste bref, et son ordonnance tendit le bras pour lui remettre son
pistolet automatique.
Von
Hentzau leva le bras pour montrer le Mauser 96.
“ A
partir de demain matin, un otage sera fusillé toutes les heures tant que je
n’aurais pas retrouvé les assassins et cette arme. Où est le maire ? ”
Roland
fendit la foule pour se présenter.
“ A la
mairie ”.
Le tzin n’eut pas un regard pour l’homme qu’il
cherchait sans le savoir en sautant souplement de son perchoir. Les yeux de
Roland semblaient hypnotisés par les grandes cuissardes en cuir d’un vert
bronze qui le précédaient. Ils montèrent les escaliers de la mairie d’un pas
vif pour le tzin et résigné pour Roland. Ils se firent face au -dessus du
bureau du maire :
“ Le
registre d’état civil ”. Roland fit semblant de ne pas avoir compris “ le quoi ?”. Le hussard frappa du
poing sur le bureau, renversant plumes et encrier.
“ Che
feux dix otages ou je les désigne moi-même ”. L’accent revenu sous la colère
fit sursauter Roland.
“ Vous
ne pouvez pas me demander une chose comme ça “.
“
Ecoute, petit français, c’est le moment de te débarrasser de tes socialistes et
de tes agitateurs… ”.
“ Je
suis le maire de tous les habitants. Je refuse de vous livrer quelqu’un ”.
“ Très
bien…ça sera n’importe qui ”. Le tzin ouvrit une page au hasard et pointa un
doigt étonnamment griffu sur la première ligne. Roland sursauta en entendant le
premier nom. L’énoncé de chaque nom que le tzin griffonna sur une feuille
arrachée à l’album épais fut un coup de poignard dans sa chair.
”Non,
pas les enfants ! ! ! ” Le tzin éclata de rire “ C’est toi qui l’as voulu,
maintenant c’est trop tard ”. Il brandit sa liste sous le nez de l’homme vieux
et fatigué qui semblait écrasé par la souffrance et la culpabilité et sortit.
Roland
laissa lentement retomber son front sur ses mains jointes et allongées sur le
sous-main en cuir que Marie-Jeanne et moi lui avions offert pour ses cinquante
ans. Les cauchemars revinrent très vite.
BRESIL.QUELQUE
PART AVANT LES CHUTES DU RIO XINGU. LE MATIN DU 30 JUIN 1896.
Les
hurlements devinrent plus aigus en même temps que les contours de la silhouette
qui se balançait sous le grand hévéa se précisait. Le cœur affolé par ce qu’il
pressentait, Roland fouilla dans l’étui en bois du Mauser 96 pour en extraire
une courte lunette de vue. L’étroit champ de visée ne lui permettait qu’une vue
très fragmentaire de la scène d’un autre âge qui se déroulait sur l’autre rive,
devant l’hacienda des shadow-eyes. Ce fut comme un puzzle qu’il reconstitua
difficilement, tant son entendement était plus lent que ses gestes de fou.
D’abord les Jivaros, qui sortaient de l’hacienda les bras chargés de robes,
d’armes et d’objets de confort, avec des chapeaux sur la tête et les mâchoires
refermées sur des salaisons. A gauche, un autre groupe s’affairait sur les
cadavres des shadow-eyes. Roland faillit vomir lorsque l’un des sauvages
s’affaira sur le cadavre de Voltaire et exhiba triomphalement sa tête tranchée.
Il s’approcha du feu au-dessus duquel ses congénères étaient en train de fumer et
réduire d’autres têtes. Un rictus amer souleva les lèvres de Roland lorsqu’il
songea que le vieux philosophe aurait lui-même bien ri de la blague pour idiots
qui se réalisait sous ses yeux. Car un archéologue pourrait un de ces jours
trouver le crâne de Voltaire enfant.
Dans son
champ de vision apparut d’abord un casque colonial allemand, puis le profil
honni de saurien et de prédateur d’un tzin plus âgé que celui qu’il avait tué
au Nouveau-Mexique. Un fouet se leva. Roland connaissait d’avance la cible,
mais il se força à regarder, c’était son devoir.
Les
joues de la jeune aristocrate étaient aussi rouges que ses fesses. Elle cria
une nouvelle fois, vrillant les oreilles de Roland tant ses pleurs et
supplications étaient pitoyables. La beauté de son corps fin d’une blancheur
diaphane suffoqua Roland. Le bras du Tzin retomba. Tandis que le corps de
Charlotte continuait de se tordre de douleur, il porta un grand verre de vin à
sa bouche en se reposant quelques instants. Il donna un ordre bref, et l’un des
sauvages qu’il avait soudoyés avec des bijoux de pacotille amena le porte-voix
du capitaine du ferry-boat. Le fouet de vacher laboura alors les flancs
délicats, fouaillant le jeune corps qui se trémoussait comme un poisson au bout
d’une ligne pour se soustraire aux morsures infernales. Charlotte tentait de se
hisser au bout de ses liens, de se balancer en repliant et en refermant
sensuellement ses cuisses, mais rien n’y faisait, et les cinglées sauvages
trouvaient implacablement leur cible, les hanches voluptueuses et l’adorable
buisson bouclé que Charlotte tentait d’effacer en creusant le ventre. Mais
alors, c’étaient les seins pleins et frissonnants qui s’exposaient en première
ligne. Le corps magnifique était strié de zébrures roses d’où commençaient de sourdre
quelques gouttes carminées sur les chairs plus fragiles du ventre et des
aréoles. Au bout de quelques instants, le mutant laissa reposer le corps
pantelant d’une douleur atroce qui irradiait tout l’épiderme de la jeune fille.
Il se saisit du porte-voix qu’il plaça devant la bouche mutine qui se
convulsait en cherchant de l’air.
La
respiration saccadée et les sanglots incoercibles emplirent la tête de Roland
comme si Charlotte avait le menton blotti dans le creux de son épaule, sans
qu’il puisse la consoler. Il cassa un branchage entre ses doigts de rage avant
de reprendre la petite longue-vue. Le mugissement du tzin résonna
douloureusement dans ses oreilles et le fit tanguer sur lui-même comme s’il
avait trop bu.
L’instituteur
et secrétaire de mairie secouait doucement son épaule. Roland émergea de son
voyage au pays des réducteurs de tête et se leva en chancelant comme un homme
ivre. Il prit le bras charitable comme une bouée de sauvetage.
FRANCE.
VARREDDES. APRES-MIDI DU SEPT SEPTEMBRE 1914
Le gland
heurtait sans pause la luette d’Armelle. Elle ne pouvait pas se dégager de la
poigne d’acier pour respirer normalement. Elle étouffait petit à petit, tant la
queue dilatée à craquer emplissait sa bouche. La décharge brutale d’une longue
traînée de foutre la surprit, malgré son attente, par sa densité visqueuse et
son volume. Le goût âcre du à un amour immodéré du schnaps accentua son
intolérance. Le sergent continua de s’enfoncer pour mieux se vider. Elle dut
mordre pour se dégager en crachant et en suffoquant. Gustav hurla en tombant à
la renverse. Un sinistre craquement de branches brisées résonna sur les pavés
de la cour. Tous surent que l’irréparable s’était produit sous leurs yeux à ce
bruit. Les deux sœurs se regardèrent en pleurant tandis qu’un uhlan reposait
doucement la tête aux vertèbres rompues.
Les yeux
exorbités, le uhlan siffla entre ses dents “ Françaises terroristes. Françaises
mourir ”.
Armelle
et Amandine bondirent sur leurs pieds comme de jeunes chatons, mais trois
lances implacables les rabattirent dans un cercle de plus en étroit
“
Amandine, j’ai peur, qu’est-ce qu’ils vont nous faire ”. “ Il faut crier,
appelle Victor. APPELLE AU SECOURS ! ! ! ”.
FRANCE.
ETREPILLY. SOIR DU SEPT SEPTEMBRE 1914.
De ma
première rencontre avec Charlotte ne restera qu'une voix chaude et grave à
l'autre bout d'un fil qui nous relie et nous sépare en même temps, entre
Etrepilly et Varreddes. Un jour, je serai plus vieux qu'elle.
Je
ressors de la cabine téléphonique qui sent bon le bois tout neuf, sous le
regard du receveur des postes qui bégaye de fierté pour l'arrivée du progrès
dans le petit bourg. J'essaie de donner un corps à Charlotte, mais je tiens
presque déjà le long visage aristocratique, le nez fin et légèrement busqué que
je découvrirai après la guerre. Puis je pense à Marie-Jeanne, un peu honteux.
Dans la
poste d'Etrepilly bruissent les rumeurs les plus contradictoires. Les hommes
serrent les poings ou tirent sur leurs pipes tandis que les femmes essaient
d'appeler les familles à Varreddes. A chaque fois, elles tombent sur les boches
qui les insultent avec de gros rires gras dont elles comprennent parfaitement
le sens. Je suis très entouré, car je suis le seul à avoir passé leurs lignes.
Je leur ai dit que les colonnes remontaient depuis le rû de l'Ancoeur, en tirant du matériel, mais
personne ne veut regagner les fermes, car les bleus arrivent.
Charlotte
m'a dit que Jean de Saint-Marc avait pris la tête d'un détachement parmi les
premiers sortis de la capitale avec les taxis de la Marne. Demain matin,
Varreddes sera sauvée. Mon père doit simplement rester tranquille.
Je vais
couper par la ferme des Plancys pour le prévenir. En pleine nuit, j'arriverais
bien à berner les doryphores.
FRANCE.
VARREDDES. SOIR DU SEPT SEPTEMBRE 1914
Depuis
deux heures, les uhlans n'avaient pas interrompu leur jeu cruel. Ils étaient
d'abord remonté sur leurs selles après avoir fermé toutes les issues de la cour
de la ferme. Puis, tels des picadors, ils s'étaient amusé à pourchasser de
leurs lourdes lances les proies dénudées. Les cavalcades se succédaient, dans
un effrayant martèlement de sabots qui résonnait dans la cour fermée jusqu'aux
oreilles de Victor. Le pauvre bougre avait tout vu, amusé et revanchard au
début, maintenant pétrifié par sa propre lâcheté et révulsé par le crime qui
était en train de se commettre sous ses yeux. Car il n'avait aucun doute sur la
détermination des lanciers ennemis. Au jeu épique des premières heures, au
coups de plats de fer sur les fesses, aux frappes de taille avec le bois dans
le creux des épaules bien découplées, avaient succédé des coups d'estoc de plus
en plus vicieux avec les pointes. Les soeurs étaient épuisées par leurs courses
incessantes, qui trouvaient toujours le poitrail fumant d'un hongre pour
s'opposer à leur poitrine haletante.
Quand
elles risquaient une pause, une main agrippée sur la tonnelle, l'autre retenant
leur souffle oppressé, un ordre cinglait à leurs oreilles bien trop vite suivi
d'un coup.
"LOS
!!! SCHNELL". Les opulentes mamelles ballottaient sans gaine et sans
fierté, elles n'avaient plus cure de les dérober aux regards tant leurs gestes
saccadés devenaient lourds et disgracieux. Dans la fin du jour, elles
frissonnaient d'une peur affreuse qui les faisait transpirer davantage. Le
visage cramoisi, elles avaient conscience de la puanteur de leurs effluves sui
generis, auxquels se mêlait l'âcre parfum tourné de l'eau de Cologne. Les
uhlans fronçaient le nez en se moquant d'elles, et en profitaient pour les
maltraiter davantage. Les soeurs prirent enfin conscience de leur destinée au
premier sang qui coula. Pas celui qui dégoulinait de leurs genoux écorchés par
d'innombrables chutes sur les instruments aratoires, mais celui qui coula de la
fesse d'Amandine au premier vrai coup de pointe.
Elle
s'effondra en hurlant, les jambes coupées par la douleur qui paralysait sa
croupe. L'un des uhlans descendit de sa monture pour allumer des torches
attachées sur la tonnelle. Le spectacle promettait d'être beau, et ils
voulaient en garder un souvenir inoubliable, comme d'une fête joyeuse. Les
uniformes aux galons rouges cousus de fil d'or dessinèrent des ombres
fantastiques sur les murs hourdés à la chaux.
Victor
se rejeta en arrière, tandis qu'Armelle soutenait sa soeur qui claudiquait.
Elles avaient renoncé à demander pitié, leurs voix enrouées toujours couvertes
par les cris joyeux et les insultes des cavaliers virevoltant. Traquées, très
affaiblies, le coeur au bord de l'explosion, les soeurs s'enfuirent à l'autre
bout de la cour en trottant comme des limaces. Les uhlans se contentaient de
les suivre au pas, tant les chevaux allaient plus vite. Maintenant, à chaque
fois que l'un de leurs bourreaux les dépassait, une marque de son passage
restait incrustée dans les chairs pantelantes. Elles butaient sur des crinières
échevelées et écumantes, cabrées après des ruades vicieuses qui les affolaient.
Les cariatides de douleur se redressaient à chaque infime perforation des
seins, des cuisses, des ventres tétanisés par des souffrances incoercibles. Les
mains jointes pour demander merci retombaient pour aider à ramper les corps
faits pour les caresses de mains viriles. Puis vint le temps où des
frémissements de plus en plus rares animèrent les corps épuisés.
"SCHNELLER, FRANZÖZISCHE FOSE". Les torches éclaboussaient de leurs lueurs
dansantes les casques à pointe qui se penchaient sur les chairs à l'agonie dans
un ballet fantasmagorique.
Les sabots clapotaient maintenant dans de
petites flaques de sang qui s'étaient insinuées entre les pavés. Les soeurs
s'étreignaient pour mieux se protéger, mais lorsque les fers piquèrent plus
profondément les flancs et les cuisses, le hérisson humain s'entrouvrit pour
offrir les poitrines vulnérables et presque mutilées. Les seins affreusement
piqués, perforés, ne méritaient plus le nom d'appas. Les brunes aréoles
congestionnées par les soubresauts incessants étaient le centre d'une cible que
les soudards ne rataient jamais. Un mamelon fin et ferme tomba au champ
d'honneur, salué par un rugissement de souffrance et des applaudissements.
Victor revit fugacement la petite fille de douze ans qui s'était avancé
au-dessus de son corps noyé de sommeil dans les blés chauds. Elle l'avait
regardé effrontément avant de relever sa jupe, dévoilant sa jeune chatte glabre
avant de relever son capuchon rose pour diriger un petit jet d'urine sur sa
bouche bée. Bien qu'Armelle lui ait fait durement payer par la suite ce moment
d'égarement, le vieux paysan se masturbait encore parfois lorsque l'odeur de
cyprine emplissait ses narines.
La fin
approchait. Une pointe acérée transfixia une grasse mamelle et se releva comme
un hameçon aurait ferré un brochet. Amandine rassembla ses dernières forces
pour se soulever et accompagner l'épouvantable déchirure. Son bourreau prenait
plaisir à secouer sa lance pour arracher le fer et provoquer des hurlements
démentiels. Armelle se tordit comme un ver lorsque sa fente fut visitée par un
pal inquisiteur pendant que ses mains étreignaient vainement une autre lance
pour la détourner de ses tétons dont le sang dégouttait.
Les
beaux corps mutilés roulèrent lentement, repoussés par les pointes comme des
ballots de foin. A l'approche de la fosse à purin, des gémissements
imperceptibles traduisirent le refus de la fin ignoble que les tourmenteurs
avaient prévue. Les soeurs s'enfoncèrent lentement dans le magma ignoble, les
cheveux maculés de fiente, le corps aspiré par les déjections, les mains levées
émergèrent quelques instants du cloaque dans une ultime prière.
FRANCE.
VARREDDES. SOIR DU SEPT SEPTEMBRE 1914
Les plus
vieilles des lavandières guettaient avidement les draps de la jeune mariée.
Elles
poussèrent ensemble un soupir résigné. La Yolande présentait ostensiblement le
drap nuptial de sorte que toutes puissent voir la macule de sang qui attestait
de sa virginité déflorée.
Elles
recommencèrent à battre et essorer leur linge sur les planches rabaissées au
niveau des basses eaux du grand lavoir circulaire. Une délicieuse moiteur
régnait sous les petites tuiles surchauffées imprégnées par l’humidité
résiduelle des murs centenaires.
Un trot
léger interrompit le concert de médisances. Une dizaine de cavaliers s’étaient
arrêté au bord de la route de Trocy, qui surplombait le lavoir communal. Puis
les soldats mirent pied à terre et donnèrent le change en faisant boire leurs
montures dans le bassin.
Les
uhlans sifflèrent d’admiration lorsque Marie-Jeanne se pencha pour tirer l’eau
du puits qui jouxtait le lavoir. Ma bien-aimée fit semblant de n’avoir rien
entendu. Elle se contenta de resserrer sur sa poitrine le col de sa chemise ouvert
sur la naissance de ses seins. Il faisait encore beaucoup trop chaud pour
passer un fichu sur ses épaules, mais elle se maudit de ne pas y avoir pensé
lorsque le sergent Dieter Klemberman s’approcha. Elle se força à regarder les
planches et les battoirs en sifflotant à son tour, par défi. Le gros
sergent posa une main autoritaire sur la
corde :
“ Ach,
laisser soldats faire, matemoiselle ”. Marie-Jeanne détourna les yeux en
soupirant, tâchant d’ignorer le gros tas de graisse malodorant et boudiné dans
son uniforme qui lui cachait le soleil.
L’ignoble
lui adressa un grand sourire en remontant le seau plein. Il ajouta pour la
forme “ Matemoiselle chentille afec soldats ? Ach, nous aimer petites
femmes de Paris, french cancan ”. Il hésita un peu “ Fous Pigalle ? ”.
Marie-Jeanne éclata de rire. Le rustaud la prenait pour une pute parce que son
chemisier baillait. Prenant le rire pour un oui, le gros soldat posa une main
confiante sur le sein opulent qui s’était gonflé sous ses yeux. La seconde d’après,
le seau d’eau dégoulinait comiquement sur ses cheveux et ses épaules. Le
redoutable uhlan était redevenu un péquenaud abruti et mortifié. Marie éclata
de rire avec les autres lavandières, pendant que les uhlans gardaient un visage
sévère. Le sergent s’essuya lentement le visage et la moustache avec le manche
de son uniforme. Aussi lentement qu’il le fallait pour laisser à sa colère le
temps de mûrir. Puis elle éclata avec une rage imbécile et méchante.
“ AFEC
LES OTAGES ”. Marie-Jeanne resta abasourdie. La Pierrette courut pour
s’interposer :
“ Mais,
arrêtez, elle n’a rien fait, vous n’avez pas le dr… ”. Sa tête partit en
arrière sous l’impact de la gifle. Tout se passa dans un ralenti accéléré
ensuite, et les lavandières restèrent longtemps immobiles tandis que
Marie-Jeanne trottinait très vite derrière l’escouade, les poignets attachés
par une longue lanière à la selle d’un cheval.
FRANCE.
VARREDDES. SOIR DU SEPT SEPTEMBRE 1914/ BRESIL.QUELQUE PART AVANT LES CHUTES DU
RIO XINGU. LE MATIN DU 30 JUIN 1896.
Roland
regardait fixement le plafond. Allongé sur le lit de la chambre d’hôte de la
ferme de Beauval, il n’avait pas sommeil et il fumait par courtes bouffées la
cigarette qu’il venait de se rouler. Puis la nuit envahit son lit, une nuit
sans lune aussi profonde que la jungle amazonienne. Il recommença à compter de
tête ses cartouches entreposées dans sa vieille malle. Elles avaient disparu.
Il fouilla fébrilement dans les poches de sa veste, de son pantalon, plongeant
même le bras dans son holster en s’accrochant fermement par les cuisses aux
branchages de l’arbre de fer.
Le
beuglement dans le porte-voix le réveilla de sa fièvre hallucinée.
“ ROLAND
GUYOT ” “ ROLAND GUYOT ”. Roland reprit peu à peu ses esprits et
chercha la petite longue-vue. Quand il parvint à accommoder, le visage brutal
du mutant éclata dans la minuscule visée. Les muscles du cou congestionné se
soulevèrent lorsqu’il entendit, comme si le tzin était sous l’arbre :
“ Regarde
bien cette shadow-eye, Roland ”. La voix reprit son souffle “ Si tu
ne te rends pas avec l’arme qui nous appartient …” - la voix se cassa un
peu, et le tzin dirigea le porte-voix sur sa gauche, preuve qu’il ne savait pas
où se trouvait le pistolero- “ Elle sera torturée à mort sous tes
yeux ”.
Roland
resta paralysé. Les tzins connaissaient son nom, Natacha avait parlé, il serait
un homme traqué pour le reste de sa vie. Il se redressa pour encercler la
position adverse et s’arrêta stupidement. Il n’avait plus de cartouches sur
lui. Son impuissance lui rappela cruellement les tragiques événements des
derniers mois, et sa nuque reposa lentement sur la branche immense. Ses yeux
étaient mouillés lorsqu’il reprit la lunette, et il dut les frotter avant de
reconnaître la colonne de Jivaros qui s’était amassée parallèlement au beau
corps supplicié de la jeune héroïne.
Chacun
tenait à ses côtés une longue sarbacane et comptait ses courtes flèches. Roland
ferma les yeux de joie. Le supplice serait de courte durée, car le poison au
curare des flèches jivaros était connu pour son extrême violence. Le chef des
Jivaros parla quelques instants au tzin, qui opina de la tête. Cinq jeunes
guerriers se présentèrent ensemble devant Charlotte. Puis une vieille femme,
l’épouse du chef apparemment, s’approcha de la corde qui maintenait en suspension
le corps dénudé de la jeune femme. Elle la détendit suffisamment pour que ses
pieds reposent sur le sol. Charlotte fut brièvement reconnaissante à la vieille
sorcière à la peau ratatinée, avant de comprendre que les sauvages voulaient
jouir de ses tentatives pour échapper aux traits acérés qui allaient percer sa
peau de lait. Elle chercha partout du secours, confiante dans l’arrivée du
pistolero qui l’avait déjà secourue sur le bateau. Une profonde piqûre dans sa
cuisse la ramena à la réalité. Elle vit que quatre autres guerriers
s’apprêtaient à décocher leurs traits. Au moment où ils tiraient, elle se
détendit astucieusement en sautant sur la liane qui ligotait ses poignets. Elle
resta suspendue comme une jeune reine de la jungle, légèrement blessée à la
cuisse et au ventre. Elle souffrait un peu, mais elle comprit que le pire était
à venir, car elle ne pourrait réaliser deux fois le même tour. Elle reposa
lentement les pieds au sol en épiant la bande de mâles nus dont les étuis
péniens la fascinaient malgré le tragique de sa situation.
Un
nouveau groupe prit position. Roland comprit tout de suite que les fléchettes
dont l’empennage était imperceptible n’avaient pas été enduites du mortel
venin. Il se renversa en arrière et psalmodia une courte prière.
Charlotte
observait attentivement chacun des visages obtus dont le nez camus était
traversé d’un os. Lorsque les joues se gonflaient, elle faisait habilement un
saut de côté. Mais les sauvages détectèrent bien vite l’origine de ses
prémonitions et ils se dispersèrent en cercle autour d’elle. Au début, elle
parvint à suivre assez bien les évolutions des cinq sauvages, tournant
rapidement le cou de tous côtés, en veillant à ne jamais rester en place, puis
ses muscles s’alourdirent peu à peu et elle devint une cible docile pour les
escouades suivantes. Chaque souffle puissant projetait avec un petit
“ pop ” une fléchette affreusement aiguisée dans la peau vulnérable
de son ventre et de ses fesses. Ses gémissements de souffrance étaient
perceptibles depuis l’autre rive et crucifiaient Roland en permanence. Le beau
corps opulent dans la fermeté éternelle de ses vingt ans n’était plus agité que
de rares soubresauts. Ce fut le tzin qui ranima l’ardeur des guerriers démunis
devant cette cible inerte. Il promit son porte-voix et des parts de butin
supplémentaires aux meilleur tireurs, aux premiers qui perceraient les
délicates aréoles et sauraient trouver le chemin du clitoris dans l’épais
buisson sauvage. Les sauvages avaient droit à une flèche chacun. Il fallut de nombreux
tirs sur les seins lourds et pleins, traversés de toute part, avant que les
mamelons ne s’ornent à leur tour d’une atroce parure. Les mamelles
littéralement lardées de fléchettes de face et sur les côtés ressemblaient déjà
au dos d’un porc-épic. Charlotte se convulsait de douleur, les yeux fous. Son
entre jambes était farci de traits comme une volaille décorée. Lorsque enfin
une flèche précise trancha dans le fragile bouton de chair, elle hurla en
bavant et en pleurant sa féminité perdue. Roland reposa la longue-vue. Il ne
pouvait plus supporter le spectacle du joli minois affreusement enlaidi par la
douleur. Le visage de Natacha se superposa quelques instants à celui de la
jeune aristocrate, l’obligeant à se rallonger sur la large branche foisonnante.
Par respect pour le sacrifice de sa bien-aimée, il ne lui était tout simplement
pas possible de se rendre, et ce n’était pas sa propre vie qui était en jeu,
mais l’arme qu’il détenait, qui devait à tout prix rester dans le camp des
humains. Il se força à accompagner la jeune shadow-eye dans ses derniers
instants.
FRANCE. ETREPILLY. MATIN DU HUIT SEPTEMBRE
1914.
Casimir
Legrand s’était auto-baptisé en toute modestie le roi des fortifs. Le vieux
chauffeur de taxi avait soûlé Jean de Saint Marc avec ses exploits de jeunesse.
La Goulue aurait eu des faveurs pour cet ancien apache de Villejuif, avait-il
laissé entendre, la bouche faraude. Jean de Saint Marc avait opiné poliment
toute la nuit, il ne parvenait pas à dormir avec les ronflements des trois bienheureux
troufions qui l’accompagnaient dans le petit taxi Panhard-Levassor. Les
bidasses étaient restés éveillés pendant les récits de guinguette dans les bals
musette des bords de Marne qu’ils étaient en train de parcourir, et aussi les
histoires de filles de la haute levées sur les boulevards, mais quand leur
chauffeur leur avait raconté son évasion de La Santé avant de visiter la veuve
Guillotine, leur intérêt s’était émoussé, et ils avaient suivi des yeux des
paysages qui leur étaient inconnus après le fort de Chelles. Puis, vautrés sur
les sièges en bois inconfortables quoique molletonnés, ils avaient peu à peu
piqué du nez, les cheveux sales emmêlés au vent, les calots posés sur les
genoux, et les mains accrochées aux fusils Lebel. Philosophe, Jean de Saint
Marc avait repris d’une écriture fine et appliquée, en léchant parfois la mine
de son crayon, le roman fauché par la mitraille qu’avait commencé Charles
Péguy.
Au petit
matin, la colonne pétaradante et biscornue des taxis réquisitionnés fut stoppée
par un barrage devant Etrepilly. Un jeune lieutenant remonta le cortège pour
donner quartier libre de deux heures à tout le régiment. La piétaille s’égailla
pour se dégourdir les jambes et pisser au bord de la route, après avoir repéré
les bivouacs qui promettaient du café et du mauvais pain d’infanterie, lourd
comme du plomb. A la recherche d’un mets plus raffiné, Jean rentra dans le
petit bourg.
Le glas
sonnait précisément lorsqu’il passa devant l’église consacrée à Saint Arnoult.
Comme dans tous les villages briards depuis 1905, les messalisants se
recrutaient parmi les femmes et la bourgeoisie. Devant les cafés, les métiers
humbles s’étaient rassemblés, artisans bourreliers, employés aux écritures,
garçons de ferme. Sans aucun sentiment de revanche sociale ni d’affirmation de
leurs opinions anticléricales, d’ailleurs plusieurs parmi eux soulèveraient
tout à l’heure les cercueils d’Adèle et Amandine dont Victor et moi avions
ramené les corps.
L’homélie
du prêtre était pathétique, c’est lui qui avait tenu à ce que l’enterrement
soit très rapide compte tenu de l’état des corps. Avec une grande pudeur, il
avait dit le minimum pendant la messe, mais le rapport des gendarmes était sur
toutes les lèvres, et lorsque Jean franchit le caquetoir pour partager la douleur
de la foule immense qui débordait des travées, il fut surpris d’une telle
affliction. Toutes les femmes sanglotaient, et même les notaires, les fermiers,
les commerçants offraient un visage aussi bouleversé que la déploration des
servantes du Christ dans le tableau qui surmontait la poutre de gloire entre le
chœur et la nef.
FRANCE.
VARREDDES. MATIN DU HUIT SEPTEMBRE 1914
Les
exécutions commençaient à 9 heures du matin sur la place du village.
Roland
s’était réveillé en sursaut dès 5 heures, un mauvais goût dans la bouche et des
frissons qui secouaient sa grande carcasse.
A sept
heures, il se leva péniblement, lassé par le chant du coq qui appelait à une
belle journée.
Le café
au lait était amer, les tartines de pain beurrées mais insipides lui
soulevaient le cœur. Il aurait mieux fait de se recoucher, pensa-t-il un court
instant dans son hébétude. Il l’aurait peut-être fait dans sa résignation
fataliste de quinquagénaire si le premier de la liste n’avait pas été Adolphe.
Le souvenir des pleurs de l’enfant arraché à ses parents fous de douleur le
souleva à moitié de sa chaise. Il finit par émerger péniblement de ses
cauchemars en renouant maladroitement sa robe de chambre.
La tante
de Marie-Jeanne se tenait près de la porte, à surveiller la cour comme un
fidèle chien de garde. Elle savait que Roland allait tenter quelque chose. Pour
ne pas le troubler, elle ne dit pas un mot de l’arrestation de ma bien-aimée.
Mon père
remonta dans sa chambre d’un pas de plus en plus ferme, comme un homme d’action
qui a pris sa décision.
Au bout
de la chambre, il s’accroupit derrière son lit et dévissa deux planches.
Il avait
maintenant accès dans l’un des greniers de la ferme qui communiquaient avec ses
propres appartements.
Par une
trappe, il redescendit avec un luxe de précautions dans sa chambre, et referma
silencieusement la porte entrebâillée.
Il
s’assit d’abord devant son bureau pour rédiger d’une plume pressée plusieurs
lettres, dont son testament.
Puis, il
ouvrit une malle de marin après en avoir ajusté les charnières en cuir.
Il
contempla quelques instants les morceaux épars de sa vie et dégagea les
affaires enfouies tout au fond de sa mémoire, les traces d'un passé d'un autre
temps et d'un autre monde. Il posa d'abord doucement le Mauser sur une console
basse, puis il sortit un pantalon, une boussole, une paire de bottes, une
curieuse veste et une casquette. Il les regarda longtemps, et ses yeux allaient
aussi à la rencontre d'un miroir pour apprécier d'un regard sarcastique les
ravages du temps sur ses tempes ridées où des tâches brunes étaient apparues
l'hiver dernier. Il se releva au bout de quelques instants pour prendre un jeu
de cartes dans le tiroir d'une commode. Il se rassit et battit les cartes avec
souplesse pour s'échauffer, croisant et recroisant les deux moitiés avec
l'aisance d'un croupier. Puis il posa soudainement deux cartes debout, appuyées
l'une contre l’autre. Il disposa côte à côte plusieurs séries de paquets pour
constituer la base du fragile édifice. Une demi-heure plus tard, le château de
cinquante deux cartes se dressait fièrement au centre de la table. Roland
caressa sa longue moustache grise avec le brin de forfanterie qu'il convenait
lorsqu'on réussissait l'exercice préféré des pistoleros mexicains.
Alors
seulement rassuré sur ses capacités intactes, il se redressa pour se peigner et
s’habiller, sans oublier de ceindre l’écharpe tricolore qu’il avait ramenée de
la mairie.
Il
descendit les marches polies du grand escalier central du corps de ferme, et
s’arrêta devant la salle à manger qui bruissait.
Son
regard fiévreux embrassa très vite toute la scène.
A
gauche, deux hussards, le shako à leurs pieds, étaient affalés mollement sur
notre canapé en merisier, en train de jouer aux échecs avec le jeu qu’il
m’avait sculpté dans du buis pour mes
quatorze ans. Rien que pour cela, il se prit à les haïr encore davantage.
Un uhlan
retranscrivait sur un bloc les ordres de deux hussards penchés sur une carte
d’état major. Une main appuyée sur une vitre du bow-window, le tzin avait le
dos tourné, face à la cour, il semblait défier la tante de Marie-Jeanne dans la
même position de sentinelle.
Juste
devant lui, un autre uhlan montait la garde.
Le
casque à pointe sursauta en reconnaissant mon père, et sans le prestige de
l’écharpe tricolore, il ne se serait peut-être pas écarté.
Le maire
semblait plus grand, vêtu d’une antique casquette réglementaire de capitaine de
l’armée française. Il portait un demi-manteau de flanelle noire en queue de
pie, qui retombait à mi-cuisses sur un pantalon de serge bleue, un pantalon
d'artisan, qui recouvrait d’authentiques bottes d’uhlan perdues à Sedan.
En
reculant maladroitement, le soldat accrocha un guéridon et fit tomber un vase.
Tous les boches relevèrent la tête.
Von
Hentzau comprit bien avant les autres en face de qui ils se trouvaient. Un
mince sourire élargit sa mâchoire reptilienne :
“ Alors,
cher ami, on est venu soulager sa conscience…Eh bien ce n’est pas si difficile
que ça, après tout ? ”.
Les soldats étaient interloqués par la
métamorphose du vieillard. Le garde se rapprocha instinctivement du tzin.
Certains ouvrirent comiquement la bouche, avant de déglutir rapidement leur
salive lorsque Roland releva le bord de son manteau. Le Mauser 96 brillait d’un
éclat magique dans le hall où le soleil du petit matin s’était lové. Son étui
en bois de santal luisait de cire, et le geste vif de Roland pour le révéler
alarma brusquement ces hommes d’armes.
“ "C'est
ça que tu cherches, espèce de pourriture de tzin ?".
Seul le
lieutenant Manfred Von Ritterschein comprit les paroles du français, qu’il prit
pour une insulte. Les soldats échangèrent un regard entendu. A sept contre un
vieillard, ils ne se pressaient pas pour empoigner leur lugers.
Von
Hentzau faillit crier sa rage devant leur stupidité, mais il n’était plus temps
de leur expliquer à quel point leur adversaire était dangereux et rompu à cette
situation. Ils furent soudain cloués sur place par un sifflement, tempo bas,
tempo haut, qui évoquait un crotale prêt à mordre.
Tout le
monde semblait hypnotisé par la mélopée sauvage inlassablement sifflée par
Roland. Un changement de tonalité alerta brutalement les allemands. A la
dernière note, ils dégainèrent tous les sept ensemble, mais Roland maîtrisait
le temps. Ce tempo d’avance le vit rouler à terre tandis que par magie l’arme
d’un autre monde avait surgi dans sa main, extraite de son incroyable holster
en bois accroché dans la doublure de sa veste.
Le tzin
avait cherché à se protéger d’abord, et il fit pivoter le uhlan pour qu’il
forme un rempart de son corps, avec pour résultat de l’empêcher d’épauler son
fusil. Il prit en pleine tête la balle destinée au tzin qui s’accroupit
lentement avec son bouclier humain. Roland roula à terre en lâchant deux salves
en direction du canapé au cuir couleur de miel, doigt bloqué sur la détente.
Aucun soldat n’avait encore eu le temps de tirer. Le uhlan épaula enfin son
fusil, et les deux derniers hussards renversèrent la grande table de la salle à
manger. En bout de course, Roland se mit souplement à genoux et tira en même
temps que le lancier. Les balles militaires se saluèrent sèchement en se
croisant, mais seul le boche s’effondra. Roland ne perdit pas un millième de
seconde à examiner sa casquette crevée et il projeta de ses jambes le canapé
avec ses deux cadavres sur l’angle de la table. Lorsqu’elle pivota, le hussard
brutalement découvert pointa son luger et pivota sur ses genoux, très vite,
mais pas assez pour échapper à la balle de 9 mm qui explosa sous son plexus.
De
l’autre côté de la table, Von Ritterschein venait de réaliser, au-delà de tout
entendement, que le vieillard qu’il avait souffleté la veille avait été capable
de tuer ses frères d’armes. Il retint son souffle et passa son arme au-dessus
de la table en vidant son chargeur. Il avait fait sous lui, tant il avait été
suffoqué par la brutale explosion de violence.
“ Alors,
saloperie de boche, t’es moins fier maintenant, et ça se sent,
hein ? ”
Les deux
hommes reprenaient leur souffle, mais Roland agit le premier, car le temps lui
était compté. Il engagea rapidement un nouveau chargeur, et visa brusquement le
lustre qui pendait au-dessus du hussard. Lorsque les éclats de verre arrosèrent
le visage convulsé de rage et de terreur, le grand hussard se redressa en
arrosant le canapé d’une salve aveugle. Puis Roland jaillit à un bout du
canapé, à moins de deux mètres, et tira deux balles au front de bas en haut.
FRANCE.
ETREPILLY. MATIN DU HUIT SEPTEMBRE 1914.
Je n’eus
pas le temps de m’expliquer avec Jean de Saint Marc. Une estafette courait dans
le village pour mobiliser tous les hommes valides. Une escouade de chleuhs
était en vue du cimetière. Jean m’intima l’ordre de l’attendre au café le plus
longtemps possible, et il courut à son tour vers les bivouacs. Dans un bosquet
proche de la route, à la sortie du bourg, quelques troufions avaient élu
domicile au-dessus d’un fossé qui tenait lieu de feuillées de fortune. Certains
avaient pris soin de se munir de racloirs en bois, car le papier était rare et
chichement compté.
La
section commandée par Jean de Saint Marc était composée d’étudiants des
Beaux-Arts, sa mission étant bien sûr de composer les camouflages des matériels
d’artillerie, engins mobiles et tentes d’état-major.
Deux
peintres égarés et amoureux de la nature remballèrent promptement leur
chevalet, tandis que d’autres
rengainaient leur coupe-choux sans s’être rasé complètement. Plus ou moins
dépenaillée, la section d’intellectuels, dont c’était le baptême du feu, se
précipita en désordre vers le cimetière. Certains se rhabillaient en courant,
tous tentaient de suivre les gendarmes qui les guidaient. En file indienne, les
coureurs longeaient la forêt proche d’environ six cent mètres lorsque qu’une
salve sèche partit du bosquet de fougères, couchant à terre une dizaine d’hommes.
Le fossé
dans lequel plongèrent les survivants n’était pas busé, et ils pataugèrent
quelques instants avant de retrouver leur équilibre et pouvoir riposter. Les
têtes dépassaient craintivement, et lorsque Jean de Saint Marc, parvenu bien
seul aux portes du cimetière, les héla, aucun n’eut le courage de se redresser.
A la sortie du bourg, derrière le château d’eau, une petite troupe commençait
de se masser. Alors, une mitrailleuse Maxim fit trépider son mortel staccato.
Lorsque les balles miaulèrent devant les bottes des fantassins, il apparut
préférable de se mettre hors de portée de la mitrailleuse, quitte à essuyer une
fusillade en règle.
BRESIL.QUELQUE
PART AVANT LES CHUTES DU RIO XINGU. LE MATIN DU 30 JUIN 1896.
Deux
hommes blancs avaient rejoint le Tzin. Des seringueiros, des chercheurs d’or
prêts à vendre leur âme au diable et leur colt aux grands propriétaires
terriens. Ils étaient manifestement à ses ordres, et les jivaros leur
manifestaient de la déférence. Ce furent eux qui suggérèrent au mutant l’ultime
supplice de Charlotte Corday.
Sur leur
ordre, quatre solides sauvages pénétrèrent dans l’hacienda pour en ressortir
quelques minutes plus tard porteurs d’un immense chaudron et de son trépied.
Pendant
ce temps, Charlotte avait été de nouveau ligotée, bras et jambes rassemblés
derrière le dos, elle pendait maintenant à un peu plus d’un mètre du sol, face
contre terre, en se balançant doucement telle une araignée au bout de son fil.
Elle
poussa un hurlement de terreur quand les femmes rassemblèrent sous son ventre
des brindilles, des branchages, et enfin posèrent dessus deux ou trois grosses
bûches. Elle poussa un soupir de soulagement lorsqu’elle vit les jivaros
reposer sur le petit foyer le trépied, puis le tzin assujettir sur le socle en
fer le grand chaudron en fonte. Son répit fut de courte durée lorsqu’elle
réalisa que les jivaros formaient une chaîne pour prélever de l’eau dans le
fleuve avec des grandes calebasses. Sans même attendre que le chaudron ait été
rempli, le tzin avait posé une torche sur le bois sec qui s’enflamma aussitôt.
D’âcres fumées piquèrent aussitôt la gorge et le nez de la jeune aristocrate,
dont les muqueuses étaient accoutumées à des parfums plus délicats. Elle pleura
en toussotant, sans que ses larmes interrompent pour autant la sinistre besogne
des sauvages. Les volutes de fumée s’anéantirent tandis que la braise gagnait,
et ce fut le moment que choisirent les seringueiros pour apporter d’autres
branches en riant, avec leur mauvais accent espagnol. La voluptueuse poitrine
gigotait sans discontinuer tandis que sa propriétaire se trémoussait en tous
sens pour échapper aux vagues de chaleur qui montaient. Ce n’était rien
pourtant, ainsi que le savaient les blancs qui avaient inventé l’affreuse
torture dont les seins ébouillantés n’étaient qu’un prélude. Tous s’assirent
pour savourer tranquillement le spectacle. En vérité, Charlotte accueillit
d’abord avec reconnaissance les bienfaits des vapeurs tièdes qui réhydrataient
sa gorge et son nez, et ses soubresauts s'apaisèrent un instant. Petit à petit,
une étrange suffocation la gagna de nouveau tandis que ses lourdes mamelles
commençaient de chauffer imperceptiblement. Elle posa les yeux sur ses pointes
de sein en forçant sur son cou et discerna tout de suite une rougeur écarlate
semblable à un coup de soleil. Le mal n’était pas bien grand pour l’instant, et
elle se força à en sourire. Son sourire s’effaça lorsqu’elle vit les démons au
teint basané, aux grandes moustaches effilées, se relever pour rapporter chacun
un petit tronc d’arbre.
“ Oh,
non ” hurla-t-elle ”Arrêtez, ça suffit comme ça, vous allez me
brûler ! ! ! ”.
Le tzin
répartit, goguenard “ Mais c’est exactement ce que nous voulons, jeune
fille… ” et il ajouta à la cantonade “ sauf si ton chevalier servant
nous donne ce que nous voulons ”. La peau de lézard du mutant se plissait
bizarrement lorsqu’il souriait, mais personne ne trouvait cela drôle, tant la
force physique du tzin avait sidéré tout le monde lorsqu’il avait posé seul et
sans effort apparent l’énorme chaudron.
Le feu
se mit à ronfler avec une vigueur accrue, tandis que les seringueiros se
saisissaient avec dextérité d’un tison pour allumer leurs cigares. Cette fois,
la vapeur surchauffée monta beaucoup plus vite, nimbant le beau corps tourmenté
d’un halo fantomatique.
Charlotte
pleurait et sanglotait tout à la fois, cambrant ses muscles fessiers pour
donner une impulsion qui lui permettrait de se balancer et de soustraire à la
morsure des langues de fumée ses tétons qui se balançaient rythmiquement. Elle
supplia jusqu’à perdre la raison et la voix que l’on arrête l’effroyable
supplice, en vain bien sûr.
La peau
était devenue très rouge, très vite, et les adorables mamelons pleins et bien
dessinés s’étaient rétractés comme un boudin dans son jus de cuisson. Les
cannibales salivaient par anticipation devant le festin qu’ils espéraient leur
voir servi.
Charlotte
poussait maintenant des hurlements démentiels qui vrillaient les oreilles du
pistolero, car les larges aréoles roses qui mangeaient le devant de ses seins
avaient pris une vilaine couleur grise. Les mamelles écarlates, gorgées de
vapeur d’eau et diminuées d’autant de chair, ballottaient avec moins de
souplesse qu’auparavant. Elles réagirent comme un ballon de rugby un jour de
pluie à Twickenham sous la palpation des doigts gantés du tzin.
“ La
viande est prête ” annonça-t-il en éclatant de rire.
FRANCE.
VARREDDES. MATIN DU HUIT SEPTEMBRE 1914
La
section était presque complètement rassemblée à l’intérieur du cimetière. Les
hommes achevèrent de se rhabiller avec ce qu’ils pouvaient, et sans attendre
les ordres, ils se dispersèrent le long des murs quadrangulaires. Les cinquante
hommes étaient inégalement répartis le long des murs, pour faire face à la
forêt. Un grand hurlement provenant de centaines de poitrines jaillit des
fourrés, et à quatre cent mètres devant eux, les allemands chargèrent à la
baïonnette depuis l’extrémité la plus rapprochée du bois de Varinfroy. Sitôt
jaillis du bois, les fantassins s’alignaient pour offrir une cible plus
dispersée qui eut fait le bonheur d’une mitrailleuse que la jeune section
n’avait pas emmenée.
J’étais
monté dans le clocher de l’église pour suivre le combat.
FRANCE.
ETREPILLY. MATIN DU HUIT SEPTEMBRE 1914.
Sur les
talons du Tzin qui avait défoncé le bow-window à coups de bottes pour
s’extraire du piège mortel, Roland contempla stupéfait les bonds de six mètres
que venait de réaliser sous ses yeux le mutant pour traverser la cour.
C’est la
première fois qu’il assistait lui-même aux exploits physiques d’un tzin, et il
n’eut pas le temps de dire “ non ” ou de tirer lorsque la tante de
Marie-Jeanne s’effondra lentement sous ses yeux, décapitée par le coup de sabre
que la créature avait décoché en retombant d’une de ses gigantesques foulées.
Puis Von
Hentzau disparut sous le pigeonnier-porche cylindrique, laissant une courte
seconde de silence absolu reposer comme un étau dans la première cour de la
ferme. Roland ne s’arrêta pas devant le cadavre, même si ses larmes avaient
jailli un court instant. Lorsqu’il passa la tête au delà du porche, une
fusillade nourrie l’accueillit, faisant éclater de larges copeaux de pierre de
Varreddes qui le cinglèrent durement.
Mon père
prit l’escalier qui montait à l’intérieur du pigeonnier-porche et s’effondra,
le souffle coupé par sa course et les émotions intenses de ces dernières
secondes. A l’extérieur, les salves se succédèrent à intervalles réguliers, les
lucarnes d’envol en forme d’œil de bœuf constituaient les seules ouvertures
massivement visibles, et les uhlans les prenaient stupidement pour cible. Ils
cessèrent de gaspiller des cartouches sur un ordre guttural du tzin, et Roland
entendit une cavalcade de bottes se précipiter sur les pavés de la cour.
Il
saisit le premier barreau de l’échelle circulaire et la gravit très vite. Par
de rapides pressions des mains sur les trous de boulins, il lui fit parcourir
une petite révolution pour se trouver devant la première lucarne d’envol, juste
sous le lanternon en grès qui faisait de la ferme le phare de ce petit plateau
briard . Des pigeons affolés d’être dénichés rejoignirent ceux qui voletaient
en tous sens, chassés par les ricochets des balles allemandes. Malgré les
plumes et les roucoulements stridents, Roland entrevit une petite colonne qui
courait précipitamment sous les avancées charpentées. Le chargeur plein du
Mauser coucha les cinq premiers uhlans tandis que les suivants refluaient en
jurant. Roland donna alors un grand coup de pied dans l’embrasure de la fenêtre
pour repartir en sens inverse et se retrouver face à la seconde lucarne.
Prévenus par la fusillade, les uhlans de la colonne qui remontait la cour sous
le préau face aux avancées charpentées avaient redressé leurs fusils. Lorsque
l’arme meurtrière pointa son canon court au-dessus du rebord de la lucarne, la
colonne n’eut pas le temps de refluer, et les maigres coups de feu hâtivement
tirés n’opposèrent qu’une faible résistance à la salve tirée en position
automatique qui coucha la moitié de la file indienne, certains traversés par la
même balle.
Les
chleuhs calmés pour de longues heures, Roland redescendit tranquillement. Il
s’assit sur un tonneau de cidre et chercha quelque chose à manger, le ventre
creusé par l’énergie folle qu’il venait de dépenser. Quelques œufs crus de
pigeon et du lait caillé de brebis lui composèrent un petit festin. Epuisé mais
heureux d’avoir détourné l’attention du tzin et sauvé les otages, Roland voulut
somnoler quelques secondes.
BRESIL.QUELQUE
PART AVANT LES CHUTES DU RIO XINGU. LE 30 JUIN 1896 A MIDI.
Les
cannibales redressèrent Charlotte et écartèrent le chaudron fumant après avoir
dispersé les braises. La volumineuse poitrine de l’admirable héroïne avait
imperceptiblement rétréci, mais le plus frappant était la flaccidité des chairs
d’un brun rougeâtre. Après l’avoir solidement ligotée debout sur ses jambes,
les chevilles étirées par des lianes fixées à des piquets et les bras
douloureusement étirés en l’air, des femmes jivaros babillaient joyeusement en
soulevant les seins gorgés de vapeur et en tirant la peau molle et cuite qui ne
revenait pas en place. Charlotte était virtuellement incohérente hors de rares
plaintes. Elle leva à grand peine des yeux morts lorsque le tzin fit face au
corps pantelant. Il brandit sous ses yeux un bowie-knife et un court instant,
Charlotte espéra que c’en était fini de son atroce châtiment :
“ Oh,
oui, tuez-moi maintenant, je vous en supplie, merci ”. Le tzin ne répondit
pas et se contenta de lever son couteau à la large lame parfaitement affûtée.
Charlotte ferma les yeux avant de les rouvrir en poussant un horrible
hurlement. Le fil aiguisé comme un rasoir avait profondément dessiné deux
longue entailles tout le long de ses pauvres tétons recuits. Le tzin se recula
un peu pour apprécier la rectitude des incisions circulaires. Satisfait de son
œuvre, il se rapprocha et entreprit de labourer profondément les mamelles
secouées de spasmes par un réseau d’entailles perpendiculaires aux premières
coupures, qui convergeaient vers les aréoles soigneusement préservées.
En dépit
des hurlement animaux de la jeune femme, les seins lourds mais défraîchis
furent rapidement striés de sanglantes incisions.
Le tzin
rangea son instrument de supplice dans sa gaine et saisit entre deux ongles
aussi longs que durs le rebord à vif de l’épiderme qui apparaissait à la naissance
des entailles circulaires. Quand sa prise fut solidement assujettie au prix
d’un grognement de la jeune aristocrate, il la fixa dans les yeux un court
instant pour être certain qu’elle réalise par anticipation le nouveau supplice
réservé à ses opulentes mamelles. Il rencontra un regard de folie complété par
un :
“ NON,
pas çaaaaaaaaaaaaaaa ”.
Le tzin
tira d’un coup sec d’abord, puis plus lentement lorsqu’il constata que la bande
de peau cuite venait sans effort particulier. Malgré la cuisson, des macules
rouges accompagnaient l’effroyable mutilation. Le tzin tira jusqu’à ce que le
lambeau de chair rencontre le contour légèrement nacré de l’aréole. Il laissa
alors retomber sur le mamelon le morceau de peau avant de concentrer ses
efforts sur une nouvelle pelure. Les cannibales affichèrent à l’unisson une
rangée de dents cruellement limées à angles vifs au spectacle de la chair rose
à point.
Les
bandes de peau retombaient sur la poitrine ou le ventre au gré de la fantaisie
du monstre, chutes accompagnées par des hurlements de douleur incoercible
auxquels succédaient de longs gémissements qui arrachaient des sanglots au
pistolero. Puis, la poitrine de la jeune femme devint deux fleurs monstrueuses,
deux dahlias au charme rose et vénéneux, dont les pétales laissaient entrevoir
le fragile pistil encore préservé.
Ce
n’était pas assez pour le tzin.
Rassemblant
dans sa main les lambeaux qui pendaient du sein droit, il les noua en une sorte
de tresse, qu’il boucla avec une ligature grossière. Après avoir infligé le
même traitement à l’autre sein, il inséra une liane en travers des deux boucles
ainsi formées et en fixa solidement l’extrémité à un pieu fiché en terre devant
sa victime.
Sur son
ordre, l’un des seringueiros s’empara d’une torche à un feu voisin qui
préparait le festin cannibale.
“ Heya,
jeune fille, un peu froid ce matin ? “. Sous les yeux horrifiés de
Charlotte, le seringueiro souleva son sombrero pour attiser la flamme de la
torche, qu’il promena lentement sous les mamelles mutilées. Avec un rugissement
de souffrance, Charlotte tenta de dérober ses pauvres seins à la brûlure
infernale, tendant à l’extrême les tresses de peau qui tiraient sur les
fragiles mamelons. La flamme brandie par le monstre d’iniquité la poursuivit
sous les rires gras des hommes blancs et les murmures d’approbation des
Jivaros, qui avaient faim et souhaitaient le début d’autres réjouissances.
Les cris
de Charlotte auraient attendri un inquisiteur, mais pas le tzin. Les bases des
mamelles marbrées de tâches noires et sanglantes, la jeune aristocrate ne put
s’empêcher de s’auto-mutiler. Sa tête retomba sur ses épaules.
Lorsqu’elle
se réveilla, elle ne vit que l’herbe tondue ras par le bétail sous ses yeux,
tandis qu’une sensation de chatouillement sur tout le corps leurra un instant
l’extrême douleur qui envahissait sa poitrine sauvagement massacrée. Sa
perception s’affina et elle distingua sous son corps ligoté parallèlement au
sol les préparatifs d’un grand feu. Devant elle, deux pieux qui portaient en
travers la perche à laquelle son corps était suspendu tremblaient sous un
grouillement intensif. Lorsque sa vue s’améliora davantage, elle poussa un cri
affreux en reconnaissant les longues colonnes de fourmis rouges qui avaient
nourri ses cauchemars de petite fille.
Un bruit
de pas à ses côtés lui fit douloureusement tourner la tête. Le tzin se pencha
un peu :
“ Eh
bien, tu n’es pas satisfaite par la garniture ? Les jivaros te font
l’honneur de t’accompagner d’un bouquet de marabunta et tu protestes ?
Tsss, tss, aucune éducation, ma chère… “ Le tzin se gobergea de son
bon mot avec un rire sinistre. Charlotte sentit les premières morsures dévorer
les chairs à vif, tandis que d’autres insectes entreprenaient de coloniser son
intimité après s’être extirpé de sa riche fourrure pubienne. Elle sentit
bientôt ses chairs les plus tendres à leur tour fouaillées par des morsures
dévastatrices qui la faisaient se cambrer en convulsions démentielles. Elle
avait l’impression que ses grandes lèvres étaient hachées menues pour faire place
à l’infernale infestation. Ses seins croulaient sous une masse confuse de
mandibules qui se disputaient les derniers morceaux d’autant plus savoureux
qu’ils avaient été précuits. Puis elle sentit que les derniers remparts qui
protégeaient sa matrice s’effondraient. Les parois vaginales à vif, elle se
tendit dans un spasme brusque qui fit craquer sa colonne vertébrale. Elle
souffrait tant qu’elle ne réagit pas lorsque le foyer fut allumé sous ses yeux
juste avant que les fourmis n’attaquent la gelée de ses globes oculaires après
en avoir déchiré les cornées.
FRANCE.
ETREPILLY. MATIN DU HUIT SEPTEMBRE 1914.
Les
balles s’aplatirent sur le bronze de la
cloche avec un bruit mat. Je passais prudemment la tête sous les abat-sons le
temps que l’orage se calme. Rapidement, les tireurs d’élite camouflés sous les
fougères changèrent de cible. Ils avaient mieux à faire que viser un poste
d’observation, car une compagnie de la troisième armée était apparue au bout de
la plaine. Pour éviter d’être encerclé, le bataillon allemand commença
d’affluer vers le grand cimetière pour le dépasser et se replier sur Varreddes
comme point d’appui. Le bataillon tenta d’abord de l’emporter sur la petite
troupe. Les quatre cent hommes qui chargeaient à la baïonnette formaient une
cible idéale qui partait de très loin. Les cinquante français tiraient sans
relâche, soigneusement abrités derrière les murs de pierre sèche, fauchant par dizaines les vagues de casques à
pointe. Certains s’étaient juchés au sommet de caveaux familiaux, abrités
derrière de grandes croix ouvragées. Ils concentraient sur eux les salves
ennemies, et peu survécurent, mais ils permirent aux autres d’ajuster
confortablement leurs tirs. Ces jeunes artistes mouraient dans une geste
héroïque, les chemises blanches en lin maculées d’un sang vif s’effondraient
lentement sur les chapiteaux sculptés. Puis vint un instant d’équilibre où les
allemands pouvaient prendre d’assaut le cimetière avec les forces qui leur
restaient ou le contourner. À cinquante mètres, Jean de Saint Marc, à court de
munitions pour son fusil Lebel, dégaina son revolver et tira au jugé, tant la
portée était longue. Par miracle, il toucha le soldat le plus pugnace qui
rameutait l’avant-garde. Brutalement, un vent de panique s’empara des premiers
rangs, dont la course s’infléchit pour s’écarter du cimetière. Une forme de
superstition s’empara de la troupe décimée, et les boches fuirent le cimetière
comme s’ils avaient vu leur propre tombe.
FRANCE.VARREDDES.
MATIN DU HUIT SEPTEMBRE 1914.
L’uniforme
rutilant défraichi par sa fuite éperdue, Rupert Von Hentzau éructait dans le
téléphone de campagne.
“ Ja,
mein General, Ja, aber…. ”.
Le
général Klaus Von Heisel ne lui avait laissé aucune échappatoire, le régiment
devait se replier tout de suite.
Assis
sur le siège du passager de l’automitrailleuse souillée de poussière, le tzin
reposa le combiné en ebonite. Il réfléchit un peu et prit sa décision très
vite. Il donna les ordres pour que le mouvement de ses troupes s’opère, en
conservant auprès de lui une section d’une cinquantaine d’uhlans. D’ici trois
heures, il devrait avoir rattrapé ses hommes, sinon, il était bon pour la cour
martiale. Un tzin en prison ? Cette pensée le fit sourire sinistrement un
court instant, tandis qu’il marchait le long de la ferme aux hauts murs délités
par le temps, en fumant un cigare pour réfléchir.
Il
cherchait comment prendre par surprise le pistolero dans son nid lorsqu’il leva
les yeux sur les otages, assis dans un carré d’herbes folles entre deux gros
contreforts qui soutenaient les larges façades de la grange ouest. Il reconnut
en Marie-Jeanne la jeune servante qui avait aidé au repas la veille.
Réajustant
son monocle, le mutant demanda des explications au sergent Dieter Klemberman. A
la fin de son récit qu’il n’écoutait plus, le tzin avait la bouche fendue d’un
sinistre sourire de prédateur.
Sur ses
ordres, deux uhlans remirent sur pieds ma bien-aimée, forçant les autres otages
à se rasseoir à coups de crosses. Les capotes vert de gris encadrèrent
Marie-Jeanne devant le grand portail d’entrée de la ferme, dont les battants
avaient été refermés tant le tir de Roland était encore précis à cent mètres.
De
l’autre côté de la route, une petite halle abritait des outils de travail dans
une soupente, au-dessus d’un travail à ferrer les chevaux. Tandis que des
soldats inspectaient le réduit et jetaient par terre des outils de fenaison,
des fourches à foin ou à betteraves et des houes à vignes, le tzin contemplait
les instruments du charron. Une idée démoniaque germa soudainement.
“ Attachez
la fille sur l’engin, là, allez, vite….oui, comme un cheval, c’est ça ”.
Marie-Jeanne se débattit vigoureusement, mais sans crainte, simplement parce qu’elle ne supportait pas que le gros uhlan rougeaud aux yeux porcins porte la main sur elle. Elle ne comprit pas tout de suite pourquoi, liée étroitement en travers des gros rondins en chêne, le buste penché en avant au-dessus d’une poutre, elle avait la cheville maintenue sur un gros bloc de grès en forme de bitte. Elle ne réalisa l’horreur de son destin qu’après avoir senti plaqué contre son talon le





