Récitscruels

Histoires sadiques de l'antiquité aux voyages dans l'espace. ATTENTION : textes extrêmes

25 mars 2007

Natacha et le pistolero français

Là, nous nageons dans les références historiques et cinématographiques. D'abord, j'aurais du m'appeler Guyot si mon vrai grand-papa n'avait pas été tué à Verdun avant de pouvoir reconnaître mon père. Ensuite, j'avais été impressionné par le personnage du pistolero muet joué par J.L Trintignant dans "le grand silence".  Son arme mythique, le Mauser C.96, est LE pistolet automatique de référence jusqu'à la fin de la WWII. Puis, de-ci delà, des références à des périodes troubles, les prémices de la révolution d'octobre, la fin du far-west, et aussi à des films comme "les portes du paradis", "Shalako", "le jardin du diable", etc...Cette nouvelle est la première d'un cycle de 5, "Septembre 14" étant la 2e, qui verra le Mauser 96 passer de main en main.

 

JOURNAL DE MONSIEUR CELESTIN GUYOT

BOULANGER A VARREDDES (Seine et Marne), de 1931 à 1962

 

DATION A LA BIBLIOTHEQUE NATIONALE LE 13/05/1981

COTE AFFPRIV/SM/1980-19985/ARTISANS/ N°1254

 

 

 

 

 

Les quelques mots qui vont suivre constituent le récit de certaines parties de la vie de mon père, Roland GUYOT, telles qu’il me les a lui-même racontées et telles que je les ai moi-même vécues.

 

 

 Natacha et le pistolero français

 

 

 

 

“ C’est une belle arme, n’est ce pas ? ”.

Natacha Smernova ne répondit pas. Ses yeux pers restaient attachés à la minuscule flamme que le pistolero français entretenait avec précaution depuis le début de la soirée. A peine suffisante pour qu’elle puisse distinguer le regard illuminé de son sauveur pendant qu’il accomplissait ses exercices quotidiens.

Dégainer, pointer, viser, rengainer,…elle parvenait à peine à suivre le ballet hallucinant de la main de Roland tandis qu’il faisait ses gammes avec le Mauser 96.

Un craquement de branchages écrasés la fit sursauter. Roland visa l’entrée de la grotte dans un geste souple, sans la moindre rupture avec son mouvement précédent. Il n’était pas vraiment inquiet, car les apaches mescaleros mettraient des heures à débarrasser le canyon des tonnes de rochers qu’il avait lui-même précipités.

Au bout de quelques instants, il rabaissa le canon de son arme, attendant une réaction.

Elle prit son temps pour répondre, en contemplant une nouvelle fois l’arme extraordinaire. Elle avait sous les yeux le premier exemplaire du Mauser modèle1896, fabriqué en Allemagne. C’était aussi un modèle unique, avec son holster en bois de santal, qui pouvait s’adapter sur la crosse pour la prolonger. Dans cette position, ce pistolet automatique pouvait tirer, gâchette bloquée, une rafale de 15 balles logées dans le chargeur placé sous le long canon. Il était plus précis, avec une portée supérieure, que la plupart des carabines de son époque. La crosse plaquée en argent, richement décorée de symboles et de monogrammes gothiques, indiquait l’arme de prestige réalisée au bénéfice d’un collectionneur fortuné. Seul Roland connaissait le destin fabuleux de cette arme, mais, pour l’instant, il avait complètement oublié sa mission et jouait comme un enfant avec le poids rassurant de l’arme merveilleusement équilibrée.

Il la tendit à Natacha :

“ Essaie-la. Il se peut que tu ais à t’en servir, s’il m’arrivait quelque chose ”.

Natacha leva enfin les yeux :

“ Da, Roland, elle est… ”. Elle ne trouvait pas toujours facilement ses mots, car le souvenir des six années passées dans l’Institut Français réservé aux enfants de diplomates à Saint Pétersbourg commençait doucement à s’estomper. C’était dans une autre vie, celle du ballet impérial, celle qui avait eu l’infortune de croiser le destin de l’archiduc Michel et de son frère Serguëi.

Roland attendit avec tact, tendrement. Le regard de Natacha se voila légèrement, et chacun comprit que le passé de l’autre le submergeait. Roland vint se coucher à ses côtés, et fixa le plafond de la grotte encombré de buissons et de toiles d’araignée…

 

 

- La gifle claqua comme une détonation en déchirant l’atmosphère enfumée du saloon. Serguëi porta la main à sa joue empourprée et saisit rudement le poignet de Natacha “ Mais pour qui tu te prends, petite traînée ? Maintenant, tu m’appartiens, TU AS COMPRIS ! ! ! ”.

- Le boyard avait hurlé les derniers mots en la secouant pour lui faire mal. Natacha luttait pied à pied pour résister, mais le frère de l’Archiduc la tirait inexorablement sous le regard amusé de ses quatre gardes du corps. Elle parvint à se cramponner un court instant à une petite balustrade, reprenant assez de forces pour crier “ Vous êtes tous des LACHES. Aidez- moi, il ment, j’étais l’amie de son frère, lui c’est un salaud, je sais qu’il l’a tué ”.

- Les stetsons de ceux qui n’approuvaient pas la scène se baissèrent quand les mercenaires mexicains bombèrent le torse en effleurant leur colt Walker. Chacun savait le dégât que ces véritables obusiers pouvaient faire à bout portant entre les mains de ces professionnels de la gâchette. Les autres clients émaillaient de chuchotements égrillards leurs conversations. De toute façon, une femme dans un saloon ne pouvait être qu’une catin, alors, à quoi bon se mêler d’une histoire de fesses ? La fille n’avait pas été assez payée, ou n’en avait pas donné pour son argent à l’homme ? Et alors, quelle importance ? Seul valait le spectacle offert par une ex-danseuse du ballet impérial, toutes griffes dehors, les cheveux en bataille, envoyant des coups de pied qui visaient les parties du géant roux ridicule avec son manteau de fourrure. La somptueuse chevelure de blé doré dévoilait parfois deux globes magnifiques enchâssés dans un corset prêt à se mettre en grève.

- Une bouteille de whisky se fracassa par terre, enveloppant la scène de lourds relents alcoolisés, sous le regard réprobateur du barman. Le plus âgé des pistoleros jeta quelques dollars sur le comptoir, tandis que Natacha commençait à faiblir. Serguëi glissa brutalement dans la flaque sombre, reprenant de justesse son équilibre après avoir du relâcher le poignet meurtri de la jeune femme. Les yeux congestionnés par la fureur, il arracha une longue cravache des mains d’un de ses sbires. Il fouetta immédiatement le comptoir pour marquer son autorité, provoquant des reculs inquiets des clients les plus proches du bar.

- Natacha s’était reculée lentement, sans cesser de le défier du regard. Elle pointait devant elle comme une arme le tesson du col de la bouteille. Le temps sembla se diluer à l’infini tandis que Serguëi levait son fouet, dans un silence absolu.

- “ Vous ne devriez pas faire ça, Monsieur ”.

- Le raclement de la chaise qui retombe avait juste précédé, comme un avertissement chargé de menace, la phrase prononcée d’une voix calme et distinguée, teintée d’un fort accent de la Louisiane.

- Incrédules, les pistoleros tournèrent ensemble leur sombrero à gauche du saloon, dans la partie la plus enfumée. Serguëi laissa lentement retomber sa cravache, contemplant avec stupeur l’espèce d’épouvantail improbable qui se dressait maintenant en pleine lumière.

- L’étranger était très grand, vêtu d’une casquette réglementaire de capitaine de l’armée française. Il portait un demi-manteau de flanelle noire en queue de pie, qui retombait à mi-cuisses sur un pantalon de serge bleue, un pantalon d'artisan, qui recouvrait d’authentiques bottes d’uhlan perdues à Sedan. Les quatre pistoleros partirent d’un gros rire communicatif, qui roula longtemps sous les poutres, tandis que Serguëi plissait les lèvres dans une parodie de sourire.

- “ Heeeey, Hoooombrrrre, qu’est ce que tu veux …. ? ”.

-  “ Je dis que la demoiselle ne veut pas venir avec vous, et qu’elle va rester là ”. Serguëi ne prit même pas la peine de répondre. Esteban Jimenez avait pris les choses en main, il n’y avait plus qu’à voir comment ce cloporte de français allait tenter piteusement de sauver sa peau. Les trois autres pistoleros s’écartèrent légèrement du vieux bandit, formant un demi-cercle qui semblait tenir en respect toute la salle. Des chaises tombèrent dans la précipitation de certains à fuir l’angle de tir des mexicains hirsutes. Esteban Jimenez gratta lentement sa barbe avec l’ongle, comme s’il cherchait à comprendre ce que Roland venait de dire.

- “ Ma, tou es fou, hombrrrrrre, mes amis et moi, on est les rois de la gâchette. Allez, offre nous un verre, et on te laisse la vie ”. Natacha entrevit pour la première fois les traits aristocratiques du long visage prolongé par un petit bouc satanique, mais auquel une large bouche sensuelle et moqueuse, un regard très clair, donnaient une lueur pleine de charme et d’humour. Elle fut tout de suite amoureuse de cet homme prêt à risquer sa vie pour elle. Elle avait peur de le perdre s’il se dérobait maintenant ou s’il était assassiné en se battant. Elle n’eut pas à trancher longtemps dans son conflit de conscience. Roland ne répondit pas.

- Il saisit tout doucement une chaise devant lui, la tira silencieusement en dévisageant les hors-la-loi, et s’assit calmement en penchant le torse légèrement en avant, tout en dépliant soigneusement les bords de sa veste par dessus ses cuisses. Puis il fredonna en boucle quatre notes, tempo bas, tempo haut, tempo bas, tempo haut.

- Serguëi s’était imperceptiblement décalé à l’extrême-droite du demi-cercle. Natacha ne bougea pas, le laissant se rapprocher sans un regard. Elle porta la main à sa poitrine tout en retenant sa respiration. Esteban Jimenez poussa un soupir de résignation et sollicita du regard l’aristocrate dépravé. Serguëi acquiesça en passant la langue sur ses lèvres. Les pistoleros se tendirent imperceptiblement, tout le monde semblait hypnotisé par la mélopée sauvage inlassablement sifflée par Roland. Un changement de tonalité alerta brutalement les professionnels. A la dernière note, ils dégainèrent tous les quatre ensemble, mais Roland maîtrisait le temps. Ce tempo d’avance le vit rouler à terre tandis que par magie une arme d’un autre monde avait surgi dans sa main, extraite d’un incroyable holster en bois accroché dans la doublure de sa veste. Doigt bloqué sur la détente, Roland arrosa droit devant lui en roulant plusieurs fois sur le plancher. Les pistoleros n’avaient pas l’habitude de ce genre de duels. Habitués à tirer sur des cibles statiques, ils vidèrent l’essentiel de leur chargeur droit devant eux avant de réaliser, tombant un à un à chaque rotation de Roland. Seul, Esteban, pourtant touché le premier, réussit à faire sauter le képi du français, avant de s’effondrer lentement, comme dans ces premiers films muets qu’on commençait à voir à New-York.

- La plupart des hommes toussèrent pendant que l’âcre nuage bleu à l’odeur de cordite tourbillonnait dans la pièce. Roland se releva souplement. Personne ne croyait ce qu’il avait vu, quatre des plus dangereux tueurs jamais vus sur la frontière du Rio Grande exécutés par un homme seul. Exécutés, car malgré l’incroyable vitesse de bras du français, tous pressentaient que le duel avait été inégal, tant la cadence de feu de l’arme étrangère, que Roland remettait dans son étui avec un geste précis, avait semblé surnaturelle. Roland avança lentement vers Serguëi. L’assassin de son frère recula et buta sur Natacha, qui, sans un mot, lui assena une gifle sur l’autre joue. La demoiselle en colère toisa la foule quelques instants avec mépris, se pencha pour saisir un petit baluchon, et tendit avec grâce son bras au héros du jour.

-  

- Roland saisit galamment le pied de Natacha pour l’aider à monter en selle sur son alezan gris pommelé. Il s’empara des rênes de son mustang, et sauta lestement en prévenant une ruade. Natacha avait déjà avancé, le port fier et altier, comme si son nouveau serviteur se devait de rester en retrait. Au bout d’une centaine de mètres, prise d’un repentir et d’une soudaine angoisse, elle se tourna pour voir si Roland la suivait bien, toute prête à accompagner soumise et obéissante l’homme qui lui avait épargné un sort particulièrement abject. Elle poussa un cri lorsqu’elle vit, devant la porte du saloon, Serguëi viser avec son arme de chasse le dos de Roland. Le pistolero se coucha sur sa selle tandis que la balle sifflait aux oreilles de l’ex-danseuse étoile. Elle eut à peine le temps de voir Roland décrocher le holster en bois, en sortir l’arme de guerre, plaquer la crosse de l’arme au bout du fût en bois, et viser pratiquement dans le même mouvement. Serguëi prenait sa mire lentement, sûr de gagner son duel. Armé d’un fusil Holland face à un simple pistolet, c’est comme si l’étranger était mort. Il avait tort. La balle de 9mm à haute vitesse initiale creva l’œil gauche, emportant la moitié de la calotte crânienne.

- Roland fit effectuer une volte à son poney, et leva un regard inquiet sur Natacha. Elle dit simplement :

- “ Michel est vengé, tovaritch ”. Elle ne desserra plus les lèvres avant le premier bivouac. 

 

I

La tête du papoose sembla rouler interminablement sur le sol aride, pendant que sa mère poussait un hurlement démentiel. Le sergent Burl Nolan se retourna tranquillement et avança en direction de la squaw clouée nue sur l’énorme cactus. Il leva lentement son sabre et commença de taillader à petits coups la large poitrine du superbe corps cuivré.

Black Kettle poussa un cri en émergeant du cauchemar qui le tourmentait depuis dix ans. Celui qui se faisait appeler Mangas Coloradas le secouait par l’épaule.

Autour d’eux, le parti de guerre composé d’apaches mescaleros et de quelques Chiricahuas renégats s’affairait à replier le petit campement dans la lueur naissante qui nimbait de pans profondément obscurs et de reflets aveuglants les parois abruptes du canyon.

Black Kettle se recula instinctivement, comme à chaque fois que le visage terrifiant du Tzin approchait le sien. Lorsque celui qui prétendait être la réincarnation du chef Mangas Coloradas, assassiné par les tuniques bleues en 1863, ôtait son masque de sorcier, les regards fuyaient le visage long et bosselé, les yeux noirs et étrécis, la peau d’orange que le soleil du Nouveau-Mexique ne parvenait pas à tanner.

Il s’était joint deux mois plus tôt à la cinquantaine de braves qui avaient suivi Black Kettle pour un dernier combat, pour sentir une dernière fois le sang, le crin des poneys en sueur et la poussière, pour emporter à jamais dans leurs oreilles les cris des colons scalpés et de leurs femmes violées et lentement torturées. Ils savaient tous qu’ils ne reviendraient pas vivants de leur dernière chasse, ce qui les rendait pratiquement invulnérables dans ces collines impraticables pour un convoi militaire.

Black Kettle était un chef particulièrement impitoyable, qui ne laissait à personne le soin d’exorciser sa soif de vengeance. Ce n’était pas par sadisme qu’il écorchait ou brûlait vives les épouses des fermiers, mais par simple souci d’équité. Le soin qu’il mettait à accomplir rituellement sa mission avec le respect de ses victimes le distinguait de la sauvagerie du Tzin. Mangas Coloradas interrogeait toujours avant lui leurs victimes, en les insultant ou en urinant sur leurs plaies. La force physique du Tzin était terrifiante, et il n’avait eu à la montrer qu’une seule fois devant le conseil des braves pour se faire reconnaître comme sorcier.

Une clameur incrédule s’éleva devant l’éboulis de rochers qui avait stoppé la veille au soir la colonne des guerriers. Black Kettle accepta la main tendue avec un sourire énigmatique par Mangas Coloradas, et se releva. Parvenu devant l’amas de roches, il dut se rendre à l’évidence. Le Tzin avait gagné son pari. Sorcellerie ou nouveau prodige physique, il avait tout seul dégagé dans la nuit un passage parmi les énormes blocs de pierre. La chasse pouvait reprendre. 

 

Roland reposa son cigarillo. Le sommeil l’avait fui au fur et à mesure que ses pensées avaient continué de vagabonder. Il avait dix ans lorsqu’il avait vu son père assassiné par les Versaillais à l’angle de la rue Mouffetard et de leur atelier d’ébénisterie. Petit gavroche de la Commune, il avait fait partie des insurgés déportés dans les colonies. Il serait mort ou hors-la loi s’il n’avait pas rencontré Mark Twain et les autres shadow-eyes.

Du coin de l’œil, il vit que Natacha avait rejeté la couverture sur ses jambes. Sa totale impudeur l’excitait autant que ses seins fermes et lourds, dont il se complaisait à imaginer qu’ils allaitent un jour leurs enfants. Pour l’heure, son désir se portait sur la motte drue et dorée comme un croissant du petit matin. Il s’accroupit et rampa discrètement jusqu’à effleurer de sa barbichette une fesse rebondie mais musclée. Natacha se retourna doucement du bon côté. Profitant de son avantage, il parcourut lentement de sa langue souplement dardée les moindre recoins des cuisses laiteuses. Au bout de son parcours amoureux, la fente de Natacha baillait si largement qu’il put prendre tout son temps pour effleurer par petites touches les grandes lèvres pulpeuses. Mais, lorsque sa bouche s’entrouvrit pour happer le clitoris dardé, Natacha le repoussa tendrement sur le côté. Interloqué, il fut vite rassuré lorsqu’elle dégrafa fébrilement son ceinturon. Sa bouche un peu gourde s’empara maladroitement de son membre avant de trouver son rythme. Chacun tentait vainement de retenir son plaisir tout en essayant de prolonger celui de l'autre. Lorsque la main de Roland crocha dans le sein épanoui, il sentit deux doigts caresser en écho son scrotum. Ils interprétaient maintenant une partition à deux langues qui virevoltaient ensemble, qui s’interrompaient seulement pour sucer et aspirer tendrement, lentement. Ils jouirent ensemble, longuement, et Natacha tint à l’embrasser la bouche remplie de sa semence. Il se laissa faire de bon gré, à moitié surpris de ne plus vraiment trouver de différence entre toutes ces saveurs qui se mélangeaient.

 

Les apaches avaient repris leur poursuite infernale presque immédiatement. Mangas Coloradas chevauchait en tête, rameutant inlassablement les cavaliers qui laissaient trottiner leurs pur-sangs. Pour la plupart torse nu, les féroces guerriers, certains assez âgés, laissaient apparaître leurs peintures de guerre bariolées, enduites à la craie teintée d’herbes ou d’autres colorants. Le Tzin leur avait dit qu’ils affronteraient un ennemi redoutable, un tueur d’indiens qui avait prélevé beaucoup de scalps lorsque les derniers campements cheyennes avaient été pris d’assaut par la cavalerie américaine. Il était seul à savoir que Roland n’était pas un de ces comancheros tueurs de femmes et d’enfants, mais le messager et le porteur des shadow-eyes. Il avait soigneusement attisé la colère de Black Kettle, qui espérait trouver enfin le sommeil au bout d’une mort honorable pour lui ou par l’exécution d’un exterminateur de sa race. Il avait aussi promis aux guerriers le viol et les longues souffrances de l’une des plus belles femmes blanches qui aient jamais foulé le sol du Nouveau-Mexique. Retrouver la trace de Roland depuis la dernière assemblée à Washington des shadow-eyes lui avait pris six mois, mais il n’avait jamais été aussi proche de sa cible.

 

Repus de leurs corps, les deux amants reprirent leur tendre querelle. Passé le coup de foudre physique qui les avait rapproché charnellement dès leur seconde nuit, ils s’étaient reconnus anarchistes tous les deux et discutaient inlassablement depuis des théories de Proudhon et Bakounine. Ils avaient aussi confronté leurs expériences d’activistes. Natacha avait échappé de peu à la police tsariste grâce au soutien de l’Archiduc Michel, qui était un grand amateur du ballet impérial. A la même époque, Roland s’était rangé quelques semaines aux côtés des petits émigrants de l’Europe de l’est fraîchement arrivés dans l’Utah et le Wyoming, que les grands fermiers anglo-saxons massacraient allègrement avec la bénédiction du Congrès.

 

Michel avait jugé plus prudent de soustraire Natacha pour quelques temps aux investigations des redoutables services spéciaux du Tsar. Elle s’était offerte par reconnaissance, car Michel n’avait rien demandé en contrepartie. Ils s’étaient exilé quelques mois plus tôt, avec Serguëi, le frère maudit, et trois marins qui composaient l’équipage du yacht de Michel. La croisière, depuis le départ de la datcha de Michel au bord de la Mer Noire, jusqu’à l’escale à la Nouvelle-Orléans, avait été enchanteresse, malgré les violentes disputes entre les deux frères.

 

Roland avait fui, lui aussi, sa tête mise à prix dans trois états du Middle-West après qu’il ait décimé avec son arme venue d’ailleurs une petite armée de chasseurs de prime. Après ce périple de justicier solitaire que Mark Twain et leurs frères ne désavoueraient pas, il le savait, le temps était venu de remplir sa mission et de remettre aux shadow-eyes de la branche sud-américaine l’arme extraordinaire dont il se séparerait avec tristesse et apaisement. Il ne voulait plus tuer, c’est ce qui le séparait de Natacha, toujours prête à se battre encore et encore contre les grands bourgeois, les militaires et les prêtres.

 

Michel avait occupé leurs loisirs forcés avec de multiples campagnes de chasse, mais Natacha boudait le plus souvent, parfaitement hostile aux massacres des bisons, des orignals et des grizzlys, qu’elle abandonnait aux boyards chasseurs dans l’âme. Parfois, Michel acceptait de l’écouter, mais il ne pouvait pas réellement accepter l’idée que tous les hommes soient égaux et qu’ils devaient respecter la vie. Il lui fermait gentiment la bouche d’un baiser sonore ou lui laissait le bénéfice d’un joli coup de fusil, la seule faiblesse de Natacha, sous le regard brûlant de haine de Serguëi. 

 

Roland éprouva un choc brutal en se retournant avant d’entreprendre la montée du col escarpé qui menait au Jardin du Diable. A l’autre bout de la plaine, un nuage de poussière planait rapidement, se déplaçant aussi vite que la bande d’indiens renégats que Roland avait emmurés hier matin. Il n’avait pas besoin de ses jumelles pour reconnaître le Tzin qui, il en était sûr, devait éperonner sauvagement sa monture. Il regretta une nouvelle fois de n’être pas allé le tuer dans son campement. Maintenant, avec Natacha, les choses allaient être beaucoup plus compliquées.

Ils auraient du fuir beaucoup plus tôt aussi, ne pas tourner en rond autour de la frontière, jouer à se cacher dès qu’ils avaient su que la tête de Roland était mise à prix depuis le meurtre de Serguëi à Laredo. Peut-être parce que les paysages étaient trop beaux et les missions espagnoles abandonnées depuis des siècles trop romantiques, ils ne s’étaient pas résolu à gagner Rio de Janeiro au plus vite. Jusqu’à ce jour où, cachés derrière le sommet d’une colline, ils avaient assisté au massacre d’une famille de commerçants. Ils avaient assisté à toute la scène, juste après que l’homme se soit effondré sur le corps de ses enfants, à son tour criblé de flèches. Pendant que les sauvages mettaient en perce un baril de whisky en hululant leur joie et en installant le campement, le Tzin avait découvert l’épouse malheureusement rescapée du massacre. Il n’avait laissé à personne d’autre le soin de l’interroger, clouée à la roue du chariot. Roland avait reconnu un beau spécimen de Tzin lorsque celui-ci s’était légèrement détourné, inscrivant dans les lentilles de ses jumelles le visage maléfique tant redouté. L’affiche qui mettait sa tête à prix dansa un court instant dans l’air surchauffé avant qu’il ne la reconnaisse. La distance leur épargnait les cris de la femme du colon. Natacha avait fermé les yeux quand le Tzin avait prélevé des morceaux de chair dans les seins, découpant d’abord les bouts érigés, avant de creuser dans les aréoles pour évider les opulentes mamelles. Lorsque la poitrine fut réduite à deux outres flasques, Mangas Coloradas éleva la voix pour être bien entendu de tous. Roland le vit se redresser et désigner de nouveau l’affiche. La pauvre femme secoua la tête de droite à gauche avec frénésie. Alors, le Tzin dit à Black Ketlle qu’il allait lui offrir une ceinture comme celui-ci n’en avait jamais eu. Même pour les Apaches, la cruauté du Tzin surpassait l’inimaginable. Malgré les hurlements démentiels, Mangas Coloradas découpa rapidement la bande de chair composée de tout le tablier pubien et des parties intimes de la jeune femme blanche. Il brandit fièrement au-dessus de sa tête le trophée sanguinolent en poussant un cri de triomphe, puis s’approcha d’un feu et le mit à sécher.

 

Natacha et Roland gravissaient difficilement l’étroit passage qui serpentait le long de la paroi abrupte du piton rocheux. Par delà la cime de la crête, le soleil commençait à disparaître à moitié, accentuant la sauvagerie du paysage désert. Le sentiment de désolation était souligné par une maigre végétation d’arbustes épineux qui se projetaient au-dessus du précipice. La monture de Natacha boitait bas depuis une bonne heure, et Roland cheminait à pied depuis, après avoir fait monter la jeune femme sur son mustang.

Ils débouchèrent sur le large promontoire sans s’en être rendu compte.

Devil’s Garden, le Jardin du Diable, était un cirque rocheux naturel, un carré de quelques centaines de mètres de côté qui coupait la montée vers le col de la Sierra Ladre. Un ruisseau descendait d’une poche de glaces bien plus haut dans les montagnes, et les eaux de ruissellement s’épandaient depuis des temps immémoriaux dans le minuscule vallon, irriguant une végétation exubérante de cactus, de fleurs aux couleurs primaires éclatantes, et d’arbustes dont les graines avaient été amenées par les choucas. La beauté vénéneuse de l’endroit avait ensorcelé de nombreux voyageurs qui avaient tenté d’y établir un campement définitif, comme en témoignaient plusieurs vestiges de huttes, et même de cabanes bien construites. Plusieurs tombes en ruine, matérialisées par des croix pourries ou des tumulus de pierre, attestaient de leur destin tragique. Devil’s Garden n’avait jamais été colonisé par quiconque. Natacha frissonna en reconnaissant les restes décomposés d’un berceau en osier, puis elle chercha ailleurs du bois pour la nuit.

Roland avait installé le bivouac assez près du début de la passe dont ils venaient de sortir, afin de mieux entendre le martèlement des sabots. Il se retourna lentement sur sa droite, parcourant du regard l’immense précipice délimité trois cent mètres plus loin par un autre flanc rocheux. Puis il contempla dans son dos la reprise de l’étroit chemin escarpé qui montait abruptement dans un paysage lunaire, en surplombant le vide prodigieux. Le flanc de la colline, qui semblait surveiller la petite vallée, était inaccessible par le haut, et il pouvait constituer une parfaite position de repli. Roland sourit. Bien calé derrière le large rocher qui semblait fermer l’accès du Jardin du Diable, il pourrait retenir une armée avec son Mauser pendant que Natacha s’enfuirait. Après… ? 

 

Les apaches n’attaquaient jamais la nuit, car les âmes des guerriers tombés n’auraient pas su trouver le chemin qui menait au territoire des chasses éternelles. Roland pouvait commencer une nuit courte mais réparatrice. Natacha avait conservé sa main dans la sienne, ils reposaient le cou pelotonné dans la même couverture posée sur leurs selles. Lorsqu’il se redressa pour embrasser le dos de sa main avec un baise-main faussement cérémonieux, elle se renversa en arrière avec son rire de gorge rauque et envoûtant. Le même rire troublant qu’elle avait eu quand Michel lui avait déclaré sa flamme dans la loge de l’Opéra de Moscou. Elle avait alors prestement retiré sa main. Deux ans déjà…elle était beaucoup plus mince à l’époque, au prix d’un régime astreignant qui l’épuisait alors qu’elle n’était pas tout à fait formée. Elle savait qu’à terme, elle ne pourrait plus lutter contre sa robuste constitution et l’épanouissement de son corps sculptural. Elle avait d’ailleurs pris sa décision d’arrêter sa carrière de danseuse ce soir là, après avoir fait craquer son corset sous l’œil égrillard de l’Archiduc. Dès que Michel, au début de leur relation platonique, l’eut installée dans un appartement à Saint Petersbourg, elle avait achevé sa croissance en quelques semaines, se gavant de tout ce que sa babouchka fourrait dans son panier lorsqu’elle la quittait, la bouche décorée par le sucre du rituel gâteau au miel. Elle ne voyait plus guère sa famille à part sa grand-mère, car ses parents et ses deux jeunes frères passaient le plus clair de leur temps dans les ambassades européennes où son père était en poste. Ses nouvelles formes pleines et pulpeuses avaient exacerbé sa féminité et, si elle continuait à se refuser à Michel sans trop savoir pourquoi, elle recherchait une forme d’aventure pour vivre enfin sa vie de femme.

Youri avait été immédiatement séduit par sa vitalité. L’étudiant en droit maigre et fiévreux était mal à l’aise lorsque le rire charmant et plein de vitalité tonitruait parmi les joueurs d’échec dans l’arrière-salle du café de la place Stanislas.

 

Natacha prit conscience de la verge glorieusement bandée qui palpitait entre ses fesses. Elle se souleva pour aider Roland à insinuer son gland entre ses lèvres déjà humides. Allait-elle le lui dire maintenant ? Bonne fille, elle choisit de ne pas le perturber et d’attendre qu’il ait fini de la prendre en levrette. Elle aimait bien cette position aussi, après tout, même si Roland était plus rapide à venir ainsi, mais elle savait qu’il était fatigué et tendu. Il se rendit très vite, en même temps qu’elle avait joui, le clitoris dardé sous son doigt en serrant fortement ses cuisses.

“ Goloubnik ? ”. Roland adorait qu’elle l’appelle son petit pigeon dans sa langue

“ Je crois bien que je suis pleine, mon amour… ”.

 

Black Kettle comptait et recomptait ses hommes sous le regard énigmatique du Tzin. Le grand guerrier, dont le torse musculeux était paré d’un collier de griffes d’ours, ne parvenait pas à croire que vingt de ses hommes gisaient derrière l’éperon rocheux. Le promontoire les dissimulait au tir en rafale qui avait décimé sa petite troupe. Les indiens s’étaient lancé au galop sur deux files, certains d’emporter rapidement la décision, malgré l’étrange retenue de Mangas Coloradas, qui n’était pas monté en selle. Les hurlements de joie, les cris de guerre, s’étaient mué en cris d’agonie auxquels avaient succédé les gémissements des blessés. Roland ne mettait pas plus de cinq secondes pour éjecter son chargeur et tirer sans discontinuer. A ses côtés, Natacha épaulait, visait et tirait calmement avec son fusil de chasse Holland§Holland, comme si elle avait eu en face d’elle un bison en pleine charge. Elle entendit un “ click ” funeste au moment où les assaillants désemparés se repliaient en désordre, trébuchant sur les cadavres des chevaux ou rampant le corps plaqué sur les côtés de l’étroit chemin. Natacha porta la main à sa ceinture et se traita mentalement d’idiote. Disparues, les précieuses cartouches du coûteux fusil de Michel. Gâchées en d’innombrables concours de tir avec son sauveur, qui disposait, dieu merci, d’un véritable arsenal dans ses fontes. Elle essuya son visage maculé de poussière délayée par la sueur, et observa son amant avec attention. Le fin et mâle visage l’émut une fois de plus tandis qu’elle se remémorait l’incroyable conversation qu’ils avaient eu la nuit précédente. Elle ne parvenait pas à bien comprendre que la créature qui se trouvait alliée à leurs agresseurs était issue d’êtres venus des étoiles. Mais elle avait très bien perçu, en revanche, l’aura maléfique qui se dégageait du tortionnaire de la jeune pionnière. Elle comprenait maintenant l’enjeu que représentait pour l’humanité le pistolet que Roland pointait fermement devant lui.

Il avait parlementé des heures durant pour qu’elle accepte de s’enfuir avec leur descendance dans ses entrailles. Il ne tenait pas en place depuis l’annonce de cette nouvelle, et il avait fallu une volonté inflexible à Natacha pour le convaincre qu’elle pouvait tenir sa place à ses côtés. Et voilà qu’elle ne servait plus à rien. Elle laissa retomber son fusil avec tristesse, cherchant quoi faire d’utile.

 

Black Kettle dévisagea longtemps le masque imperturbable de celui qui se faisait appeler Mangas Coloradas :

“ Tu savais depuis longtemps, n’est-ce pas ? ”.

“ Oui, mais tu ne m’aurais pas cru, comme d’habitude ”, répondit le Tzin de sa voix sourde et hachée.

“ Qu’est-ce que tu ferais, toi ? ”

“ Il faut nous protéger mieux, et que quelqu’un parvienne à le contourner ”.

 

Black Kettle savait qu’en face d’eux se trouvait un noble guerrier, un seigneur dont le scalp honorerait sa ceinture, mais aussi que l’arme qu’il utilisait était bien supérieure à leurs winchesters. A cent mètres, tapis derrière le promontoire rocheux, ses meilleurs tireurs ne mettaient même pas en danger le couple de blancs. C’était la femelle blonde, avec son fusil à lunettes, qui avait tué ses deux meilleurs tireurs avant qu’il ne renonce à ce harcèlement inutile.

Il se promit qu’elle serait cruellement torturée pour ça, si elle tombait vivante entre leurs mains.

 

Son regard parcourut longuement le flanc escarpé de la montagne qui les dominait, puis l’à-pic vertigineux qui se trouvait à sa gauche. Son regard accrocha un arbre qui poussait horizontalement au-dessus du précipice. Il s’approcha et en découvrit un autre, juste plus bas. Son regard continua de se déplacer tandis que son corps passait au dessus du bord du précipice. Il se redressa avec un sourire et dit simplement :

“ J’ai la solution pour l’un des deux problèmes ”.

“ Alors, je me charge du reste ”, répondit sobrement le Tzin avec une mince grimace.

 

Natacha se rongeait les ongles depuis que le sourire de confiance de Roland avait disparu. Il tirait rarement, mais à coup sûr, et l’écho de chaque détonation isolée se répercutait longuement entre les parois rocheuses. Les ricochets des balles indiennes sifflaient tout autour d’eux, chaque fois que Mangas Coloradas reposait les deux cadavres qu’il tenait devant lui à bout de bras. Les éclaireurs de la petite colonne protégée par le bouclier humain se déportaient légèrement sur les côtés, pour envoyer de brèves salves dont l’ardeur était vite calmée par le tir précis du Mauser. Miaulement aigu des balles des courtes carabines contre feulement rauque de la munition militaire. Inexorablement, tels des légionnaires romains en formation de tortue, les apaches progressaient pas à pas, perdant un homme chaque minute. Ils étaient rendus à moins de quatre vingt mètres lorsque Roland sentit une course se précipiter dans son dos.

Black Kettle avait perdu son effet de surprise. Le farouche guerrier s’en rendit compte dès que Roland se fut instantanément retourné pour tirer. Il était déjà mort lorsque son tomahawk quitta sa main dans un mouvement de fouet violent et précis. La tête de Roland pivota légèrement en même temps qu’il avait plongé sur sa gauche en relâchant son arme. La lourde pièce de fer effleura le cuir chevelu, tandis que le corps de Roland continuait de bouler sur le sol déclive. Il bascula dans le précipice sans un cri, assommé par le choc.

Natacha resta pétrifiée. Elle s’assit doucement dans la poussière, comme lorsqu’elle était épuisée après une séance d’exercices à la barre. Quelques secondes après, une nouvelle salve des winchesters la rappela à la réalité. Elle se releva mécaniquement, la tête vide. L’enfant. L’enfant de Roland. Il fallait vivre. Pour lui. Pour eux. Pour la survie de la race humaine. Elle ramassa l’arme maudite qui avait causé la mort de son bien-aimé et enfourcha le cheval de Roland.

 

Mangas Coloradas repoussa brutalement le brave à ses côtés qui épaulait sa carabine. Il ne voulait surtout pas que cet imbécile tue la blanche par un mauvais tir à une telle distance, qui était la portée ultime de son arme. Presque sans viser, il toucha le mustang en plein flanc, juste au moment où Natacha allait entrer dans la passe escarpée, loin devant eux.

 

Natacha se releva en massant son coude tout éraflé. A chaque fois que les flancs du grand mustang pie se soulevaient, un petit nuage de sang maculait les naseaux frémissants. Elle trouva le courage de lui donner le coup de grâce en sanglotant après avoir pris quelques chargeurs dans les fontes. Elle contempla avec désespoir le relief hostile autour d’elle et prit très vite sa décision. Elle s’envola littéralement en direction d’un énorme rocher perché sur le flanc de la montagne, les sens et l’énergie décuplés par les cris des mescaleros partis à sa poursuite. Le Tzin semblait chaussé de mocassins de sept lieues. Il était parvenu presque en bas du cirque rocheux alors que Natacha n’était qu’à mi-hauteur. Quand elle se retourna, elle poussa un “ oh ” d’horreur et lâcha ses munitions. Il lui fallut quelques tirs avant d’ajuster correctement la cible mouvante qui se déplaçait à découvert dans la plaine comme un feu follet. Mangas Coloradas acheva sa course folle et s’abrita de tout son long derrière le tronc d’un arbre mort pour riposter, la clouant derrière deux rochers saillant d’une mer de gigantesques éboulis. Elle avait raté sa chance. Bientôt, la dizaine de survivants hors d’haleine vint se tapir dans les végétations entrelacées qui décoraient les abords du cirque rocheux.

 

Mangas Coloradas enroula la lanière de la gourde au bout d’un bâton qu’il brandit en l’air. Natacha ne tira pas. Elle avait encore des cartouches à profusion, mais chaque geste nouveau était une torture pour elle. Elle venait une nouvelle fois de s’assoupir. Cette seconde nuit blanche en altitude avait laissé des traces. Elle était épuisée, elle avait grelotté les deux nuits précédentes, sans les précieuses couvertures et Roland pour la réchauffer. Elle se sentait aussi desséchée que du lard fumé, n’ayant avidement humecté sa bouche qu’avec quelques gouttes de rosée matinale. Elle avait tiré à coup sûr le premier jour, touchant de plein fouet trois apaches un peu trop confiants dans la discrétion de leur reptation. 

Mangas Coloradas avait souri, sûr de la tenir bientôt en son pouvoir. Il la narguait avec sadisme, après lui avoir promis la vie sauve si elle se rendait, ou si elle lançait son arme. Il avait bien vite baissé la tête après qu’une balle ait sifflé à ses oreilles.

L’odeur du cloaque était insupportable aux narines de Natacha. Elle n’avait pu s’écarter suffisamment loin et la pestilence de ses propres déjections, qui attiraient une nuée d’insectes tourbillonnants, lui donnait en permanence l’envie de vomir. La nouvelle journée promettait d’être encore plus chaude que la précédente. Sa langue râpait ses joues et son palais comme une lanière de cuir. Elle reposa sa tête sur la roche rafraîchie par l’ombre en fermant les yeux. Bientôt, elle en serait réduite à boire sa propre urine. Mais pourrait-elle se montrer plus résistante que des apaches, capables de courir à pied dans le désert pendant toute une journée, sans boire ni manger ? Elle avait une farouche volonté de vivre, mais elle se rendait compte que son corps était en train de la trahir lentement.

Elle secoua la tête, se croyant victime d’un mirage. L’espace d’un instant, le gros lézard qui semblait la fixer en dardant sa langue fourchue prit la tête de l’Ataman Boulbanov. Natacha se revit instantanément, cachée dans le dernier endroit où les cosaques du Don chercheraient une terroriste : le presbytère d’un moine orthodoxe. 

 

Youri et d’autres étudiants juifs qui se réclamaient du marxisme allaient fournir la Tchéka en cadres et l’armée rouge en commissaires politiques, qui combattraient avec autant, sinon plus, de férocité leurs frères anarchistes ou futurs trotskistes, que l’armée blanche des Koltchak, Denikine et Wrangel. Mais pour l’heure, ils formaient un réseau foisonnant dans une Russie impériale dont la déliquescence débutait. Natacha ne voulait pas poser de bombes, dont le déclenchement incertain risquait de tuer des civils innocents. Elle connaissait sa cible, qu’elle s’était juré d’abattre un jour à visage découvert. Lorsque Youri lui avait proposé de rencontrer sa famille à Ekaterinenbourg, elle avait pour la première fois découvert l’existence des ghettos, ces quartiers où se trouvait tacitement regroupée la communauté juive. Youri devait se cacher pour la première fois, après avoir participé à l’assassinat du Ministre des Affaires Etrangères. Qui l’avait trahi ? Natacha n’en sut jamais rien. Youri la réveilla dans la nuit et l’accompagna jusqu’à une maison proche. Dans le petit matin blafard, une longue colonne infernale se déploya dans le quartier juif en périphérie de la ville. Natacha allait être le témoin d’un pogrom.

Elle éprouva brutalement un choc qui la sortit de sa rêverie. Le visage immonde de l’Ataman qui précédait les cosaques zaporogues, l’élite de l’armée tsariste, avec une longue mâchoire saillante comme celle d’un saurien, une peau d’une teinte olivâtre et jaunie…c’était celui d’un Tzin, en tous points semblable à celui de la créature démoniaque qui avait asservi la poignée d’apaches qui les pistait. 

 

Mangas Coloradas humecta ses lèvres avec la gourde qu’il renversa au-dessus de sa bouche. L’eau qu’ils prélevaient glacée dans le ruisselet chaque petit matin était infiniment apaisante, et ils en avaient à profusion. Il savait que la jeune femme, les lèvres craquelées, ne pouvait sans doute plus parler. Avec un rire joyeux, il visa soigneusement et lança la gourde qui retomba quelques mètres devant les rochers, légèrement sur la droite en terrain complètement découvert.

 

Natacha sursauta en entendant le choc sourd de la gourde qui roulait. Elle se redressa faiblement sur un coude et pleura sans larmes en contemplant l’eau précieuse qui finissait de s’évaporer sur les roches surchauffées. Avec une haine folle, elle lâcha une salve de tout un chargeur. Elle le regretta aussitôt, tant le contact de l’arme brûlante lui fut insupportable. Engourdie, les muscles tétanisés, elle s’allongea doucement de tout son long pour dormir un tout petit peu, juste une minute.

 

Le cercle des visages indiens au dessus de sa tête s’écarta pour faire place au Tzin.

 

Elle referma les yeux, anesthésiée, certaine d’être en plein cauchemar à Ekaterinenbourg, mélangeant un court instant le visage des deux Tzins. Puis elle fut une petite fille qui faisait la révérence devant le Tsar, une petite souris embrassée par la grosse barbe de son père, une petite fille qui se cachait dans le grenier. Quand le Tzin arracha sauvagement son chemisier, une violente décharge d’adrénaline la sortit brutalement du cocon dans lequel elle s’était blotti. Les apaches commentèrent avec approbation le spectacle fugace des aréoles nacrées déjà élargies par la gestation, qui saillaient des larges mamelles en forme de poire. Natacha porta vivement la main à sa poitrine pour refermer le col, puis chercha le Mauser le long de ses flancs. Mangas Coloradas exhiba sous son nez le pistolet qu’il tenait par le manche. Elle chercha à s’en emparer en sautant maladroitement sur le Tzin, avant de retomber lourdement à ses pieds. Mangas Coloradas éclata de rire :

“ C’est ça que tu cherchais ? Est-ce que tu sais seulement ce que cette arme représente, pauvre idiote ? ”. Natacha ne répondit pas. Elle ne dirait jamais ce que Roland lui avait révélé des shadow-eyes, de leur serment et de l’emplacement de leur quartier général au Brésil. Le Tzin perçut dans son regard plus de défi que de peur et comprit qu’elle savait. Oui…elle savait, et elle allait parler... après une petite récréation pour lui et les derniers braves qui attendaient ce moment depuis si longtemps. Les six autres apaches survivants, quatre mescaleros et deux chiricahuas, étaient parmi les plus vieux de la bande. Leur expérience leur avait permis de survivre, ils s’exposaient beaucoup moins, sans être pour autant des lâches. Ils avaient tous attaqué de nombreux ranches et caravanes depuis des dizaines d’années, scalpant et torturant sans merci tous les malheureux colons qui étaient tombés entre leurs mains. Quand leurs épouses vieillies et puantes les attendaient sous le teepee, ils se prenaient à regretter le bon vieux temps où ils pouvaient violer et tuer les femmes blanches. Mais jamais ils n’avaient vu de femme aussi belle. Le grain serré de sa peau blanche et hâlée donnait l’impression de caresser une soie vivante.

 

Natacha lampait avidement l’eau du ruisselet. Ensuite, elle se roula dans le petit lit de pierres pour rafraîchir son corps enfiévré. Elle était complètement nue.

 

Quelques minutes auparavant, les apaches l’avaient soulevée sous les aisselles et solidement maintenue pour la redescendre à leur petit campement, caché sous d’épais feuillus jaunis au bord du ruisselet. Les trois chevaux qui leur restaient paissaient l’herbe grasse et abondante en hennissant paisiblement. Lorsque Natacha fut relâchée, elle marcha d’un pas ankylosé vers le petit cours d’eau. Le fouet du Tzin claqua. Elle trébucha de tout son long. Mangas Coloradas marcha sur sa main avant qu’elle ne se relève. Il souleva la jolie tête par la crinière blonde :

“ Tu allais où, comme ça ?. Il va falloir la mériter, ton eau. Tu vas danser pour nous, d’abord. Sans tes vêtements… ”.

Après un court moment de désarroi, Natacha nourrit un espoir fugitif. Même dans son état, si elle pouvait séduire le Tzin, tout resterait possible. Au prix d’un effort de volonté intense, elle se redressa lentement, fièrement. Sans chercher à trop aguicher une troupe de mâles sexuellement frustrés, elle regarda seulement Mangas Coloradas droit dans les yeux. Puis, avec des gestes d’abord hésitants, bras levés et réunis au dessus de la tête, elle mima quelques instants les premiers pas de Salomé. Elle n’avait pas grand chose sur elle, heureusement, car les forces lui manquaient pour tenir debout longtemps, et ses entrechats étaient bien maigres. Elle fit voler bien vite ses bottillons, qui la serraient affreusement. Pieds nus sur l’herbe, elle glissait mieux et retrouvait le rythme de la danse des sept voiles. Un sentiment d’angoisse l’envahit dès qu’elle eut choisi ce morceau funeste, et son cœur se serra lorsqu’elle se défit du jean qui la moulait après avoir débouclé son ceinturon. Les corps cuivrés des apaches, inexpressifs mais totalement captivés par le spectacle qu’elle donnait, étaient parfaitement immobiles. Un court instant, elle oublia sa situation pour redevenir la ballerine qu’elle avait été, toujours prête à donner plus à son public. Danser nue devant le Tsar était un fantasme qui avait souvent accompagné ses pratiques onanistes. Elle sourit bizarrement en se disant qu’elle n’aurait jamais imaginé le réaliser un jour, et certainement pas ainsi. En petite culotte, elle se retourna pour saisir sa chemise en toile grossière sous laquelle ses lourds tétons dansaient librement. Elle la fit tomber d’un geste bref et ondulant en se retournant à nouveau, comme ces danseuses du ventre dans les pays arabes, dont elle avait entendu dire qu’elles dansaient uniquement revêtues de voiles transparents.

Les indiens semblaient sculptés dans le paysage, seul le Tzin semblait vivant et impatient. Tandis que sa poitrine basse mais bien plantée gigotait en cadence, malgré ses efforts pour ne pas trop provoquer le désir des hommes, elle fit glisser doucement sa petite culotte le long de ses chevilles, révélant le début de sa fente dans un nid tiède et moussu lorsqu’elle secoua la jambe pour faire voleter le tissu féminin. Elle continua tout naturellement sa danse, en continuant de sautiller légèrement, avec grâce, pour s’immerger le plus vite possible dans l’eau pure et glacée. 

 

Le quatrième guerrier se releva très vite. Il lui avait pétri sauvagement la poitrine, étirant ses bouts de sein entre ses doigts d’acier, mais il n’avait pas duré plus longtemps que les autres. Le premier avait plongé sur elle comme un taureau furieux dès que Mangas Coloradas leur avait fait signe. Elle avait résisté un court instant, davantage par réflexe que par conviction. Les autres indiens avaient d’ailleurs assez vite relâché leur prise quand elle avait cessé de se débattre, soucieuse de préserver ses forces si elle pouvait s’échapper. Le premier viol avait été douloureux, quoique très bref, d’autant que, tel un fauve enragé, le sauvage lui avait mordu les seins. Par la suite, elle avait elle même écarté les jambes, mais sa matrice lubrifiée par la semence du premier viol accueillait déjà sans difficulté les plus grosses verges. Lorsque les indiens se furent déversé en elle, elle reprit son souffle, haletante et légèrement troublée par le parfum de ces peaux sauvages qui sentaient la fumée, le suint et la graisse, par le contact de ces torses musculeux, de ces bras noueux qui l’avaient puissamment étreinte. Si l’un ou l’autre avait su prolonger son désir, elle l’aurait certainement accompagné dans sa jouissance, et cette pensée lui fit honte lorsqu’elle imagina le corps de Roland déchiqueté dans le ravin.

 

Elle se croyait au bout de son calvaire, les yeux mi-clos, bercée par le petit courant qui glissait le long de son corps, lorsque ses pieds furent brutalement tordus. Elle se retrouva apeurée, les seins frottant douloureusement contre le gravier tandis que ses mains griffaient les racines immergées. Le souffle rauque du Tzin dans le cou, elle l’entendit s’abattre lourdement sur ses reins. Il chuchota :

“ Espèce de chienne, tu as réussi à prendre du plaisir… Et comme ça, qu’est ce que tu en dis ? ”

Natacha poussa un hurlement de bête blessée lorsque le membre squameux du Tzin déchira la tendre ouverture inviolée. Les autres indiens ne pratiquaient pas la sodomie. Allongés, ils se redressèrent sur un coude pour suivre avec intérêt la lutte sans espoir. Plus Natacha se débattait en brassant l’eau ou en tirant sur les lianes flottantes pour s’échapper, plus elle excitait le Tzin. Il la labourait sans répit, de plus en plus gros, révélant un gigantesque membre reptilien lorsqu’il se retirait. Les apaches se regardaient en silence, inquiets eux-mêmes de la présence d’une créature dont ils pressentaient, malgré leur faible savoir, qu’elle n’était pas humaine. Lorsque son sexe eut atteint la taille d’un bras, du sang commença de le maculer, tandis que Natacha, vaincue, gémissait avec de longs halètements. Le Tzin se releva triomphalement une dernière fois avant de s’enfoncer profondément dans ses entrailles pour jouir enfin. Natacha crut que du feu liquide était déversé en elle lorsqu’il éjacula, longuement, tirant sa tête en arrière par les cheveux. Elle poussa un cri d’agonie en écho à son barrissement sauvage.

 

Elle resta prostrée de longues minutes, incapable du moindre mouvement tant son anus déchiré la faisait trembler en de longs spasmes d’agonie. La douleur s’assoupit progressivement pendant que montait le ronflement des sauvages repus de sexe. Ils semblaient tous faire la sieste, assommés par la chaleur étouffante à l’ombre des grands conifères.

 

Allongée sur la berge, Natacha roula lentement sur le ventre. Mangas Coloradas s’était adossé sur un rocher et dormait également, les bras en croix. Une envie de meurtre familière l’envahit, la même qui s’emparait d’elle à chaque fois qu’elle repensait aux évènements d’Ekaterinenbourg.

 

Elle avait tout vu, les hommes passés au fil de l’épée ou fusillés en lisant la Torah, adossés au murs de leurs petits pavillons. Les sauvages zaporogues, bardés de cartouchières, riaient en dénichant les familles cachées dans les caves et les greniers. Elle avait vu de sa fenêtre des enfants précipités des toits pour retomber embrochés sur des lances. A ses côtés, le Père Fedorov, la poitrine secouée de sanglots mal contenus, étreignait silencieusement son épaule. Mais le pire était le cri des femmes violées, qui tentaient de fuir nues dans la rue, sous la neige grisâtre, avant d’être rattrapées et clouées par les seins aux portes et aux volets des maisons. Ensuite, les mortelles cinglées des knouts labouraient les dos et les fesses, hachant sans répit les chairs sanguinolentes jusqu’à ce que les jambes des pauvres femmes se dérobent pour qu’elles mutilent elles-mêmes leurs poitrines transfixiées.

 

Au coin de la rue apparut soudain une gamine d’une douzaine d’années. Echevelée, en chemise de nuit, elle courait de toute la vitesse de ses petits pieds nus. Elle scrutait sans cesse les carreaux des fenêtres, espérant apercevoir un visage ami qui lui ouvrirait une porte. Elle courait, s’arrêtait, repartait. Un peu plus loin surgit à son tour un cheval au trot. L’Ataman Boulbanov aperçut sa proie et éperonna sa monture. Natacha se redressa pour sortir, mais la poigne du Père Fedorov sur son épaule resta inflexible. Le regard de l’enfant croisa d’un seul coup le sien, juste après qu’elle se soit retournée pour apercevoir la créature démoniaque qui galopait dans sa direction. Natacha n’oublierait jamais les immenses yeux verts chargés de reproche qui se détournèrent lorsque la petite fille se remit à courir dans une fuite éperdue. Lorsque le profil de prédateur du Tzin passa devant elle, à peine masqué par une toque en zibeline, Natacha serra les poings et se fit la promesse d’abattre un jour de ses mains le monstre.

 

Elle sentit qu’elle avait recouvré assez de forces pour ramper derrière un bosquet de fougères. Elle resta encore immobile quelques instants, attendant que les sauvages viennent s’emparer d’elle pour d’autres viols. Puis elle passa la tête au-dessus de la ligne verte qui ondulait paisiblement sous la brise. Les apaches dormaient toujours, en apparence. Elle se releva doucement, en restant accroupie, invisible parmi les hautes herbes, pour progresser lentement en direction des chevaux qui pâturaient. Elle flatta doucement de la paume de la main le naseau d’une jeune jument qui semblait la plus rapide des trois montures. Après l’avoir rassurée, elle défit ses rênes et la fit avancer silencieusement pour monter en selle le plus tard possible. Au bout de cinquante mètres, elle crut avoir apprivoisé la fine cavale et monta en selle. La jeune jument qu’elle montait pour la première fois se cabra légèrement et poussa un bref hennissement. Natacha regarda instinctivement en arrière. Mangas Coloradas avait surgi d’une petite clairière. Sans retenue aucune, car pas un guerrier ne le regardait, le Tzin fit un premier bond de six mètres. Natacha porta silencieusement la main à sa bouche. Le Tzin courait aussi vite que son cheval. Elle fouailla l’encolure de la jument d’une claque puissante et partit au galop. Elle n’avait jamais monté à cru. Très vite, elle dut raccourcir les rênes pour s’accrocher des deux mains à la crinière de sa monture, ballottée sur la croupe au rythme de la poursuite infernale.

Mangas Coloradas était infatigable. Tête enfouie dans les poils de la jument, elle ne se rendit pas compte que sa monture avait décrit un large demi-cercle qui l’avait ramenée devant le campement. Le Tzin diminua ses sauts lorsqu’il vit les apaches sortir enfin du petit bois. Deux d’entre eux étaient monté en selle. Ils partirent à la poursuite de Natacha avec des cris joyeux, la femme était nue, la journée était belle, la chasse serait bonne. Elle piqua des deux en serrant ses cuisses autour des flancs palpitants. Sa vulve qui frottait sur les poils rêches la démangeait horriblement, mais elle ne pensait qu’à regagner les hauteurs escarpées du col, droit devant elle. Lorsqu’elle entendit le sifflement du lasso qui refermait sa boucle autour de son torse, elle n’eut pas le temps de s’en débarrasser. Le chiricahua stoppa brutalement son poney et s’arc bouta pour la faire tomber. Elle roula au sol tandis que la jument continuait sa course folle. Elle resta assommée par le choc quelques instants, touchante incarnation de la grâce féminine meurtrie, ses pommettes hautes encore rougies par l’effort, la beauté de ses traits slaves soulignée par les rayons éclatants du soleil. Elle rouvrit les yeux en sentant que ses seins étaient manipulés. Lorsqu’elle réalisa qu’ils étaient soulevés pour rentrer dans la boucle de deux lassos, elle poussa un hurlement d’angoisse et se redressa vivement en tentant de se dégager. Une première secousse qui se répercuta atrocement au plus profond de ses glandes la fit trébucher en avant. Elle parvint à saisir au vol les lassos pour tirer dessus avant de tomber, amortissant le choc qui continua de les ébranler. Elle était à genoux, ses seins atrocement comprimés saillaient sur son ventre, lorsque les lassos se détendirent. L’haleine fétide du Tzin lui fit tourner la tête. Penché sur son cou, Mangas Coloradas lui lia rapidement les poignets dans le dos et susurra :

“ Je veux que tu me dises tout ce que tu sais sur les shadow-eyes ”. Natacha releva lentement son beau visage :

“ Jamais, espèce de monstre ”.

Le Tzin indiqua brutalement du bras la petite pampa qui s’étendait sous ses yeux. L’indien, un chiricahua au corps sec et long, éperonna doucement son cheval, forçant Natacha à se relever, les seins déjà violets. Le guerrier dirigea sa monture au petit trot vers un réseau de courts buissons que Natacha distinguait mal dans le halo dilaté de l’air surchauffé. Elle avait toutes les peines du monde à suivre le train modéré, tant son équilibre était précaire. Elle courait sur la pointe des pieds, attentive à maintenir lâches les cruels lassos. Elle était à ce point obnubilée par la ligne qu’ils formaient devant ses yeux qu’elle trébuchait continuellement contre des pierres qui s’enfonçaient sans cesse dans la paume de ses pieds ou déchiraient ses doigts recroquevillés. Elle avait vite préféré cette peine pourtant insupportable à celle qui envahissait ses mamelles lorsqu’elles étaient brutalement étirées par un contrecoup. Allongés démesurément, les amples tétins gorgés de sang pointaient tellement devant elle qu’elle pouvait en distinguer les pointes charnues sans baisser les yeux. Elle poussa un bref jappement de peur lorsqu’elle vit devant elle le champ de cactus hérissé d’épines menaçantes qui semblaient la guetter.

Le chiricahua éperonna brutalement sa monture devant les autres apaches qui s’étaient rassemblé pour profiter du spectacle. Natacha tomba brutalement en glissant sur la pulpe d’un cactus écrasé. Le sauvage se mit immédiatement au pas, car Mangas Coloradas ne voulait pas ruiner trop vite le corps magnifique. Malgré la douleur atroce qui se répercutait encore dans ses pauvres seins, Natacha entreprit de se relever, mais elle n’avait pas le temps de prendre un appui. Le féroce apache la traînait doucement, juste assez vite pour qu’elle reste allongée, et que son corps visite tous les petits cactus que la monture du renégat enjambait. Natacha n’avait jamais autant souffert. Des dizaines d’épines perçantes restaient fichées dans son corps, s’enfonçant plus profondément dans sa peau délicate chaque fois qu’elle se retournait sur elle-même pour en éviter d’autres. Elle hurlait continuellement, implorant la pitié de ses vainqueurs. De minces rigoles de sang se réunissaient en lignes baroques le long de ses flancs d’albâtre. Elle faillit s’évanouir plusieurs fois, elle crut à plusieurs reprises que les lassos allaient arracher ses seins affreusement torturés. Enfin, le Tzin donna l’ordre de mettre fin au supplice démoniaque.

 

Natacha gisait presque inconsciente sur le sol quand elle fut remise sur ses pieds sans ménagement. Elle fut traînée, presque tirée, au pied d’un arbre un peu plus grand que les autres, dont certaines des plus fortes branches jaillissaient perpendiculairement du tronc à près de deux mètres du sol. Les seins libérés, la jeune anarchiste fut sobrement ligotée par les poignets à deux lanières de cuir qui pendaient, assez largement écartées pour maintenir ses bras étendus comme si elle était crucifiée. Ses jambes flageolantes ne la portaient plus, et elle dut faire un effort immense pour soulager la pression qui cisaillait la chair diaphane de ses poignets. Puis elle vit avec horreur ses tourmenteurs approcher une petite torche de son corps. Elle murmura son refus “ Assez…non, arrêtez ”. Ce qui n’était qu’un prélude à des tortures plus atroces la fit pourtant incroyablement souffrir lorsque les maudits sauvages la débarrassèrent des quelques épines qui étaient restées incrustées dans son ventre et ses fesses. Telles des petites mèches, les épines se consumaient très vite, marbrant les chairs délicates d’auréoles sombres qui entouraient de minuscules trous de chair vive creusés par la combustion. 

Mangas Coloradas écarta d’une poigne vigoureuse les plantureuses mamelles meurtries et encore allongées en les soulevant. Il présenta les bouts de sein au contact des lèvres de la jeune russe. Elle qui n’aimait rien tant que lécher sensuellement ses pointes de sein détourna la bouche, blessée qu’il ait découvert son secret si intime. Il murmura doucement à son oreille, presque aussi tendrement que Roland :

“ Ils ne sont plus aussi beaux, maintenant, n’est-ce pas ?… Mais dis-toi que ce n’est rien à côté de ce qui les attend si tu ne parles pas. Allez, ne sois pas stupide, tu n’es pas encore vraiment mutilée ”. Natacha souleva ses paupière brûlées. La silhouette du Tzin dansait devant ses yeux. Elle parvint, dieu sait comment, à rassembler un crachat dans son arrière-gorge et stoppa le Tzin avant le début de sa prochaine phrase. Le mutant la dévisagea avec une joie mauvaise avant de siffler une série d’ordres dans le dialecte syncopé des apaches.

A son grand étonnement, la petite troupe ne bougea pas. Mangas Coloradas n’était pas leur chef, et ils avaient longuement discuté entre eux dans l’après midi, malgré la terreur que le Tzin leur inspirait. Le plus âgé des apaches survivants s’avança cérémonieusement. A l’issue d’une longue palabre, ils finirent par imposer le jugement des flèches au Tzin pour désigner un nouveau chef de guerre. Ils préféraient aussi conserver la captive vivante pour qu’elle leur serve d’esclave sexuelle.

A un contre six, Mangas Coloradas aurait pu facilement se débarrasser des renégats, mais il avait besoin d’eux pour traverser le Mexique en toute discrétion parmi les autres tribus apaches. Il acquiesça de mauvaise grâce, mais en trouvant immédiatement la parade. Il imposa que le vainqueur du jugement des flèches ait également le droit de choisir le supplice qui serait infligé à la jeune martyre. 

Deux apaches abattirent à grands coups de tomahawk un tout jeune arbre et en épointèrent les branches.

 

La main de Roland recouvrit l’œuf du vautour. Il patienta quelques secondes de plus, pour dominer le tremblement de sa main brûlante de fièvre. Il avait du attendre une nuit de plus, immobile, se pissant dessus, que le grand rapace, l’œil soupçonneux, cesse de le surveiller en gardien vigilant de son nid, en quête d’une proie plus accessible. Il savait qu’il avait rebondi de branche en branche deux jours avant. Il pouvait suivre vingt mètres plus haut à travers les trouées de la végétation la trace de la glissade qui l’avait projeté, inconscient, sur une de ces étroites plate-formes, prolongées par une petite grotte, qui truffaient la paroi du précipice. Il s’était réveillé le lendemain matin, rompu, incapable du moindre geste, sombrant à chaque instant dans un nouveau cauchemar. A grand peine, il perça de son couteau la mince coquille de l’oeuf pour le gober avidement et retomba en arrière, épuisé. 

 

Mangas Coloradas et les autres braves fourbissaient leurs traits. Chacun avait pris cinq flèches pour remplacer les pointes de fer par des petits galets ronds, parfaits pour assommer le petit gibier sans le déchiqueter. Ils avaient bien sûr un autre projet que la chasse, comme le comprit bien vite Natacha lorsqu’elle fut détachée pour être conduite entre deux poteaux reliés par une barre transversale un peu plus haute qu’elle.

Les deux apaches préposés à son supplice la soulevèrent brutalement en la renversant avant qu’elle ait pu protester. Ses chevilles furent solidement attachées à des liens de cuir plus épais et beaucoup plus courts que les précédents, qui la maintenaient tête en bas à un peu plus d’un mètre du sol. Ses bras dont les poignets étaient toujours liés furent étroitement ligaturés le long de son torse. Le pire était à venir, car un mince lacet de cuir mouillé, solidement fixé à une branche enfoncée dans le sol, la garrotta immédiatement après.

Elle gigota pour se redresser autant que ses puissants muscles abdominaux le lui permettaient. Les indiens apprécièrent ces trépidations lascives qu’elle interrompit bien vite devant l’inanité de ses efforts.

Ses tourmenteurs se divisèrent en deux groupes à une cinquantaine de pas, de part et d’autre de ses flancs. Le plus jeune des indiens banda rapidement son arc pour décocher une flèche molle qui retomba juste avant le corps frémissant. Honteux, il fit place à un autre renégat qui visa beaucoup mieux, car sa flèche percuta douloureusement la hanche de la jeune femme, lui arrachant un cri de souffrance. Certains autres apaches choisirent de tirer directement leurs flèches sans observer ce que faisaient leurs frères. Le vieux chiricahua, que Natacha reconnut malgré sa position à son bandeau rouge vif, était réputé comme tireur.

Ses deux premières flèches trouvèrent sans peine les fesse rebondies de la jeune russe, dont le corps évoquait un poisson sorti de l’eau au bout d’une canne à pêche. Il se relâcha légèrement après ce succès, se tournant avec vanité vers ses frères pour recevoir leurs compliments. Furieux d’avoir raté sa cible, il s’appliqua mieux pour ses deux dernières volées, touchant le torse en fracturant une côte, coupant un instant le souffle de Natacha. La douleur qui paralysait sa respiration fut exacerbée quelques secondes plus tard quand un caillou rond s’enfonça profondément dans la chair tendre de son sein avant de rebondir. Son rugissement étouffé valut de longs applaudissements au vieux chiricahua. Ensuite, les autres apaches choisirent d’alterner leurs tirs, car peu faisaient mouche tant les flèches lestées de pierre étaient lourdes.

Mangas Coloradas s’était réservé pour la fin. Les apaches qui attendaient un nouveau prodige de sa part ne furent pas déçus. Bandant son arc avec beaucoup plus de vigueur que les autres, il décocha avec une vitesse stupéfiante cinq flèches qui laissèrent Natacha pantelante de douleur. Dès la seconde flèche qui avait choqué son ventre, elle avait crié grâce en vain, alors que le Tzin continuait de décocher ses traits où il voulait. Une flèche percuta sa cheville, la rendant provisoirement invalide. Enfin, le Tzin prouva son habileté en touchant le cerne bleu qui indiquait le premier impact dans son sein. Natacha pleurait sans discontinuer, incapable de maîtriser les sanglots profonds qui soulevaient spasmodiquement sa poitrine.

Pourtant, ses gémissements de souffrance durent s’interrompre lorsque deux coins de bois furent placé au fond de ses mâchoires, écartées par la lame d’un couteau dont elle dut respecter le tranchant. Bouche ouverte et salivant malgré elle, elle vit le chiricahua au bandeau rouge venir chercher le deuxième prix.

Le plus vieux des apaches entreprit de violer longuement la bouche chaude et hospitalière. Il allait toujours plus loin, les mains solidement accrochées dans les tétins qu’il serrait fortement pour conserver son équilibre. Natacha souffrait terriblement de sa poigne vigoureuse. Autant que de l’étranglement combiné de la lanière et du bâton de chair au goût faisandé qui lui donnait envie de vomir. Le poignard d’une fermeté de bronze percutait sa luette à chaque poussée, accentuant la nausée qu‘elle tentait d’accompagner en déglutissant le plus souvent possible. Elle ne pouvait empêcher sa langue de s’agiter en tous sens, et de parcourir délicieusement le filet malpropre du sauvage. La tête renversée en arrière, le vieux renégat s’appliquait à retenir son plaisir sous les encouragements de ses frères, conscient que de sa vie il n’éprouverait plus jamais de telles sensations. La langue qui le léchait maladroitement le rendait fou, tant par le contact délicieusement abrasif de la pointe de la langue sur son gland que par la domination qu’il exerçait sur une superbe femme blanche. D’un seul coup, Natacha réalisa qu’elle prolongeait elle-même son supplice en se dérobant. Si elle ne pouvait mordre, du moins pouvait-elle, avec un effort modéré, refermer ses lèvres autour du long membre viril dont les testicules ridées battaient contre son nez. Le vieil indien sentit le puits profond se refermer sur son pénis brun, tel les mâchoires d’un piège, pour mieux pomper. Il cessa de bouger, les chevilles arc-boutées, pendant qu’il sentait sa semence aspirée remonter irrésistiblement le long de sa verge. Il se rendit en grognant, aspergeant l’arrière-gorge de Natacha d’un sperme âcre et épais qui descendit directement dans son estomac. Il continua d’éjaculer longuement sous l’œil amusé du Tzin avant de se retirer en laissant des macules crémeuses pendre au bout du nez de la jeune femme.

Alors, Mangas Coloradas harangua longuement sa petite troupe après avoir fait ligoter Natacha, assise devant le tronc d’un arbre. 

Des clameurs d’approbation jaillirent des poitrines profondes. Après avoir été reconnu comme chef de guerre sans contestation possible, Mangas Coloradas avait décidé de remettre en vigueur le plus ancestral des supplices apaches, tombé en désuétude depuis si longtemps que les plus jeunes des sauvages ne l’avaient jamais vu pratiqué.

Dès la tombée de la nuit, l’un des mescaleros avait entrepris de confectionner un tambour à partir d’une vieille souche creuse et de la peau boucanée d’un opossum. A la lueur rouge des flammes d’un grand feu de camp, les apaches dansèrent toute la nuit en souvenir de leur gloire passée, de leurs plus beaux faits d’arme et pour honorer leurs morts. Demain serait un grand jour, une belle journée non pour mourir, mais pour torturer la femme blanche qui avait tué tant de leurs frères. Ils hurlaient aux étoiles leurs farouches cris de guerre, tout en psalmodiant l’effroyable mélopée qui glaçait d’effroi Natacha : “ EyahEyah EyahEyah EyahEyahEh ”.

 

Loin au dessus de sa tête, les roulements de tambour lancinants martèlent leurs sons graves. Roland ferme les yeux et continue de délirer.

 

Dans l’hôtel particulier cossu et discret de l’avenue Abraham Lincoln à Washington, acquis par les shadow-eyes en hommage à deux des plus grands noms de leur confrérie, les immortels, rassemblés dans leur séminaire annuel, applaudissent longuement Roland.

A la lueur des candélabres haut perchés, Mark Twain lève son verre, suivi de bon coeur par Ambroise Paré, Léonard de Vinci, et Simon Bolivar un peu plus loin. Légèrement étourdi, Roland abrège son discours. Il repose sur l’immense table circulaire en bois cérusé l’arme forgée par les Tzins qu’a dérobée le jeune Karl Liebknecht. Celui qui sera un jour le leader du mouvement spartakiste a été longuement félicité avant lui pour cette action d’éclat historique. La première des reliques des Tzins, refaçonnée à Berlin en 1896, va pouvoir être confiée aux Pères fondateurs, dans le berceau brésilien des shadow-eyes. Roland est fier de la confiance que ses pairs lui ont témoignée. Dans la rue, il marche lentement, le cœur gonflé de confiance. Il est prévu que son périple prenne des voies détournées, car les Tzins vont certainement le pister. Première étape : Chicago.

 

Natacha n’avait pas pu fermer l’œil de la nuit, tant ses blessures superficielles la lançaient. Elle avait parfois plongé dans une sorte de coma halluciné d’où la tirait bien vite un hurlement plus sauvage que les autres, mais jamais plus de quelques secondes. Elle idéalisait sa prochaine rencontre avec le Tzin, se complaisant à l’insulter par anticipation, inventant ses tirades héroïques en réponse à l’infâme interrogatoire. Puis elle repensait à l’enfant qui disparaîtrait avec elle, et de grosses larmes roulaient silencieusement sur ses joues. Elle savait qu’elle n’avait de toute façon aucune pitié à attendre du Tzin et des redoutables apaches. Le petit jour la trouva épuisée, tremblante de fièvre, mais résolue.

Lorsque Mangas Coloradas vint lui dire que le temps de son supplice était venu, elle détourna fièrement son beau visage en lui disant ; “ Va en enfer, pourriture. Jamais je ne trahirai les miens ”. Le Tzin haussa les épaules et s’accroupit pour murmurer presque sensuellement “ Aujourd’hui, tu vas regretter d’être née ”.

Elle vit avec étonnement les indiens s’égailler dans la plaine, se demandant ce qu’ils pouvaient bien chercher avec tant de précautions au bout de leurs bâtons fourchus. Elle ne devait pas tarder à avoir la sinistre réponse.

Au bout d’une heure, les indiens avaient surpris, encore engourdis par la fraîcheur matinale, deux beaux crotales qu’ils ramenaient en les tenant soigneusement serrés par le col, juste sous la tête. Les deux reptiles sifflaient de colère en dardant leur langue fourchue, et leurs queues battaient continuellement les torses des deux guerriers tandis qu’ils revenaient au campement.

Natacha ne comprenait pas pourquoi des lianes s’enroulaient si violemment autour des mescaleros alors qu’elle ne sentait aucun souffle de vent sur la plaine.

Elle fut déliée et conduite sous la barre qui avait connu son précédent supplice, sans pouvoir se retourner pour comprendre ce qui était prévu pour elle. A la dernière seconde, alors qu’elle allait être à nouveau douloureusement suspendue tête en bas, garrottée, avec les jambes largement écartées qui révélaient délicieusement l’orée de sa féminité tapie dans ses longs poils blonds et bouclés, elle comprit quel instrument avait été choisi pour son supplice. Elle poussa un long hurlement de terreur inextinguible à la pensée que l’objet de sa pire phobie s’approcherait d’elle sous peu d’instants. Sa fermeté d’âme s’évanouit sans qu’elle se pose une seule question. Elle avait envie de vomir, elle se rappelait trop bien l’odeur de la couleuvre qui s’était enroulée autour de sa jambe un jour de promenade dans la steppe. Elle sentit une rigole de sueur couler entre ses seins et piquer ses yeux. Lorsqu’elle les rouvrit, elle aperçut dans son champ de vision étréci que, dieu merci, les farouches renégats se contentaient d’approcher une liane épaisse tout près des crocs des reptiles. Fous de colère, les crotales piquèrent à plusieurs reprises, sous les rires amusés des indiens. Puis, quand l’essentiel du venin fut retiré de leurs glandes, les apaches vinrent s’agenouiller devant Natacha. Ils levaient chacun la tête plate des reptiles, encore plus terrifiante vue par en dessous, lorsque Natacha craqua : 

“ ASSEZ ! ASSEZ !ASSEZ . JE VAIS PARLER, ENLEVEZ MOI LES SERPENTS ! JE VOUS EN PRIIIIIIIIIE, VIIIIIIIITE ”.

Sur un geste de Mangas Coloradas, les indiens se retirèrent.

Natacha avoua tout. Dans sa terreur panique, elle était presque incohérente, et le Tzin dut souvent lui reposer les mêmes questions pour être certain de la réponse. Avec des sanglots de honte et de pleurs mélangés, la fière libertaire redevint une petite fille prête à tout pour échapper à la punition. Alors, Mangas Coloradas se releva et donna un ordre bref “ Continuez de la torturer ”.

Sans un regard pour celle qu’il venait de condamner à mort, le Tzin s’éloigna jusqu’à sa monture. Il jeta un regard rapide derrière lui, certain de n’avoir pas été suivi, car les apaches avaient mieux à faire. Il fouilla quelques instants dans ses fontes avant d’en extraire une sorte de grosse boite d’allumettes. Le Tzin mit rapidement en marche le télégraphe sans fil et tapa en morse un rapport laconique sur la minuscule touche.

 

Pendant ce temps, le vieux chiricahua avait entrepris l’initiation du plus jeune des mescaleros. Malgré les supplications insensées de Natacha, ils s’étaient rapproché, dardant en direction de ses seins les têtes sifflantes dont la queue ondulait d’une façon incroyablement agressive. Le vieux chiricahua accomplissait, selon toute apparence, un rite qui célébrait la force et le courage du Dieu serpent. Tétanisée par l’angoisse, la jeune femme rentrait sa poitrine de son mieux à chaque passage des reptiles devant ses tétins dont les pointes étaient raidies par la peur. La cible charnue semblait se reculer toujours plus loin, et les autres apaches riaient comme des enfants tant le spectacle des contorsions désespérées de Natacha était érotique.

Elle n’avait pas vu venir le Tzin dans son dos. Elle sentit d’abord son ongle, aussi dur et long que la serre d’un faucon, séparer sa toison épaisse collée par la sueur. Un index froid et inquisiteur pénétra sa vulve, lui faisant oublier un court instant le danger imminent. Le doigt épais et rugueux s’enfonça de nouveau, la faisant sursauter avec moins de retenue. Deux doigts effleurèrent alors son clitoris, en revenant caresser ses petites lèvres, puis continuèrent de danser inlassablement sur ses parties les plus intimes. Malgré elle, son ventre s’avança alors que sa poitrine reculait. Ses muqueuses s’enflammaient sans qu’elle puisse se contrôler, alors qu’une part d’elle même restait morte de terreur, subjuguée par la danse hallucinée des crotales au-dessus de ses yeux, parfois dissimulée par ses seins opulents qui retombaient sur son nez. Chaque fois qu’elle sentait les têtes humides et froides des reptiles caresser le dessous de ses mamelles envahies par la chair de poule, elle poussait un petit cri très bref, de peur d’exciter davantage les serpents.

Son souffle devint court lorsque monta un orgasme irrépressible malgré la situation. Les indiens commentèrent abondamment sa jouissance, en soulignant qu’il fallait être aussi dépravé qu’une femme blanche pour prendre du plaisir dans de pareilles circonstances.

A l’instant où roula le tambour, Natacha s’attendit au pire. Tenant moins fermement au bout de leur doigts les têtes effilées, les bourreaux de la jeune femme cessèrent de déclamer leur longue litanie incantatoire et attendirent le second roulement solennel. Avec un ensemble parfait, ils avancèrent les reptiles. Natacha poussa un hurlement de terreur qui se mua en un cri démentiel lorsque les crocs s’enfoncèrent profondément dans la base de ses seins. Elle s’évanouit presque immédiatement quand les gouttes du venin résiduel se diluèrent dans les lobules de la poitrine épanouie.

Lorsqu’elle émergea du néant salvateur, elle prit tout de suite conscience de la boursouflure de ses seins dilatés. Les tétons marmoréens avaient quasiment doublé de volume et obstruaient presque son champ de vision. Ses lobules enflammés répercutaient des ondes douloureuses comme s’il avaient été piqués par des orties géantes. Ses seins avaient pris une vilaine couleur bleuâtre, marbrée de tâches vertes qui s’élargissaient jusqu’aux aréoles prêtes à éclater. Elle gémissait continuellement, maintenant :

“ NON-NON-NOOOOON, ARRETEZ, J’AI TOUT DIT, QUE VOULEZ-VOUS ENCORE ? OOOOOOHHH J’AI PEUR ”.

La prière n’émut nullement ses tortionnaires, car le rite sacré devait être appliqué jusqu’au bout selon le cérémonial ancestral.

Prenant avantage de la turgescence de ses muqueuses vaginales, deux mescaleros déposèrent au creux de sa vulve la liane au milieu de laquelle les crotales avaient déversé leur venin. La tenant chacun par un bout, ils entreprirent un lent mouvement de va et vient, séparant d’abord le profond tablier pour dégager la fragile corolle de son sexe. Lorsque la liane entra en contact avec ses grandes lèvres, Natacha frémit en comprenant quel nouveau supplice diabolique allait lui être infligé. Elle se cambra de toutes ses forces en tentant de resserrer en vain ses cuisses. Déjà, le venin attaquait tel un acide ses chairs les plus tendres. Ce fut bien pire lorsque la liane s’enfonça plus avant, développant progressivement son abrasion sur les tissus encore en éruption après son orgasme. Puis, ses bourreaux augmentèrent progressivement leur cadence infernale, sciant doucement les chairs à vif. Natacha était maintenant prise de spasmes incontrôlables. Elle criait comme une démente en sursautant continuellement, ses seins rebondissant lamentablement sur son torse. “ AAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHH “  “ JE VOUS EN SUPPLIIIIIIIIIIIIIIEEE ”. Sa voix se cassa au bout d’un moment, lorsqu’elle prit conscience du viol de son clitoris. Le passage de la liane au milieu de sa fente s’accéléra encore lorsque du sang tacha les fibres de l’infernal instrument. Au bout de longues minutes d’un épouvantable calvaire qui la laissa épuisée, au bord de la folie, elle prit conscience qu’elle n’était plus tout à fait une femme, et qu’elle demeurerait à jamais mutilée, excisée comme ces femmes africaines auxquelles le plaisir solitaire était refusé. Elle pleura de rage et de souffrance mêlées, avec de longs râles de bête piégée. Les gros yeux globuleux du Tzin se penchèrent d’un seul coup sur le joli minois défraîchi “ Je t’avais bien dit de me dire ce que tu savais tout de suite. Tu nous aurais fait gagner du temps. Tant pis pour eux… ”.Mangas Coloradas gloussa et ponctua son discours en saisissant sauvagement les seins énormes qu’il agita en tous sens à plusieurs reprises en riant de plus belle.

La douleur dans les mamelles monstrueusement ballonnées était indicible. Natacha n’imaginait pas qu’elle put souffrir davantage. Elle ne tarda pourtant pas à voir repousser ces limites lorsque les renégats se déplacèrent devant ses yeux.

 

Roland se mordit le poing pour hurler silencieusement sa rage et sa peine. Caché derrière un rocher au bord du précipice, il n’y avait rien qu’il puisse faire sans son arme dans un tel état de délabrement. Il ne lui restait plus qu’à attendre son heure, pour venger l’amour de sa vie et reprendre son arme. Il se força à détourner son attention, tête renversée en arrière, appelant la mort. Il était à nouveau dans la ferme où les chasseurs de prime étaient en train de pendre un émigrant polonais devant sa femme et ses enfants. Il dégaine, il souhaite mourir pour oublier Natacha, le regard épouvanté de la petite famille le retient à la vie, il gagne son duel, toujours et encore, la machine à tuer contemple maintenant les cinq cadavres frappés par la foudre, il lève son arme, il va délivrer Natacha, il glisse dans l’inconscience avec soulagement. La fin de Natacha lui sera épargnée. 

 

Des “ han ” de bûcheron rythment la cinglée impitoyable des guerriers. Les apaches qui ne participent pas au supplice scandent les coups en claquant dans leurs mains. Les coups de la liane séparée en deux entre ses tourmenteurs s’incrustent profondément dans ses chairs tuméfiées. Les seins pitoyables sont déformés, écrasé par le lourd paquet de fibres. Maintenant, de sinistres traînées rouges marbrent la peau autrefois éclatante, et les mignons tétins symboles d’amour et de

fertilité ne sont plus qu’un lointain souvenir. Allongés, avachis, noircis, ils ne méritent plus le nom d’appas que par leurs aréoles préservées par la volonté du Tzin, naguère glorieuses, aujourd’hui gorgées d’un sang carmin sous l’insoutenable pression de la flagellation.

 

Mangas Coloradas vient achever Natacha. Elle a presque perdu la raison, vaincue, elle cherche à se désincarner, cherchant dans l’espace éthéré ce qu’elle ne peut appeler Dieu. Un gémissement rauque franchit difficilement ses lèvres lorsque le Tzin promène une torche le long de ses seins ravagés. Il fait flamber doucement la peau, pour que Natacha ait le temps d’apprivoiser la nouvelle douleur. Puis il crève soigneusement les premières ampoules, s’appliquant à décorer les globes de chair d’une myriade de plaies à vif. Il pèle lentement les mamelles, ne laissant pas intact un seul carré de peau, ne s’interrompant que pour ranimer Natacha en urinant sur son visage et ses plaies à vif. Enfin, tout à la fin, lorsque les yeux de Natacha sont prêts à vaciller définitivement, il laisse sa torche un long moment sous les pointes de sein, observant avec intérêt d’abord la rétraction brutale des mamelons, tels un hérisson qui se recroqueville, puis la lente crémation des aréoles qui se fendent et brunissent avant de devenir cendres.

 

Natacha était au bord de ses derniers instants. Par un suprême effort de volonté, elle parvint à détacher les yeux de son corps ruiné…

Tout là haut, dans le ciel immaculé, court inlassablement une petite fille. La neige floconneuse éclabousse les fines chevilles bleuies par la bise. Elle se retourne de temps en temps, gracile musaraigne, avant de filer de nouveau. Parvenu enfin à sa hauteur, le Tzin lève son sabre et disparaît avec elle au coin de la rue…. Au même instant, par delà le temps et les âges, des milliers de tortionnaires lèvent leur fouet, leurs tenailles, leurs torches, leurs couteaux…

 

Mangas Coloradas se réveilla brusquement. Il éprouva de sa main le contact rassurant du Mauser, juste avant de sentir le contact poisseux du liquide qui dégoûtait de ses doigts. Il n’eut pas conscience d’avoir porté la main sur sa carotide tranchée avant d’avoir ouvert doucement les yeux, à peine conscient de son extrême faiblesse. Il s’étonna de ne pas voir scintiller les étoiles et eut l’impression qu’un ciel de plomb tombait sur son visage juste avant que la pierre ne fracasse ses traits. Roland se redressa lentement, à bout de forces. Il venait d’achever le dernier des assassins de Natacha. Sa main tremblait lorsqu’il remit son Bowie-Knife dans son étui de bottes, et il dut s’aider de sa main gauche pour ne pas se blesser. Il cracha sur la dépouille sans vie du Tzin avant de s’emparer du Mauser.  

 

 A SUIVRE : SEPTEMBRE 14

 

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Prisonnière des Apaches

The name says all, comme ils disent. En fait, après l'avoir traduite, j'ai un jour trouvé une version beaucoup plus soft de cette histoire, c'était une partie d'un texte qui exposait les fantasmes d'une femme. Apparemment, elle a été du goût d'un mâle qui l'a "musclée".

                                                 Prisonnière des Apaches

                           (Titre original : Apache captive, unknown author )

Les Apaches semblèrent surgir du néant. Peggy Wilson et Sam, son mari, se rendaient en chariot de la gare à leur nouveau ranch, quand, brusquement, à moins de 200 mètres du chariot, une vingtaine de sauvages à cheval apparut sur la crête. Aussitôt, Sam fouetta l’attelage, mais il était évident que les chevaux fatigués de tirer le chariot ne pourraient distancer les poneys rapides des Apaches. " Prends les rênes ! " hurla-t-il, tout en sortant le fusil du coffre.
Peggy s’empara des brides en cuir d’une main experte en regardant Sam avec détermination. Le visage de son époux était également tendu lorsqu’il fit monter une balle dans la chambre de son fusil.
“ On ne peut pas les laisser nous capturer vivants ”, dit-il calmement. “ Et toi en particulier, Peg ”.Elle n’avait pas besoin qu’on lui fasse un dessin. Elle avait grandi dans le Nouveau-Mexique, et elle savait dans quel état les apaches laissaient un ennemi après l’avoir capturé. Comme les sauvages et païens qu’ils étaient, les apaches prenaient du plaisir à torturer leurs prisonniers, et il n’y avait rien de plus délectable pour eux qu’une femme blanche, tout spécialement lorsqu’il s’agissait d’une blonde aussi désirable que l’était Peggy Wilson.
Mais Peggy n’eut pas de chance en cette journée de juin 1876. Sam eut juste le temps de tirer un seul coup de feu en direction de leurs poursuivants avant qu’un tir heureux ne le frappe en pleine poitrine.
Avant qu’elle ait pu réaliser qu’il avait été touché, il bascula par dessus le chariot. Le pire, c’est qu’il emportait le fusil avec lui, laissant son épouse bien-aimée à la merci des apaches qui surgirent de chaque côté du chariot et stoppèrent progressivement les chevaux. Peggy se retrouva ainsi abandonnée et désarmée tandis que des bras puissants et hâlés la faisaient dégringoler du chariot. Elle était terrifiée comme elle ne l’avait jamais été pendant qu’elle frappait vainement ses ravisseurs qui l’encerclaient en riant et en la poussant, tout en se réjouissant de la terreur de leur adorable captive. Par une cruelle ironie du sort, Peggy et Sam s’étaient trouvés à quelques minutes d’être en sécurité, ce qu’elle découvrit après avoir été chargée sur un cheval et conduite sur quelques centaines de mètres par une route qui s’enfonçait dans une crique. Tout au fond, il y avait un campement de tuniques bleues que les indiens assiégeaient.
D’abord, Peggy pensa pouvoir être secourue, mais cet espoir se réduisit en cendres lorsqu’elle regarda les bords du précipice. Les apaches étaient partout. Les soldats tapis en contrebas étaient aussi prisonniers qu’elle. Sauf, comme elle le pensa avec amertume, que la plupart pouvaient espérer une mort rapide et échapper au tragique destin que ces sauvages lui préparaient. A son étonnement, rien ne se produisit d’abord. On lui donna de l’eau et on la laissa seule avec deux gardes, à contempler intensément les visages minuscules des soldats qui montaient la garde. A l’évidence, les apaches avaient tué les chevaux qui tiraient les chariots, clouant sur place les soldats qui étaient manifestement des fantassins et pas des cavaliers. Les autres apaches engagèrent une conversation animée mais incompréhensible. Le chef du parti de guerre, aisément reconnaissable grâce à ses plumes et à la déférence que lui témoignaient ses braves, sortit du groupe pour se diriger vers elle à grands pas et la renversa par terre dos au sol. Des mains fortes la tinrent immobile tandis que sa jupe était remontée sur son visage et que ses dessous étaient tirés par-dessus ses hanches.  Le poids du chef la cloua d’un seul coup sur le sol tandis qu’il s’introduisait entre ses jambes. Elle sentit un pieu dur pénétrer dans son vagin, que seul Sam avait jamais honoré, et elle sursauta en se débattant. Par la suite, son instinct de survie reprit le dessus lorsqu’elle se souvint qu’il y avait des issues bien pires que le viol. Elle se força donc à ignorer le sauvage puant qui râpait son dos sur le sol pour la forcer à faire venir ses hanches à la rencontre de son gourdin redressé, l’accompagnant à son rythme, essayant de lui donner du plaisir dans une tentative désespérée pour survivre. Tout ceci fut en pure perte. Plusieurs autres braves la violèrent également, mais avec ses dessous retroussés, elle ne pouvait pas les voir. Elle essaya bien de leur en donner pour leur plaisir comme avec le chef, mais, sauf quand ils grognaient au moment de leur décharge, ils ne manifestaient rien. Après ça, ils la laissèrent seule, en lui redonnant de l’eau mais toujours pas de nourriture. Elle eut un mauvais pressentiment, car elle se souvenait avoir entendu dire que les captifs à qui l’on donnait à manger jouissaient d’un certain statut.
Vers la fin de l’après-midi, deux braves se mirent à creuser de leurs mains un trou dans le sol sablonneux, d’environ deux pieds de large et quatre de long. Deux autres braves remirent Peggy sur ses pieds pour l’emmener chercher du bois avec eux. La fille blonde commença par refuser, mais l’un des braves fracassa une branche de mesquite sur son dos pour la faire bouger. Quand ils eurent tous les trois les bras pleins de bois sec et de branchages, ils retournèrent sur la crête de la colline et laissèrent tomber le bois dans le trou profond d’à peu près un pied. Après que le bois sec eût été allumé, du bois vert, cette fois, fut rassemblé et jeté dans le feu, qui brûlait violemment maintenant. Peggy continuait de rassembler du bois, stimulée à l’occasion par une cinglée sur sa croupe, jusqu’à ce qu’elle soit finalement autorisée à s’arrêter. Un horrible soupçon commença à peser sur sa poitrine tandis qu’elle rassemblait le bois, et sa crainte se transforma en certitude lorsque les regards des sauvages à la peau foncée commencèrent à se partager entre elle et le feu, tandis qu’ils gloussaient avec une joie sauvage.
C'est à ce moment qu'elle comprit avec une horrible certitude que ce feu lui était destiné! Peggy se mit alors à paniquer, et c'était compréhensible car nulle personne saine d'esprit n'eût pu facilement envisager l'horreur à laquelle elle était maintenant confrontée. A trois mètres, la chaleur des flammes était déjà incommodante, mais bientôt les Apaches allaient venir la chercher, ils la disposeraient au sommet du bûcher, ou peut-être sur le côté, pour rendre sa mort plus lente et plus cruelle.
Tout soudain qu'il fût, son bond ne prit pas les Apaches par surprise; ils avaient déjà joué à ce jeu cruel un si grand nombre de fois qu'ils attendaient cette réaction. En fait, s'ils la laissèrent s'échapper, c'était seulement par jeu. Quelques guerriers puissamment musclés eurent tôt fait de la rattraper et de la forcer à détourner sa trajectoire qui l'eût conduite au pied de la colline en direction des soldats. Elle tenta bien de les esquiver mais ils se montrèrent bien plus agiles qu'elle ne l'avait jamais été, et ils la forcèrent à incurver sa course en un cercle complet alors même qu'elle essayait de fuir le bûcher. Et soudain Peggy se retrouva ramenée à l'endroit exact où sa fuite avait commencé, à côté du feu, haletante, en nage et épuisée.
Elle chercha une faille dans leur encerclement, mais des hommes élancés et bronzés bloquaient chaque issue. Avec un cri de frustration mêlé de désespoir, Peggy s’effondra par  terre en sanglotant.
Pendant ce temps, alors que le soleil commençait à donner, le feu s’était réduit à un lit de braises qui remplissait complètement le trou creusé dans le sol.
Lorsque des bras puissants la remirent debout, ses yeux avaient séché, mais ses larmes avaient étalé des traces de poussière sur ses joues.
Son esprit était vide lorsque le chef s’avança vers elle tandis que ses braves l’entouraient pour saisir solidement ses poignets.
Son visage plat et hâlé était parfaitement inexpressif lorsque ses doigts durs empoignèrent le col de sa robe pour l’arracher, la faisant tituber lorsque la robe se déchira jusqu’à la taille. La peau douce et laiteuse de ses épaules se révéla au-dessus de sa combinaison lorsque les lambeaux de sa robe furent passés par dessus ses bras.
Peggy tenta bien de résister, éclatant en sanglots de honte, mais ses mains demeurèrent fixées sur ses flancs, elle aurait aussi bien pu tenter d’ébranler un chêne. D’autres mains s’emparèrent des attaches desserrées, les tirant et les arrachant jusqu’à ce que sa robe bleue forme un tas de chiffons à ses pieds. Son jupon fut défait autour de sa taille avec beaucoup plus de soin. La raison en était que l’un des braves voulait récupérer cette pièce d’habillement avec ses volants.
Après qu’il l’eût enlevée de Peggy, il la fixa autour de sa taille dans une parade grotesque.
Deux autres braves délacèrent promptement ses souliers et les déchaussèrent, ne laissant Peggy vêtue que de ses sous-vêtements de soie blanche et de ses bas fins.
C’est presque avec douceur que le chef fit glisser sur ses épaules les bretelles de sa combinaison. 
Peggy pleurait en proie à un désespoir total en tentant vainement d’échapper aux mains qui tenaient solidement ses poignets, mais ses soubresauts n’avaient pour effet que de faire descendre sur sa taille ses sous-vêtements, révélant complètement sa ferme poitrine et la jolie ligne de son dos nu.
Il suffit de la tirer par dessus ses hanches et sa combinaison fut à terre, laissant Peggy complètement nue, à l’exception de ses bas, devant presque une centaine de sales indiens. Ils la reluquèrent tout en s’esclaffant tandis que ses bas lui étaient promptement retirés. Son caleçon avait disparu pendant le viol, et maintenant elle tremblait comme une feuille, son corps fait pour l’amour complètement nu. Peggy était seulement âgée de 22 ans en ce terrible jour de 1876, elle était debout, nue et tremblante en face des sauvages couverts de poussière et elle était l’incarnation même de la vulnérabilité de la beauté féminine. Sa peau était pâle et parfaite, parsemée de tâches de rousseur sur ses épaules et le haut de ses seins. Sa taille était mince, mais ses hanches étaient pleines et féminines. La ligne de son ventre plat était interrompue par son nombril qui surplombait le renflement de son pubis moussu et blond comme les blés. Ses seins très gros et parfaitement dessinés saillaient largement. Ils étaient très développés à leur base et ne tombaient pas du tout, tressautant à peine lorsque Peggy fut poussée sans ménagement vers un wagon militaire. La pauvre fille était pleine de reconnaissance de n’avoir pas été exposée au feu, mais lorsqu’elle fut plaquée contre la large roue du chariot, le bas du dos comprimé contre la jante rugueuse de la roue, elle ne savait presque rien de ce que les apaches avaient prévu pour elle. 
Elle se débattit vaillamment mais en pure perte, car une corde étroitement serrée autour de sa taille et de la jante de la roue lui coupa le souffle. Alors, elle fut courbée en arrière jusqu’à ce que ses épaules touchent la roue et ses bras furent ramenés au dessus de sa tête. Des cordes furent passées autour de ses poignets et de ses coudes, puis étroitement serrées afin de bien l’attacher à la roue. Ensuite, la roue fut tournée et ses pieds décollèrent du sol, afin que ses genoux et ses chevilles puissent être également liés à la roue. Lorsqu’ils en eurent terminé, le corps de la jeune femme blonde étroitement ligoté à la roue était arqué en arrière et penché en avant en dessinant un “C”. Le chef s’approcha du chariot pour inspecter les liens de Peggy. Il eut un grognement d’approbation pour la cruauté avec laquelle elle avait été ligotée, car les liens creusaient un profond sillon dans sa tendre chair. Il salua les soldats en contrebas et dit dans un anglais passable : “Maintenant, nous allons voir comment toi savoir mourir”.
Peggy l’implora “S’il vous plait, si vous voulez m’ôter la vie, au moins faites le vite”.
Le chef gloussa de rire “Jamais rapide, cheveux-jaunes. Tu vas crier pour nous, et aussi pour ventres-bleus. Si tu cries assez fort, peut-être eux venir  te chercher”.
Son rictus dans la lumière déclinante frappa Peggy de terreur.
“Mais n’y compte pas. Pense seulement à bien crier pour nous, longtemps, très longtemps”.
L’un des braves voulut la scalper, mais le chef l’arrêta.
Il proféra un ordre inintelligible, et la longue crinière blonde de Peggy fut enroulée en un tour complet autour du rayon de la roue, ce qui maintenait sa tête étroitement appliquée contre le bord.
Peggy fut prise de nausées lorsque les braves se rassemblèrent autour du wagon pour le faire rouler sur trois roues jusqu’au dessus du feu sans faire tourner la sienne.
Arrivés au-dessus du feu, ils donnèrent une poussée, et le coin du wagon où elle se trouvait fut perché sur une pile de roches, avec la partie inférieure de la roue qui soutenait Peggy à deux pieds au-dessus du lit de charbons.
Elle pouvait sentir les premières vagues de chaleur, elle se sentit presque apaisée tant l’air chauffait rapidement.
Mais bientôt commença la véritable horreur lorsque Peggy s’aperçut que la roue commençait à tourner. Elle se débattit et gémit lorsque la roue tourna davantage.
Elle était cruellement pliée en arrière, et le poids de son corps commençait à être porté plus par les liens rugueux que par la jante en métal de la roue.
Un gémissement franchit ses lèvres lorsqu’elle sentit ses pieds nus s’approcher de plus en plus des braises atrocement brûlantes. Ses orteils se tortillèrent et se rétractèrent devant les vagues de chaleur qui montaient. Peggy se mordit la lèvre pour retenir son cri, mais la chaleur dévorait constamment ses pieds.
Elle se mit bientôt à haleter lorsque le bas de ses jambes fut tourné au dessus du lit de braises rougeoyantes.
Sa peau se racornit lorsque la chaleur mangea sa chair. La roue continua de tourner et le feu attaqua la peau douce de ses cuisses bien en chair.
Ensuite ce fut le tour de ses hanches, provoquant le premier cri aigu de la jeune captive en proie à une véritable frénésie.
Elle pouvait maintenant voir en dessous d’elle le feu qui montait vers son ventre plat. 
L’horreur comme la douleur lui étaient également insupportables, et elle émit un hurlement  venant du tréfonds de son âme qui ne fut que trop audible pour les soldats en contrebas.
Ses cris provoquèrent une émotion fébrile chez les tuniques bleues piégées et plusieurs entreprirent de gravir la colline pour lui venir en aide.
Un sergent endurci par l’expérience de vingt années passées sur la frontière parvint difficilement à les faire revenir.
“On ne peut rien faire pour cette pauvre femme. Elle est morte depuis la minute où elle a été capturée par ces maudits Apaches”.
Il cracha sur les flammes du feu de camp en haussant les épaules :
“ Maintenant, ils vont la faire crier aussi longtemps qu’ils pourront, en espérant qu’on va monter à l’assaut pour la sauver. Et même si on ne le fait pas, ils savent qu’on ne pourra pas dormir ”.
Les hurlements les plus fous franchissaient maintenant la colline, et lorsque le sergent ajusta ses jumelles sur le feu qui surplombait la colline, il put juste entrevoir la tête de la fille et ses pieds qui dépassaient de la crête. Ce qui signifiait que ses jambes et son torse étaient maintenant immobiles au dessus des flammes qui les caressaient. Il eut un frisson d’horreur, il aurait voulu que les carabine à répétition aient une portée leur permettant d’atteindre la colline et de mettre fin aux souffrances de la pauvre fille.
Si seulement nous avions, ne serait ce qu’un seul fusil Henry, pensait-il, ça serait à notre portée. Mais pas pour ces petites Winchesters anémiques.
Peggy fut à nouveau tournée, et il aurait été difficile de dire si c’était pire quand le feu attaquait une nouvelle portion de son anatomie ou quand il se concentrait sur le même endroit.
Mais pour l’heure, ses seins lourds dansaient tout au dessus des flammes. La douleur était au delà de toute compréhension, mais les cris de Peggy diminuèrent d’intensité lorsque ses poumons refusèrent d’aspirer l’air embrasé qui montait des charbons à la lueur rougeoyante.
Les Apaches ne la laissèrent qu’un moment avant de tourner la roue en sens inverse jusqu’à ce qu’elle se retrouve sur son dos,  face aux étoiles insouciantes, à aspirer à pleins poumons un air un peu plus frais.
Chaque pouce de son corps la piquait terriblement, maintenant qu’il était écarté du feu. Elle resta ainsi pendant plusieurs minutes, tandis que les soldats pensaient qu’elle était peut-être morte.
Mais alors la roue fut de nouveau tournée, et ses cris de folle leur apprirent  qu’elle n’était que trop vivante lorsqu’elle pendit de nouveau dans ses liens au dessus du feu.
La chaleur s’empara d’elle à nouveau des pieds jusqu’au seins, et à nouveau elle fut ramenée en arrière dans une lente giration ponctuée par ses gémissements et ses suppliques. Mais cette fois, lorsque Peggy fut maintenue en l’air avec des hurlements qui semblèrent durer une éternité, les apaches ne lui laissèrent aucun répit.
Tandis qu’elle demeurait allongée nue et sans défense sur la roue à reprendre son souffle et que ses hurlements se réduisaient à des sanglots spasmodiques et grinçants, elle ressentit une morsure aiguë dans l’une de ses hanches car l’un des apaches venait d’enfoncer une épine de cactus dans sa chair brûlante. Elle poussa un cri lorsqu’une autre épine s’enfonça dans sa cuisse bien faite, causant une nouvelle forme de douleur à la jeune femme blonde. Les deux épines n’étaient enfoncées que de quelques centimètres dans sa chair tremblante, mais elle allaient être suivies par bien d’autres.
Peggy se contracta et poussa un cri perçant lorsqu’une épine acérée fut enfoncée dans le côté d’un sein, puis une autre sous son aisselle en sueur, puis dans la chair tendre de ses bras, puis encore dans ses seins, son ventre plat, ses jambes, sur un flanc entre les côtes. Ses hurlements gagnèrent en intensité lorsque les épines furent enfoncées dans la plante des pieds et même entre les doigts.
Elle souffrit terriblement lorsque plusieurs épines furent directement plantées en plein milieu de ses bouts de seins charnus et roses et tout autour dans les replis des aréoles. Peggy était rendue à un tel degré de souffrance par la torture des épines qu’elle ne réalisa pas tout de suite que la roue recommençait à s’ébranler. Mais elle prit conscience d’une nouvelle torture lorsque ses pieds se retrouvèrent au-dessus des charbons.
Les apaches la firent lentement bouger jusqu’à ce que son opulente poitrine  pende à nouveau au dessus des flammes dévorantes, et elle demeura complètement suspendue par les cordes qui la liaient. Alors, la roue se remit à tourner tandis que Peggy secouait la tête de tous les côtés comme une folle, les yeux complètement clos, essayant d’échapper à la chaleur envahissante qui semblait peler la peau de son visage.
Cette fois, lorsque Peggy reprit sa respiration, les épines de cactus étaient en feu. Elles brûlaient parfaitement bien jusqu’à ce qu’elles aient atteint sa chair racornie, ainsi qu’en attestèrent ses hurlements hystériques et ses contorsions.
Il y en eut encore d’autres qui s’enfonçaient dans sa chair douloureuse, chacune étant accueillie par un cri insensé. Ses seins joliment dessinés souffraient cruellement, ainsi que ses aisselles, son ventre et ses jambes exquises. Alors, ils la firent de nouveau rouler en arrière au-dessus des charbons ardents, ce qui fût accompagné d’une série de cris grinçants dus à une souffrance mortelle  .
Alors que les heures de cette nuit s’écoulaient si lentement, Peggy fut tournée au-dessus du feu toutes les cinq minutes. Les apaches enduisirent tout son corps nu de graisse de porc pour protéger sa peau de la chaleur et leur permettre de la torturer plus longtemps.
La graisse faisait luire sa peau au grain serré à la lueur du feu, et ses cris perçants avaient bien maintenu réveillés les soldats.
Les apaches n’en avaient jamais assez de la voir souffrir. Il y avait toujours foule pour voir le feu envelopper sa chair blanche, malgré la nécessité de conserver un œil sur les soldats piégés plus bas.
Elle fut de nouveau largement bardée de graisse, des doigts durs s’attardant dans les replis de sa douce féminité lorsque l’onguent glissant fut appliqué sur chaque pouce de sa peau qui était exposé au feu. Et chaque fois que Peggy n’était pas en train de gigoter au-dessus du feu, c’était une séance qui semblait interminable de nouvelles épines enfoncées dans sa peau fine, ce qui donnait maintenant à son corps nu l’apparence d’une sorte de moustache diabolique   
Maintenant, lorsqu’elle était tournée au-dessus du feu, la graisse fondait et tombait goutte à goutte sur le feu.
Chaque gouttelette éclatait en flammes, projetant des flammèches et des étincelles qui venaient lécher sa pitoyable nudité. Quelques unes des centaines d’aiguilles de cactus qui perçaient sa peau prenaient feu également lorsqu’elle se retrouvait au-dessus du foyer, et son corps ficelé comme un saucisson était parsemé de nombreux petits points enflammés lorsqu’elle fut de nouveau roulée en arrière. Elle criait plus fort lorsque ces flammes descendaient sur sa tendre chair, et lorsqu’elle s’arrêtait, c’était le signal pour enfoncer d’autres épine de cactus dans sa chair parcourue de convulsions.
Plus tard, des liens furent attachés aux rayons de la roue, afin que les apaches puissent en contrôler la position au dessus du feu et mieux maintenir Peggy au-dessus du brasier.
La roue tourna de nouveau, exposant son corps nu des pieds jusqu’aux seins, puis encore une fois en arrière, en avant, en arrière, la faisant maintenant crier de façon presque continuelle. Le divertissement continua le reste de la nuit, jusqu’à ce qu’un rayon de soleil pointe à l’horizon.
Le soleil du matin trouva une jeune femme désirable brûlée sur tout le devant du corps, avec sa peau d’une délicate carnation qui avait grillé en un brun graisseux.
Mais Peggy vivait encore et elle était capable d’endurer bien d’autres souffrances avant de rendre son dernier soupir. La douleur avait rendu Peggy virtuellement incohérente lorsqu’elle fut finalement libérée de la roue. On lui donna à boire de l’eau, qu’elle but avidement. Elle n’y pouvait rien, sa volonté de vivre était la plus forte même si la destruction de sa peau rendait toute guérison impossible.
Même le plus léger effleurement d’une main sur sa peau brûlée provoquait un cri strident de douleur.
Mais lorsqu’elle eut bu sa ration, les apaches la traînèrent entre quatre pieux profondément enfoncés dans le sol. Sa faible résistance fut ignorée tandis qu’elle était solidement clouée dos au sol, jambes et poignets écartés et attachés aux pieux par des lanières de cuir mouillé.
L’un des apaches mit son couteau à chauffer dans un feu jusqu’à ce qu’il grésille, puis il revint près de la fille attachée. Un autre tint fermement sa tête tandis qu’elle voyait le couteau approcher de son œil. Elle ferma les yeux sans que cela puisse l’aider.
Elle ressentit une ligne de feu qui parcourait le bord supérieur de sa paupière que l’apache découpait habilement de la pointe acérée de son couteau. Horrifiée, elle vit sa paupière se détacher tout simplement, laissant cligner follement son œil. L’autre œil reçut le même traitement, et l’aveuglante luminosité du soleil matinal transperça ses yeux comme un pic à glace.
Peggy était en larmes après sa mutilation, lorsqu’un apache souleva sa tête pour l’obliger à contempler son corps nu sur toute sa longueur. L’un des apaches s’approcha d’elle en tenant avec précaution un scorpion par la base de sa queue. La queue remuait en tous sens car le scorpion tentait de se libérer. L’apache fit descendre la hideuse créature sur son sein droit, qui se soulevait et s’abaissait au rythme de sa respiration. Lorsque le scorpion s’approcha très près, Peggy creusa sa poitrine au maximum. N’osant plus respirer, elle le surveillait avec horreur lorsque le coup de queue suivant lança le dard chargé de venin droit dans son bout de sein. Peggy se redressa brutalement en hurlant lorsque de la lave en fusion sembla remplir son mamelon et se répandre dans tout son sein. Mon Dieu, cela faisait si mal !
Et ensuite il y eut un autre scorpion qui plana sur son sein gauche et fut obligé de piquer profondément dans son bout de sein.   
Alors que la fille nue avait pratiquement décollé du sol dans l’angoisse de ce qui l’attendait, elle fut entourée d’une multitude d’apaches, chacun porteur d’un ou deux scorpions dont la cible étaient ses mamelles palpitantes. Chaque piqûre sur sa peau brûlée était comme un trait de feu à travers ses seins qui gonflèrent très vite.
Sa poitrine était pratiquement paralysée par la douleur et elle pouvait à peine respirer, encore moins crier. Les apaches la laissèrent reprendre sa respiration pendant environ cinq minutes, puis ils revinrent avec d’autres scorpions. Ils avaient du les capturer cette nuit, lorsque les scorpions étaient sortis pour chasser, et elle endura de nouveau la terrible morsure des piqûres, encore et encore, jusqu’à ce que le venin se soit complètement répandu dans ses seins délicats.
Lorsque le soleil fut monté plus haut dans le ciel, la torture sur ses seins s’arrêta et les cris de Peggy se réduisirent à des gémissements. L’un des apaches s’en revint avec un lit de fourmis rouges disposé sur une planche du chariot.
Les fourmis rouges excitées se répandirent sur toute la planche lorsqu’il la disposa soigneusement entre les cuisses largement écartées de Peggy. Ses jambes étaient complètement écartelées et les lanières avaient commencé à rétrécir, mais même ainsi Peggy fit un gigantesque effort pour les refermer tandis que grouillait, mordait, piquait une multitude de fourmis qui déferlait entre ses cuisses, sur ses lèvres vaginales et sur son pubis.
Ses cris recommencèrent lorsque les fourmis commencèrent à piquer et mordre sa motte et le haut de ses cuisses. Un autre apache plaça le même genre de fourmilière entre ses seins dilatés. Ses cris gagnèrent en intensité lorsqu’un nombre invraisemblable de fourmis rouges furieuses se répandit sur ses seins roussis et hypersensibles, juste devant ses yeux qui clignaient affolés.
Le martyre sur sa peau brûlée était abominable, et la fille déjà condamnée ne pouvait même plus bouger alors que les piqûres et les morsures se propageaient depuis l’entrecuisses et sa poitrine.
Ses hurlements à glacer le sang descendirent jusqu’aux soldats cloués plus bas, qui ne parvenaient pas à imaginer quelles horreurs pouvaient arracher de tels sons de douleur inhumains de la gorge d’une femme.
Les soldats situés en contrebas ne pouvaient voir la fille écartelée sur les hauteurs, mais ses hurlements incessants les rendaient tous fous. Pendant tout ce temps, Peggy continua de souffrir et de crier. Ses cris étaient souvent quelque peu étouffés par les fourmis qui se répandaient même jusque dans sa bouche et ses narines.
Les fourmis avaient recouvert ses yeux sans paupières, dévorant les tissus mous en dépit de la vigueur avec laquelle elle secouait sa tête en tous sens. Rien n’y fit, rien ne vint la protéger de la morsure des fourmis et de la sauvagerie de ses ravisseurs.
Maintenant que le soleil était à son zénith, les fourmis avaient piqué et dévoré sa peau au point qu’elle semblait avoir été pelée des genoux à la gorge. Comme elle ne pouvait pas fermer les yeux, les horrible insectes avaient également dévoré ses globes oculaires, la laissant aveugle dans son martyre.
Et malgré tout, la jeune femme blonde dénudée vivait et criait encore, même pas prête à mourir, quoique son esprit ne soit plus capable de fonctionner autrement que comme celui d’un animal fou de douleur. Pour d’autres réjouissances et également pour attiser la fureur des soldats pris au piège, les apaches finirent par libérer Peggy du sol. Ils la débarrassèrent des fourmis, en provoquant des cris de douleur par leurs rudes attouchements sur sa peau boursouflée et écorchée. Ils la traînèrent jusqu’à deux poteaux dressés à quatre pieds l’un de l’autre et l’exhibèrent au-dessus de la colline de sorte qu’elle puisse être clairement visible par les soldats.
Bien sûr, Peggy ne pouvait plus rien voir ni personne. Elle pouvait seulement marmonner ses prières de miséricorde à travers ses lèvres et sa langue congestionnées par les piqûres des fourmis.
Mais les apaches ne connaissaient pas le sens du mot pitié. Cette nouvelle posture qui dégageait son dos relativement épargné, allait permettre à ses ravisseurs de nouveaux divertissements. Pendant ce temps, les soldats situés en contrebas pouvaient maintenant contempler avec leurs jumelles la jeune femme blanche ligotée. Le sergent poussa un juron de pitié lorsque ses jumelles lui révélèrent l’image de la blanche torturée d’assez près pour lui permettre de bien voir les terribles tortures qu’elle avait enduré toute la nuit et en ce matin d’enfer. Il les vit attacher ses poignets avec des cordelettes en cuir humide qui pendaient du sommet des poteaux, jusqu’à ce que ses bras soient complètement étirés tandis qu’elle était soulevée sur la pointe des pieds. Alors, ils tirèrent ses pieds sur les côtés en la laissant suspendue par les poignets, puis ils maintinrent sévèrement allongées ses fines chevilles. Ceci augmentait la tension sur le corps nu de Peggy tandis qu’elle était écartelée en l’air.
A nouveau, ils se servirent de cuir mouillé pour lier ses chevilles. Maintenant, aucune partie de son corps si bien proportionné ne pouvait échapper à l’attention de ses ravisseurs sans merci. Le chef du parti de guerre entreprit de la scalper, en réunissant sa crinière blonde puis en faisant courir une incision le long du bord de sa chevelure, tandis que deux braves agrippaient solidement sa tête. La souffrance fut atroce lorsque la racine de ses cheveux fut tirée en l’air et que la peau fut ramenée avec. Lentement, le chef découpa son scalp, mettant à jour la chair ensanglantée. Son crâne blanc tâché de rouge apparut à travers les tissus pourpres tandis que ses long cheveux blonds étaient complètement détachés.
Maintenant, les fesses dodues de Peggy pouvaient devenir la cible d’une multitude d’épines de cactus. Ses hanches tressautaient et se convulsaient à chaque fois qu’une épine était fichée dans ses chairs fermes avant de s’enfoncer profondément dans les tissus adipeux.
Elle ne parvenait pas à arrêter le déhanchement érotique qui agitait ses appas nus dans une folle danse de souffrance. Pendant ce temps, d’autres apaches s’étaient employé à rassembler des branchages enduits de créosote. Ils entreprirent de fragmenter le bois en échardes grossières, d’une longueur de quatre à six pouces et épaisses d’environ un quart. Peggy sursauta involontairement lorsque la première fut enfoncée dans sa croupe proéminente. Elle ne connaissait déjà que trop bien l’effet d’une épine de cactus piquée d’un bon pouce dans son corps. Mais ce morceau de bois graisseux cloué dans ses fesses sur une longueur de quatre pouces, provoquait des élancements insupportables, laissant émerger de sa peau percée le bout de bois frissonnant et enduit de graisse sur environ un pouce.
Il y avait déjà une cinquantaine d’épines de cactus plantée dans ses fesses, ce qui laissait quand même de la place pour d’autres douloureux envahisseurs. Les sauvages à la peau brune entreprirent avec lenteur d’insérer  profondément leurs instruments pointus dans son fessier saisi de tremblements et de soubresauts. Lorsque finalement le postérieur de Peggy fut recouvert d’épines de cactus et d’éclats de mesquite, ses tourmenteurs pleins de ressource descendirent sur ses cuisses bien galbées. Ils introduisirent sur une profondeur de quelques pouces les épines de cactus et les éclats de mesquite dans ses muscles bien fermes. Quand la pauvre fille abandonnée fut lardée depuis les chevilles jusqu’au bas du dos, les bouts de bois furent cruellement allumés. Tandis que les premières mèches commençaient à brûler, avec une combustion accentuée par le dépôt graisseux qui les recouvrait, Peggy arqua son dos en poussant l’un de ses cris les plus hystériques. Le feu se répandait sur sa chair déjà percée et si douloureuse au fur et à mesure que s’enflammaient toujours plus d’échardes, au point que ses cuisses et ses fesses ressemblaient à un mur de flammes. Après que le feu se fut réduit à un mince rideau, les misérables sanglots de Peggy se calmèrent. Mais les apaches attendaient simplement qu’elle puisse être pleinement consciente pour continuer de la supplicier. Un brave écarta largement ses fesses couvertes de cloques jusqu’à ce que le délicat sphincter de son anus soit révélé. Peggy poussa un cri de démence lorsqu’un éclat de mesquite large d’un quart de pouce fut planté dans le muscle de son sphincter tâché de brun. Le sang gicla de la piqûre quand l’écharde s’enfonça de trois pouces dans les muscles raidis de son sphincter et de son rectum. Une autre fut immédiatement appliquée sur le bord opposé de son anus. Et après, il y en eut une autre, puis une autre et encore une autre. Une quantité d’autres fut introduite dans l’orifice si sensible jusqu’à ce qu’il soit devenu virtuellement invisible. Et alors, bien sûr, le feu fut mis aux échardes. L’un des apaches s’en revint ensuite avec une trouvaille inédite. Ses yeux perçants avaient repéré un nid de guêpes dont les bébés venaient juste d’éclore.
Peggy n’avait même pas conscience de leur conversation, car elle était seulement en train de se remettre de la douleur qui l’avait submergée quand elle avait été brûlée à l’intérieur de ses tendres membranes. Mais les apaches ne perdirent pas un instant pour mettre leur plan à exécution en jubilant.  L’un d’entre eux écarta largement les grandes lèvres charnues et à vif. Les fourmis s’étaient même repues de ses tissus internes, comme en témoignait l’état de ruine de ses muqueuses. Alors, le nid de guêpes fut enfoncé dans son con béant. L’un des apaches le coinça tout au fond avec un bâton. Les guêpes juste écloses, lorsqu’elles trouvèrent l’issue naturelle bloquée par les tissus tendres et humides, réagirent comme espéré. Elles projetèrent leurs dards petits, mais parfaitement fonctionnels, dans les muqueuses frissonnantes de la jeune femme qui poussait continuellement des hurlements d’agonie. Cependant, elle était totalement incapable de permettre à ses membranes intérieures d’expulser les guêpes en furie, et leurs piqûres faisaient enfler son vagin tout en les maintenant prisonnières en elle. La fille écartelée se débattait dans ses liens avec des soubresauts d’un telle violence que ses jambes menaçaient de se déchausser de ses hanches. Progressivement, les sursauts de Peggy diminuèrent lentement au fur et à mesure que les guêpes s’étouffaient dans son vagin enflé et criblé de venin. Les apaches retirèrent ce qui restait du nid. Sa tête pendait comme si elle n’existait plus que dans l’obscurité d’un monde de douleur sans fin.
Elle ressentit un nouvel assaut de souffrance sous la plante de ses pieds nus lorsque de petits feux furent allumés juste assez près pour que les flammes pétillantes puissent caresser chaque orteil recroquevillé. Cela suffit pour faire hurler de douleur la jeune femme pendant encore un bon moment. Lorsqu’il s’avéra que l’intensité de ses cris diminuait, son vagin fut bourré de chiffons imbibés de kérosène qu’ils enflammèrent, provoquant des convulsions du corps dénudé de Peggy si violentes qu’elle réussit à désarticuler pour de bon ses hanches, aidée en cela par la tension du cuir qui avait rétréci autour de ses poignets et de ses hanches. Mais même ceci ne parvint qu’à peine à interrompre ses déhanchements sans espoir alors qu’elle se projetait en avant contre ses liens tendus dans une vaine tentative pour expulser la flamme qui ravageait sa chatte. Les apaches resserrèrent les lanières afin qu’elle demeure étroitement ligotée. Les liens en cuir furent de nouveau mouillés pour garantir qu’elle soit étirée le plus possible, même avec ses hanches disloquées. Bientôt, une pression nouvelle s’exerça sur ses jointures craquantes alors que le cuir séchait dans la chaleur du soleil de l’après-midi. Alors, la prochaine cible furent les seins nus et bien en chair de Peggy, encore admirablement formés quoique boursouflés par le venin des scorpions et superficiellement grignotés par l’attaque des fourmis rouges. Ce furent des épines de cactus et des éclats de mesquite qui furent profondément incrustés dans la chair palpitante de la fille jusqu’à ce que les deux globes jumeaux soient complètement percés. Puis les terribles échardes furent encore une fois allumées, et les hurlements d’horreur absolue de Peggy ainsi que sa lutte réchauffèrent le cœur des cruels apaches. Ses cris perçants gagnèrent un registre suraigu lorsque ses efforts, avec la complicité du cuir racorni, entraînèrent la dislocation de ses épaules avec un “ chonk ” parfaitement audible. Ses cris furent ignorés puisque le cuir fut une nouvelle fois mouillé et retendu. Sa douleur, alors qu’elle pendait au bout de ses épaules désarticulées, défiait l’imagination. C’était maintenant la fin de l’après-midi lorsque les apaches entreprirent d’écorcher son dos mince. Ils l’incisèrent par une  rangée de coupures parallèles depuis les épaules jusqu’à sa taille, puis ils entreprirent de tirer et découper chaque bande de peau jusqu’à ce que la chair sanglante pende au dessus de ses hanches et de ses fesses. La douleur lui avait virtuellement fait perdre la raison lorsque ses terminaisons nerveuses ainsi exposées furent taraudées par la flamme d’une torche promenée le long de sa chair à vif. Le tourment fut encore augmenté par le dessèchement du cuir qui l’étira au point de disloquer coudes et genoux, alors que son corps dénudé formait une colonne de muscles tendus à se rompre sous la contrainte. Alors que Peggy était maintenant étirée si fortement qu’elle pouvait à peine respirer et encore moins crier, les apaches commencèrent la boucherie. Deux d’entre eux la dépouillèrent avec précaution de la peau percée et déjà écorchée de ses glandes massives. Quand sa peau ensanglantée fut totalement détachée de la chair sous-jacente, ils se mirent à découper des bandes de chair crue dans les mamelles saignantes. Puis deux autres apaches commencèrent à travailler chaque cuisse dure comme de la pierre, les dépouillant de la peau qui subsistait pour exposer les tissus cutanés à vif. Ensuite, ils séparèrent avec soin à partir de la hanche le muscle d’une jambe, en s’appliquant à dégager le tendon afin de pouvoir décoller le muscle et le laisser retomber sur le genou par un autre tendon. Ensuite, ils trouvèrent un autre muscle sur lequel ils pouvaient répliquer la torture…Après que le premier brave eût tailladé ses mamelles rôties jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien à découper, il chercha d’autres distractions. Il prit son couteau tâché de sang et lentement, presque avec douceur, en enfonça la pointe à gauche dans son ventre. Une fois qu’il eût percé la paroi abdominale, il fit tourner avec lenteur le couteau dans son abdomen palpitant, découpant une incision qui saignait à peine en raison de la déshydratation de Peggy. L’entaille s’enfonça horizontalement dans son ventre plat, exactement par son nombril, l’ouvrant d’une hanche à l’autre. Avec un large sourire devant le spectacle de ses gargouillements d’agonie, il commença à tirer sur ses intestins jusqu’à ce qu’ils pendent sur ses genoux. La bouche de Peggy était grande ouverte pour chercher de l’air afin d’atténuer son tourment, mais elle s’affaiblissait rapidement. Les quelques scorpions qui restaient parmi ceux qui avaient été appliqués sur ses mamelons et ses seins, furent placés dans sa bouche. Des mains puissantes maintinrent ses mâchoires fermées tandis que les bestioles libéraient avec furie leur venin. Chaque piqûre entraînait des soubresauts de sa tête et de son cou comme si elle dansait lorsque les apaches la libérèrent. Plusieurs scorpions s’échappèrent de sa bouche avant de tomber dans les flammes sous ses pieds. La fille torturée ressentit sur chacun de ses pieds une miséricordieuse caresse de fraîcheur durant un court instant, alors que ses pieds noircis étaient rôtis à petit feu. Mais la relative sensation de fraîcheur fût de courte durée lorsque le kérosène dont ses pieds venaient d’être imbibés s’enflamma. Une douleur abominable s’empara de ses jambes mutilées lorsque du kérosène fut rajouté sur ses mollets jusqu’à ce que Peggy soit en feu des doigts de pied aux genoux. L’effet corrosif du kérosène sur ses jambes charcutées ne dura qu’un bref instant, jusqu’à ce que ses cuisses s’enflamment à leur tour jusqu’aux hanches. Le feu s’empara implacablement de tout le corps de Peggy lorsque les apaches renversèrent du kérosène sur elle avec une habileté consommée. Les flammes l’enveloppèrent sur les hanches, puis la taille, et enfin sur sa poitrine ravagée. La fin survint lorsque les apaches firent couler à flots le kérosène sur son crâne scalpé. Immédiatement après, Peggy Wilson se consuma des pieds à la tête. Elle eut des convulsions par saccades durant quelques secondes, tel un affreux monument à l’obscurantisme de la guerre sauvage entre deux races, avant de sombrer finalement dans les bras accueillants de la mort.
Deux jours plus tard, les soldats pris au piège furent délivrés par une colonne de secours partie du fort Kearney. En vérité, ce fut un groupe sinistre qui gravit la colline pour enterrer les restes mutilés et carbonisés de ce qui avait été une jeune et désirable pionnière.         

                                                    FIN

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